L'expression abdominale, une pratique obstétricale qui consiste à exercer une pression sur le ventre d'une femme pendant l'accouchement, est interdite en France depuis 2007. Malgré cette interdiction, de nombreux témoignages révèlent que cette pratique dangereuse et traumatisante est encore utilisée aujourd'hui, mettant en danger la santé des mères et des nouveau-nés. L'article suivant explore en détail ce qu'est l'expression abdominale, pourquoi elle est dangereuse, et les mesures nécessaires pour garantir sa disparition définitive des salles d'accouchement.

Définition et Interdiction de l'Expression Abdominale

L'expression abdominale, selon la Haute Autorité de Santé (HAS), est "l'application d'une pression sur le fond de l'utérus, avec l'intention spécifique de raccourcir la durée de la deuxième phase de l'accouchement". En d'autres termes, il s'agit d'appuyer sur le ventre de la future maman durant son accouchement. Bien que cette pratique ait été courante dans les années 1980 et 1990, elle a été condamnée et interdite par la HAS en janvier 2007 en raison de ses risques et de l'absence de justification médicale.

La HAS a souligné que les traumatismes psychologiques et physiques, ainsi que l'absence d'indications médicalement validées, justifient amplement son abandon. La pratique était très douloureuse pour les femmes et, bien que rarement notifiée dans le dossier de la patiente, elle était banale.

Les Dangers de l'Expression Abdominale

L'expression abdominale présente de nombreux risques pour la santé de la femme et du nouveau-né. Les complications les plus fréquemment rapportées incluent des douleurs abdominales persistantes après l'accouchement et des ecchymoses. Cependant, des complications plus graves peuvent survenir, telles que des fractures de côtes ou des lésions périnéales. Dans des cas exceptionnels, l'expression abdominale peut entraîner des complications potentiellement mortelles, telles que la rupture de la rate, la rupture hépatique, la rupture utérine et la déchirure du pédicule lombo-ovarien.

Outre les risques physiques, l'expression abdominale peut également avoir des conséquences psychologiques importantes pour la mère. De nombreuses femmes se sentent dépossédées de leur corps et vivent l'accouchement comme un traumatisme. Elles peuvent souffrir de stress post-traumatique, d'anxiété et de dépression.

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Témoignages et Enquêtes Révélatrices

Malgré l'interdiction de l'expression abdominale, de nombreuses femmes continuent de témoigner avoir subi cette pratique lors de leur accouchement. En 2017, le Collectif Interassociatif autour de la Naissance (CIANE) a mené une enquête auprès de 25 000 femmes ayant accouché entre 2010 et 2016. Les résultats ont révélé qu'une femme sur cinq affirmait qu'on lui avait appuyé sur le ventre pour aider l'expulsion du bébé. Dans 82 % des cas, l'expression abdominale a été pratiquée sans le consentement de la femme.

Le collectif "tous et toutes contre les violences obstétricales et gynécologiques" a également dénoncé une augmentation des violences, dont notamment l'expression abdominale, dans la période de crise sanitaire liée à la COVID-19. Entre le 15 février et le 31 mai 2020, 3 % des 2 700 femmes qui ont répondu à leur sondage ont dénoncé avoir subi une expression abdominale.

Ces témoignages et enquêtes mettent en lumière la persistance de cette pratique dangereuse et la nécessité de renforcer les mesures pour la faire disparaître définitivement.

Violences Obstétricales et Consentement

L'expression abdominale est une forme de violence obstétricale, un terme qui désigne les actes médicaux abusifs ou non consentis pratiqués sur les femmes pendant la grossesse, l'accouchement ou le post-partum. Ces violences peuvent prendre différentes formes, telles que des épisiotomies injustifiées, le refus de la péridurale ou l'utilisation abusive de forceps.

La loi Kouchner de 2002 stipule qu'aucun acte médical ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne. Ce consentement peut être retiré à tout moment. Or, dans de nombreux cas d'expression abdominale, les femmes n'ont pas été informées de la pratique ni n'ont donné leur consentement. Elles se sont senties impuissantes et ont vécu l'accouchement comme une agression.

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Alternatives à l'Expression Abdominale

Dans les situations où la deuxième phase de l'accouchement doit être écourtée, la HAS recommande de recourir à des alternatives plus sûres que l'expression abdominale. Ces alternatives incluent l'extraction instrumentale (forceps, ventouses, spatules) ou la césarienne.

Il est également important de respecter le rythme naturel de l'accouchement. Caroline Combot souligne que de nombreuses pratiques liées à l'accouchement devraient être revues afin de davantage respecter son rythme naturel. Elle explique qu'il existe d'autres solutions, comme verticaliser les futures mamans ou les laisser accoucher dans des positions plus physiologiques, telles que accroupie, demi-assise ou sur un tabouret de naissance. Ces positions permettent à la femme d'avoir plus de puissance pour expulser son bébé.

De plus, il est essentiel de ne pas se précipiter pendant la phase d'expulsion. En France, le protocole dit que l'expulsion du bébé ne doit pas durer plus de 30 minutes. Or, dans d'autres pays, comme le Canada ou les États-Unis, les femmes peuvent pousser 1 heure voire 2 heures tranquillement.

Mesures à Prendre pour Éradiquer l'Expression Abdominale

Pour éradiquer définitivement l'expression abdominale des salles d'accouchement, il est nécessaire de prendre des mesures concrètes à plusieurs niveaux :

  • Formation du personnel médical : Il est crucial de sensibiliser et de former le personnel médical aux dangers de l'expression abdominale et aux alternatives plus sûres. Les écoles de sages-femmes et les facultés de médecine doivent intégrer dans leur cursus des modules de formation sur les violences obstétricales et le respect du consentement des patientes.
  • Contrôles et sanctions : Des contrôles réguliers doivent être effectués dans les maternités pour s'assurer que l'expression abdominale n'est plus pratiquée. Des sanctions disciplinaires doivent être prises à l'encontre des professionnels de santé qui continuent à utiliser cette pratique.
  • Information des femmes : Les femmes enceintes doivent être informées de leurs droits et des risques de l'expression abdominale. Elles doivent être encouragées à poser des questions et à exprimer leurs préférences concernant leur accouchement.
  • Soutien aux victimes : Les femmes qui ont subi une expression abdominale doivent bénéficier d'un soutien psychologique et juridique. Des associations et des collectifs peuvent les aider à surmonter leur traumatisme et à faire valoir leurs droits.
  • Interdiction légale : Bien que la HAS ait condamné l'expression abdominale, elle n'est toujours pas officiellement et légalement interdite. Il est nécessaire d'adopter une loi qui interdise explicitement cette pratique et la qualifie de violence obstétricale.

Grossesse et Sécurité du Bébé : Comprendre les Risques et les Précautions

Pendant la grossesse, la sécurité du bébé est une préoccupation majeure pour les futures mamans. Il est essentiel de comprendre les risques potentiels et de prendre les précautions nécessaires pour protéger le fœtus.

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La Protection Naturelle du Bébé

Le bébé dans le ventre de sa mère bénéficie d'une triple protection contre les agressions extérieures :

  1. La paroi abdominale : Une première barrière de muscles.
  2. La paroi de l'utérus : Un deuxième rempart musculaire.
  3. Le liquide amniotique : Un matelas aquatique susceptible d'amortir les chocs.

Grâce à ces protections, il est rare qu'un fœtus soit directement atteint en cas de choc, qu'il souffre d'une fracture osseuse, d'une plaie ou de la lésion d'un organe. Cependant, cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas de conséquences ennuyeuses pour la grossesse, même en cas de coup peu violent.

Risques et Précautions

  • Chocs et traumatismes : Recevoir un coup de pied de votre aîné avec lequel vous chahutiez, se faire percuter par un Caddie au supermarché, trébucher et tomber lourdement au sol, se cogner contre une porte n'est jamais anodin pour une future maman. Cela le devient de moins en moins au fur et à mesure que la grossesse avance !
  • Premier trimestre : L'utérus est encore petit, positionné bas, au niveau des os du bassin et protégé par eux. En cas de choc abdominal, ce n'est pas lui qui est en première ligne, mais d'autres organes comme les intestins, la rate, etc. Il ne subira donc pas de traumatisme.
  • Deuxième et troisième trimestres : L'utérus grossit, prenant toute la place dans le ventre et refoulant les autres organes vers l'arrière : il est donc très exposé.
  • Réaction de l'utérus : Quand l'utérus reçoit un coup, il réagit souvent en se contractant. Les contractions peuvent n'être que passagères. Mais un traumatisme abdominal est aussi susceptible de déclencher le travail et de faire courir le risque d'un accouchement prématuré.
  • Rupture des membranes : Le coup, provoquant une brutale hausse de pression à l'intérieur de l'utérus, entraîne une rupture des membranes contenant le liquide amniotique. Quand la poche des eaux est rompue, le bébé n'est plus protégé des infections et l'on ne peut se permettre d'attendre trop longtemps avant l'accouchement.
  • Hématome rétroplacentaire : Les membranes ne sont pas les seules « victimes » possibles de cette hyperpression : le placenta lui aussi peut être concerné et se décoller de la paroi de l'utérus sur une certaine zone. On parle alors d'hématome rétroplacentaire. Plus l'hématome est étendu, plus les échanges mère/enfant sont gênés, plus le fœtus peut souffrir. La seule solution après un décollement important est donc de faire naître le bébé.
  • Saignement du bébé : Même sans être directement blessé mais en réaction au traumatisme, le bébé peut saigner. Non pas comme on pourrait l'imaginer à la suite d'une coupure, déversant son hémoglobine dans le liquide amniotique et le colorant de rouge ! La « fuite » se fait de manière invisible par le cordon ombilical et rejoint ensuite la circulation maternelle. Le fœtus peut ainsi se retrouver anémié et en souffrance.

Que Faire en Cas de Choc Abdominal ?

Que le choc ait été assez fort ou minime, jouez la carte de la prudence et rendez-vous impérativement chez votre médecin ou aux urgences. C'est une évidence pour les femmes qui ont des symptômes suite à un coup ou une chute : douleurs abdominales, fortes contractions, saignements. Mais les autres aussi, celles qui n'observent rien de particulier, doivent consulter. Certaines complications comme un saignement du fœtus ou un hématome retroplacentaire peuvent évoluer sans le moindre signe extérieur.

Vous aurez droit à un bilan complet pour écarter toutes vos inquiétudes ! D'abord, le médecin s'assurera que pas une goutte de liquide amniotique ne s'écoule : des tests vaginaux permettent de le déterminer. Grâce à un monitoring, il pourra vérifier que le rythme cardiaque de votre tout-petit est normal et que vous n'avez pas de contractions. L'échographie le renseignera sur l'état du placenta. Et enfin, pour terminer, une petite prise de sang pour être bien sûr que des globules rouges de votre bébé ne se baladent pas dans votre circulation !

Quand il y a eu un accident de voiture, le médecin pratique parfois une IRM cérébrale du fœtus. Pourquoi cette attention particulière à son petit cerveau ? « Au moment du freinage brutal, la future maman part vers l'avant, mais comme elle est retenue par sa ceinture, elle revient brutalement vers l'arrière. Ce phénomène d'accélération/décélération fait que tous les organes à l'intérieur d'elle - y compris le fœtus - bougent de l'avant vers l'arrière à grande vitesse. De même pour le cerveau du bébé qui peut alors taper contre l'os de sa boîte crânienne… », explique le médecin.

Les Bons Gestes de Protection

  • Ceinture de sécurité : Sauf dispense accordée par un médecin habilité par la préfecture, une femme enceinte est tenue de s'attacher en voiture. Une étude très sérieuse montre que le port de la ceinture durant un accident divise par 2,8 le risque de perdre le fœtus. La partie ventrale de la ceinture ne doit surtout pas être positionnée en plein milieu du ventre mais bien en dessous, en appui sur les os du bassin. Quant à l'autre côté, celui qui part de l'épaule, il doit d'abord passer entre les seins puis sur le côté, mais pas sur le ventre.
  • Prévention des chutes : Les femmes enceintes, particulièrement en fin de grossesse, ont tendance à tomber plus souvent. Pour limiter les risques de chutes à la maison, commencez par passer votre intérieur en revue. Il s'agit d'éviter les fils électriques ou les tapis dans lesquels on peut se prendre les pieds, les jouets qui traînent par terre sur lesquels on peut déraper, de porter des chaussures antidérapantes s'il y a un escalier glissant, d'avoir un bon éclairage dans tous les coins et recoins. Il est bon aussi de s'entraîner à amortir une chute pour en limiter la force.
  • Vigilance et anticipation : Se montrer d'une grande vigilance, être en permanence attentive à l'environnement permet d'anticiper certains chocs et de les éviter. Il ne faut pas hésiter non plus à faire valoir ses droits et à réclamer une place assise dans les transports en commun si personne ne la propose pas. Si la loi prévoit de protéger les femmes enceintes, ce n'est pas pour rien ! En règle générale, pour éviter les collisions malheureuses, évitez les bains de foule, faites vos courses à des heures de moindre affluence, fréquentez la piscine quand elle est réservée aux cours pour femmes enceintes.

Le Toucher et le Bébé : Communication et Développement

Quand un bébé est dans le ventre de sa mère, il peut réagir à plusieurs stimuli, dont le toucher. Grâce aux terminaisons nerveuses situées sur la peau, le bébé ressent les caresses de sa mère.

  • Le sens du toucher : Les études montrent que le sens du toucher est le premier sens qui se développe chez l'enfant. Ces moments de contact sont très importants pour le développement de l'enfant et le tissage d'un lien affectif entre la mère et le fœtus.
  • Réaction aux caresses : Généralement lorsque vous caressez votre ventre, la réponse du bébé ne se fait pas attendre et celui-ci va vous gratifier de petits coups de pied.
  • Communication via le toucher : Pour apprendre à communiquer avec l'enfant via le toucher et développer ses sensations tactiles, vous pouvez vous tourner vers des séances d'haptonomie.
  • Période de sensibilité : C'est à partir du quatrième mois de grossesse que le bébé perçoit et apprécie les caresses sur le ventre. Le fœtus va percevoir la pression du liquide amniotique sur sa peau. Il est aussi capable de ressentir des vibrations et les contractions utérines. Des spécialistes ont mené différentes études qui montrent que le rythme cardiaque du bébé change quand sa maman le caresse. Il serait même plus sensible au toucher qu'à la voix.

Les Mouvements du Bébé

Les premiers mouvements du bébé, appelés quickening, se font généralement ressentir entre 4 et 5 mois de grossesse (soit 16 à 22 semaines d'aménorrhée). Pour une première grossesse, certaines femmes peuvent percevoir ces sensations autour de la 20ᵉ semaine, tandis que celles ayant déjà eu un enfant les détectent souvent plus tôt, vers la 16ᵉ semaine.

  • Variations d'activité : Il est normal que l'intensité et la fréquence des mouvements de bébé varient au cours de la grossesse. Certains jours, il peut être plus calme simplement parce qu'il dort davantage ou change de position, rendant ses mouvements moins perceptibles.
  • Rythme veille-sommeil : Pendant le sommeil de la maman, bébé ne dort pas toujours en même temps. Il suit son propre rythme veille-sommeil, alternant des phases calmes et des moments d'activité. La nuit, il peut même être plus actif, car l'immobilité de la maman et la baisse de bruits extérieurs lui permettent de bouger librement. Il en profite pour s'étirer, donner des coups de pied, sucer son pouce ou jouer avec son cordon ombilical. Les cycles de sommeil du fœtus sont courts, d'environ 20 à 40 minutes, et se répètent plusieurs fois par heure.

Le Tummy Time et la Motricité Libre

Il existe deux écoles concernant la position ventrale du bébé :

  • Motricité libre (approche Pikler) : Les bébés sont mis au sol sur le dos pour qu'ils découvrent eux-mêmes comment bouger, se retourner…
  • Tummy time (approche anglo-saxonne) : Un temps de jeu à plat ventre pour différentes raisons : la musculation du bébé ou plus fréquemment la lutte contre la plagiocéphalie.

Les professionnels de la petite enfance ont, dans leur ensemble, appris et intégré qu'il est inutile de mettre un bébé à plat ventre au tapis lors de ses moments d'éveil. En effet, le bébé de quelques mois, est plus confortable, lorsqu'il est installé à plat dos et libre de découvrir son corps, ses jambes, ses mains, son bassin. Il peut, en attrapant ses pieds, retrouver le chemin de l'enroulement et du regroupement. Puis il expérimente les mouvements de semi-retournements et de rotation vers la position plat ventre et peut progressivement se retourner et alterner plat dos/ plat ventre. Il peut ainsi faire ses découvertes et expériences motrices par lui-même, à son rythme sans alors dépendre de l'intervention directe de l'adulte.

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