L’hyperactivité vésicale (HAV), ou vessie hyperactive, est une condition médicale qui affecte considérablement la qualité de vie. Elle se caractérise par des envies soudaines et incontrôlables d’uriner, touchant aussi bien les hommes que les femmes, et tendant à se manifester avec l’âge. Cet article explore en détail les causes, les symptômes et les traitements disponibles pour mieux comprendre cette pathologie et les solutions pour y faire face.
Qu'est-ce que l'hyperactivité vésicale ?
La vessie hyperactive se manifeste par un besoin impérieux et fréquent d’uriner, même si la vessie n’est pas entièrement remplie (capacité maximale allant de 400 à 600 ml). Cette condition peut être accompagnée de fuites urinaires. Il est important de noter que l’hyperactivité vésicale n’est pas une maladie en soi, mais plutôt un ensemble de symptômes liés à un dysfonctionnement de la vessie. Elle peut se manifester par le besoin fréquent et régulier d’aller uriner la journée ou la nuit (nycturie).
Causes de l'hyperactivité vésicale
L’hyperactivité vésicale résulte d’une activité anormale des muscles de la vessie, notamment le détrusor, qui se contracte de manière incontrôlée. Normalement, la vessie s’étire au fur et à mesure qu’elle se remplit pour s’étendre, grâce à l’urètre et au détrusor (le muscle vésical). Après avoir uriné, elle se resserre. Mais en présence d’une vessie hyperactive, le détrusor se resserre, peu importe son niveau de remplissage.
Plusieurs facteurs de risque peuvent entraîner une vessie hyperactive :
- Affections neurologiques : Des maladies comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC) peuvent perturber les signaux nerveux contrôlant la vessie.
- Obstruction vésicale : L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) chez les hommes peut comprimer l’urètre et gêner l’évacuation complète de l’urine.
- Facteurs environnementaux et comportementaux : Une consommation excessive de caféine, d’alcool ou d’aliments épicés peut irriter la vessie et accentuer les symptômes. Une hydratation inadaptée (insuffisante ou excessive) a également un impact. L’habitude de se retenir trop longtemps d’uriner peut aussi perturber les réflexes vésicaux, tandis que des infections urinaires répétées fragilisent la vessie et aggravent les troubles.
- Affaiblissement du plancher pelvien : Le vieillissement, la grossesse et les variations hormonales altèrent la tonicité du plancher pelvien, ce qui diminue le contrôle de la vessie.
- Diabète : Un diabète non contrôlé, avec un niveau de glycémie élevé (hyperglycémie), peut augmenter la soif et la production d’urine.
- Causes diverses : Des problèmes gynécologiques comme le prolapsus ou les tumeurs de l’ovaire peuvent entraîner une irritation de la vessie. Les femmes ayant subi une opération liée à l’incontinence d’effort peuvent également être affectées.
Symptômes de l'hyperactivité vésicale
La vessie hyperactive provoque plusieurs symptômes, notamment :
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- Urgenturie : Envie impérieuse et brusque d’uriner, difficilement contrôlable, et pouvant être à l’origine de fuites urinaires.
- Pollakiurie : Besoin d’uriner plus souvent que la normale (plus de 7 fois par jour et/ou plus d’une fois par nuit).
- Nycturie : Besoin de se lever plus d'une fois par nuit pour aller aux toilettes.
Ces symptômes peuvent avoir des répercussions importantes sur la qualité de vie, entraînant une altération des activités sociales, sportives et professionnelles, avec un risque d’isolement et des troubles du sommeil.
Diagnostic de l'hyperactivité vésicale
Un diagnostic précis est essentiel pour adapter le traitement. Le médecin commencera par un interrogatoire médical approfondi pour comprendre les symptômes, leur fréquence et leur intensité. Pour objectiver ces troubles, plusieurs outils sont utilisés, dont le calendrier mictionnel, qui permet d’évaluer la fréquence des mictions, les volumes urinaires et la présence éventuelle de fuites.
D'autres examens peuvent être réalisés :
- Examen physique : Pour évaluer l'état général de santé et rechercher d'éventuelles causes sous-jacentes.
- Analyse d'urine : Pour détecter une infection urinaire ou d'autres anomalies.
- Échographie de la vessie : Pour mesurer le volume d'urine résiduel après la miction.
- Bilan urodynamique : Pour évaluer le fonctionnement de la vessie et des sphincters.
- Fibroscopie : Pour visualiser l'intérieur de la vessie et de l'urètre.
Traitements de l'hyperactivité vésicale
Le traitement de l’hyperactivité vésicale est souvent multidisciplinaire et personnalisé en fonction des causes et de la gravité des symptômes. Si les recommandations en matière de changement de ses habitudes de vie (boissons, alimentation) ne suffisent pas, il est temps d’envisager des traitements.
Voici les options disponibles :
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1. Modifications des habitudes de vie
- Réduction des irritants vésicaux : Limiter la consommation de caféine, d’alcool et d’aliments épicés.
- Gestion des apports hydriques : Boire suffisamment, mais éviter les excès. Il est important de noter que réduire sa consommation en liquide pour diminuer les symptômes d’une vessie hyperactive est une fausse solution. En effet, l’urine se concentre alors davantage ce qui irrite la paroi de la muqueuse de la vessie.
- Perte de poids : Réduit la pression exercée sur la vessie.
- Lutte contre la constipation : Adopter une alimentation riche en fibres.
- Rééducation de la vessie : Essayer d’augmenter petit à petit le temps entre deux mictions afin d’aller aux toilettes toutes les 2 à 4 heures maximum.
2. Rééducation périnéale
Les exercices de renforcement du plancher pelvien aident à mieux contrôler la vessie et à réduire les fuites urinaires. La rééducation périnéale est proposée comme traitement de première intention à la majeure partie des hommes et des femmes touchés par l’incontinence, quelle qu’en soit la cause. La kinésithérapie, guidée par le thérapeute, permet de travailler le renforcement et le verrouillage des muscles du périnée pendant l'effort. Le biofeedback est une technique de rééducation visant à redonner la conscience à la personne de son schéma corporel. Grâce à la rééducation, les personnes réapprennent à ressentir ce qui se passe au niveau de leurs muscles pelviens et à solliciter les muscles appropriés. L’électrostimulation a plusieurs indications.
3. Médicaments
La première option repose sur l’administration d’un traitement médicamenteux adapté. Il en existe plusieurs types capables de détendre le muscle de la vessie :
- Antimuscariniques (anticholinergiques) : Réduisent les contractions involontaires de la vessie. Ces médicaments permettent d’augmenter la capacité de volume de la vessie pour réduire les envies trop fréquentes d’aller aux toilettes. Les antimuscariniques peuvent entraîner des effets secondaires inconfortables, notamment chez les personnes âgées.
- Agonistes bêta-3 : Favorisent le relâchement de la vessie en augmentant sa capacité de stockage.
- Œstrogènes locaux : Chez les femmes ménopausées, des œstrogènes locaux améliorent la tonicité vésicale.
4. Injection de toxine botulique (Botox)
En cas d’échec des traitements médicamenteux, il est possible de réaliser des injections de botox pour relaxer le muscle de la paroi de la vessie et diminuer les envies urgentes et les risques d’incontinence ou de fuites urinaires. Le geste est réalisé sous cystoscopie, sous anesthésie locale. Toutefois, le résultat n’est pas définitif et il faudra renouveler les injections à intervalle régulier. Votre médecin évaluera l’efficacité de ce traitement et le soulagement des signes cliniques.
5. Neurostimulation
La stimulation du nerf sacré (ou neuromodulation sacrée) qui régit les signaux émis entre la moelle épinière et la vessie. Ce procédé invasif se pratique par geste chirurgical et consiste à implanter un stimulateur sous la peau en bas du dos au niveau de la racine nerveuse S3 qui innerve principalement le détrusor. Ce stimulateur est connecté à un stimulateur cardiaque portatif afin d’envoyer des impulsions au nerf sacré. Moins invasive, la neuromodulation du nerf tibial postérieur est un traitement plus récent qui s’appuie sur le même principe que la neuromodulation sacrée. Un petit appareil placé sur la face interne de la cheville et relié à des électrodes adhésives stimule les zones nerveuses commandant le système vésico-sphinctérien.
6. Chirurgie
Le recours à la chirurgie est rare, et plutôt réservé aux cas les plus sévères et réfractaires aux autres traitements. Le chirurgien peut décider d’agrandir la vessie à partir d’un morceau d’intestin grêle ou stimuler la vessie en plaçant des électrodes à certains endroits, sur la moelle épinière ou sur les racines nerveuses.
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7. Autres traitements
- Homéopathie : Un médecin homéopathe peut prescrire un traitement homéopathique individualisé pour traiter les symptômes et le terrain favorable à l’installation de l’hyperactivité vésicale.
- Solutions naturelles : Certaines plantes, comme la canneberge, peuvent aider à réduire les symptômes de l'hyperactivité vésicale.
Vessie neurologique
Il est important de distinguer l'hyperactivité vésicale non neurologique de celle d’origine neurologique, qui résulte de maladies comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC). La vessie neurologique est une affection qui se traduit par un défaut de fonctionnement de la vessie et des sphincters, pour des raisons d’ordre neurologique.
Les symptômes d'une vessie neurologique peuvent inclure :
- Incontinence urinaire
- Rétention urinaire
- Besoin impérieux et urgent d’uriner
- Difficultés à uriner
- Alternance de fuites et de rétentions
Le traitement de la vessie neurologique dépend de la cause sous-jacente et des symptômes présentés. Il peut inclure des médicaments, la rééducation périnéale, des injections de toxine botulique, la chirurgie ou l'auto-sondage.
Conseils pour mieux vivre avec une vessie hyperactive
En attendant que les traitements montrent leur efficacité, le port de protections urinaires de qualité s'avère indispensable. Au contact de l’air et des bactéries, l’urine peut dégager une forte odeur, incommodante pour soi comme pour l’entourage.
Voici quelques conseils supplémentaires :
- Absorber un complément en vitamine C et boire du jus de canneberge : Cela permettra de diminuer le pH de votre urine.
- Limiter la consommation de certains aliments : Tels que les asperges, les oignons, ails, poireaux ou certaines épices.
- Consommer du thé vert : Une étude a montré que les consommatrices de thé vert étaient moins atteintes d’incontinence urinaire.
- Être attentif à l'odeur de l'urine : Si l’urine sent fort, cela peut indiquer qu’elle est trop concentrée ou qu’il y a une infection urinaire.
- Prendre des précautions en cas de nycturie : Se lever plusieurs fois par nuit pour se rendre aux toilettes peut s’avérer contraignant et augmenter le risque de chute.
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