L'infertilité et la dépression sont des pathologies intimement liées, s'entretenant mutuellement. Les couples souffrant de dépression tardent souvent à concevoir, tandis que les couples confrontés à des difficultés de fertilité sont fréquemment touchés par la dépression. Cet article explore les liens entre la dépression, les antidépresseurs et le cycle menstruel, en mettant en lumière les solutions disponibles.

Dépression et fertilité : un cercle vicieux

La dépression est une maladie parfois difficile à identifier, qui s'installe dans le temps, contrairement à la déprime passagère. Les études montrent qu'une dépression modérée ou sévère est un facteur considérable de retard de conception. Les femmes souffrant de troubles dépressifs graves voient leurs chances de concevoir diminuées de 38 % par rapport aux femmes sans symptômes dépressifs.

Les effets délétères de la dépression sur la fertilité féminine pourraient s'expliquer par un dérèglement hormonal du système hypothalamo-hypophysaire, influant sur le cycle menstruel et donc sur la capacité de conception. Chez l'homme, la dépression peut avoir des effets directs sur les dysfonctions sexuelles, avec des troubles de l'érection et de l'éjaculation. Une étude a mis en évidence un faible taux de grossesse chez les couples engagés dans un traitement de l'infertilité lorsque le partenaire masculin souffrait d'une dépression sévère. Les chances de grossesse étaient en effet 60 % plus faibles que chez les couples dont l'homme ne présentait pas d'état dépressif.

Assistance Médicale à la Procréation (AMP) et dépression

L'AMP représente une grande aide pour les personnes infertiles, mais le parcours reste long et éprouvant. Le suivi dans le cadre d'une AMP ne se limite pas aux aspects techniques, mais s'intéresse également à l'aspect psychologique du couple. Malheureusement, un grand nombre de couples renoncent à engager une procédure d'AMP après la phase diagnostique et un tiers des patientes abandonnent l'AMP après le premier cycle de traitement. Le dépistage des couples à risque de dépression serait la clé pour éviter les abandons de traitement et donc les échecs de grossesse.

Antidépresseurs et grossesse : une évaluation nécessaire

Si vous êtes sous traitement antidépresseur et que vous avez un projet de grossesse ou une grossesse en cours, il est impératif d'en informer votre médecin ou votre sage-femme. Tout traitement par médicaments psychotropes n'est pas à proscrire, mais doit être réévalué avant, pendant et après une grossesse. Concernant les inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ISRS), les femmes ayant été traitées avant une grossesse présentent une amélioration de leur état psychologique à long terme et montrent une amélioration des chances de grossesse.

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Il est crucial de noter que l'arrêt brutal d'un antidépresseur, en particulier DEROXAT 20 mg, comprimé pelliculé sécable, peut entraîner des effets indésirables. Dans la plupart des cas, ces effets sont légers et disparaissent spontanément en 1 à 2 semaines, mais parfois ils peuvent être plus sévères ou durer plus longtemps. Votre médecin vous conseillera sur la réduction progressive de la dose sur plusieurs semaines.

Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDPM) : une forme sévère du SPM

Le Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDPM) est un syndrome méconnu, mais répandu, touchant environ 3 à 8% des femmes. Il se caractérise par des troubles psychiques, voire psychiatriques, sévères survenant pendant la période prémenstruelle. Bien qu’il soit répertorié dans le DSM-V (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), la littérature scientifique à son sujet demeure rare.

L’étiologie du TDPM reste mal comprise. Il n’a pas été mis en évidence d’anomalie biologique des stéroïdes sexuels, mais il semble que cela se joue dans les variations de l’équilibre oestro-progestatif de la phase lutéale. Ce trouble touche principalement les femmes âgées de 30 à 45 ans. Ses caractéristiques distinctives incluent une alternance entre des troubles psychologiques sévères, pouvant commencer dès le début de l’ovulation et précédant toujours les règles, suivies d’un intervalle libre survenant après les menstruations. Les symptômes peuvent parfois se manifester sous forme d’épisode d’agressivité. Ces manifestations entravent considérablement la vie quotidienne, tant sur le plan relationnel que professionnel.

Une particularité du TDPM est sa disparition quasi-immédiate avec le début des règles, ce qui peut parfois conduire les femmes à croire à tort qu’elles souffrent de troubles bipolaires. La prise en charge du TDPM est essentielle pour aider les femmes à gérer les symptômes souvent invalidants de ce syndrome.

Prise en charge du TDPM

Tout d’abord, il est crucial d’écouter attentivement les patientes et de reconnaître la gravité de leurs troubles psychiatriques, souvent minimisés par méconnaissance. Les femmes doivent se sentir comprises et validées dans leurs symptômes. Des modifications diététiques sont également conseillées, incluant une augmentation de l’apport en glucides complexes, une diminution de la consommation de sucre, de sel, de caféine et d’alcool.

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En première intention, on peut proposer la progestérone micronisée en seconde phase du cycle. Cependant, il est important de noter que chez les femmes atteintes de TDPM, il peut falloir plus de temps pour mettre l’axe hypothalamo-hypophysaire au repos. Des symptômes liés à l’initiation de la contraception hormonale, tels que des mastodynies ou un spotting peuvent persister plus longtemps que chez une femme sans TDPM, nécessitant souvent jusqu’à 3 à 4 mois pour que les effets bénéfiques se fassent sentir.

En cas de contre-indication ou de refus de la prise d’un contraceptif, la prise d’antidépresseurs de la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine peut également être possible de manière séquentielle pendant les périodes post-ovulation. Une autre possibilité thérapeutique consiste à induire une ménopause artificielle par les analogues de la LHRH. Cette approche ne peut être que temporaire en raison des risques osseux et vasculaires d’une ménopause précoce.

Il est essentiel de reconnaitre le Trouble Dysphorique Pré-Menstruel comme une maladie sévère et invalidante.

TDPM : témoignages

De nombreux témoignages illustrent la difficulté de vivre avec le TDPM. Des femmes décrivent des périodes de détresse immense, des pensées suicidaires, une irritabilité extrême et une sensation de ne plus se reconnaître. L'errance diagnostique est fréquente, et de nombreuses femmes se sentent incomprises, même par les professionnels de santé. La reconnaissance du TDPM est un premier pas essentiel vers une prise en charge adaptée.

Aménorrhée : absence de règles et dépression

L’aménorrhée correspond à une absence totale de règles. Elle peut s'observer chez la jeune fille de 16 ans ou plus et n'ayant jamais eu de règles (aménorrhée primaire) ou chez une femme préalablement réglée et non ménopausée (aménorrhée secondaire), lorsque les règles sont interrompues depuis plus de trois mois.

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La première cause d'aménorrhée primaire est le retard pubertaire. Ce retard peut être d'origine héréditaire ou être la conséquence d'une maladie grave ou d'une anorexie. Parfois, il s'agit d'un mauvais fonctionnement de la région du cerveau qui contrôle la production des hormones sexuelles, ou des ovaires. Si la puberté s’est déroulée normalement, l’aménorrhée primaire est parfois liée à une malformation congénitale de l’utérus, une maladie génétique ou un problème hormonal. Dans certains cas, il s’agit simplement d’un défaut de perforation de l’hymen, qui empêche l’écoulement des règles.

L'aménorrhée secondaire peut être causée par les suites d’un accouchement et d’un allaitement prolongé, le stress important et répété, ou un choc psychologique. L’hypothalamus et l’hypophyse, qui se trouvent dans le cerveau, contrôlent la production de FSH et LH et peuvent subir l’influence d’autres régions du cerveau, notamment celles où se forment les émotions. Un choc psychologique (décès, divorce, perte brutale d’emploi, etc.), une maladie prolongée, une douleur chronique, un état dépressif ou anxieux peuvent entraîner un arrêt plus ou moins long des cycles menstruels.

Dans tous les cas, une consultation médicale s’impose, afin d’écarter en premier lieu les causes les plus évidentes (grossesse, contraception, ménopause, autre maladie, etc.). L’interrogatoire minutieux du gynécologue permet d’identifier les éventuelles causes psychologiques d’une dysménorrhée ou d’une aménorrhée.

Antidépresseurs : mécanismes d'action et nouveaux neurones

La France est l’un des premiers consommateurs d’antidépresseurs par habitant au monde. Bien que l’efficacité de ces médicaments soit démontrée, les mécanismes d’action de ces molécules sont encore méconnus. Des recherches ont mis en évidence que les antidépresseurs augmentent la production de nouveaux neurones dans l'hippocampe. Ces nouveaux neurones permettent de remettre en route l’axe endocrinien du stress qui est justement détérioré dans la dépression.

Pour gérer des situations de stress, l’organisme va mettre en route un système de protection basé sur la libération d’hormones de stress. Toutefois, dans des conditions de stress prolongées, une trop forte libération de cortisol a des effets délétères sur le cerveau. Chez les personnes dépressives, les hormones de stress sont complètement dérégulées.

Syndrome prémenstruel (SPM)

Le syndrome prémenstruel, ou SPM, est un trouble que de nombreuses personnes qui ont leurs règles connaissent bien. On estime qu’il touche jusqu’à 80% des personnes qui ont leurs règles. Également appelé syndrome du cycle ovarien ou tension prémenstruelle, ce syndrome est défini par un ensemble de symptômes (par ex. une humeur changeante, des ballonnements, une hypersensibilité des seins) qui apparaissent quelques jours avant le début des menstruations. Les symptômes varient d'une personne à l'autre, et ce ne sont pas toutes les personnes qui ont leurs règles qui souffrent du syndrome prémenstruel. Pour certains, le SPM est très incommodant et perturbe même leurs activités quotidiennes. D'autres personnes qui ont leurs règles(environ 5 %) peuvent présenter une forme plus grave du syndrome prémenstruel appelée trouble dysphorique prémenstruel (TDP).

Le cycle menstruel est réglé par l'interaction complexe des hormones féminines. Ces hormones contribuent à déclencher les menstruations à la puberté, à établir la fréquence et la durée des cycles menstruels pendant les années de procréation et, enfin, à déterminer l'arrêt des menstruations à la ménopause. On ne connaît pas la cause exacte du syndrome prémenstruel. On croit qu'il est causé par des changements dans les concentrations d'hormones spécifiques. Selon les résultats de certaines études, les symptômes du syndrome prémenstruel sont liés aux fluctuations prémenstruelles d'une substance chimique dans le cerveau appelée sérotonine et à une sensibilité accrue à l'hormone progestérone. Selon d'autres études, ce sont les hormones œstrogènes qui entraînent une rétention d'eau, ce qui pourrait expliquer le gain de poids passager, l'hypersensibilité des seins et les ballonnements dont se plaignent plusieurs personnes présentant un syndrome prémenstruel. Par ailleurs, des travaux récents permettent de croire que les personnes qui observent la survenue du SPM métabolisent la progestérone différemment.

Si vous souffrez du syndrome prémenstruel, vous pourriez observer des symptômes différents que ceux de votre parent , votre frère ou seuor, ou votre meilleure amie. Et même si vous présentiez les mêmes symptômes, leur intensité pourrait varier. En outre, vos symptômes peuvent se modifier d'un cycle menstruel à l'autre et ils peuvent aussi se transformer au fil des ans.

Les symptômes de certaines personnes sont très marqués, mais de courte durée. Les symptômes peuvent durer de quelques heures à 2 semaines avant le début des menstruations, la durée moyenne étant de 6 jours par mois. En général, ils disparaissent lorsque les menstruations commencent. Les symptômes d'une personne qui approche de la ménopause persistent parfois durant et après les menstruations. Certaines personnes qui présentent un syndrome prémenstruel ont ensuite des menstruations douloureuses.

Diagnostic et traitement du SPM

Un autodiagnostic établit la plupart du temps la présence du SPM. Ce qui signifie que les personnes ont tendance à déclarer qu'elles sont atteintes du syndrome prémenstruel sans même avoir consulté un médecin. Puisque les symptômes réapparaissent lors de chaque cycle menstruel, il est très facile de les reconnaître. Un médecin peut poser le diagnostic de SPM si une femme présente plusieurs des symptômes énumérés. Le diagnostic du syndrome prémenstruel est confirmé par les antécédents, la régularité menstruelle, ovulatoire, les fluctuations hormonales et, dans certains cas, par l'absence de troubles psychiatriques (par ex. Dans de nombreux cas, l'inscription de leurs symptômes sur un calendrier permet de vérifier si ceux-ci sont cycliques ou continus.

Une bonne alimentation, la pratique régulière d'exercices et l'adoption d'un mode de vie sain contribuent généralement à atténuer le syndrome prémenstruel. Il est également important de se reposer et de dormir suffisamment. Une discussion à ce sujet avec votre médecin pourrait dissiper les craintes suscitées par un tel diagnostic.

Les médicaments : la prise de contraceptifs ou d’autres médicaments hormonaux oraux pourrait stabiliser les fluctuations hormonales et faire cesser l'ovulation. Le ballonnement et la rétention d'eau peuvent être atténués par un apport en sel plus faible et un diurétique léger qui vous fera uriner, comme la spironolactone. La prise d'analgésiques offerts en vente libre, tels l'acétaminophène, le naproxène ou l'ibuprofène, permet de soulager les maux de tête, les douleurs articulaires et les crampes menstruelles. Les antidépresseurs appelés inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), sont couramment prescrits dans le traitement des symptômes psychologiques tels que l'anxiété et la dépression. Des témoignages ont prouvé que ces antidépresseurs favorisent la prise en charge du syndrome prémenstruel.

Les modifications apportées au régime alimentaire : une réduction de la consommation de soda, de caféine et d'alcool peut procurer un certain soulagement des symptômes. Consommer moins de sucre et de sel peut également aider. Par ailleurs, pour certaines femmes, la prise de suppléments contenant du calcium, du magnésium, du soya, de la vitamine B6 et de la vitamine E pourrait atténuer certains symptômes. Certaines personnes utilisent des produits à base d'herbes médicinales comme l'huile d'onagre, le millepertuis ou l'agnus-castus pour atténuer leurs symptômes, mais l'efficacité de ces produits n'a toutefois pas été démontrée.

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