L'hospitalisation d'un enfant est une épreuve à la fois pour lui et pour ses parents. L'anxiété, normale à certains moments du développement de l'enfant, peut devenir pathologique lorsqu'elle interfère avec les activités quotidiennes, entraînant des difficultés sociales ou scolaires. Loin de son environnement familier, entouré de soignants et confronté à des soins médicaux, l’enfant peut éprouver de l’anxiété face à l’inconnu. Cette appréhension, si elle n’est pas accompagnée, peut influencer son bien-être et le bon déroulement des soins. De leur côté, les parents, soucieux du confort de leur enfant, peuvent également se sentir démunis. Cet article explore les causes de cette angoisse et propose des solutions pour aider les parents et les enfants à mieux vivre cette expérience.
Causes de l'angoisse parentale en pédiatrie
Anxiété de l'enfant face à l'hospitalisation
L'anxiété hospitalière chez l’enfant peut se manifester de différentes façons : pleurs, troubles du sommeil, refus des soins ou encore régressions comportementales. Cette appréhension peut survenir dès l’annonce de l’hospitalisation et s’intensifier à l’arrivée à l’hôpital. Plusieurs facteurs contribuent à cette angoisse :
- L'éloignement parental : L’éloignement parental peut engendrer chez l’enfant un sentiment d’abandon, renforçant son anxiété. La présence rassurante des parents a donc un effet positif sur le bien-être des jeunes patients. Lorsque les conditions hospitalières ne permettent pas un accompagnement continu, l’enfant peut ressentir de l’isolement, accentuant sa détresse émotionnelle.
- L'environnement inconnu : L’hôpital est un univers inconnu pour l’enfant, bien loin de son quotidien familier. L’agitation du service, le bruit des machines et l’éclairage permanent peuvent le déstabiliser.
- La peur des soins médicaux : Les soins, examens et interventions médicales sont souvent sources d’appréhension pour les enfants. L’inconnu, la crainte de la douleur - réelle ou anticipée -, ainsi que la peur des aiguilles ou de certaines procédures invasives accentuent leur stress. Même observer d’autres patients recevoir des soins peut nourrir leurs inquiétudes.
- L'image de l'hôpital : L’image de l’hôpital véhiculée par les médias (informations télévisées, séries…) et les adultes peut donner aux enfants l’impression d’un lieu hostile où ce qu’on y vit est forcément dramatique, effrayant et empreint de souffrance. Par ailleurs, l’hôpital est souvent associé au lieu dans lequel un de leur grand-parent est décédé.
Anxiété des parents face à la maladie de leur enfant
Les parents peuvent également se sentir anxieux face à l'hospitalisation de leur enfant. Ils sont soucieux de son confort et de son bien-être, et peuvent se sentir démunis face à la situation. Cette angoisse peut être exacerbée par :
- La gravité de la maladie : Les parents peuvent être inquiets quant à l'évolution de la maladie de leur enfant et aux conséquences à long terme.
- Le manque d'informations : Un manque d'informations claires et précises sur la maladie de leur enfant et les traitements proposés peut générer de l'anxiété.
- Le sentiment d'impuissance : Les parents peuvent se sentir impuissants face à la souffrance de leur enfant et à leur incapacité à le soulager.
- Les difficultés pratiques : L'hospitalisation d'un enfant peut entraîner des difficultés pratiques pour les parents, telles que l'organisation de la garde des autres enfants, la gestion du travail et les problèmes financiers.
Solutions pour réduire l'angoisse des parents et des enfants
Pour offrir un environnement plus serein aux jeunes patients et à leurs familles, les services pédiatriques mettent en place des initiatives innovantes et bienveillantes pour transformer l’hospitalisation en une expérience plus rassurante. Décoration colorée, interventions d’artistes, nouvelles technologies, soutien psychologique ou encore approches ludiques… L’enjeu est de taille : un enfant plus détendu sera plus réceptif aux soins et vivra mieux son hospitalisation.
Approches non médicamenteuses
- La présence parentale : Aujourd’hui, de nombreux textes officiels encouragent cette présence et la Charte européenne de l’Enfant hospitalisé est de mieux en mieux appliquée dans l’ensemble des hôpitaux. A tout âge, et même à l’âge adulte, on a (souvent) besoin d’un proche dans les moments difficiles.
- La préparation à l'hospitalisation : Il est important de préparer l'enfant à l'hospitalisation en lui expliquant ce qui va se passer, en utilisant des mots simples et adaptés à son âge. Des supports audiovisuels utilisent des personnages animés, des mises en scène adaptées à leur âge et des explications imagées pour rendre les soins plus accessibles et rassurants. Certaines vidéos sont spécialement conçues pour préparer les enfants à une intervention chirurgicale.
- L'information : S’informer auprès de l’enfant ou de ses parents sur ce que l’enfant connaît déjà de la situation de soin, d’éventuelles expériences antérieures, de sa représentation de la maladie, de l’hôpital. Questionner l’enfant sur des points précis avec des propositions qui ne sont pas trop « ouvertes ». Informer oralement l’enfant sur ce que vous allez faire en lui expliquant précisément les gestes du moment et le parcours qu’il va suivre.
- Le jeu : Grâce au jeu et à l’imaginaire, l’enfant retrouve des repères rassurants. Informer par le jeu : le jeu est une plateforme qui aide l’enfant à intégrer une nouvelle situation, en l’occurrence le soin. De plus, en jouant, l’enfant voit le matériel, le touche et le manipule. De la sorte, l’information entre par des canaux de communication différents et complémentaires. Il intègre donc une quantité d’information plus conséquente que si on la lui présentait uniquement oralement.
- Le soutien psychologique : Les enfants et les parents peuvent bénéficier d'un soutien psychologique pour les aider à gérer leur angoisse et à faire face à la situation.
- Les activités ludiques et récréatives : Les spectacles et les visites de personnalités transforment l’hôpital en un lieu d’émerveillement. Magiciens, marionnettistes et musiciens captivent l’attention des enfants, leur offrant une parenthèse enchantée loin des soins. L’association CéKeDuBonheur, présidée par Hélène Sy, organise des rencontres inoubliables avec des célébrités. Les clowns hospitaliers, véritables messagers du rire, transforment l’hôpital en terrain de jeu. Leur mission est simple : faire oublier la maladie, ne serait-ce qu’un instant. À travers des jeux, des histoires et des improvisations, ces artistes professionnels instaurent un climat de confiance et de détente.
- L'art-thérapie : L’art-thérapie est aussi un véritable exutoire pour les enfants hospitalisés. Peinture, dessin, modelage ou encore écriture leur permettent d’exprimer leurs émotions et de canaliser leurs inquiétudes.
- Le jeu thérapeutique : Le jeu thérapeutique est une autre approche précieuse pour accompagner l’enfant hospitalisé. Il s’agit de présenter les soins médicaux de manière ludique et pédagogique pour aider l’enfant à mieux comprendre, réduire son appréhension et le préparer sereinement aux interventions à venir. L’objectif principal de ces approches est de redonner à l’enfant un certain pouvoir face à son hospitalisation, en l’accompagnant dans la compréhension de ce qu’il vit et en atténuant le sentiment d’impuissance qu’il peut ressentir.
- L'utilisation des nouvelles technologies : Les tablettes numériques sont également de précieux outils pour accompagner les enfants hospitalisés. Elles offrent une multitude d’activités interactives, allant des jeux éducatifs aux contes animés et des exercices de relaxation. Certaines applications sont spécialement conçues pour les enfants hospitalisés et leur proposent des contenus rassurants expliquant le déroulement des soins ou leur permettant d'exprimer leurs émotions à travers des dessins ou des récits. L’un des atouts majeurs des tablettes est qu’elles offrent une forme d’évasion et de contrôle aux enfants dans un contexte où ils peuvent se sentir impuissants. Les progrès en matière de réalité virtuelle et réalité augmentée offrent aujourd’hui des solutions innovantes pour réduire le stress des jeunes patients. Grâce à des casques de réalité virtuelle, les enfants peuvent être transportés dans des paysages relaxants, visiter des lieux extraordinaires ou même interagir avec des personnages virtuels. La réalité augmentée, quant à elle, peut être utilisée pour familiariser les enfants avec l’environnement hospitalier. Des applications permettent, par exemple, de superposer des éléments ludiques sur l’image réelle d’une chambre d’hôpital ou de transformer une perfusion en un jeu interactif.
- Créer un environnement rassurant : Les services pédiatriques se réinventent aussi à travers des espaces pensés pour rassurer et apaiser. Au Centre Hospitalier de Brive, les boxes du service pédiatrique prennent vie grâce à des stickers muraux colorés, transformant un environnement médical en un lieu plus chaleureux.
- Permettre à l'enfant de garder son doudou : Lui permettre de garder son doudou avec lui. Cet « objet transitionnel », qui fait partie de son monde, le rassure et l’aide à faire la transition entre un espace connu et un autre inconnu qui génère une certaine crainte. Et plus l’enfant est jeune plus sa crainte est grande, car elle est difficile à raisonner.
- Valoriser l'enfant : Commencer par se présenter, donner son nom et sa fonction, éventuellement en essayant de se mettre, physiquement, à sa hauteur. Une fois le contact établi, il s’agit de permettre à l’enfant d’être actif, (par exemple lui permettre de faire des choix pour limiter son sentiment d’impuissance, rester couché ou assis, choisir un parfum pour le masque, la couleur d’un pansement…) ce qui l’aide à apprivoiser la situation qu’il découvre.
- Adapter la communication : Avant de commencer, demander à l’enfant s’il souhaite que vous le préveniez, que vous commentiez ce que vous allez faire, le matériel que vous allez utiliser ou s’il préfère êtres distrait. Préciser à l’enfant que l’hôpital n’est pas une punition, qu’il n’est pas responsable de sa maladie, que le soin, l’hospitalisation ou l’intervention est nécessaire.
Approches médicamenteuses
Dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits pour aider à réduire l'anxiété de l'enfant. Ces médicaments doivent être prescrits par un médecin et utilisés avec prudence.
Lire aussi: Les bienfaits des Fleurs de Bach
L'importance de l'évaluation de la douleur
L’expérience de la douleur est différente pour chacun, que l’on soit enfant ou adulte, chacun selon son histoire personnelle, familiale et culturelle y réagit de façon différente. Au bout du compte, il n’y a que le soigné qui peut dire et décrire combien et comment il a mal. L’y amener est une étape importante de la prise en charge. Ainsi l’évaluation systématique de la douleur fait partie du soin. Elle est importante pour pouvoir, à partir de la subjectivité du patient, établir un dialogue dans un langage commun à tous les professionnels. Elle est indispensable pour pouvoir évaluer l’efficacité du traitement proposé, le modifier si nécessaire. Dès l’âge de 4, 5 ans, un enfant est en mesure de dire « combien il a mal ». On parle alors « d’auto-évaluation ».
Lire aussi: Aider son enfant face à une crise d'angoisse
Lire aussi: Gestion angoisse enfant
tags: #angoisse #des #parents #en #pédiatrie #causes
