L'allaitement maternel est une expérience unique et personnelle, source de nombreux bienfaits tant pour la mère que pour l'enfant. Si vous allaitez votre bébé depuis neuf mois, vous avez déjà parcouru un long chemin. Cet article vous fournira des conseils et des informations utiles pour continuer à allaiter sereinement, aborder le sevrage en douceur si vous le souhaitez, et répondre aux questions courantes concernant cette étape.
Allaitement à la demande et production de lait
Pour favoriser une production de lait suffisante, il est conseillé d'allaiter à la demande de bébé et à volonté. Au début de l'allaitement, il n'y a pas de rythme établi, et bébé peut téter de jour comme de nuit. Tant que l'allaitement n'est pas complètement installé, il est préférable d'éviter de donner des biberons de complément.
Reconnaître une tétée efficace
Pour savoir si une tétée est efficace, il est important d'observer attentivement votre bébé et de vous connecter à lui. Il tète régulièrement et amplement.
Allaitement : confort et prévention de la douleur
Allaiter ne doit pas être douloureux. Un début d'allaitement douloureux est souvent dû à une mauvaise position de la bouche de bébé et une mauvaise prise du sein, ce qui peut provoquer des crevasses. Dans ce cas, il faut délicatement insérer le petit doigt dans le coin de la bouche de bébé pour arrêter la tétée, puis observer et améliorer la position de la mère, du bébé et sa prise du sein. Si le début de l'allaitement est inconfortable, difficile, ou si vous avez des questions, n'hésitez pas à demander conseil auprès de professionnels de santé compétents et diplômés en allaitement (sages-femmes, puéricultrices, auxiliaires de puériculture, médecins, consultants en lactation…). Vous pouvez les trouver à la maternité, au centre de PMI ou en libéral. Il est également possible de trouver du soutien auprès d'associations ou de groupes de mamans.
Pour faciliter la mise en route de l'allaitement, il est préférable d'être au calme. Les bonnes positions pour allaiter doivent être confortables pour la maman et pour le bébé. C'est la première chose à rechercher. Il est normal de ne pas forcément trouver de bonnes positions tout de suite, et de faire des essais. Généralement, on propose les deux seins à bébé. On laisse bébé aller au bout de la tétée sur le premier sein, puis on lui propose le deuxième. Il en prendra un peu, beaucoup, ou pas du tout selon ses besoins.
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Le sevrage : une décision personnelle et progressive
Que l'on allaite quelques jours, plusieurs mois ou plusieurs années, il arrive toujours un moment où l'on arrête de donner son lait. En matière de sevrage, c'est à chaque femme de choisir le meilleur moment, pour elle et son bébé, en étant à l'écoute de ses besoins et de ceux de son bébé. Il est important de se sentir bien avec sa décision. Si vous souhaitez arrêter d'allaiter, l'idéal est de diminuer peu à peu le nombre de tétées. Pour commencer, on peut remplacer une des tétées de la journée par un "lait" infantile du commerce adapté à l'âge de notre bébé, au biberon ou à la tasse. Si cela se passe bien, on remplace une nouvelle tétée tous les trois jours, pour arriver petit à petit à ne garder que celles du matin et du soir, ou arriver à zéro tétée. Certains enfants qui tètent exclusivement le sein sont parfois très réticents pour passer au biberon. C’est une période qui peut être difficile à traverser pour le bébé, mais aussi pour les parents.
Le sevrage de bébé, comme l’allaitement, est aussi une affaire de couple ! Quand on prend sa décision en se sentant écoutée et soutenue, on se sent sereine et les choses se passent mieux. Le partenaire a aussi un rôle à jouer pour faciliter le sevrage. L'OMS recommande l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie des nourrissons, et de poursuivre l'allaitement maternel jusqu’à l’âge de deux ans, en complément d'une alimentation diversifiée. Allaiter au sein est un réel moment de partage avec son enfant mais ne vous en faites pas, les biberons qui prendront le relais seront tout aussi tendres.
Sevrer son bébé : une décision éminemment personnelle
Ne vous laissez pas influencer par des avis extérieurs. Que vous repreniez le travail, ou pour diverses autres raisons, vous et vous seule savez si vous êtes prête - physiquement et psychologiquement - pour aborder cette nouvelle étape. En outre, si vous rencontrez des difficultés, n’hésitez pas à demander des conseils auprès d’une conseillère en lactation.
Le processus de sevrage s’effectue étape par étape et s’étend en moyenne sur deux à trois semaines mais tout dépend du rythme voulu par la mère ou les deux parents. Prenez votre temps et vivez-le à votre rythme. N’hésitez pas à demander des conseils auprès d’experts en pédiatrie.
Place à la souplesse
Pour commencer le sevrage, l’idéal est de remplacer, tous les deux ou trois jours, une tétée par un biberon. Choisissez les heures où vous avez le moins de lait (production plus lente) : en fin d'après-midi et le soir. La tétée du matin sera supprimée en dernier, en douceur (souvent la préférée des enfants avec celle du soir).
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Pour réussir le sevrage, voici quelques astuces qui peuvent vous aider :
- Dans ses premiers biberons, mettez votre lait que vous aurez préalablement tiré. Votre bébé en reconnaîtra immédiatement le goût. Puis réchauffez un peu le lait infantile pour qu’il soit tiède, comme le vôtre.
- Privilégiez les moments de calme. Si papa est présent c’est aussi le moment idéal pour lui de partager ces instants avec bébé.
- Ne le forcez pas à prendre la tétine s’il n’en a pas envie. C’est normal que bébé rechigne au début : le biberon, c’est tout nouveau pour lui ! Soyez patiente, et renouvelez la tentative quelques minutes plus tard.
- N’adoptez pas la même position que vous aviez en allaitant, changez d’endroit également. Ainsi, bébé ne s’attendra pas à ce que vous lui donniez le sein, mais bien à quelque chose de « nouveau ».
- Parlez doucement à votre bébé pour le rassurer, encouragez-le…
- Il doit se sentir rassuré, car ce qu'il y'a de plus dur pour lui, c'est bien de perdre le contact direct avec vous et ne plus sentir l'odeur de votre peau.
- Surveillez les selles qui suivent en général les fins des biberons.
Le sevrage à partir de 6 mois
Le sevrage se fait en général assez naturellement au moment de la diversification alimentaire. Peu à peu, les tétées sont remplacées par des biberons. Pour que votre bébé accepte d’abandonner le sein, commencez par lui proposer votre lait tiré dans un biberon ou dans une tasse adaptée à l’âge de votre bébé : si la sensation de la tétine ou du gobelet est nouvelle, en revanche, le goût du lait reste le même. Vous pourrez ensuite substituer le lait maternel par du lait de suite âge qui répond à ses besoins.
Le sevrage à partir de 8 mois
Tenez le biberon « à l’horizontale » : cela permet à votre bébé de ne pas avoir peur du biberon (chose nouvelle pour lui et qui peut l’effrayer !). Tenez le biberon quasiment à l'horizontale, et non à la verticale. Si le lait doit toujours être à l’horizontale dans le biberon, veillez toutefois à ce que la tétine ne soit jamais vide afin que bébé n’avale pas trop d’air. Ainsi c’est votre bébé qui décide du rythme de la tétée, et non le lait qui coule de la tétine sans discontinuer.
Le sevrage à partir de 12 mois
À partir de 1 an, la diversification alimentaire est quasiment complète, votre bébé a goûté à nombre de nouveaux aliments et, s’il a toujours besoin de lait, celui-ci ne constitue plus sa nourriture principale. Vous pouvez arrêter de lui offrir le sein et lui proposer un biberon de lait de croissance à la place. Toutefois, s’il réclame toujours le sein, vous pouvez bien sûr continuer : la transition doit se faire en douceur.
Le sevrage à partir de 24 mois
À 2 ans, le sevrage se fait plus facilement, car votre bébé est rassasié par la nourriture « solide » qu’il mange. S’il demande le sein, vous pouvez lui proposez une collation équilibrée et qu’il apprécie en remplacement. Cela peut par exemple être un yaourt avec des fruits, du fromage, un gâteau fait maison, des légumes crus découpés en bâtonnets à tremper dans du fromage blanc, etc. Le tout accompagné d’une tasse d’eau. Occupé à manger son petit goûter, votre bébé ne pensera plus à prendre le sein.
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Grève de la tétée : et si c'est bébé qui décidait ?
On y pense moins souvent, mais c’est parfois votre bébé qui décidera de commencer le sevrage d’allaitement de lui-même : on parle alors de grève de la tétée. Même si cette grève n’est pas toujours annonciatrice d’un sevrage, c’est parfois le cas. Cette situation est souvent déroutante pour la mère qui passe par de multiples émotions telles que le rejet, la frustration ou le désarroi.
Essayez d’identifier les causes de son rejet, selon la période à laquelle la grève intervient :
- Après quelques jours de vie : bébé a peut-être été perturbé dans sa succion par l’expérience d’une tétine, d’un bout de sein etc.
- Au fil de l’allaitement : une réaction trop vive de la maman lorsque son nourrisson mord le sein, le lait a pris un goût trop salé après une mastite…
Si vous ne parvenez pas à identifier une cause et à y remédier, c’est que votre enfant a tout simplement décidé d’arrêter le sein. Ne vous inquiétez pas, vous retrouverez de magnifiques moments de complicité avec votre bébé grâce au biberon.
Le biberon : un vrai moment de complicité et d'échange
Vous allez maintenir votre relation avec votre bébé pendant le sevrage de l’allaitement. À vous d’instaurer des petits rituels complices (une chanson, des petites caresses…), de trouver les bonnes positions pour que votre bébé soit bien et que vous puissiez échanger des regards avec lui. C’est également un moment de qualité où le parent sera concentré pleinement sur son enfant et sera également l’occasion de l’observer (signes de satiété par exemple).
Le choix du lait de suite
L’autre question qui se pose lorsque l’on souhaite sevrer son bébé est le choix du lait de suite en relais de l’allaitement maternel. Il doit se faire en accord avec votre pédiatre. Il pourra ainsi préconiser une formule infantile 2e âge correspondant le mieux à votre bébé. Vous trouverez de nombreux conseils sur les précautions d'hygiène sur les sites suivants : mangerbouger.fr, ministère de la Santé.
Que faire avant de choisir une formule infantile 2e âge ?
Avant d’introduire une alimentation lactée autre que le lait maternel, parlez-en à votre médecin. Il saura vous donner des conseils adaptés pour vous accompagner durant le sevrage et veiller à la santé de votre bébé. Votre médecin ou pharmacien pourra conseiller un lait infantile spécifique si votre bébé présente des antécédents familiaux d’allergie, c’est-à-dire la présence de manifestations allergiques chez les parents ou dans la fratrie, telles que : eczéma atopique, asthme allergique, rhinite allergique ou allergie alimentaire prouvée. Sachez que la prévention se joue dès la première goutte de lait. Tous les bébés sont différents et à chaque profil correspond un lait de suite qui répond à des besoins spécifiques. Sachez qu’il existe aussi des laits infantiles 2e âge en relais ou en complément de l'allaitement maternel. Dans le cadre d'une alimentation diversifiée, conformément à la réglementation.
Côté maman : quel impact du sevrage sur le corp et le moral ?
Le processus de sevrage peut parfois être synonyme de diverses gênes pour la mère. En effet, vous allaitez votre nourrisson probablement depuis plusieurs semaines/mois et la survenance de douleurs au niveau des seins n’a rien d’anormal. Elles sont le plus souvent dues au fait que lors du sevrage les tétées diminuent mais pas la production de lait. On parle du phénomène d’engorgement.
L’engorgement se manifeste de plusieurs façons. Les seins sont durs, gonflés et douloureux. Vous pouvez également parfois ressentir une chaleur qui se propage jusqu’à l’aisselle.
Le mantra à suivre est « petit à petit » ! Ne cessez pas l’allaitement du jour au lendemain mais réduisez au fur et à mesure les tétées. En outre, il existe différentes façons de soulager un engorgement comme le fait de drainer sa poitrine ou d’appliquer des feuilles de choux entre deux tétées.
En outre, il peut parfois arriver que l’arrêt de l’allaitement entraine un « milk blues ».
Allaitement long : mythes et réalités
L'allaitement, qu'il soit prolongé ou non, a toujours été source de débat dans la société et au sein des familles. Il est également source de nombreuses idées reçues erronées. Pourtant, allaiter Bébé, sur une courte ou plus longue durée, est un choix personnel, qui ne concerne que les parents et tout particulièrement la mère. Si en France, l'allaitement prolongé (la mère allaite le nourrisson au-delà de 6 mois) attire encore les foudres de quelques personnes, c'est une pratique assez répandue dans d'autres pays Européens. Au Danemark ou en Norvège par exemple, les mères allaitent leurs tout-petits jusqu'à l'âge d'un an voire 2 ans.
Est-ce vraiment bon pour les bébés de téter jusqu’à 1, voire 2 ans ? L'allaitement long influence-t-il le développement de Bébé ? Bébé peut-il avoir du mal à se détacher de moi si j'opte pour l'allaitement long ? Il est tout à fait normal de se poser ces questions surtout lorsqu'il s'agit du premier nouveau-né. Sachez que l'allaitement long ne présente aucun risque pour le développement du petit. Au contraire, l’allaitement maternel constitue un élément majeur de la relation mère-enfant. Tous les bébés ont un besoin intense de leur maman et le fait d’être allaités longtemps leur procure des bienfaits que le lait artificiel ne procure pas forcément.
Fatigue et allaitement
L'allaitement en lui-même n'est pas fatiguant. Prendre soin de Bébé, qu'il soit allaité ou non, accoucher, reprendre le travail…. ce sont toutes ces choses accumulées qui épuisent les mères. Véronique Darmangeat, consultante en lactation, conseille aux mamans, afin d'éviter de faire des allers-retours d'une pièce à l'autre, de garder le tout-petit plutôt à côté d'elle pour l'allaiter ensuite. Placez-le, par exemple, dans un lit proche du vôtre, dans un side-bed (berceau accolé au lit) ou en cododo (en respectant les précautions de sécurité). Au quotidien, hiérarchisez vos priorités et faites des siestes dès que vous le pouvez, en même temps que Bébé, par exemple. L'investissement et le soutien du papa sont aussi indispensables.
Aucune étude n’a montré qu’un bébé allaité mettait plus de temps à faire ses nuits ou se réveillait plus souvent la nuit, précise la professionnelle. En revanche, il arrive qu’un bébé qui faisait ses nuits avant la reprise du travail de la maman renoue avec les réveils nocturnes… Mais cela peut arriver aussi bien aux enfants nourris au sein qu’au biberon. Si après 6-7 mois, votre bébé fait plusieurs réveils nocturnes et que cela est pénible pour vous, vous pouvez commencer à lui apprendre à se rendormir sans téter. Concrètement, le soir au moment du coucher, faites-lui un câlin et expliquez-lui calmement qu'il faut dormir. Vous pouvez, s'il en a, lui donner sa tétine. Ne proposez pas le sein. Petit à petit, il devrait réussir à retrouver le sommeil tout seul.
Allaitement et diversification alimentaire
Lorsque votre bébé atteint ses 6 mois, son alimentation va commencer à se diversifier. D’une alimentation liquide, il va passer à une alimentation solide. De fait, l’allaitement va changer aussi. Le sein de la maman va devenir davantage une source de réconfort et de plaisir. Certaines tétées, particulièrement nourricières, vont s’intensifier (le matin, le soir). D’autres dureront moins longtemps et seront plus « psychologiques » qu’« alimentaires ».
L’allaitement maternel complet suffit pour nourrir un bébé jusqu’à ses 6 mois. Au-delà, il ne permet plus à lui seul de combler les apports énergétiques (protéines, fer, zinc, vitamines A et D) dont un enfant a besoin pour bien grandir. Il est donc temps de diversifier son alimentation et d’introduire des aliments solides.
Premièrement, contrairement aux idées reçues, pour un bébé allaité, il est souvent facile de passer aux aliments solides. Le lait maternel de sa maman lui offre une palette de goûts si variée qu’il a beaucoup de curiosité pour les nouvelles saveurs. Deuxièmement, grâce à ses enzymes spécifiques, le lait maternel va l’aider à bien digérer le gras et les protéines.
Pour débuter la diversification, les conseils sont les mêmes que pour une maman qui n’allaite pas. Si votre pédiatre n’a jamais évoqué de risques d’allergies, commencez par introduire des fruits et des légumes (sources de vitamine C) au début du sixième mois de votre enfant. Proposez un aliment à la fois et attendez deux jours voire une semaine avant de passer à un autre.
90, 150, 210 ml… Au fil des mois, le biberon de bébé se remplit rapidement, mais au sein, peut-on suivre le rythme ? Tant que l’on pratique l’allaitement à la demande et que la lactation est bien établie, il n’y a pas de risque de baisse de lactation, rassure Véronique Darmangeat. L’allaitement obéit à la loi de l’offre et de la demande. La consultante se veut rassurante.
Sevrage : l'importance de l'âge
Du point de vue du bébé, le sevrage après un allaitement long n’est pas plus difficile car l’enfant, en grandissant, va acquérir la possibilité de surmonter la difficulté du sevrage. Le petit se roulera peut-être par terre pour avoir sa tétée. Cela vous fendra le cœur, mais il est sain qu’il exprime son mécontentement, ce qu’un bébé sevré à un mois ne peut faire. Entre 6 et 12 mois, l’enfant est très intéressé par tout ce qui l’entoure et le sevrage se passe généralement bien. On supprimera donc progressivement les tétées afin d’éviter les engorgements. Après 12 mois, il montrera peut-être son mécontentement. Soyez donc claire et sereine avec votre décision pour l’accompagner au mieux dans cette étape. Entre 2 et 5 ans, on parle de sevrage naturel.
Perte de poids et allaitement
Qu'il soit long ou plus court, il est possible de brûler les calories pris durant la grossesse pendant l'allaitement. Pour y arriver, il faut une alimentation saine et équilibrée bonne pour votre santé et celle de votre bébé.
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