La varicelle est une maladie virale très contagieuse, causée par le virus varicelle-zona (VZV), qui touche principalement les enfants. Si vous pensez que votre bébé a attrapé la varicelle, ou si vous vous interrogez sur les moyens de soulager votre enfant, cet article vous apportera des informations essentielles sur la maladie, son impact sur les bébés allaités, et la transmission d'anticorps via le lait maternel.
Qu'est-ce que la Varicelle ?
La varicelle est une infection appartenant au groupe des herpès-virus. Elle est particulièrement fréquente durant l’enfance, et après une première infection, l’enfant est généralement immunisé à vie, sauf en cas de système immunitaire affaibli. La varicelle est très contagieuse et se propage souvent de manière épidémique chez les bébés et les jeunes enfants, surtout au début du printemps et de l’été. Une personne infectée peut contaminer un grand nombre d’individus.
Après la contamination, il y a une période d’incubation de 10 à 21 jours sans symptômes. Ensuite, des éruptions de petites vésicules apparaissent sur la nuque, le ventre, le thorax et/ou le dos. Ces boutons, ressemblant d’abord à des piqûres d’insectes avec une auréole rouge, peuvent s’étendre rapidement sur tout le corps, y compris le visage, le cuir chevelu, l’intérieur de la bouche, les organes génitaux et les oreilles. Seules les paumes des mains et la plante des pieds sont généralement épargnées. L’intensité des éruptions varie considérablement d’un enfant à l’autre, allant de quelques vésicules à des milliers de boutons lors de poussées successives.
La varicelle dure généralement entre 10 et 12 jours, même en cas d’éruption importante. Étant causée par un virus, il n’existe pas de médicament spécifique pour la traiter, mais il est possible de soulager les symptômes. Les pédiatres prescrivent souvent une solution antiseptique pour favoriser la cicatrisation des boutons et prévenir les surinfections. Des antihistaminiques peuvent également être prescrits pour atténuer les démangeaisons.
En France, deux vaccins contre la varicelle sont disponibles : Varilrix® et Varivax®.
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Varicelle chez le Bébé : Risques et Complications
La varicelle est généralement bénigne chez les enfants. Cependant, des complications peuvent survenir, notamment :
- Surinfection des vésicules due au grattage, pouvant entraîner un impétigo (infection bactérienne de la peau).
Bien que la varicelle chez le bébé soit généralement sans danger, il est important de surveiller tout signe inhabituel et de consulter un médecin en cas de doute.
Les femmes enceintes non immunisées contre la varicelle peuvent développer des formes graves de la maladie, dangereuses pour le développement du fœtus (retard de croissance intra-utérin, malformation…). De plus, si une femme enceinte contracte la varicelle à l’approche du terme, elle risque davantage de développer une pneumopathie varicelleuse.
Le Système Immunitaire du Bébé et l'Allaitement
Immunité Innée et Adaptative
Il existe deux types d’immunité :
- L’immunité innée (ou naturelle) : C’est la réponse immédiate de l’organisme face aux agents microbiens. Elle combat tous les types de pathogènes de manière non spécifique et sans mémoire immunologique. Elle freine le développement des germes et stimule les globules blancs, constituant la première ligne de défense.
- L’immunité adaptative (ou acquise) : Elle est plus tardive, mais plus efficace et possède une mémoire. Elle implique les lymphocytes B et T, ainsi que des récepteurs d’antigènes spécifiques.
Développement du Système Immunitaire du Bébé
Durant la grossesse, la mère transmet des anticorps à son fœtus via le placenta, offrant une protection avant la naissance. Le nouveau-né arrive avec un système immunitaire inné et adaptatif immature, qualifié de « naïf ». Ce système mûrit et acquiert de la mémoire tout au long de la vie, avant de décliner avec l’âge.
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À la naissance, le système immunitaire du bébé est présent et quasiment fonctionnel, mais l’exposition soudaine aux antigènes environnementaux nécessite une adaptation rapide. Au début, le système de défense réagit lentement, car il est confronté pour la première fois à des substances étrangères. Ces protéines circulent dans le sang du nourrisson pendant quelques semaines à quelques mois, neutralisant les microbes ou les marquant pour la destruction par des phagocytes (cellules immunitaires qui détruisent les bactéries, les virus et les débris cellulaires).
Rôle de l'Allaitement dans l'Immunité du Bébé
Le lait maternel apporte aux nouveau-nés divers éléments essentiels, notamment le lactose, des immunoglobulines, des lymphocytes et des oligosaccharides.
- Le lactose stimule la production de peptides antimicrobiens (AMP), qui luttent contre les infections gastro-intestinales et favorisent le développement de la flore intestinale, crucial pour le système immunitaire, surtout chez les bébés prématurés pour prévenir les entérocolites ulcéro-nécrosantes.
- Les immunoglobulines sont des anticorps qui neutralisent les agents infectieux. Il en existe cinq types : IgG, IgA, IgM, IgD et IgE. Les IgA sont les plus abondants. Ils sont formés de deux molécules d’IgA jointes et d’une composante sécrétoire qui protège les molécules des anticorps contre la dégradation par les acides gastriques et les enzymes digestives. Les IgA sécrétoires transmis aux nourrissons ciblent les pathogènes de leur environnement immédiat et ignorent les bactéries utiles présentes dans l’intestin. Ces IgA combattent les maladies sans provoquer d’inflammation excessive.
- Les cellules immunitaires sont présentes en grande quantité dans le colostrum, notamment les macrophages et les neutrophiles. Les lymphocytes T, B et les cellules tueuses représentent 10 % des globules blancs dans le lait maternel. Lorsque la mère est exposée à des micro-organismes, son système immunitaire réagit rapidement en libérant des lymphocytes B via la lymphe et le sang, et en sécrétant des IgA contre le microbe ou virus. Cet échange est optimisé lorsque le bébé est au sein grâce à l’échange salivaire.
Transmission des Anticorps de la Mère à l'Enfant
Si la mère est malade, le bébé est également en contact avec les antigènes. Le lait maternel lui fournit alors automatiquement les anticorps maternels. Inversement, si le bébé est malade, la mère est exposée aux antigènes du bébé et fabrique les anticorps adéquats.
Il est crucial de noter que seuls les anticorps fabriqués au moment de l’infection sont présents dans le lait maternel. Les anticorps en latence (par exemple, si la mère a eu la rougeole) restent dormants dans les organes lymphoïdes. Si le bébé attrape la rougeole, les anticorps de la mère se réveillent pour empêcher la mère de redéclarer la maladie et pour migrer dans le lait maternel.
L’apport de lait maternel est donc indéniablement bénéfique, car il fournit des anticorps en plus d’un aliment optimal pour le nourrisson. En revanche, la préparation commerciale pour nourrisson annule les effets bénéfiques des anticorps sur le transit intestinal de bébé.
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Limites de l'Immunité Transmise par l'Allaitement
L’immunité transmise par l’allaitement n’est pas toujours complète. Pour certaines pathologies comme la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, l’immunité placentaire est maximale à la naissance, mais décroît rapidement. Le taux d’anticorps transmis par l’allaitement est trop faible pour envisager un report de la vaccination. Pour la coqueluche, l’immunité n’est pas transmise du tout.
De même, certaines pathologies chez la mère (cancer, diabète, maladies auto-immunes, cardiaques) peuvent entraîner une production insuffisante d’anticorps, et donc une transmission limitée au bébé via le lait maternel.
Une exception notable est le SIDA : l’allaitement au sein exclusif est la meilleure alimentation pour le nourrisson durant les six premiers mois de sa vie.
Il semblerait que les anticorps se conservent à la congélation (par extrapolation avec le sang), mais leur activité après décongélation est incertaine.
Vaccination contre la Varicelle : Recommandations
La vaccination contre la varicelle est recommandée pour les personnes n’ayant jamais eu la varicelle, à partir de l’âge de 12 ans. Si vous ne savez pas si vous avez eu la varicelle, une prise de sang peut vérifier la présence d’anticorps.
Schéma de Vaccination
Le schéma de vaccination consiste en deux doses espacées de quatre à huit semaines, selon le vaccin utilisé. La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.
Précautions Particulières
Après la vaccination d’une jeune femme contre la varicelle, il est nécessaire d’éviter toute grossesse dans le mois suivant l’injection.
Infliximab et Allaitement
L’infliximab, un médicament anti-inflammatoire utilisé pour traiter certaines maladies auto-immunes, peut diminuer les défenses immunitaires des nourrissons exposés pendant la grossesse ou l’allaitement. La vaccination par un vaccin vivant atténué (ROR, BCG, fièvre jaune, rotavirus ou varicelle) de ces nourrissons doit être décalée à 12 mois après la naissance et n’est pas recommandée pendant l’allaitement.
Que Faire si Votre Enfant Est Exposé à la Varicelle ?
Si votre enfant est exposé à la varicelle et que vous êtes immunisée, votre bébé profitera de vos anticorps via l’allaitement. La plupart des varicelles chez les nourrissons immunisés passivement sont bénignes. Si la mère n’est pas immunisée, la situation est différente. Dans ce cas, un nouveau-né exposé à la varicelle peut être traité avec des immunoglobulines spécifiques et des antiviraux. Il est important de discuter de cette situation avec l’équipe médicale qui vous suit.
Conseils pour Soulager les Symptômes de la Varicelle chez les Bébés Allaités
Si votre bébé a la varicelle, voici quelques conseils pour soulager ses symptômes tout en continuant l’allaitement :
- Antiseptiques : Appliquez une solution antiseptique sur les boutons pour favoriser la cicatrisation et prévenir les surinfections.
- Antihistaminiques : Demandez à votre médecin si des antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons.
- Homéopathie : Certaines granules homéopathiques peuvent aider à soulager les démangeaisons.
- Bains tièdes : Des bains tièdes avec du bicarbonate de soude peuvent apaiser les démangeaisons.
- Allaitement à la demande : La tétée peut calmer, distraire et endormir le bébé, surtout s’il a des boutons dans la bouche.
- Éviter le grattage : Essayez de distraire votre enfant pour éviter qu’il ne se gratte et n’aggrave les lésions.
Varivax : Informations Importantes sur le Vaccin Contre la Varicelle
Varivax est un vaccin vivant atténué contre la varicelle, disponible sous forme de poudre et solvant pour suspension injectable. Il est indiqué chez les sujets à partir de 12 mois pour la prévention de la varicelle. Dans certaines circonstances, il peut être administré aux nourrissons à partir de 9 mois.
Composition
Une dose de 0,5 mL contient :
- Virus de la varicelle souche Oka/Merck (vivant, atténué) : 3 1 350 UFP
- Excipients : Saccharose, gélatine hydrolysée, urée, chlorure de sodium, L-glutamate monosodique, phosphate disodique anhydre, phosphate monopotassique, chlorure de potassium, eau pour préparations injectables.
Posologie
- Sujets de moins de 9 mois : VARIVAX ne doit pas être administré.
- Sujets de 9 mois et plus : Deux doses sont nécessaires pour une protection optimale.
- Sujets entre 9 mois et 12 mois : Une seconde dose doit être administrée après un intervalle minimum de 3 mois.
- Sujets de 12 mois à 12 ans : Un intervalle d'au moins un mois doit être respecté entre les doses.
- Sujets de 13 ans et plus : Deux doses administrées à un intervalle de 4 à 8 semaines sont nécessaires.
Contre-indications
- Hypersensibilité à un vaccin contre la varicelle, à l’un des excipients, à la gélatine ou à la néomycine.
- Dyscrasies sanguines, leucémie, lymphomes ou toute autre néoplasie maligne touchant le système lymphatique et sanguin.
- Traitement immunosuppresseur (y compris de fortes doses de corticostéroïdes).
- Déficit sévère de l’immunité humorale ou cellulaire.
- Antécédents familiaux de déficit immunitaire héréditaire ou congénital.
- Tuberculose active non traitée.
- Maladie avec de la fièvre > 38,5 °C.
- Grossesse (et grossesse à éviter dans le mois suivant la vaccination).
Précautions d'Emploi
- Un traitement médical approprié doit être disponible en cas de réaction anaphylactique rare.
- Des réactions d’hypersensibilité sont possibles.
- VARIVAX peut ne pas protéger tous les sujets contre la maladie.
- Les personnes vaccinées doivent éviter l’utilisation de salicylés pendant 6 semaines après la vaccination.
- La transmission du virus vaccinal peut survenir dans de rares cas.
- Les sujets vaccinés doivent éviter les contacts proches avec des sujets à haut risque pendant au moins 6 semaines suivant la vaccination.
Interactions Médicamenteuses
- VARIVAX ne doit pas être mélangé avec un autre vaccin ou médicament dans la même seringue.
- L’administration concomitante avec d’autres vaccins a été étudiée, mais certaines combinaisons nécessitent un intervalle spécifique.
- La vaccination doit être reportée de 5 mois au moins après une transfusion sanguine ou plasmatique, ou l’administration d’immunoglobulines.
- L’administration de produits sanguins contenant des anticorps contre le virus de la varicelle durant le mois qui suit l’administration de VARIVAX peut diminuer la réponse immunitaire au vaccin.
Grossesse et Allaitement
Les femmes enceintes ne doivent pas être vaccinées avec VARIVAX. Toute grossesse doit être évitée dans le mois suivant la vaccination. En raison du risque théorique de transmission de la souche virale du vaccin de la mère à l’enfant, VARIVAX n’est généralement pas recommandé pour les femmes qui allaitent.
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