L'incontinence, tant urinaire que fécale, est une problématique fréquente chez les personnes âgées, impactant significativement leur qualité de vie, leur autonomie et leur bien-être psychologique. Cependant, il arrive que certaines personnes âgées, notamment celles atteintes de troubles cognitifs comme la maladie d'Alzheimer, enlèvent leurs protections (couches ou slips absorbants), ce qui peut engendrer des difficultés supplémentaires pour les aidants et les soignants. Cet article explore les causes possibles de ce comportement et propose des solutions pour y faire face.
Comprendre l'incontinence et ses conséquences
L'élimination est un besoin fondamental de l'être humain, mais aussi un acte empreint d'intimité et de pudeur. L'incontinence urinaire, définie comme une perte involontaire d'urine constituant un problème social ou d'hygiène, est un dysfonctionnement fréquent, particulièrement chez les personnes âgées, dépendantes ou atteintes de démence. Elle peut être due à divers facteurs liés au vieillissement, tels que la perte musculaire, des séquelles d'interventions chirurgicales, certaines maladies chroniques ou la prise de médicaments diurétiques.
L'incontinence a des répercussions importantes sur le moral, l'estime de soi et la vie sociale de la personne âgée. La honte est une des premières conséquences, conduisant souvent la personne à dissimuler ses problèmes, à nettoyer elle-même sa lingerie (parfois au risque de se mettre en danger) et à adopter des comportements irrationnels pour gérer le symptôme. L'isolement est également un marqueur de survenue de l'incontinence.
Par ailleurs, le contact répété des urines sur la peau favorise les lésions cutanées, telles que les dermatites et les escarres, rendant les soins et la toilette plus douloureux. Accepter son incontinence ou celle d'un proche peut s'apparenter à un travail de deuil, avec des sentiments de colère, de tristesse et de dévalorisation.
La constipation, définie par l'émission de moins de 3 selles par semaine, est un autre trouble de l'élimination fréquent chez les personnes âgées, altérant leur qualité de vie. La démence, l'alitement et le confinement peuvent contraindre la personne à se retenir et à perdre son rythme d'élimination.
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Pourquoi une personne âgée enlève-t-elle sa couche ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce comportement :
- Troubles cognitifs : Les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés peuvent avoir des difficultés à identifier leurs besoins physiques, à se souvenir de l'emplacement des toilettes ou à les distinguer des autres pièces, à se désorienter, ou à exprimer verbalement leur besoin d'aller aux toilettes. Elles peuvent également ne plus comprendre le but de la couche ou la percevoir comme un corps étranger inutile.
- Inconfort : La couche peut être mal ajustée, inconfortable, trop chaude ou irritante pour la peau. La sensation d'humidité peut également être désagréable.
- Sentiment de dévalorisation : Le port d'une couche peut être vécu comme une perte d'autonomie et une atteinte à la dignité, renvoyant à l'image de l'enfance.
- Confusion : La personne peut être confuse, désorientée ou agitée, et ne pas comprendre pourquoi elle porte une couche.
- Facteurs physiques : Des démangeaisons, des irritations cutanées, une infection urinaire ou une constipation peuvent inciter la personne à enlever sa couche.
- Volonté de retrouver des sensations : La personne peut enlever sa couche pour retrouver des sensations de son corps.
Solutions et stratégies
Face à ce comportement, il est important d'adopter une approche empathique et individualisée, en tenant compte des causes possibles et des besoins de la personne. Voici quelques pistes de solutions :
- Améliorer la communication : Adopter des stratégies de communication efficaces pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, afin de mieux comprendre leurs besoins et de les mettre à l'aise pour exprimer leur besoin d'aller aux toilettes. Parler calmement et avec respect, en évitant de presser ou de stresser la personne.
- Faciliter l'accès aux toilettes : Aménager le logement pour faciliter l'accès aux toilettes, en dégageant les obstacles, en installant des barres d'appui et en signalant clairement la porte des toilettes avec une couleur distincte ou un dessin humoristique. Éviter les miroirs à proximité des toilettes, car ils peuvent prêter à confusion.
- Choisir des vêtements adaptés : Privilégier des vêtements confortables et faciles à enlever, avec des élastiques ou des fermetures Velcro plutôt que des boutons ou des fermetures éclair.
- Établir une routine : Encourager la personne à se rendre aux toilettes à heures fixes (au lever, après les repas, toutes les 2 à 4 heures dans la journée, avant le coucher), afin de prévenir les accidents.
- Adapter l'alimentation : Éviter les boissons qui irritent la vessie (coca cola, café, alcool) et réduire la consommation de liquides le soir pour éviter l'incontinence nocturne. Assurer une alimentation équilibrée et riche en fibres pour prévenir la constipation.
- Choisir des protections adaptées : Utiliser des protections adaptées au type et à la sévérité de l'incontinence, en tenant compte du mode de vie et de l'état de santé de la personne. Les culottes absorbantes, assimilables à des sous-vêtements classiques, sont souvent mieux acceptées. Pour les hommes, il existe des protections spécifiquement conçues pour leur anatomie.
- Assurer une hygiène rigoureuse : Effectuer des changes réguliers, dès que la personne est souillée, pour éviter la macération et les irritations cutanées. Nettoyer la peau avec un savon doux et la préserver avec une crème protectrice. En cas de dermite associée à l'incontinence, augmenter la fréquence des changes et des toilettes locales.
- Proposer des activités physiques : Encourager l'activité physique pour maintenir la mobilité et faciliter l'accès aux toilettes.
- Créer un environnement sécurisant : Maintenir un environnement calme et sécurisant, en évitant les sources de stress et d'agitation.
- Utiliser des dispositifs de sécurité : Dans certains cas, il peut être nécessaire d'utiliser des grenouillères ou des bodies adultes avec fermeture éclair dans le dos pour limiter le risque d'arrachement de la couche.
- Consulter un médecin : Il est important de consulter un médecin pour identifier les causes de l'incontinence et mettre en place un traitement adapté. Le médecin pourra également rechercher d'éventuelles pathologies sous-jacentes (infection urinaire, constipation, etc.) et ajuster les traitements médicamenteux si nécessaire.
- Solliciter de l'aide : Ne pas hésiter à solliciter de l'aide auprès de professionnels (aides à domicile, infirmiers, ergothérapeutes) et d'associations de soutien aux aidants.
- Être patient et compréhensif : L'incontinence et le fait d'enlever sa couche peuvent être source de frustration et de stress pour la personne âgée et pour son entourage. Il est important de faire preuve de patience, de compréhension et de douceur, en se rappelant que la personne n'agit pas intentionnellement pour provoquer des difficultés.
Prévention de l'incontinence
La prévention de l'incontinence est essentielle, notamment chez la femme, où les premières manifestations peuvent survenir dès l'accouchement. Il est important de :
- Maintenir une bonne hygiène de vie : Alimentation équilibrée, hydratation suffisante, activité physique régulière.
- Renforcer les muscles du plancher pelvien : Exercices de Kegel.
- Éviter le surpoids et l'obésité.
- Limiter la consommation d'alcool et de caféine.
- Traiter les pathologies sous-jacentes : Infections urinaires, constipation, etc.
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