La grossesse est une étape de vie importante pour un couple. Cependant, des complications peuvent survenir, notamment la fausse couche. Une fausse couche est définie comme la perte spontanée d'un fœtus avant la 20e semaine de grossesse. À 12 semaines d'aménorrhée (SA), la fausse couche marque une transition entre le premier et le deuxième trimestre. Bien que le risque diminue avec l'avancement de la grossesse, il persiste et il est essentiel de comprendre les causes, les symptômes et les options de prise en charge.
Prévalence et risque à 13 SA
Le risque de fausse couche diminue au fil des semaines de grossesse. À 13 SA, on estime que le pourcentage de fausse couche est d'environ 2 à 4%. Il est important de noter que ces chiffres sont des estimations et peuvent varier d'une femme à l'autre.
Causes des fausses couches à 12 SA
Une fausse couche peut être causée par plusieurs facteurs, classés en causes internes et externes.
Causes internes
- Anomalies chromosomiques : Elles sont responsables de 50 à 70 % des fausses couches précoces. Ces anomalies concernent des erreurs dans le nombre ou la structure des chromosomes de l'embryon, souvent dues à une erreur lors de la fécondation. La trisomie 16, incompatible avec la vie, est l'une des anomalies les plus fréquentes observées lors de fausses couches précoces.
- Déséquilibre hormonal : Le bon déroulement de la grossesse dépend d'un équilibre hormonal précis. Un faible niveau de progestérone, par exemple, peut augmenter le risque de fausse couche.
- Anomalies utérines : Certaines anomalies de l'utérus peuvent gêner la bonne implantation ou le développement de l'embryon. Ces anomalies peuvent être diagnostiquées par échographie, IRM ou hystéroscopie. Les fibromes ou polypes peuvent aussi être des facteurs.
- Infections : Certaines infections telles que la rubéole, le cytomégalovirus ou la toxoplasmose peuvent accroître le risque de fausse couche, notamment au cours du premier trimestre.
- Facteurs immunologiques : Des anomalies dans la reconnaissance de l'embryon par le système immunitaire maternel peuvent également jouer un rôle. Le syndrome des antiphospholipides, une maladie auto-immune, est connu pour favoriser les fausses couches à répétition.
- Autres anomalies pathologiques: Diabète non contrôlé, problèmes de glande thyroïde, maladies immunitaires, maladie cœliaque, problèmes de coagulation sanguine, anomalies du col de l’utérus.
Causes externes
- Consommation de substances nocives : Tabac, alcool, cocaïne, héroïne, amphétamines, excès de caféine et certaines plantes médicinales peuvent provoquer l'interruption d'une grossesse.
- Âge des parents : Plus la mère est âgée, plus le risque de fausse couche est élevé (20 % pour les femmes de 35 ans, 40 % pour les femmes de 40 ans et 80 % pour les femmes au-delà de 45 ans). Chez les hommes de plus de 40 ans, il existe un risque accru en raison d'une augmentation du nombre de spermatozoïdes anormaux.
Dans environ 30 % des cas, aucune cause identifiable de fausse couche n'est mise en évidence, même après un bilan complet.
Symptômes d'une fausse couche à 12 SA
Identifier rapidement les symptômes peut parfois permettre de prendre des mesures pour minimiser les risques. Les signes d'une fausse couche peuvent inclure :
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- Saignements vaginaux : C'est l'un des premiers signes. Bien que tous les saignements ne mènent pas à une fausse couche, ils nécessitent une attention médicale. Le sang est d’abord rouge clair puis devient rouge foncé.
- Caillots de sang ou de tissus brunâtres.
- Douleurs : Fortes douleurs au niveau du dos ou du bas-ventre, semblables à des crampes menstruelles.
- Perte de liquide amniotique : La perte anormale de liquide amniotique peut aussi être un indicateur.
- Disparition des symptômes de grossesse : Absence brusque des symptômes et signes de grossesses (nausées, vomissements, tensions, douleurs des seins…).
- Forte contraction (qui peut être comparée à une contraction d’accouchement).
Il est important de consulter un médecin si vous présentez l'un de ces symptômes. En particulier si le saignement vaginal est abondant (nécessitant l'utilisation d'au moins deux serviettes hygiéniques en 1 heure), si vous ressentez de fortes douleurs au niveau du bas-ventre, du dos ou de l'abdomen, ou si vous avez été victime d'une perte de conscience.
Types de fausses couches
Il existe plusieurs types de fausses couches :
- Fausse couche spontanée précoce : L'arrêt de grossesse a lieu au cours des 3 premiers mois.
- Fausse couche spontanée tardive (avortement tardif) : Interruption non volontaire de la grossesse entre le troisième et le cinquième mois.
- Mort fœtale : Interruption et expulsion de grossesse au-delà de cinq mois (22 semaines d’aménorrhée).
- Fausse couche silencieuse (fausse couche retenue) : La grossesse s’arrête sans signes d’expulsion spontanée et immédiate de l’embryon ou du fœtus. Le diagnostic est confirmé par échographie ou analyse de l'hormone hCG.
- Fausse couche incomplète : Le col est ouvert mais tout ou partie du fœtus reste dans l’utérus.
- Fausse couche septique : Une infection de l’utérus cause la fausse couche.
- Fausse couche par mort in utero : Le fœtus meurt dans l’utérus de la maman (après 20 semaines de grossesse).
- Fausse couche biochimique (silencieuse) : La grossesse est détectée très tôt par test urinaire ou prise de sang (bêta hCG) mais n’est pas visible à l’échographie.
- Fausse couche œuf clair (grossesse anembryonnaire) : Il n’y a pas d’embryon dans le sac gestationnel.
- Fausse couche sous contraception : La femme enceinte se rend compte par un test de grossesse qu’elle était enceinte, tout en prenant la pilule ou en ayant un stérilet.
Diagnostic
La téléconsultation n'est pas appropriée pour diagnostiquer une fausse couche. Le diagnostic repose sur :
- Examen clinique : Évaluation des symptômes et des antécédents médicaux.
- Échographie : Pour confirmer l'absence d'activité cardiaque fœtale et évaluer l'état de l'utérus. L’échographie endovaginale devrait permettre de localiser l’embryon : s’il est dans l’utérus c’est une grossesses normale, s’il est ailleurs, il s’agit d’une grossesse extra-utérine (GEU).
- Analyse de l'hCG : Dosage de l'hormone de grossesse pour vérifier si elle augmente normalement. Pour savoir si vous faites une fausse couche ou si ce sont vos règles, direction le labo de ville pour une prise de sang.
Prise en charge et traitements
Trois types de traitements sont possibles pour faire face à une fausse couche :
- Traitement médicamenteux : Utilisé pour les grossesses de moins de 10 semaines, avec du Misoprostol pour provoquer l'expulsion, accompagné d'antidouleurs et d'antiémétiques.
- Curetage : Recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines. Il s'agit d'une intervention chirurgicale pour expulser entièrement le fœtus et le placenta.
- Fausse couche naturelle : Attendre que le fœtus s'expulse naturellement sans intervention médicamenteuse. Cette option peut être douloureuse et stressante.
La gestion de la fausse couche silencieuse peut varier en fonction de la situation et des préférences de la femme. Dans de nombreux cas, si la grossesse n’évolue pas, le corps de la femme expulse naturellement le tissu fœtal quelques jours ou semaines après. Si le corps n’expulse pas naturellement tout le tissu fœtal, un curetage peut être fait. Il s’agit d’un procédé médical au cours duquel le col de l’utérus est dilaté et les tissus qui se trouvent dans l’utérus sont retirés.
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En présence de risques avérés, diverses options thérapeutiques peuvent soutenir la grossesse. L'administration de supplément de progestérone est courante dans les cas de carence hormonale. Dans certains cas rares, des interventions chirurgicales peuvent être nécessaires pour éviter une fausse couche.
Soutien émotionnel et deuil
Vivre une fausse couche est un événement traumatisant. Il est important de reconnaître et de valider les émotions ressenties, telles que le vide, la déception, la tristesse et la culpabilité. Le deuil doit se faire à deux, en communiquant et en se soutenant mutuellement. Si l'émotion est trop forte, il est conseillé de consulter des professionnels ou de rejoindre des groupes de soutien. Des psychothérapies peuvent être proposées pour aider à surmonter cette épreuve.
Prévention
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir une fausse couche, certaines mesures peuvent contribuer à réduire le risque :
- Suivi médical régulier : Des consultations prénatales fréquentes permettent de surveiller la grossesse et de détecter d'éventuelles complications.
- Alimentation équilibrée : Une alimentation riche en vitamines et minéraux essentiels favorise une grossesse saine.
- Éviter les substances nocives : Ne pas consommer de tabac, d'alcool ou de drogues.
- Vaccination : Se faire vacciner contre la rubéole et la grippe.
- Dépistage des infections : Se faire dépister régulièrement de la toxoplasmose.
- Examens préventifs en cas de FIV : Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG), la thrombophilie et le test de réceptivité endométriale ER Map.
- Traiter les infections vaginales.
Grossesses ultérieures
La majorité des femmes ayant vécu une fausse couche auront ensuite une grossesse parfaitement normale. Un bilan médical n'est généralement nécessaire qu'après plusieurs pertes de grossesse successives. Il est recommandé de se sentir prête physiquement et psychologiquement avant de reprendre une activité sexuelle et de retenter un projet bébé. En règle générale, il est conseillé d’attendre 2 semaines après une fausse couche pour éviter les infections et pour favoriser la cicatrisation de l’utérus et du col. Parfois il est conseillé de reprendre le projet bébé uniquement après le retour des règles post fausse couche (4-6 semaines).
Si une nouvelle grossesse survient après une fausse couche tardive, le cerclage n’est pas systématique, et plutôt réservé aux femmes ayant plusieurs antécédents de fausses couches.
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