L'avocat spécialisé en PMI joue un rôle essentiel, mais souvent méconnu, dans la protection des droits des familles et des enfants. Cet article vise à définir le rôle de cet avocat, en particulier dans le contexte des procédures liées à l'agrément des assistantes maternelles et aux situations d'enfance en danger.

La Commission Consultative Paritaire Départementale (CCPD) : Un acteur clé

Souvent méconnue des professionnelles de la petite enfance, la Commission Consultative Paritaire Départementale (CCPD) joue pourtant un rôle essentiel dans le retrait ou la suspension de l’agrément. La CCPD a été créée afin d’instaurer un dialogue entre les instances départementales, les représentants des assistantes maternelles et familiales et les professionnelles elles-mêmes en cas de procédure pour non-renouvellement, suspension ou modification restrictive de l’agrément. L’objectif est d'éviter toute décision arbitraire ou mal informée relative à l’agrément de la part du président du conseil départemental et garantir à l’assistante maternelle le respect de ses droits à la défense dans une procédure administrative la concernant.

Composition et fonctionnement de la CCPD

La CCPD est composée de 6, 8 ou 10 membres selon le nombre de professionnelles exerçant leur métier dans le département. Y siègent à représentation égale : des représentants des instances départementales et leurs suppléants, nommés par le président du conseil départemental, et les représentant(e)s des assistantes maternelles et familiales élu(e)s par leurs pairs tous les 6 ans. La CCPD est réunie par le président du conseil départemental avant toute décision relative à l’agrément et potentiellement préjudiciable à l’assistante maternelle. Après audition de la professionnelle concernée, la commission émet un avis à la majorité des membres présents.

Le rôle de l'assistante maternelle face à la CCPD

L’assistante maternelle est prévenue de son passage devant la CCPD au moins 15 jours avant son audience, par courrier recommandé. Ce courrier doit préciser les motivations de la procédure à son encontre, son droit de consulter son dossier administratif et de faire part de ses remarques écrites ou orales à la commission. La professionnelle a également la possibilité de se faire accompagner ou représenter (avocat, syndicat, association, parents) et d’apporter à son dossier des pièces ou preuves pouvant participer à sa défense (lettre de parents, planning effectif de la garde, etc.). Enfin, elle se voit également communiquer la liste des membres élus de la CCPD.

Préparer son passage devant la CCPD

La préparation du passage devant la commission est absolument essentielle à plusieurs titres. Les seules pièces dont disposent les membres de la commission avant l’audience sont celles apportées au dossier administratif de l’assistante maternelle (inspections passées réalisées par la puéricultrice, enquête de la PMI, etc.). Il est conseillé de contacter une association ou un syndicat, aussi rapidement que possible, pour se faire accompagner dans ses démarches et d'apporter à son dossier des lettres attestant du soutien des employeurs. Il est également important de se mettre en relation avec les représentants des salariés siégeant à la CCPD dès la réception du courrier.

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L'importance de l'accompagnement juridique

Si l’assistante maternelle peut se faire représenter devant la CCPD, le choix du dit représentant doit se faire avec soin. La CCPD n’est pas un tribunal, mais un lieu d’échange entre professionnels. Se faire représenter par un avocat, qui ne connaît pas toujours bien les rouages de la CCPD, peut donc parfois être plus préjudiciable que bénéfique à la professionnelle. Toutefois, le recours à un avocat peut être une solution si l’on ne se sent vraiment pas à l’aise ou trop anxieuse pour prendre parole devant la commission.

Recours en cas de désaccord avec l'avis de la CCPD

Si, suite au passage en CCPD, la commission émet un avis en faveur du retrait, de la suspension ou de la modification de l’agrément (et que ce dernier est suivi par le président du conseil départemental), la professionnelle en désaccord avec cette décision peut en faire appel devant le tribunal administratif. Un recours qui, certes, peut être long, mais auquel il ne faut pas hésiter à faire appel si l’on estime lésée.

L'avocat spécialisé en droit de la santé et la protection des malades

Le droit hospitalier ou droit de la santé est l'ensemble des lois et des dispositions légales qui encadrent la pratique des activités exercées dans l'intérêt de la santé des personnes. Il regroupe les différentes mesures législatives visant à protéger et défendre les patients. Le droit de la santé est défini comme étant un droit mixte. Il s'applique à la fois dans le cadre du droit public et celui du droit privé.

Les domaines d'intervention de l'avocat en droit de la santé

Dans le secteur médical, les avocats spécialistes interviennent principalement dans le cadre de la résolution des problématiques juridiques rencontrées par les personnes prise en charge et les agents des établissements hospitaliers. Le droit de la santé étant mixte, la fonction des avocats s'étend sur un champ d'application assez vaste. Chacun de ces domaines du droit de la santé possède ses propres spécificités. Le rôle de l'avocat peut donc varier d'une situation à l'autre.

Le droit des malades et la responsabilité hospitalière

Le droit des malades est la notion du droit de la santé qui définit les conditions d'accès aux soins et les devoirs des patients dans le secteur médical. Il vise à assurer la protection du patient et à faire de lui un véritable acteur de sa santé. Conformément à l'article L. 1142-1 du Code de la santé publique, les professionnels médicaux sont responsables des conséquences des soins prodigués à un patient en cas de faute. C'est sur ce principe que la notion de responsabilité hospitalière et médicale s'appuie pour définir les règles juridiques qui s'appliquent en cas de préjudice (corporel ou psychologique) sur la personne prise en charge. Dans le cas d'erreur professionnelle de la part des agents médicaux, la victime est ainsi en droit de saisir la justice et de se faire représenter par un avocat spécialiste.

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L'importance de l'expertise juridique

Que vous soyez un professionnel de santé ou un patient, il est important de vous tourner vers un avocat spécialiste ayant toutes les compétences nécessaires. L'avocat assume également une fonction de conseiller auprès de son client (médecin ou patient). Il vous conseille sur les règles juridiques qui s'appliquent à votre statut.

L'avocat et la protection de l'enfance

L'avocat spécialisé dans la protection de l'enfance intervient dans les situations où un enfant est considéré en danger. Son rôle est de défendre les droits de l'enfant et de s'assurer que ses intérêts supérieurs sont pris en compte.

L'information préoccupante et l'évaluation de la situation

L'information préoccupante vise à dénoncer une situation de danger d'un mineur. En fonction de son âge et de son degré de maturité, une rencontre est organisée avec le mineur sans ses parents, mais avec leur accord. Seul le conseil départemental a connaissance de l’identité de la personne à l’origine de l’information préoccupante.

Le placement de l'enfant : une mesure exceptionnelle

Le placement d'un enfant est une mesure exceptionnelle de protection prise par le juge des enfants lorsqu'il estime que le maintien de l'enfant dans son milieu familial l'expose à un danger. Cette décision intervient uniquement lorsque les autres solutions d'accompagnement et de soutien à la famille ne sont pas suffisantes pour garantir la sécurité et le bien-être de l'enfant.

Les alternatives au placement

Avant de décider du placement d’un enfant, le juge doit privilégier d’autres mesures qui visent à soutenir la famille et éviter une séparation avec l'enfant. Ces mesures peuvent être les suivantes : Aide éducative à domicile (Aed), Mise en place par l'aide sociale à l'enfance (Ase) d’un suivi régulier pour prévenir les situations de danger, Placement ponctuel en accueil de jour ou en hébergement temporaire, Assistance éducative en milieu ouvert - Aemo (suivi obligatoire par un éducateur mandaté par le juge pour travailler avec la famille sur les difficultés rencontrées), Retrait temporaire de l'enfant chez un proche (membre de la famille ou tiers de confiance).

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Les motifs de placement

Le juge peut décider de placer un enfant lorsqu'il estime qu'un risque trop important pèse sur un ou plusieurs aspects de sa vie, notamment : Sa santé physique (manque de soins médicaux, malnutrition,…), Sa santé mentale ou psychologique (troubles du comportement, absence de suivi…), Sa sécurité physique (maltraitance, négligence…), Sa sécurité matérielle (logement insalubre,…), Sa moralité (exposition à la délinquance…), Son éducation (déscolarisation, absentéisme scolaire,…), Son développement physique, affectif, intellectuel et social (carence affective, isolement social,…).

La procédure de placement

Le juge des enfants peut intervenir à la demande des personnes suivantes : Procureur de la République, Parents (séparément ou ensemble ou Tuteur (s'ils estiment qu'ils ne peuvent plus assurer la sécurité de l'enfant), Personne ou institution à qui l'enfant avait été confié provisoirement par l'aide sociale à l'enfance (Ase), Enfant lui-même.

Les droits de l'enfant et de la famille

Dès l'ouverture de la procédure, le juge doit informer les personnes suivantes : Procureur de la République, Parents, personne ou institution à qui l'enfant a été confié (s'ils ne sont pas à l'origine de la demande). Au cours de la procédure, le juge doit convoquer les personnes suivantes : Parents, Personne ou l'institution à qui l'enfant a été confié provisoirement, Enfant (s'il est capable de discernement).

L'évaluation de la situation par le juge

Le juge ordonne toute mesure d'information sur la personnalité et les conditions de vie de l'enfant et de ses parents (enquête sociale, examens médicaux…). L’objectif est de recueillir le plus grand nombre d’informations pour évaluer la gravité du danger et les capacités des parents à assurer la protection de leur enfant.

L'audience devant le juge des enfants

Le juge doit recevoir les parents (ou le tuteur), la personne ou le représentant du service à qui l'enfant a été confié, et le mineur avant toute décision. Lors de l'audience, si l'enfant est capable de discernement, le juge effectue un entretien individuel avec lui.

Les décisions du juge

À l'issue de l'audience, le juge peut décider de mettre en place une ou plusieurs mesures éducatives. Il peut décider de confier l'enfant à l'une des personnes ou institutions suivantes : Autre parent (si l'enfant n'avait pas sa résidence habituelle chez lui et ne court pas de danger), Membre de la famille autre que les parents (un voisin, un ami connu ou à un tiers digne de confiance), Service départemental de l'aide sociale à l'enfance (Ase), qui place l'enfant en famille d'accueil ou dans un établissement spécialisé, Service ou établissement habilité pour l'accueil séquentiel de mineurs (par exemple : à la journée, 2 fois par semaine), Service ou établissement sanitaire ou d'éducation (par exemple, maison d'enfants à caractère sanitaire et social, hôpital).

Les recours possibles

La décision du juge des enfants peut faire l'objet d'un appel dans les 15 jours qui suivent sa notification. L'appel doit être présenté devant la chambre des mineurs de la cour d'appel compétente.

La durée du placement

La mesure de placement dure 2 ans maximum. Elle peut être renouvelée plusieurs fois par décision argumentée.

La vulnérabilité et le droit pénal

En droit pénal français, la notion de vulnérabilité est essentielle. Elle concerne les personnes qui sont particulièrement fragiles en raison de leur état physique, psychique, social ou administratif. Le droit pénal prévoit, lorsque l’infraction est commise sur une personne vulnérable, une aggravation des sanctions.

Les victimes vulnérables

Les victimes vulnérables sont au cœur du combat des avocats spécialisés, car elles représentent celles que la société oublie trop souvent. La défense des victimes vulnérables dépasse la simple technique juridique.

Les placements abusifs d'enfants

Les placements abusifs d’enfants sont le quotidien des avocats qui interviennent dans le domaine des affaires familiales. Souvent, on ne comprend pas comment le dossier s’est enclenché, jusqu’à devenir très vite très grave. Il y a un emballement. Ce terme est vraiment juste : il décrit presque visuellement ce qu’il se passe. Une famille est signalée, elle reçoit une convocation en assistance éducative et 8 jours plus tard, elle se retrouve devant le juge des enfants. Cela va très vite.

Les causes des placements abusifs

L’information préoccupante vient souvent des écoles ou des hôpitaux. Cela peut commencer de manière banale : un enfant que l’on trouve anxieux, qui est renfermé sur lui-même, qui raconte qu’un de ses parents lui a mis une fessée. Ou alors, l’équipe enseignante qui trouve un parent angoissé, regardant de trop près ce que fait son enfant à l’école. Il peut aussi y avoir une situation de mésentente avec un directeur d’école ou un CPE au collège : cela peut suffire à lancer le processus. Évidemment, les cas de séparation parentale sont également le terreau des signalements : une institution voit une mésentente un peu lourde et signale, supposant que l’enfant est en difficulté. Or ce sont souvent des surinterprétations des situations qui mènent à une véritable intrusion rarement justifiée. La disqualification des parents est un véritable problème aux conséquences graves. Enfin, les troubles neurodéveloppementaux comme le TDAH et le spectre de l’autisme sont aussi des situations dans lesquelles le signalement est très employé, puisque la confusion entre ces troubles et une maltraitance des parents est un véritable problème.

Les conséquences des placements abusifs

Les foyers sont à demi pleins d’enfants qui ne devraient pas y être et qui prennent la place d’enfants qui ont besoin d’être protégés. La protection de l’enfance démarre au quart de tour sur des affaires sur lesquelles elle ne devrait pas démarrer, et pourtant cela n’empêche pas que l’on passe à côté de cas réels de maltraitance, comme les médias le rappellent régulièrement. Il y a des retraits injustifiés d’enfants.

Les solutions

La circulaire d’Adrien Taquet, transposée dans la loi en février 2022, dit que sauf en cas d’urgence, il faut d’abord chercher des solutions alternatives avant de faire un placement extra-familial. Une autre mesure récente est la création d’un annuaire transmis aux services sociaux et aux juges, afin qu’ils s’assurent que l’enfant ne présente pas un trouble comme l’autisme ou le TDH, susceptible d’expliquer un comportement évocateur de maltraitance.

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