Zaho de Sagazan est une artiste qui ne laisse personne indifférent. Sa voix singulière, ses textes poignants et son univers musical unique ont conquis le cœur du public et de la critique. Mais qui est vraiment Zaho de Sagazan ? Pour comprendre son parcours, il est essentiel de se pencher sur son enfance, une période formatrice qui a profondément influencé son identité artistique.

Une enfance bercée par la créativité à Saint-Nazaire

Née le 28 décembre 1999 à Saint-Nazaire, Zaho de Sagazan grandit dans un environnement familial où l'art occupe une place prépondérante. Son père, Olivier de Sagazan, est un artiste plasticien reconnu, et sa mère est institutrice. Cette double influence, entre créativité artistique et attention à l'épanouissement personnel, marque profondément la jeune Zaho.

"Quand on est jeune à Saint-Nazaire, déjà, on profite de chaque événement qui s'y passe", résume-t-elle. Parmi ses souvenirs impérissables, l'artiste cite volontiers les concerts Salade, organisés par les lycéens. Zaho de Sagazan garde une émotion particulière de ces concerts. Très active dans la troupe pendant sa jeunesse, elle a pris plaisir à y retourner cette année.

Elle évolue dans une famille ayant des affinités artistiques prononcées. D’ailleurs, durant son enfance à Saint-Nazaire, elle pratique la danse de manière intensive, à raison de plusieurs heures par semaine, et commence à apprendre le piano et le chant, qui la passionnent.

La jeune Zaho s'épanouit dans cet univers créatif. Elle s'adonne à la danse de manière intensive, explorant son corps et sa capacité à s'exprimer à travers le mouvement. Parallèlement, elle découvre le piano et le chant, deux disciplines qui la passionnent et lui permettent d'explorer de nouvelles formes d'expression.

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Zaho de Sagazan voit le jour le 28 décembre 1999 à Saint-Nazaire, une ville qu’elle décrit comme un mélange "d’horizons de mer et de béton". Durant son enfance, Zaho de Sagazan s’adonne intensivement à la danse. Mais à l’âge de 14 ans, lassée par cette discipline, elle se tourne vers le piano et le chant. L’influence familiale joue un rôle clé dans son développement artistique. Outre son père, sa cousine, Lorraine de Sagazan, est une metteuse en scène reconnue, et l’une de ses sœurs est chorégraphe. La jeune femme grandit entourée de quatre sœurs, dont une jumelle, dans une atmosphère propice à l’épanouissement créatif. Ravie d'avoir une maison qui ne ressemble à personne, Zaho est toute aussi originale que son prénom, trouvé après un concours d'onomatopées en famille. "Chacun avait un prénom très original", dit-elle.

Mais que faire à Saint-Nazaire quand on est jeune ? Zaho de Sagazan nous raconte son adolescence dans la cité nazairienne : "Toute personne habitant à Saint-Nazaire va aux Escales qui est un festival de musique. Moi, j'y vais depuis que j'ai trois ans. Sinon, tu vas au skatepark, tu joues aux cartes sur l'herbe, tu écoutes de la musique, tu vas à la plage, tu fais plein de trucs à Saint-Nazaire."

La plage semble donc être le point central de la vie des ados de Saint-Nazaire. Comme l'indique Zaho de Sagazan : "Nous, on se baignait tout le temps. Un été sans se baigner, à Saint-Nazaire, ça n'existe pas. On se baignait même quand il faisait froid, quand il pleuvait. Moi, ce que je préférais, c'est quand il y avait de la tempête et que tu allais te baigner sous la pluie. Ça, c'était génial. Il y a un côté un peu film."

Enfin, Zaho de Sagazan nous offre ce conseil touristique à tester dès cet été pour vos séjours dans la région : "Je te conseille, si tu veux aller à la plage : ne va pas forcément à la plage qui est collée au port. Tu vas sur les criques de Saint-Marc-sur-Mer. Ce sont de toutes petites plages paradisiaques. La mer est bleue, il y a des rochers, c'est très beau, il y a plein de trucs. Tu vas te prendre un petit sandwich, tu prends un jeu de cartes, tu mets de la musique et tu profites avec tes copains. La vie simple, mais la meilleure."

Le tournant de l'adolescence : entre tristesse et découverte de soi

Malgré cette enfance insouciante et légère, un événement va bouleverser la vie de Zaho : le départ de la maison de ses trois grandes sœurs, quand elle avait 13 ans. Ce départ marque une rupture dans sa vie et la plonge dans une tristesse profonde.

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À l'âge de 13 ans, le départ du cocon familial de l'une de ses sœurs la marque au fer rouge. "C'était un drame dans ma tête. Je découvre l'adolescence, avec une sensibilité qui va s'exacerber à ce moment-là". D'ailleurs, sa prise de poids ("15 en un an et demi") va la fragiliser encore plus. Aussi loin que ses souvenirs remontent, elle a "l'impression de tempête dans mon cœur [impossible à] gérer [mais qui] a besoin d'exploser". Fort heureusement, dans sa tourmente, sa passion pour la musique, et plus spécifiquement son piano, va devenir son remède antimorosité.

"Je perds mes sœurs, enfin, c'était un drame aussi grand dans ma tête et je découvre surtout l'adolescence, avec une sensibilité qui va s'exacerber à ce moment-là". La jeune fille qu'elle était prend alors beaucoup de kilos. "15 en un an et demi", précise-t-elle. "Ça devient un drame, je ne me reconnais pas. J'ai des émotions beaucoup trop fortes dans ma poitrine. J'ai une impression de tempête dans mon cœur que je ne peux pas gérer et qui a besoin d'exploser".

C'est dans cette période de trouble que Zaho trouve refuge dans la musique. Le piano devient son confident, son exutoire. Elle y exprime ses émotions, ses peines, ses joies. Elle découvre le pouvoir des mots et des mélodies pour donner un sens à ce qu'elle ressent.

C'est la découverte du piano qui va réconcilier l'adolescente avec sa tristesse. "Je me rends compte que pleurer sur mon piano a beaucoup plus d'intérêt que pleurer devant ma maman ou sur mon oreiller (…) Trouver les mots, ça va tout changer parce que je vais me dire : 'enfin, je vais être comprise'", lâche-t-elle. Et comme un pied de nez, "Tristesse" est un des titres de son premier album, "La symphonie des éclairs", où elle assène : "Tristesse, dégage de là".

L'apprentissage de la vie et l'engagement social

Après son baccalauréat, la jeune femme quitte sa ville natale pour Nantes, où elle entame des études de gestion, avant de devenir auxiliaire de vie dans un Ehpad. Pendant ses études, lorsqu'elle a dû trouver un petit job pour gagner de l'argent, elle s'est naturellement tourné vers le métier d'auxiliaire de vie : "C'était une des plus belles expériences de ma vie. Ce sont des personnes souvent très âgées. Pour moi, c'est un des plus beaux métiers du monde. C'est un métier qui représente la bonté à l'état pur, c'est-à-dire que tu donnes sans attendre trop en retour. Parce que tu es payé une misère et personne ne t'applaudit".

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Cette expérience marque profondément Zaho de Sagazan. Elle y découvre la réalité de la vie des personnes âgées, leur solitude, leur vulnérabilité. Elle y apprend l'importance de l'écoute, de la patience et de la compassion.

Ayant besoin d'argent pour financer ses idées, elle occupe le poste d'auxiliaire de vie. Cependant, Zaho de Sagazan reconnait qu'elle "donne sans rien attendre en retour", et qu'elle est "payée une misère" A l'époque, contrairement à aujourd'hui, "personne ne l'applaudit." Forcée de ranger son égo au placard, elle fait un constat sans appel. Avec le recul, Zaho de Sagazan souligne "le problème" de ses confrères actuels. "Il y a beaucoup trop de pédants.

Soit l'opposé de son métier où elle estime qu'on est "beaucoup trop considéré". "Quand je regarde une auxiliaire de vie, je me dis qu'il n'y a pas de raison que je sois plus considérée qu'elle parce que c'est un don de soi total", souligne-t-elle.

Du coup, Zaho a appris à ne pas "se la péter", comme elle dit. "C'est le problème de ce milieu, il y a beaucoup trop de pédants. Tu sauves personne. Tu fais du bien évidemment, c'est le pouvoir de la musique, mais il y a plein de gens qui font du bien aussi", conclut-elle, bien décidée à continuer à apporter un peu de bonheur et de compagnie aux personnes âgées en se produisant dans des Ehpad. Enfin, dès qu'elle en a l'occasion, Zaho de Sagazan accepte de chanter dans des EPAD. Des étoiles dans les yeux, elle précise que cela lui "fait autant de bien qu'à eux". Comme quoi, la musique adoucit les mœurs, mais aussi les cœurs !

L'éclosion d'une artiste engagée

Forte de ses expériences, Zaho de Sagazan décide de se consacrer pleinement à la musique. Elle commence par diffuser ses compositions sur Instagram, où elle attire rapidement l'attention des professionnels du milieu.

Dès 2015, Zaho de Sagazan, qui ne quitte plus son piano depuis la classe de 3e, commence à poster des vidéos d’elle en train de chanter ses propres compositions sur Instagram. En septembre 2021, le duo nantais Mansfield Tya la contacte après être tombé sur l’une de ses vidéos, et lui demande de jouer pour la première partie de leur concert au Trianon, à Paris. Quelque temps plus tard, rebelote : le chanteur Hervé, révélation des Victoires de la musique 2021, l’invite pour sa première partie à l’Olympia. La machine est lancée.

En septembre 2021, c’est un coup de tonnerre lorsque le duo nantais Mansfield.TYA la repère sur les réseaux sociaux et l’invite à assurer sa première partie au Trianon à Paris. Cette opportunité est suivie d’une autre première partie, cette fois pour le chanteur Hervé à l’Olympia. En 2022, Zaho de Sagazan est sélectionnée pour une résidence aux Trans Musicales de Rennes, où elle se produit pendant les cinq soirs du festival.

Le 31 mars 2023 marque un tournant dans la carrière de Zaho de Sagazan avec la sortie de son premier album "La Symphonie des éclairs". Ce projet révèle au grand public le talent unique de la jeune artiste. Composé de treize titres, l’album se distingue par son mélange de chanson française et d’influences électroniques des années 80. L’on y retrouve plusieurs morceaux à succès : "Suffisamment", "Les Dormantes", "Tristesse"… La voix puissante et émotive de Zaho de Sagazan, combinée à des textes profonds et à des mélodies entraînantes, lui permet de se créer un univers musical singulier.

Le succès est fulgurant. Les critiques sont dithyrambiques et saluent l’originalité et la maturité artistique de la jeune femme. La consécration arrive le 25 décembre 2023, lorsque "La Symphonie des éclairs" est certifié disque d’or en franchissant le cap des 50.000 exemplaires vendus.

Un seul album sorti, 50 000 exemplaires vendus, et quatre prix aux Victoires de la musique en 2024 : Zaho de Sagazan, 24 ans, est une tornade qui chante l’amour et la mélancolie, et qui a su conquérir le coeur des auditeurs. Les cheveux blonds, presque blancs, la voix rauque et puissante, les yeux clairs, la chanteuse semble tout droit sortie d’une bande dessinée de science fiction des années 1980. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle est représentée sur la pochette de son album « La symphonie des éclairs », diffusé en mars 2023. Zaho de Sagazan touche les publics grâce à son style singulier, mélange de variété et d’électro. Mais l’étoile montante de la chanson française garde les pieds sur terre. « C’est parce que je rêvais d’écrire de grandes chansons que j’ai donné autant de temps et de sueur : pour rendre réel ce rêve-là. Le talent, c’est de la passion mais aussi beaucoup d’exigence. J’ai toujours su qu’on ne naissait pas talentueux.

L'amour est aussi au cœur de ses chansons, et pourtant Zaho ne l'a encore jamais rencontré. "C'est vrai (…) A 15 ans, j'avais confiance en une seule chose, c'est dans la musique, donc je n'étais pas très ouverte à autre chose. Et en même temps, je n'attends qu'une chose, c'est de tomber amoureuse. Je sens que je suis faite pour ça", lance-t-elle. Zaho se voit même devenir une grande amoureuse : "J'ai un amour infini à donner. J'ai envie d'avoir des tas d'amours comme j'ai envie d'avoir plein d'amis. Je suis très gourmande d'expériences". En attendant, l'amitié prend toute la place. "Il y a une simplicité tellement belle dans l'amitié. J'ai des amis que j'aime du plus profond de mon être et en plus, j'ai la chance de travailler avec eux (…) Je ne sais pas qui je serai sans mes amis. Je ne sais même pas ce que je ferai et pourquoi je serai là sans amis", clame celle qui sait ce que veut dire : consacrer du temps aux autres.

Malgré le succès de son album, Zaho de Sagazan reste elle-même. Souvent vêtue d’un costume beige chiné chez Emmaüs, le véritable sacre est intervenu il y a deux semaines, lors des Victoires de la musique, où elle a remporté les prix de la meilleures chanson originale, du meilleur album, de la révélation scène et de la révélation féminine.

Une artiste engagée et authentique

Aujourd'hui, Zaho de Sagazan est une artiste reconnue et respectée. Sa musique touche un large public, qui se reconnaît dans ses textes sincères et poignants. Elle est une voix pour une génération, une artiste engagée qui n'a pas peur d'aborder des sujets sensibles tels que la tristesse, l'amour, l'engagement social et l'environnement.

Zaho de Sagazan est en filiation et friperie. La chanteuse Zaho de Sagazan a rappelé son attachement aux vêtements d’occasion. Une pratique héritée de l’enfance, qu’elle assume aujourd’hui sur scène comme sur les tapis rouges. Son style sans artifice séduit jusqu’au Label Emmaüs.‍Dans une interview à Vert début juillet, Zaho de Sagazan revient sur son rapport au vêtement depuis le Festival Solidays. Pas une posture, mais un usage. « C’est souvent de meilleure qualité, c’est économique, écologique… Il est temps de changer nos habitudes. » Elle raconte une enfance où la friperie était une normalité. « On n’avait pas beaucoup de moyens, et puis ma mère a su rendre ça cool. » Ce geste maternel devient, pour elle, un fil rouge. La seconde main habille désormais sa carrière.‍"Ma mère nous a expliqué que la fripe, c’était être original, c’était écolo. Et c’est resté."‍« Franchement, ça ne change rien à notre vie, même quand on est artiste. » Pour Zaho de Sagazan, s’habiller en fripe n’est pas une contrainte, mais une manière d’habiter le monde, hérité de sa mère. « On n’est plus "cool" quand on s’achète des fringues neuves toutes les deux semaines. Et puis un vêtement de seconde main a une histoire. »Elle imagine même l’histoire des vêtements. « Tu te dis que, peut-être, une petite mamie l’a portée avant toi… J’adore cette idée. », explique-t-elle à Vert.À contre-courant des logiques consuméristes, la chanteuse incarne une seconde main à la fois populaire, poétique et engagée. Un fil rouge qu’elle tisse de scène en tapis rouge - comme lors du Sidaction en mars 2024 où, interrogée par Lou sur sa tenue, elle répond simplement : « En Emmaüs, figure-toi ! »‍Une anti-égérie pour Label Emmaüs‍Son geste n’est pas passé inaperçu dans le milieu de la seconde main. En juin 2024, Maud Sarda, cofondatrice du Label Emmaüs, l’interpelle publiquement sur les réseaux sociaux et l’invite à devenir égérie de la plateforme solidaire.« C’est un joli pied de nez à la superficialité, dans un moment de starification », commente-t-elle auprès de CM-CM.fr.Zaho de Sagazan incarne, selon elle, une mode sobre, populaire, sans faux-semblants - capable de porter un message politique trop souvent relégué : le lien entre écologie et justice sociale.

Son parcours est une source d'inspiration pour de nombreux jeunes, qui voient en elle un modèle de réussite et d'authenticité.

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