Pendant la grossesse, de nombreuses questions se posent quant à la sécurité du bébé. L'une d'elles concerne la pression exercée sur le ventre. Est-il dangereux d'appuyer sur son ventre lorsqu'on est enceinte ? Cet article explore les différentes facettes de cette question, en tenant compte des aspects physiologiques, des pratiques courantes et des recommandations médicales.

Le développement du fœtus et la perception des mouvements

Au cours du 5ème mois de grossesse, le fœtus continue son développement. Ses cinq sens se développent, lui permettant de découvrir son environnement immédiat. À 19 semaines de grossesse (21 semaines d’aménorrhée), il pèse environ 420g et mesure une quinzaine de centimètres de la taille au coccyx. Le vernix, une substance blanche et cireuse, fait son apparition sur son corps pour protéger sa peau des irritations.

Les mouvements du bébé deviennent plus perceptibles pour la mère. Dès le stade embryonnaire, aux alentours de la 7ème semaine de grossesse, le bébé commence à faire des mouvements simples. Généralement, entre la 16ème et la 22ème semaine de grossesse (soit entre 18 et 24 SA), la mère commence à ressentir les mouvements du fœtus, souvent décrits comme des vibrations, des papillons ou des bulles d’air qui éclatent.

La protection naturelle du fœtus

À première vue, le futur bébé semble bien à l’abri à l’intérieur de l’utérus, disposant d’une triple protection contre les éventuelles agressions extérieures :

  1. Une première barrière de muscles : la paroi abdominale de la mère.
  2. Un deuxième rempart musculaire : la paroi de l’utérus.
  3. Le liquide amniotique dans lequel il baigne : un matelas aquatique susceptible d’amortir les chocs.

Selon le Pr Ludovic Cravello, gynécologue-obstétricien, il est rarissime qu’un fœtus soit directement atteint en cas de choc, qu’il souffre d’une fracture osseuse, d’une plaie ou de la lésion d’un organe, à moins d’un coup d’une grande violence.

Lire aussi: Contention abdominale post-partum : Avantages et inconvénients

Appuyer doucement sur le ventre : communication et haptonomie

De nombreuses femmes enceintes aiment caresser leur ventre et appuyer doucement lorsqu'elles sentent une bosse causée par le bébé. Cette pratique est souvent perçue comme une manière de communiquer avec le bébé. En effet, l'haptonomie repose sur ce principe de communication à travers le ventre. Il s'agit d'établir un contact affectif avec le bébé en le caressant et en lui montrant que la mère est présente.

Il est important de ne pas "pousser" trop fort, mais de petites caresses pour lui montrer que vous êtes là, au contraire, je ne vois pas en quoi ça serait mauvais!!! Il ne faut pas trop le "pousser", mais de petites caresses pour lui montrer que tu es là. Il ne faut pas le brutaliser, mais appuyer doucement quand il fait des bosses.

Certaines femmes enceintes sentent des bosses sans savoir ce que c'est, un pied, une main ?

Risques liés aux chocs et aux pressions importantes

Bien que le fœtus soit bien protégé, il est important de prendre des précautions pour éviter les chocs et les pressions importantes sur le ventre. Recevoir un coup de pied de votre aîné avec lequel vous chahutiez, se faire percuter par un Caddie au supermarché, trébucher et tomber lourdement au sol, se cogner contre une porte n’est jamais anodin pour une future maman. Cela le devient de moins en moins au fur et à mesure que la grossesse avance !

Au premier trimestre, l’utérus est encore petit, positionné bas, au niveau des os du bassin et protégé par eux. En cas de choc abdominal, ce n’est pas lui qui est en première ligne, mais d’autres organes comme les intestins, la rate, etc. Il ne subira donc pas de traumatisme. Mais aux deuxième et troisième trimestres, l’utérus grossit, prenant toute la place dans le ventre et refoulant les autres organes vers l’arrière : il est donc très exposé.

Lire aussi: Les risques de l'expression abdominale post-partum

Un traumatisme abdominal est susceptible de déclencher le travail et de faire courir le risque d’un accouchement prématuré. Le coup, provoquant une brutale hausse de pression à l’intérieur de l’utérus, entraîne une rupture des membranes contenant le liquide amniotique. Quand la poche des eaux est rompue, le bébé n’est plus protégé des infections et l’on ne peut se permettre d’attendre trop longtemps avant l’accouchement.

Les membranes ne sont pas les seules « victimes » possibles de cette hyperpression : le placenta lui aussi peut être concerné et se décoller de la paroi de l’utérus sur une certaine zone. On parle alors d’hématome rétroplacentaire. Plus l’hématome est étendu, plus les échanges mère/enfant sont gênés, plus le fœtus peut souffrir. La seule solution après un décollement important est donc de faire naître le bébé.

Enfin, même sans être directement blessé mais en réaction au traumatisme, le bébé peut saigner. Non pas comme on pourrait l’imaginer à la suite d’une coupure, déversant son hémoglobine dans le liquide amniotique et le colorant de rouge ! La « fuite » se fait de manière invisible par le cordon ombilical et rejoint ensuite la circulation maternelle. Le fœtus peut ainsi se retrouver anémié et en souffrance.

Conduite à tenir en cas de choc

Que le choc ait été assez fort ou minime, jouez la carte de la prudence et rendez-vous impérativement chez votre médecin ou aux urgences. Certaines complications comme un saignement du fœtus ou un hématome retroplacentaire peuvent évoluer sans le moindre signe extérieur.

Le médecin s’assurera que pas une goutte de liquide amniotique ne s’écoule. Grâce à un monitoring, il pourra vérifier que le rythme cardiaque de votre tout-petit est normal et que vous n’avez pas de contractions. L’échographie le renseignera sur l’état du placenta. Et enfin, pour terminer, une petite prise de sang pour être bien sûr que des globules rouges de votre bébé ne se baladent pas dans votre circulation !

Lire aussi: Symptômes et solutions: Ventre gonflé et ovulation

Quand il y a eu un accident de voiture, le médecin pratique parfois une IRM cérébrale du fœtus. Ce phénomène d’accélération/décélération fait que tous les organes à l’intérieur d’elle - y compris le fœtus - bougent de l’avant vers l’arrière à grande vitesse. De même pour le cerveau du bébé qui peut alors taper contre l’os de sa boîte crânienne…

Les bons gestes de protection

Il est essentiel d'adopter les bons gestes de protection pour minimiser les risques de chocs et de pressions importantes sur le ventre pendant la grossesse.

  • En voiture : Il est impératif de porter la ceinture de sécurité. « Sauf dispense accordée par un médecin habilité par la préfecture, une femme enceinte est tenue de s’attacher en voiture. Par ailleurs, une étude très sérieuse montre que le port de la ceinture durant un accident divise par 2,8 le risque de perdre le fœtus », insiste Paul Barré, responsable pédagogique à l’Association de prévention routière. La partie ventrale de la ceinture ne doit surtout pas être positionnée en plein milieu du ventre mais bien en dessous, en appui sur les os du bassin. Quant à l’autre côté, celui qui part de l’épaule, il doit d’abord passer entre les seins puis sur le côté, mais pas sur le ventre.
  • À la maison : Pour limiter les risques de chutes à la maison, commencez par passer votre intérieur en revue. « Il s’agit d’éviter les fils électriques ou les tapis dans lesquels on peut se prendre les pieds, les jouets qui traînent par terre sur lesquels on peut déraper, de porter des chaussures antidérapantes s’il y a un escalier glissant, d’avoir un bon éclairage dans tous les coins et recoins », conseille-t-il.
  • Dans les lieux publics : Se montrer d’une grande vigilance, être en permanence attentive à l’environnement permet d’anticiper certains chocs et de les éviter. Il ne faut pas hésiter non plus à faire valoir ses droits et à réclamer une place assise dans les transports en commun si personne ne la propose pas. En règle générale, pour éviter les collisions malheureuses, évitez les bains de foule, faites vos courses à des heures de moindre affluence, fréquentez la piscine quand elle est réservée aux cours pour femmes enceintes.

L'expression abdominale : une pratique obstétricale à risque

L'expression abdominale est une pratique obstétricale qui consiste à appuyer sur l'utérus, et plus largement sur l'abdomen de la patiente, pour accélérer la sortie du bébé lors de l'accouchement. Cette pratique est aujourd'hui déconseillée par la Haute Autorité de Santé (HAS) depuis 2007 en raison des risques et des séquelles qu'elle peut entraîner pour la mère et le bébé.

"En clair, "l'expression abdominale consiste à appuyer sur l'utérus, mais plus largement sur l'abdomen de la patiente. C'est douloureux, car l'anesthésie péridurale ne remonte généralement pas suffisamment haut pour être efficace et suffisamment antalgique", nous explique le Pr Cyril Huissoud.

Malgré les recommandations, l'expression abdominale continue d'être pratiquée dans certains établissements de santé. Les mamans se plaignent le plus souvent de douleurs abdominales persistantes après l’accouchement ainsi que d’ecchymoses.

Il existe d’autres solutions : on pourrait déjà arrêter de faire pousser les futures mamans sur le dos. Une femme qu’on verticaliserait, qui serait accroupie, demi-assise ou sur un tabouret de naissance, aurait beaucoup plus de puissance pour expulser son bébé.

Dormir sur le ventre pendant la grossesse

Dormir sur le ventre pendant la grossesse est une question fréquente. Il est naturel de vouloir continuer à dormir dans sa position fétiche pendant sa grossesse. Certaines femmes peuvent même redouter de changer leurs habitudes de sommeil la nuit, de peur de moins bien dormir, de faire des insomnies.

La future maman peut continuer de dormir sur le ventre à partir du moment où elle se sent bien comme ça. De plus, en début de grossesse, l’utérus n’est pas du tout volumineux. Elle ne va donc pas être gênée ni risquer d’écraser son bébé », rassure Céline Dalla-Lana, sage-femme.

Toutefois, au fil des mois, avec l’évolution de la grossesse, dormir sur le ventre va devenir plus compliqué. En dormant à plat ventre, il arrive un moment où la future maman peut se sentir écrasée, être moins à l’aise et peiner à trouver le sommeil. À partir du moment où la femme trouve cette position inconfortable, il convient de trouver d’autres solutions. Ce moment peut varier d’une femme à l’autre, en fonction aussi du volume de son ventre.

L’utérus est doté d’une épaisse paroi protectrice et, par ailleurs, « le bébé est protégé dans l’utérus car la poche des eaux qui contient le liquide amniotique est incompressible », souligne la sage-femme.

Positions de sommeil recommandées

Pendant la grossesse, il est généralement recommandé de dormir en position physiologique, sur le côté gauche. La veine cave est localisée sur le côté droit de la colonne vertébrale et passe derrière l’utérus. En se couchant du côté droit, on risque davantage de freiner la vascularisation du placenta. Sur le côté gauche, le sang circule plus aisément jusqu’au placenta et les reins peuvent éliminer les déchets sans encombre.

Il est recommandé de dormir sur le côté gauche pour libérer la veine cave mais certaines femmes sont mieux sur le côté droit. Il n’y a pas de position interdite tant qu’elles sont bien dans ces positions-là », tempère la sage-femme.

Solutions pour continuer à dormir sur le ventre

Pour continuer de dormir sur le ventre pendant la grossesse, on peut aussi utiliser un coussin d’allaitement ou un traversin. Couchée à plat ventre, on pose une cuisse sur une extrémité du coussin. On passe le coussin à l’horizontale entre la poitrine et le ventre. Sur l’autre extrémité, on remonte le genou pour se mettre dans une position de grenouille. On est à plat ventre avec le ventre dans le vide, dans le creux du coussin. Souvent, ça soulage beaucoup le bas du dos des mamans, les lombaires.

tags: #appuyer #sur #son #ventre #enceinte #est-ce

Articles populaires: