Dès son plus jeune âge, l’enfant a besoin d’une alimentation saine et équilibrée pour favoriser son développement, sa croissance et préserver sa santé. Les besoins alimentaires et nutritifs évoluent avec l’âge et les activités physiques. L'article suivant aborde les causes et solutions d'une alimentation inefficace chez le nourrisson.
L'importance de la Diversification Alimentaire
L’aliment principal d’un enfant est le lait maternel ou le lait de croissance jusqu’à sa première année. Cependant, il est important de l’habituer à d’autres goûts, saveurs et textures dès qu’il a 6 mois. La diversification alimentaire consiste à varier le type d’alimentation du bébé. Selon l’OMS, cette nouvelle habitude est recommandée aux enfants de 6 mois révolus. Il faut donc intégrer d’autres aliments, solides et liquides, dans le régime alimentaire du nourrisson. Le but de la diversification alimentaire est de faire découvrir à l’enfant d’autres types d’aliments.
Le rôle des parents dans cette phase de développement est d’accompagner et d’écouter leur bébé. Cette étape n’est pas vécue de la même façon chez chaque bébé et chaque parent. Certains nourrissons peuvent trouver un grand plaisir à goûter de nouveaux aliments. En premier lieu, il ne faut pas forcer le bébé. Puis, il faut être à l’écoute et observer ses réactions. En effet, l’enfant a besoin de temps pour découvrir d’autres saveurs, textures, couleurs et odeurs. S’il y a un refus de la part du bébé, il faut être patient et recommencer l’expérience quelques jours plus tard. Pour commencer la diversification alimentaire, optez pour un seul aliment (la carotte par exemple), et continuez 3 jours. Variez la texture, en purée, cuite, mixée ou seule. On saura que l’étape est réussie quand l’aliment attise la curiosité de votre bébé.
Néophobie Alimentaire : Peur des Nouveaux Aliments
Durant la phase de diversification alimentaire, l’enfant peut présenter des allergies ou de la néophobie alimentaire. Cette dernière est définie par un refus ou une peur d’un nouvel aliment. Ceci est un réflexe primitif pour se protéger de nouvelles choses. Il affecte l’enfant entre 2 à 6 ans, parfois se prolongeant jusqu’à l’âge adulte. Ce trouble peut être généré par un facteur génétique ou lié à un facteur environnemental.
Selon les études en psychologie, la néophobie alimentaire commence à apparaître dès l’âge de 2 ans. Plus de la moitié des jeunes enfants adoptent un comportement sélectif qui stimule la néophobie. Jusqu’à ses 9 ans, les enfants néophobes vont limiter leur alimentation, surtout les légumes et fruits. Il est important de noter que nos habitudes alimentaires en bas âge peuvent rester les mêmes en âge adulte. Ainsi, la diversification alimentaire est recommandée avant la période de néophobie, car l’enfant accepte facilement les nouveaux aliments avant qu’il adopte un comportement sélectif.
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La néophobie alimentaire se manifeste aussi par une certaine sélectivité : c’est le refus d’aliments acceptés antérieurement avec restriction du registre alimentaire (principalement : légumes, fruits, poissons) alors que les aliments à forte densité calorique, certaines viandes et les aliments sucrés restent appréciés. La néophobie débute vers 18 mois et se manifeste principalement entre 2 et 6 ans. Puis la néophobie et la sélectivité s’atténuent progressivement.
Hypersensibilité Alimentaire : Intolérance et Difficultés Digestives
L’hypersensibilité alimentaire est souvent confondue à une allergie alimentaire. En fait, ce trouble est dû à une incapacité du corps à assimiler et digérer un aliment, ce qui entraîne un dysfonctionnement de la digestion. Les études ont démontré que l’hypersensibilité alimentaire présente des symptômes différents selon la personne. Le plus souvent, les symptômes d’une intolérance alimentaire sont similaires à une allergie : nausées, diarrhées, ballonnements, des crampes d’estomac… La plupart du temps, le malaise se manifeste au niveau de la digestion. Il est crucial de savoir que l’hypersensibilité alimentaire n’a aucun effet sur le système immunitaire.
Selon les diététiciens-nutritionnistes, le nombre d’aliments affectés par une intolérance augmente avec l’âge. Les aliments sujets à l’hypersensibilité alimentaire sont difficiles à identifier, vu le nombre de possibilités. Deux exemples courants sont :
- Une intolérance au lactose : le lactose est le glucide présent dans le lait, facilement assimilé par la lactase dans l’organisme. Quand la quantité de cet enzyme est faible, le lactose n’est pas transformé en élément nutritif dans le sang.
- Une hypersensibilité au gluten : cette protéine est difficile à digérer pour certaines personnes.
Troubles de l'Oralité Alimentaire (TOA)
Les troubles de l’oralité alimentaire, également connus sous le nom de dysoralités, peuvent poser de vrais défis lorsqu’il s’agit de nourrir son bébé. Ces troubles se manifestent par des difficultés à accepter certains aliments, à mâcher, à avaler ou à s’adapter à différentes textures. Pour les parents, cela peut être source de préoccupation et de frustration. Cependant, il est essentiel de comprendre que les troubles de l’oralité alimentaire, aussi abrégés « TOA« , sont plus que de simples caprices ou refus alimentaires. Ils peuvent avoir des causes complexes et nécessitent une approche adaptée pour aider les bébés à surmonter ces difficultés.
D’après les spécialistes, le trouble d’oralité alimentaire évolue in utero quand l’enfant est fœtus, puis il réapparaît après la naissance. Dans tous les cas, les troubles d’oralité concernent le goût et l’odorat. Dans certains cas, l’enfant peut refuser de manger, ce qui laisse croire à une anorexie. Dans certains cas, les troubles d’oralité nécessitent l’intervention d’un spécialiste, précisément un orthophoniste.
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Signes Possibles de TOA
Il est important de noter que la présence de l’un de ces signes ne confirme pas nécessairement la présence d’un trouble de l’oralité alimentaire. Ces signes doivent être évalués dans leur contexte global et nécessitent souvent une observation continue et une évaluation approfondie par un(e) professionnel(le) de santé spécialisé dans les troubles de l’alimentation infantile. Les parents peuvent consulter leur pédiatre ou leur médecin traitant.
- Refus Alimentaire Sélectif : Si votre bébé présente une tendance à refuser de nombreux types d’aliments, en particulier ceux avec des textures ou des goûts nouveaux, il est possible qu’il soit atteint de troubles de l’oralité alimentaire (TOA). Par exemple, il peut manifester une aversion marquée pour certaines catégories alimentaires comme les légumes ou les aliments solides. Vous pourriez constater que son « catalogue alimentaire » est très limité, avec moins de 20 aliments différents à l’âge de 18 mois.
- Difficultés de Mastication et de Déglutition : Votre bébé peut rencontrer des difficultés à mâcher correctement les aliments ou à les avaler de manière coordonnée. Votre bébé peut aussi tousser ou s’étouffer fréquemment pendant les repas, car il n’a pas réussi à réduire suffisamment son bol alimentaire.
- Hypersensibilité Sensorielle : Certains bébés peuvent présenter une hypersensibilité à certaines sensations alimentaires, comme les textures, les températures ou les goûts. Ils réagissent parfois de manière négative en recrachant ou en crachant les aliments, en montrant des signes de dégoût ou en se crispant face à ces stimuli sensoriels. Par exemple, ils peuvent présenter un réflexe nauséeux important, des vomissements, des régurgitations fréquentes, une toux lorsqu’ils sont exposés à certains aliments ou certaines textures. Cela peut aussi se manifester par un refus de toucher certaines matières, par exemple des objets ou aliments collants, fluides ou mouillés. De plus, certains bébés peuvent ressentir un besoin viscéral de se laver les mains au moindre contact avec de la nourriture.
- Impact Nutritionnel : Les troubles de l’oralité alimentaire peuvent avoir un impact significatif sur la nutrition des bébés, ce qui peut entraîner des difficultés à obtenir une alimentation adéquate. Cela se traduit souvent par des problèmes de croissance, un faible gain de poids ou même un retard de croissance.
- Retard de Développement Alimentaire : Votre bébé, s’il est atteint de troubles de l’oralité alimentaire, peut présenter un retard dans son développement alimentaire par rapport à d’autres enfants du même âge. Par exemple, vous pourriez constater que votre bébé refuse de passer des purées aux aliments texturés, que ce soit des purées moulinées ou des petits morceaux, préférant rester dans sa zone de confort avec des aliments liquides ou lisses. Il pourrait également manifester un manque d’intérêt pour tenir lui-même une cuillère ou saisir des aliments avec ses mains. Vous pourriez aussi constater que votre bébé n’explore pas activement les jouets ou les aliments avec sa bouche et préfère simplement les tenir ou les regarder.
- Repas Stressants et Conflictuel : Les repas de votre bébé peuvent devenir source de stress et de conflits lorsque vous remarquez qu’il prend un temps anormalement long pour manger (plus de 30 à 45 minutes), ou qu’il n’éprouve pas de plaisir à manger ou à téter. Votre bébé peut téter ou mâcher très lentement, jouer avec la nourriture ou se concentrer sur d’autres choses plutôt que de manger. Vous pourriez alors vous retrouver dans une situation où chaque repas devient une lutte, avec des pleurs et des comportements de résistance. L’expérience du repas n’est pas agréable.
Diversification Menée par l'Enfant (DME) : Une Approche Autonome
Si la diversification alimentaire consiste à faire découvrir de nouveaux aliments et de nouvelles textures, la DME va mettre de côté les purées et les compotes. La diversification menée par l’enfant va permettre à votre petit bout de goûter, de sentir et de toucher à sa façon. La DME remplace les habituelles purées et compotes. D’un autre côté, l’enfant va explorer l’univers des aliments tout seul, sans aucune intervention tierce. De cette façon, l’apprentissage de l’enfant sera autodidacte. C’est plus facile pour lui de se construire avec ses propres expériences.
Pour débuter l’apprentissage, placez l’enfant sur sa table, le dos bien droit. Puis, proposez-lui un légume ou un fruit différent chaque jour. Si c’est la première, optez pour un brocoli. Il est facile à saisir pour ses petits doigts et la fleurette est facile à mastiquer en bouche. D’après les experts en puériculture, l’apprentissage est plus efficace avec un morceau plus grand que le poignet de l’enfant. Quand l’habitude commence à s’installer, vous n’avez qu’à varier les aliments, avec des féculents, des protéines, ou des fondants. Au début de la DME, évitez les aliments huilés. L’enfant risque d’être démotivé s’il n’arrive pas à saisir l’aliment.
À 6 mois, l’enfant va apprendre les rudiments de l’alimentation avec la DME. Même si sa dentition n’est pas encore formée complètement, les morceaux fondants vont stimuler la mastication et la déglutition. Avec la diversification menée par l’enfant, la quantité d’aliments n’est pas un souci. Selon les experts nutritionnistes, les bébés savent écouter leur satiété. Alors, on peut se lâcher sur la quantité des aliments. Cela n’empêche qu’il ne faut pas oublier de varier les aliments au menu quotidien. C’est une occasion de faire confiance à votre enfant. Offrez-lui autant de morceaux qu’il veut !
La DME est un gain de temps considérable, au quotidien et sur le long terme. En effet, vous n’avez plus à préparer différentes purées et compotes. Le service est moins encombrant avec les gros morceaux d’aliments. Au début, l’enfant peut prendre du temps pour attraper, mastiquer et déglutir chaque morceau. Mais au bout de 2 à 3 mois, il se tient à table tout seul et prend du plaisir à manger avec les autres.
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Grâce à la DME, l’enfant est plus éveillé et découvre seul tout l’univers de l’alimentation. Être autodidacte facilite leur développement cognitif et leur adaptation. Ainsi, vous connaissez mieux les goûts de votre bébé. Le fait de déguster les aliments un à un lui apprend les textures (croquant, fondant, lisse…). L’apprentissage sur l’alimentation aide l’enfant à acquérir des notions nutritionnelles, même à l’âge adulte.
La Tour d'Observation Montessori
La tour d’observation de Montessori ou tour d’apprentissage est un excellent outil pour développer la perception de l’enfant. En effet, sur une tour d’observation, l’enfant voit son univers malgré sa petite taille. Au quotidien, la tour d’observation offre à l’enfant une perspective des choses qui l’entourent, mais en hauteur. D’un autre côté, l’enfant est moins frustré, car il voit et entend tout ce qui se passe autour de lui. En un mot, la tour d’observation est une vraie tour d’éveil qui permet à l’enfant de comprendre et d’apprendre son environnement.
L’usage d’une tour d’observation est recommandé quand l’enfant a développé certaines capacités de mobilité. Même si chaque enfant a son rythme d’apprentissage, la tour d’observation est conseillée à 18 mois. L’enfant peut l’utiliser jusqu’à ses 6 ans. Dans la vie quotidienne, la tour d’observation est très pratique pour toutes les activités en famille. Pour initier votre jeune enfant au goût des aliments, il faut une pratique au quotidien. Ainsi, il faut être méthodique pour donner envie à votre bébé de déguster plus d’aliments. Alors, invitez votre enfant à participer à toutes les activités en cuisine. À chaque repas, laissez l’enfant toucher ses aliments avec ses petits doigts. Après avoir lavé ses mains, laissez-le découvrir la texture de chaque morceau et apprendre à explorer ses sens et son alimentation. Ainsi, votre bout de chou a une idée plus précise de ce qu’il mange. Une autre méthode, proposez-lui de préparer le repas avec vous. Pour éveiller ses compétences sensorielles, faites-lui sentir les aliments qu’il aime. Durant la diversification alimentaire, votre bébé va aimer d’autres aliments plus que d’autres. Alors, misez sur une émotion agréable pour lui faire découvrir un nouvel aliment. Montrez-lui qu’on peut faire des bisous à un brocoli s’il aime cela. Avec ces petits gestes, votre enfant aura confiance en son alimentation.
Syndrome du Bébé Coca : Attention au Sucre
Selon les professionnels en pédiatrie, le syndrome du bébé coca est un phénomène chez les enfants qui aiment le sucre. Il se présente avec de petites dents de lait détruites par les caries. Dès la sortie des gencives, la dentition infantile est rongée par le sucre de leur soda ou leurs laits chocolatés. Quand les parents n’ont pas réagi à la première apparition de dent noire, cela peut affecter la racine. Si vous envisagez d’enlever ces dents noires, elles risquent de n’apparaître qu’à partir de ses 6 ans. Pour y remédier, il faut brosser les gencives de votre bébé dès que la première dent est noire. Utilisez une compresse imbibée d’eau pour nettoyer les gencives.
Conseils et Stratégies pour une Alimentation Réussie
- Exposition Précoce et Variée : Dès le début de la diversification alimentaire, exposez votre bébé à une grande variété d’aliments, de textures et de formes.
- Petites Portions : Servez-lui l’aliment refusé mais en petites quantités pour ne pas le décourager. S’il accepte d’ouvrir la bouche, acceptez là-aussi qu’il ne mange que quelques cuillères de la purée que vous avez cuisinée.
- Respect de l'Appétit : « Un enfant ne se laisse jamais mourir de faim » : il régule lui-même son appétit de façon naturelle et mangera mieux au repas suivant.
- Pas de Substituts : Ne lui proposez pas un autre plat juste pour lui : il doit apprendre, petit à petit, à accepter ce que vous avez cuisiné pour lui et la famille.
- Patience : Allez, patience, cela va finir par passer !!
- Ignorer le Refus : Avoir un enfant qui mange très peu n’aide pas à avoir une ambiance détendue à table. Mais insister ou forcer votre enfant à manger ne l’aidera pas à ouvrir la bouche. Même si cela est particulièrement difficile, essayez d’ignorer le plus possible le fait qu’il n’avale presque rien. Pourquoi? Parce que moins vous accorderez d’importance à la situation, plus vite elle changera.
- Pas de Réprimandes : Ne le grondez pas non plus et ne surveillez pas ce qu’il mange, ne montrez aucune inquiétude s’il a peu mangé.
- Repas en Famille : En montrant l’exemple en partageant le même repas, assis tous ensemble à table, vous le rassurez et stimulez sa curiosité.
- Présentation Attirante : Servez-lui l’aliment refusé mais en petites quantités avec des aliments familiers et acceptés, pour ne pas le décourager.
- Goûter et non Manger : Le fait qu’il n’ait pas fini son plat principal ou qu’il n’ait pris que quelques cuillères de courgettes ne doit pas l’empêcher d’avoir la suite du repas. Pourquoi ? Parce que dans ce genre de situation, l’important n’est pas de manger mais simplement de goûter !
- Fin de Repas Simple : En revanche, faites en sorte de proposer une fin de repas simple et saine. Par exemple, proposez-lui un seul yaourt et un seul fruit, et ne lui en donnez pas deux fois plus sous prétexte qu’il a peu mangé et qu’il risque d’avoir faim très bientôt.
- Persévérance : Incitez votre enfant à goûter plusieurs fois un aliment qu’il pense ne pas aimer pour finalement peut-être, au bout de 8 à 10 présentations, finir par l’apprécier. Évidemment, cela ne marchera pas à tous les coups.
- Soutien Émotionnel et Patience : Il est essentiel que les parents et les aidants comprennent que les troubles de l’oralité alimentaire sont réels et complexes.
- Éviter la Pression : Évitez les pressions excessives pour que le bébé mange ou goûte certains aliments. Forcer ou insister de manière coercitive peut aggraver l’anxiété alimentaire et entraîner des réactions négatives. Au lieu de cela, adoptez une approche positive et encourageante, en valorisant les efforts du bébé et en célébrant les petits progrès réalisés.
- Soutien Professionnel : N’hésitez pas à rechercher le soutien de professionnels de santé spécialisés dans les troubles de l’oralité alimentaire. Les diététiciens, les orthophonistes, les ergothérapeutes, les psychomotriciens et les psychologues peuvent fournir des conseils, des stratégies et des interventions spécifiques adaptées aux besoins du bébé.
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