L'uvéite post-partum est une inflammation de l'uvée, la couche intermédiaire de l'œil située entre la rétine et la sclère. Cette condition peut survenir après l'accouchement et nécessite une attention médicale appropriée pour prévenir des complications potentiellement graves. Cet article explore les causes, les symptômes et les options de traitement de l'uvéite post-partum.

Anatomie de l'œil et rôle de l'uvée

Pour bien comprendre l'uvéite, il est essentiel de connaître l'anatomie de l'œil :

  • Iris : L'iris joue un rôle de diaphragme, avec un réflexe physiologique modifiant son diamètre pour réguler l'entrée de la lumière dans l'œil.
  • Rétine : La rétine est une fine membrane constituant la face interne de l’œil et est en contact par sa face postérieure avec un réseau très vascularisé appelé la choroïde.
  • Nerf optique : Le nerf optique relie la rétine au cerveau, permettant la transmission de l'information visuelle.

L'uvée est composée de l'iris, du corps ciliaire et de la choroïde. Elle est responsable de l'apport sanguin à la rétine et joue un rôle dans la régulation de la pression intraoculaire. L'inflammation de cette couche peut avoir des conséquences importantes sur la vision.

Causes de l'uvéite

De nombreuses causes peuvent être à l'origine d'une uvéite, qu'elle soit post-partum ou non. Les causes possibles incluent :

  • Infections bactériennes : Elles peuvent survenir en cas de plaie, d'intervention chirurgicale ou d'infection (sinusite, angine, infection dentaire).
  • Infections virales : Les agents en cause sont essentiellement un herpès virus, responsable d'un herpès ou d'un zona, ou un cytomégalovirus, responsable d'infections chez les sujets immunodéprimés. La nécrose rétinienne aiguë (ARN) est une entité rare causée par les virus du groupe Herpès.
  • Infections parasitaires : Comme la toxoplasmose congénitale.
  • Infections mycosiques : Telles que la candidose oculaire, pouvant évoluer très vite chez un sujet toxicomane et immunodéprimé.
  • Maladies auto-immunes : Ophtalmie sympathique, uvéite phaco-antigénique, provoquée par l'auto-immunisation contre des protéines cristalliniennes libérées par une cataracte intumescente (avec gonflement du cristallin) ou une plaie du cristallin.
  • Spondyloarthrite (SpA): Maladie vaste englobant différentes entités auparavant différenciées: spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique (Rpso), arthrites réactionnelles, rhumatismes inflammatoires associés aux MICI, spondyloarthrites indifférenciées et formes juvéniles (syndrome enthésite et arthrite). Une importante partie de la prise en charge thérapeutique est commune pour le spondyloarthrites axiales et le rhumatisme psoriasique. Le passage d’une forme à l’autre est également relativement fréquent.
  • Syndrome inflammatoire de reconstitution immune (IRIS): Au cours de l’infection par le VIH, le syndrome inflammatoire de reconstitution immune (IRIS) regroupe l’ensemble des manifestations pathologiques attribuées à une reconstitution excessive et/ou insuffisamment régulée vis-à-vis d’antigènes infectieux ou non infectieux après l’initiation du traitement antirétroviral. Les mycobactéries et les mycoses sont les étiologies les fréquentes mais de très nombreux agents infectieux et des pathologies auto-immunes ou inflammatoires sont à l’origine d’IRIS.

Il est crucial de noter que pendant la grossesse, la rétinopathie diabétique est la maladie avec atteinte rétinienne la plus fréquemment rencontrée. Cependant, il n’existe pas de recommandations précises concernant les traitements et la prise en charge de l’œdème maculaire et de la rétinopathie diabétique proliférante pendant la grossesse. La nécessité de débuter un traitement n’est pas clairement admise, étant donné que ces deux conditions peuvent régresser chez certaines patientes en post-partum.

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Types d'uvéite

On distingue différents types d'uvéite suivant leur localisation :

  • Uvéites antérieures : Également appelées iritis ou iridocyclites, elles se manifestent par une rougeur oculaire et une baisse de l'acuité visuelle, généralement peu importante.
  • Uvéites intermédiaires : Ou pars planites, plus rares mais particulièrement insidieuses, elles se manifestent par quelques « mouches volantes » devant les yeux, qui disparaissent en quelques jours ou en quelques semaines.
  • Uvéites postérieures : Ou choroïdites, elles provoquent une baisse de la vision, sans rougeur oculaire.

Symptômes de l'uvéite

Les symptômes de l'uvéite peuvent varier en fonction du type et de la gravité de l'inflammation. Les symptômes courants incluent :

  • Rougeur oculaire
  • Douleur oculaire
  • Sensibilité à la lumière (photophobie)
  • Vision floue
  • Mouches volantes (petits points ou lignes flottant dans le champ de vision)
  • Baisse de l'acuité visuelle

Il est important de consulter un médecin si vous présentez l'un de ces symptômes, surtout après l'accouchement.

Diagnostic de l'uvéite

Le diagnostic de l'uvéite repose sur :

  • Examen clinique : L'examen clinique est essentiel.
  • Examen au biomicroscope : Pour les uvéites antérieures.
  • Examen du fond d'œil : Pour les uvéites intermédiaires et postérieures.
  • Angiographie oculaire : Parfois utilisée pour les uvéites postérieures.
  • Réaction de polymérase en chaîne (PCR) et coefficient de charge immunitaire (CCI): Utile en cas de nécrose rétinienne aiguë (ARN).

Traitement de l'uvéite

L’objectif du traitement de l’uvéite est d’abord de soulager les symptômes, restaurer la vue et prévenir toute perte de vision. Le traitement a également pour but de supprimer l’inflammation afin d’éviter les complications liées à l’épisode aigu de l’uvéite ou celles secondaires à l’inflammation chronique. Il faut également tenir compte des effets secondaires possibles des traitements. Les traitements des uvéites diffèrent selon l’âge du patient, la nature infectieuse ou non, la localisation anatomique et le degré de gravité.

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Les options de traitement incluent :

  • Anti-inflammatoires :
    • Collyres stéroïdiens ou non : Pour atténuer les poussées.
    • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : Ils inhibent la synthèse des prostaglandines, diminuant ainsi l'inflammation. Les AINS sont généralement bien tolérés et présentent moins de risques d'effets secondaires graves que les stéroïdes topiques.
    • Corticostéroïdes oraux : Dans certains cas, les médecins peuvent prescrire des médicaments anti-inflammatoires par voie orale, tels que les corticostéroïdes ou les AINS, pour traiter l'inflammation oculaire. Ces médicaments agissent de manière systémique et peuvent aider à contrôler l'inflammation dans tout le corps, y compris les yeux.
  • Collyres mydriatiques : Prescrits pendant la durée de la poussée, ils évitent la formation d'accolements de l'iris sur le cristallin au cours des uvéites antérieures.
  • Traitements antiviraux : L’ARN syndrome est de très mauvais pronostic spontané. Le traitement antiviral combiné par voie systémique et intravitréenne avec les molécules suivantes : l’aciclovir, le foscarnet et le ganciclovir permet d’améliorer ce pronostic.
  • Biothérapies: Indications à la prise en charge de la spondylarthrite par biothérapie:
    • SpA axiale :Réponse insuffisante aux AINS (symptômes persistants sous AINS pleine dose) ET ASDAS-CRP ≥ 2,1 ou BASDAI ≥ 4 ET Rx+ ou inflammation IRM ou CRP+
    • SpA périphérique enthésitique :Réponse insuffisante aux AINS ± infiltration ET CRP élevée ou inflammation IRMEVA ≥ 4
    • SpA périphérique Articulaire :Réponse insuffisante aux AINS ± infiltration ET échec ≥ 1 DMARD ET NAG et NAD ≥ 3 (ou nombre inférieur si coxite ou arthrite réfractaire aux infiltrations ou progression radiographique)
  • Gouttes oculaires anti-inflammatoires: Les gouttes oculaires anti-inflammatoires agissent en bloquant ou en inhibant les enzymes responsables du processus inflammatoire. Certaines gouttes oculaires contiennent des corticostéroïdes, qui sont des hormones synthétiques qui aident à supprimer l'inflammation. Il est important de noter que l'utilisation de gouttes oculaires anti-inflammatoires doit être supervisée par un professionnel de la santé, car elles peuvent avoir des effets secondaires indésirables. Il est également essentiel de suivre les instructions du médecin concernant la posologie et la durée du traitement.

Il est essentiel de suivre attentivement les instructions du médecin et de respecter la durée du traitement.

Effets secondaires des traitements

Comme pour tout médicament, les gouttes oculaires anti-inflammatoires peuvent provoquer des effets secondaires. Cependant, la plupart des effets indésirables sont légers et disparaissent rapidement. Il est important de noter que chaque personne peut réagir différemment aux médicaments, y compris aux gouttes oculaires anti-inflammatoires.

En plus des effets secondaires courants, il existe également des risques associés à l'utilisation de stéroïdes topiques. Les stéroïdes topiques peuvent causer des effets secondaires plus graves, tels que l'augmentation de la pression intraoculaire, le développement de cataractes et un risque accru d'infections oculaires. Ces effets secondaires sont plus fréquents avec une utilisation prolongée des stéroïdes topiques ou à des doses élevées.

En ce qui concerne les gouttes oculaires anti-inflammatoires non stéroïdiennes (AINS), il existe également des préoccupations en ce qui concerne les effets secondaires potentiels. Les AINS peuvent provoquer une irritation oculaire chez certaines personnes, en particulier si elles sont appliquées à long terme.

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Conseils pour l'application des gouttes oculaires

  • Avant d'appliquer les gouttes, assurez-vous de vous laver soigneusement les mains et de retirer les lentilles de contact.
  • Inclinez la tête vers l'arrière et tirez doucement sur la paupière inférieure pour créer un petit espace.
  • Instillez le nombre de gouttes recommandé par le médecin dans cet espace.
  • Évitez d'utiliser les gouttes oculaires plus souvent que prescrit, sauf indication contraire du médecin.
  • Si vous utilisez d'autres gouttes oculaires, attendez au moins 5 minutes entre chaque instillation.
  • Veillez également à ne pas dépasser la durée de traitement recommandée.

Interdisciplinarité en ophtalmologie pédiatrique

Devant une uvéite pédiatrique, il convient de chercher une éventuelle maladie sous-jacente et de la diagnostiquer assez tôt. Le traitement doit être débuté rapidement et le suivi suffisamment rapproché.

L'interdisciplinarité est essentielle en ophtalmologie pédiatrique, impliquant des échanges cliniques entre l'ophtalmologie et d'autres spécialités pédiatriques. La prise en charge peut impliquer de nombreuses spécialités, et l'ophtalmopédiatre a un double rôle :

  • La recherche des signes ophtalmologiques pouvant orienter le diagnostic étiologique lors du diagnostic initial.
  • La mise en évidence d'une atteinte oculaire spécifique au cours du suivi, conséquence de la pathologie elle-même ou de sa thérapeutique.

Ces échanges interdisciplinaires visent à obtenir un diagnostic rapide et à mettre en place un traitement adapté dans les meilleurs délais, afin de maintenir la fonction visuelle et de traiter la pathologie organique et/ou systémique associée.

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