L'oméprazole est un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) utilisé pour réduire la production d'acide dans l'estomac. Cet article explore les recommandations et les informations essentielles concernant l'utilisation de l'oméprazole chez les nourrissons et les enfants, en se basant sur les données de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) et d'autres sources médicales.
Indications Thérapeutiques de l'Oméprazole
L'oméprazole est indiqué pour plusieurs conditions chez les adultes, notamment :
- Traitement des ulcères duodénaux et gastriques
- Prévention des récidives d'ulcères duodénaux et gastriques
- Éradication de Helicobacter pylori (H. pylori) en association avec des antibiotiques
- Traitement des ulcères gastriques et duodénaux associés à la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- Prévention des ulcères gastriques et duodénaux associés à la prise d'AINS chez les patients à risque
- Traitement de l'œsophagite par reflux
- Traitement d'entretien après cicatrisation d'une œsophagite par reflux
- Traitement du reflux gastro-œsophagien symptomatique
- Traitement du syndrome de Zollinger-Ellison
Chez les enfants, les indications sont plus spécifiques :
- Enfants à partir d'un an et ≥ à 10 kg : Traitement de l'œsophagite par reflux, traitement symptomatique du pyrosis et des régurgitations acides en cas de reflux gastro-œsophagien.
- Enfants de plus de 4 ans et adolescents : En association à des antibiotiques, traitement de l'ulcère duodénal consécutif à une infection par H. pylori.
Posologie et Mode d'Administration
Adultes
Les doses varient en fonction de l'indication :
- Ulcères duodénaux : 20 mg une fois par jour. Pour les patients faiblement répondeurs, la dose peut être augmentée à 40 mg.
- Prévention des récidives d'ulcères duodénaux : 20 mg une fois par jour, pouvant être réduite à 10 mg chez certains patients.
- Ulcères gastriques : 20 mg une fois par jour, pouvant être augmentée à 40 mg pour les patients faiblement répondeurs.
- Éradication de H. pylori : En association avec des antibiotiques, par exemple :
- Oméprazole 20 mg + clarithromycine 500 mg + amoxicilline 1000 mg, deux fois par jour pendant une semaine.
- Oméprazole 20 mg + clarithromycine 250 mg (ou 500 mg) + métronidazole 400 mg (ou 500 mg ou tinidazole 500 mg), deux fois par jour pendant une semaine.
- 40 mg d'oméprazole une fois par jour avec amoxicilline 500 mg et métronidazole 400 mg (ou 500 mg ou tinidazole 500 mg), trois fois par jour pendant une semaine.
- Ulcères liés aux AINS : 20 mg d'oméprazole une fois par jour.
- Prévention des ulcères liés aux AINS : 20 mg d'oméprazole une fois par jour.
- Œsophagite par reflux : 20 mg une fois par jour, pouvant être augmentée à 40 mg pour les formes sévères.
- Traitement d'entretien de l'œsophagite : 10 mg une fois par jour, pouvant être augmentée à 20-40 mg.
- Reflux gastro-œsophagien symptomatique : 20 mg par jour, pouvant être réduite à 10 mg.
- Syndrome de Zollinger-Ellison : La dose initiale est de 60 mg d'oméprazole, ajustée individuellement.
Population Pédiatrique
- Reflux gastro-œsophagien : La dose est de 10 mg une fois par jour. La durée du traitement pour l'œsophagite par reflux est de 4 à 8 semaines et pour le traitement symptomatique du pyrosis et des régurgitations acides, de 2 à 4 semaines.
- Ulcère duodénal consécutif à une infection par H. pylori : Le traitement doit être surveillé par un spécialiste.
Administration
Il est recommandé de prendre les gélules d'oméprazole le matin, de préférence à jeun, avec un demi-verre d'eau. Les gélules ne doivent être ni mâchées ni croquées. Pour les patients ayant des difficultés de déglutition, les gélules peuvent être ouvertes et mélangées avec un aliment légèrement acide (jus de fruit, compote de pomme, eau non gazeuse), en prenant le mélange immédiatement (ou dans les 30 minutes) après avoir remué.
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Contre-Indications
L'oméprazole est contre-indiqué dans les cas suivants :
- Hypersensibilité à la substance active, aux dérivés benzimidazolés ou à l'un des excipients.
- Administration concomitante avec le nelfinavir.
Mises en Garde Spéciales et Précautions d'Emploi
- Symptômes alarmants : En présence de symptômes tels que perte de poids importante, vomissements répétés, dysphagie, hématémèse ou méléna, il est crucial d'écarter toute lésion maligne.
- Atazanavir : L'association concomitante d'atazanavir avec des IPP n'est pas recommandée.
- Vitamine B12 : L'oméprazole peut réduire l'absorption de la vitamine B12, ce qui doit être pris en compte lors d'un traitement au long cours.
- CYP2C19 : L'oméprazole est un inhibiteur du CYP2C19, ce qui peut entraîner des interactions médicamenteuses. L'utilisation concomitante d'oméprazole et de clopidogrel doit être déconseillée par précaution.
- Hypomagnésémie : Des cas d'hypomagnésémies sévères ont été rapportés chez des patients traités par des IPP. Un dosage du magnésium sanguin doit être envisagé en cas de traitement prolongé ou d'association avec des médicaments pouvant induire une hypomagnésémie.
- Fractures : Les IPP peuvent augmenter le risque de fracture de la hanche, du poignet et des vertèbres, principalement chez les patients âgés ou en présence d'autres facteurs de risques.
- Néphrite tubulo-interstitielle : Une néphrite tubulo-interstitielle aiguë a été observée chez des patients prenant de l'oméprazole. L'oméprazole doit être interrompu en cas de suspicion de NTI.
- Lupus érythémateux cutané subaigu (LECS) : Les inhibiteurs de la pompe à protons sont associés à de très rares cas de LECS.
- Interférence avec les tests de laboratoire : L'augmentation du taux de Chromogranine A (CgA) peut interférer avec les tests réalisés pour l'exploration des tumeurs neuroendocrines. Le traitement par oméprazole doit être interrompu au moins 5 jours avant de mesurer le taux de CgA.
- Population pédiatrique : Un traitement par IPP pourrait augmenter le risque d'infections gastro-intestinales. Une surveillance régulière est nécessaire en cas de traitement à long terme.
Interactions Médicamenteuses
L'oméprazole peut interagir avec plusieurs médicaments :
- Nelfinavir et Atazanavir : La diminution de l'acidité gastrique peut réduire l'absorption de ces médicaments. L'administration concomitante est contre-indiquée ou déconseillée.
- Digoxine : L'oméprazole peut augmenter la biodisponibilité de la digoxine. Une surveillance renforcée est nécessaire.
- Posaconazole, Erlotinib, Ketoconazole et Itraconazole : L'absorption de ces médicaments peut être réduite. Il faut éviter l'absorption conjointe de posaconazole et d'erlotinib avec l'oméprazole.
- CYP2C19 : L'oméprazole peut augmenter l'exposition systémique aux médicaments métabolisés par le CYP2C19, tels que la R-warfarine, le cilostazol, le diazépam et la phénytoïne.
- Tacrolimus et Méthotrexate : Une augmentation des concentrations sériques de ces médicaments a été signalée lors d'une administration concomitante avec l'oméprazole.
- Clarithromycine et Voriconazole : Ces substances peuvent augmenter les taux sériques d'oméprazole.
Grossesse et Allaitement
Les données cliniques lors de grossesses exposées à l'oméprazole sont insuffisantes. Les études chez l'animal n'ont pas révélé d'effets malformatifs ou fœtotoxiques. L'oméprazole doit être prescrit avec précaution pendant la grossesse. L'excrétion dans le lait maternel de l'oméprazole n'est pas connue.
Effets Indésirables
Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont les céphalées, les douleurs abdominales, les diarrhées et les nausées. D'autres effets indésirables incluent l'hypomagnésémie, qui peut être associée à une hypocalcémie.
Surdosage
L'expérience relative à un surdosage volontaire est très limitée. Les symptômes décrits sont des symptômes gastro-intestinaux et des signes de fatigue. Il n'existe pas d'antidote spécifique connu.
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Alternatives et Précautions Supplémentaires
Il est important de noter que l'utilisation des IPP, y compris l'oméprazole, doit être justifiée et conforme aux recommandations en vigueur. La HAS (Haute Autorité de Santé) a souligné que le recours aux IPP n'est pas toujours pertinent et a mis en avant des situations où leur prescription est hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) et non justifiée.
Situations à Considérer
- Prévention des lésions gastroduodénales dues aux AINS chez des patients non à risque : Cette utilisation est hors AMM et non justifiée. La coprescription d'IPP à visée protectrice n'est justifiée qu'en présence de facteurs de risque de complications digestives (âge > 65 ans, antécédents d'ulcère gastrique ou duodénal, prise d'antiagrégants plaquettaires, d'anticoagulants ou de corticoïdes).
- Durée de prescription dans le traitement du RGO : La durée doit être limitée à 8 semaines maximum, après quoi le traitement doit être réévalué.
- Prescription chez les personnes âgées et les nourrissons : Ces prescriptions doivent être justifiées et réservées aux situations où le RGO est compliqué ou survient sur un terrain particulier, après avis spécialisé. En cas de RGO physiologique (avec régurgitations), les IPP n'ont pas d'efficacité démontrée.
Déprescription des IPP
La HAS propose un logigramme d'aide à la déprescription d'un IPP dans le cadre du RGO chez l'adulte. L'arrêt des IPP peut entraîner un effet rebond temporaire avec une aggravation du reflux avant de revenir à son niveau de base.
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