L'anorexie du nourrisson, une situation très angoissante pour les parents, se caractérise par un refus alimentaire du tout petit. Bien que préoccupante, cette condition n'est pas irréversible. Cet article vise à explorer les causes de l'anorexie du nourrisson, ses manifestations, ainsi que les traitements disponibles.

Qu'est-ce que l'anorexie du nourrisson?

L'anorexie du nourrisson désigne une difficulté d'alimentation qui touche les enfants de 0 à 12 mois. Le nourrisson touché par l'anorexie mange de moins en moins ou ingurgite progressivement moins de liquide. L'enfant refuse la nourriture qu'on lui donne, et plus on tente différentes approches pour le forcer à manger, plus il se braque et refuse toute nourriture. L'apparition des troubles est progressive.

Il est important de noter que le terme "anorexie du nourrisson" est de moins en moins utilisé dans le milieu clinique en raison de sa confusion potentielle avec l'anorexie mentale. On préfère aujourd'hui le terme de "sous-alimentation", qui englobe l'anorexie du nourrisson, mais aussi d'autres troubles comme la sélectivité alimentaire, le fait de manger extrêmement lentement ou le fait d'imposer aux parents des conditions pour être nourri.

Causes de l'anorexie du nourrisson

"Le plus souvent, l'anorexie du nourrisson est un trouble multifactoriel qui fait entrer en jeu des facteurs de sensibilité liés au nourrisson, à son histoire précoce, à la grossesse, à l'accouchement ou au fait qu'il soit né prématuré", explique la pédopsychiatre. La cause peut également être médicale : des douleurs engendrées par des soucis d'ordre digestif tels qu'un reflux gastro-œsophagien ou encore une œsophagite, une infection virale telle qu'une rhino-pharyngite ou une otite.

Plusieurs facteurs peuvent être responsables de ce trouble alimentaire. « L’anorexie du nourrisson peut être associée à des anomalies comportementales ou du lien d’attachement avec les parents. Outre le refus de s’alimenter, les enfants se renferment sur eux-mêmes, sourient peu et ont l’air tristes. L’anorexie infantile peut également être d’origine pathologique. Certaines maladies chroniques peuvent entraîner des difficultés alimentaires chez les bébés. C’est notamment le cas des cardiopathies sévères ou encore des pathologies digestives. « Les affections aiguës comme la bronchiolite ou une maladie pulmonaire sévère, entraînant une hospitalisation de quelques jours avec la pose d’une sonde gastrique, peuvent générer du stress chez le nourrisson et être la cause de son refus de se nourrir.

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Parce qu'ils sont plus fragiles, ces bébés peuvent développer plus facilement des difficultés alimentaires.

Symptômes de l'anorexie du nourrisson

Plusieurs signes peuvent alerter les parents sur ce trouble du comportement alimentaire.En cas d’anorexie infantile, le symptôme principal sera surtout une cassure de la courbe de croissance.Outre le refus de s’alimenter, les enfants se renferment sur eux-mêmes, sourient peu et ont l’air tristes.

Diagnostic

Un examen clinique du nourrisson permet d'établir un diagnostic viable et d'éliminer toute autre cause que celle de l'anorexie. Il n’existe pas de test d’anorexie à proprement parler. Le diagnostic sera réalisé par le médecin après un interrogatoire détaillé. Il pourra alors vous orienter vers une consultation spécialisée. En effet pour pouvoir guérir, une personne anorexique doit recevoir un soutien médical mais aussi psychologique et diététique.

Les parents doivent consulter un médecin généraliste ou un pédiatre en première intention. Le médecin saura donner les conseils adaptés à la situation et essayer de régler au mieux l'anorexie de l'enfant.

Traitements de l'anorexie du nourrisson

La prise en charge dépend de l’origine de l’anorexie infantile. En fonction de la cause, elle peut prendre la forme de consultations d’orthophonie spécialisée dans les troubles de l’oralité, de pédopsychiatrie ou d’une prise en charge multidisciplinaire autour de la problématique comportementale.

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Une prise en charge thérapeutique permet de mettre fin au cercle vicieux du refus de nourriture et du stress que cette situation engendre, pour l'enfant comme pour les parents. Il est conseillé aux personnes nourrissant l'enfant de feindre de ne pas accorder d'importance au refus de s'alimenter de l'enfant, en ne faisant pas de commentaire et en réagissant de façon neutre lors de ses refus. Il faut également nourrir l'enfant en essayant des jeux, le laissant manger salement s'il le souhaite et aux heures qu'il préfère.

Lorsqu'aucune cause médicale n'est retrouvée ou qu'elle a été traitée et qu'aucune amélioration n'a été constatée, le médecin peut orienter les parents vers un pédopsychiatre. Celui-ci mettra en place une guidance développementale, en travaillant sur l'aspect relationnel et en montrant au parent comment il peut aider son enfant à réinvestir l'alimentation et à prendre plaisir à manger, tout en le rassurant ses compétences à nourrir son enfant.

Durant l’attente de la consultation, il est plus que déconseillé d’essayer de forcer son enfant à s’alimenter. « C’est complètement contre-productif. Au moment des repas, il faut faire preuve de douceur et de patience lorsque l’on lui propose à manger. Les parents peuvent lui montrer, avec empathie, qu’ils ne veulent pas le forcer à manger, mais qu’il a besoin de se nourrir pour être en bonne santé », préconise la Docteure Sandra Brancato. Pour faciliter l’alimentation, les parents peuvent proposer des aliments variés à leur bébé, et/ou faire des repas avec tout le foyer réuni.

Conseils supplémentaires

  • Ne jamais forcer un enfant à manger.
  • Nourrir le bébé à la demande, même au biberon.
  • Varier l’alimentation du petit enfant et éviter toute monotonie.
  • Ne pas transformer le moment du repas en instant jeu.
  • Ne pas donner à l'enfant des aliments entre les repas.
  • Ne pas se fâcher!

Complications potentielles

« Tout retentissement sur la courbe staturo-pondérale nécessite un suivi ainsi qu’une prise en charge adéquate pour que tout rendre dans l’ordre. L’anorexie du nourrisson peut induire un manque en macronutriments ainsi qu’en micronutriments. À condition qu’elle ne se prolonge pas, une carence n’aura pas de répercussion majeure sur la taille ou le poids de l’enfant. « S’il fait une anorexie infantile passagère à la suite d’une maladie pendant 10/15 jours, il va stagner en poids, mais il va rapidement le récupérer », décrit la pédiatre. Avant d’ajouter : « une anorexie du nourrisson qui dure plus longtemps cause une cassure de la courbe staturo-pondérale. Il faut la prendre en charge pour essayer de rattraper la courbe initiale. Cela nous inquiète toujours dès qu’un enfant ne grandit et ne grossit pas. Après une gastro-entérite ou une maladie hivernale, un enfant peut moins manger pendant deux ou trois jours. Il a besoin de temps pour récupérer l’appétit. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir tant que ce comportement ne dure pas plus d’une à deux semaines. Dans la majorité des cas, l’enfant retrouve l’appétit et mange plus pour compenser.

Troubles du comportement alimentaire (TCA) chez le nourrisson et le jeune enfant

L’apparition de troubles du comportement alimentaire chez le nourrisson et le jeune enfant suscite des inquiétudes et des interrogations pour les parents. Il est important de répondre aux mieux aux questions liées à l’alimentation et aux éventuels problèmes rencontrés pour les rassurer. Il existe différents types de troubles du comportement alimentaire : l’anorexie mentale, la boulimie, l’hyperphagie boulimique, etc. Les TCA chez le bébé et le jeune enfant les plus courants sont les troubles dits restrictifs ou d’évitement. Le TCA restrictif se manifeste par plusieurs symptômes comme le rejet de certains aliments, ou le fait de se nourrir en très faible quantité. Cela peut provoquer des conséquences sur la santé et le développement de l’enfant.

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Pour accompagner au mieux un jeune patient souffrant d’un TCA, les professionnels de santé établissent un diagnostic précis. L’objectif étant de comprendre la nature de la restriction alimentaire, d’évaluer le degré de restriction et d’en déterminer les causes. Le médecin s’intéressera alors aux habitudes alimentaires de l’enfant pour identifier quels sont les aliments rejetés et les quantités absorbées.

Il est important de bien distinguer le TCA restrictif du nourrisson par rapport à la néophobie alimentaire. Avant trois ans, les enfants peuvent refuser la prise de certains aliments dont ils n’apprécient pas l’aspect, la couleur ou le goût. Ces comportements passagers n’engendrent pas de conséquences sur le poids et la croissance de l’enfant.

L’anorexie infantile figure parmi les TCA du bébé et du jeune enfant. Ce trouble restrictif se traduit par un refus catégorique de se nourrir, et une perte significative de l’appétit. L’anorexie infantile peut entraîner de lourdes conséquences sur la santé de l’enfant, en particulier sur le déroulement de la croissance. L’alimentation détient une importance majeure sur le développement du nourrisson.

Les difficultés alimentaires du jeune enfant sont en constante augmentation ; en 2016, elles concernaient 20 à 25 % des nourrissons et des jeunes enfants et sont devenues un des motifs de consultation les plus fréquents dans cette tranche d’âge(3). Les antécédents familiaux et personnels, ainsi que la prise en charge nutritionnelle et médicamenteuse de chaque enfant ont été analysés. Les antécédents familiaux et les antécédents personnels représentent les principaux facteurs de risque. Pour près de la moitié des patients ayant participé à l’étude, des cas de TCA sont recensés chez au moins un membre de la famille.

Anorexie chez l'enfant plus âgé (prépubère)

Depuis une quinzaine d’années, les institutions et les spécialistes des troubles du comportement alimentaire assistent à un rajeunissement de l’anorexie. Désormais, cette pathologie peut survenir chez l’enfant dit prépubère, âgé entre 6 et 12 ans. L’anorexie infantile se manifeste de plus en plus fréquemment, un constat dressé aussi bien en France qu’aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Canada.

Symptômes chez l’enfant proches de l’anorexie adolescente

L’anorexie est moins bien définie, diagnostiquée et prise en charge lorsqu’elle survient chez l’enfant que chez l’adolescent. Si l’anorexie infantile paraît originale depuis une dizaine d’années, la symptomatologie, quant à elle, est particulièrement classique, comparable à l’anorexie adolescente et inclut :

  1. un refus de s’alimenter,
  2. une perte de poids (ou une absence de prise de poids en période de croissance) et
  3. une préoccupation marquée à l’égard de son poids ou de la forme de son corps, un critère pas toujours présent dans le profil de ces enfants.

La définition de l’anorexie infantile se veut plus sommaire et flexible que celle de l’anorexie adolescente afin d’intégrer les éventuelles variations de symptomatologie dues à cette tranche d’âge.

Particularités de l'anorexie chez l'enfant

  • Restriction hydrique: Une particularité est propre aux enfants anorexiques : la restriction hydrique qui peut conduire à une déshydratation.
  • Immaturité émotionnelle et cognitive: De plus, de par leur immaturité émotionnelle et cognitive, les enfants anorexiques ont davantage de difficultés à verbaliser leurs émotions.
  • Proportion de garçons plus élevée: Une autre particularité est propre à l’anorexie de l’enfant : la proportion de garçons.
  • Perte de poids plus brutale et comportements plus rigides: Enfin, l’anorexie prépubère se caractérise par une perte de poids généralement plus brutale que chez l’adolescent, ainsi que des comportements de rigidité et de perfectionnisme plus marqués.

Facteurs de risque

La survenue de l’anorexie chez un enfant est le fruit de l’intrication de différents facteurs : personnels (tendance à la rigidité, idéalisation de la minceur, faible estime de soi…), familiaux (déménagement, divorce, deuil…) et sociaux (dispute avec une copine, surinvestissement de la scolarité…). Des études ont identifié des évènements de vie susceptibles de précipiter la survenue de l’anorexie chez l’enfant, tels que des remarques et des moqueries de la part des camarades (voire harcèlement scolaire), un changement d’école, une mauvaise expérience de colonie de vacances, une maladie physique, etc. Le perfectionnisme demeure un facteur de risque prédominant.

Prise en charge

La prise en charge psychologique de l’enfant anorexique n’est pas des plus évidentes. Il est rare que l’enfant soit le « bon patient » type, à savoir celui qui est souhaite changer, qui parvient à verbaliser ses craintes, ses émotions, et à mettre en lien certains conflits psychiques avec des symptômes. « C’est donc avec les parents que l’alliance thérapeutique va devoir se construire, tout du moins initialement » complète Solange Cook-Darzens. La thérapie familiale est d’ailleurs la seule thérapie qui a réellement montré son efficacité sur le terrain.

Signes d'alerte

  • L’absence de prise de poids, quel que soit l’âge de l’enfant. A laquelle s’ajoute, dans un second temps, une anomalie de la courbe de taille.
  • L’enfant change drastiquement d’habitudes alimentaires, il se met à trier de manière excessive les boissons et les aliments qu’il appréciait auparavant.
  • Il coupe la nourriture en petits morceaux dans son assiette et ne mange que de petites quantités, et/ou, il essaye d’échapper aux temps de repas, ou encore, devient soudainement accro aux activités sportives, etc.

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