Les troubles du sommeil chez le bébé sont une source d'inquiétude fréquente pour les parents. Comprendre les causes potentielles et les solutions disponibles est essentiel pour favoriser un sommeil paisible et réparateur pour l'enfant et, par conséquent, améliorer la qualité de vie de toute la famille.

Prévalence et Définition

Il est important de noter que les rythmes veille-sommeil se mettent progressivement en place chez le nourrisson, et il est tout à fait normal que l'enfant se réveille plusieurs fois pendant la nuit. Généralement, le nourrisson fait des nuits complètes après l’âge de 6-8 mois. On parle de trouble du sommeil lorsque le nourrisson ou l’enfant a du mal à s’endormir, se réveille la nuit, fait des cauchemars toutes les nuits ou plusieurs fois par semaine pendant souvent plusieurs semaines. Entre 6 mois et 3 ans, 25 à 50% des enfants présentent des troubles du sommeil. Chez les enfants de 3-4 ans, 22 à 29% ont des problèmes de sommeil, 15% ont des difficultés d’endormissement et 23% se réveillent régulièrement.

Causes Médicales Possibles

Les problèmes de sommeil entre la naissance et 3 ans ont une cause médicale dans 15 à 20% des cas seulement. Il est important d'identifier si les troubles du sommeil sont réguliers, s'il s'agit de troubles d’endormissement ou de réveils au milieu de la nuit, et s'ils sont isolés. Parmi les causes médicales possibles, on retrouve :

  • Reflux gastro-œsophagien (RGO): Le RGO est très fréquemment évoqué chez les nourrissons de moins de six mois, mais les véritables RGO provoquant des troubles du sommeil sont certainement beaucoup plus rares qu’on ne l’imagine. Des douleurs peuvent parfois empêcher votre bébé de dormir.
  • Allergie aux protéines de lait de vache (APLV): L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peut également entraîner des troubles du sommeil, mais également des signes très variés comme des régurgitations, des signes respiratoires ou de l’eczéma.
  • Autres causes ponctuelles: De manière ponctuelle, il y a plusieurs pourvoyeurs habituels de réveils nocturnes chez le petit enfant : les coliques, les poussées dentaires, et les otites. La position allongée augmentant la pression dans l’oreille moyenne, les douleurs de l’otite sont exacerbées la nuit. Enfin, il peut s’agir de simples petites erreurs alimentaires : si les apports en liquide sont trop faibles, l’enfant peut être constipé et avoir mal au ventre. A l’inverse, une quantité excessive de liquide peut favoriser un reflux ; cela peut aussi augmenter les réveils nocturnes par l’envie de faire pipi.

Dans ces cas, il est essentiel de consulter un médecin pour un diagnostic précis et un traitement approprié.

Causes Comportementales et Environnementales

La majorité des troubles du sommeil chez le bébé sont liés à des facteurs comportementaux et environnementaux. Ces facteurs peuvent inclure :

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  • Conditionnement anormal à l’endormissement: Le conditionnement anormal à l’endormissement est le trouble du sommeil le plus fréquent du jeune enfant : il ne s’endort pas dans sa chambre; il est incapable de s’endormir sans biberon ou sans être allaité, sans être bercé, sans être promené en voiture ou couché contre ses parents, sans leur présence jusqu’à l’endormissement. Le biberon du soir ne doit pas être associé à l’endormissement. Il devra être pris en dehors de la chambre, en dehors du lit. Si des alimentations nocturnes persistent, diminuez progressivement la quantité des biberons de 20 ml en 20 ml. Mais un bébé de plus de 6 mois en bonne santé n’a plus besoin d’être alimenté la nuit.
  • Troubles de la séparation: Ces troubles sont le plus souvent dus à des difficultés de séparation au moment du coucher. Ils doivent être anticipés et rapidement corrigés car le risque est de tomber dans une relation conflictuelle et complexe au moment du coucher.
  • Manque de limites: Chez les enfants de 3-4 ans, ces comportements reflètent parfois un trouble de la séparation, parfois une opposition pure, souvent une insuffisance de limites. Ils aboutissent presque toujours à un retard du coucher.
  • Environnement inadéquat: Un endroit confortable, des objets familiers et votre présence rassurante l’aideront à dormir paisiblement.

Solutions et Approches

Face aux troubles du sommeil chez le bébé, plusieurs approches peuvent être envisagées :

1. Conseils Médicaux et Comportementaux

En cas de troubles du sommeil chez un enfant, le médecin conseille les parents pour voir comment modifier leur comportement et celui de leur enfant. Il est important de discuter du sommeil de votre bébé à chaque visite avec son médecin ou à la PMI afin que l’on puisse vous conseiller, mais aussi vous rassurer sur son évolution. Parfois, le simple fait d’évoquer les causes possibles de ces insomnies peut débloquer la situation : l’enfant se sent pris en compte et les parents peuvent éclaircir la situation pour agir en conséquence. Un rythme régulier, de jour comme de nuit, est particulièrement important dans la prise en charge des troubles du sommeil chez le nourrisson comme chez l’enfant.

2. Thérapie Comportementale

La thérapie comportementale est l’une des techniques possibles pour faciliter cet apprentissage. Elle n’est pas conseillée avant 6 mois car, les premiers mois de vie, le contact physique est indispensable au bébé pour acquérir ce sentiment de sécurité qui lui permettra plus tard d’être autonome dans son sommeil. Elle ne fonctionnera que si les parents sont convaincus de son bien-fondé. Si les parents sont sereins, le bébé le sera aussi ! Se sentant en sécurité, il pourra apprendre à trouver seul son sommeil.

  • Phase de préparation: dans la journée, instaurer une promenade deux fois par jour, pour exposer le bébé à la lumière du jour. Y associer des horaires de siestes et de repas réguliers, en évitant toute fin de sieste après 16 h.
  • Phase de thérapie: bien expliquer à l’enfant ce que l’on va faire, et pourquoi : « Tu vas apprendre à dormir tout seul en sécurité dans ton lit. Papa et maman seront toujours là si tu as besoin d’eux, mais nous pensons que le meilleur endroit pour ton sommeil est ton lit, dans ta chambre… ». Coucher l’enfant à son heure de coucher habituelle et se montrer ensuite le moins interventionniste possible. En pratique : retourner voir l’enfant en espaçant progressivement l’intervalle de temps entre deux visites. C’est aux parents de choisir, en fonction de leurs convictions, le temps adapté pour que l’enfant apprenne à mobiliser ses propres ressources. Vous pouvez par exemple faire 2 minutes, puis 4 minutes, puis 6 minutes…. il faut, dans un premier temps, reculer un peu l’heure du coucher, en couchant l’enfant à l’heure où il est le plus fréquemment endormi. Ensuite, la thérapie suit les mêmes étapes que celles utilisées pour les enfants ayant des troubles de l’endormissement.

3. Habitudes de Sommeil

  • Rituel du coucher: Le rituel du coucher est un moment privilégié à ne pas rater afin d’aider votre bébé à s’apaiser. Ces troubles sont le plus souvent dus à des difficultés de séparation au moment du coucher.
  • Autonomie au sommeil: Pour les parents qui souhaitent favoriser l’autonomie au sommeil, une thérapie comportementale telle que décrite ci-dessus est une bonne alternative.
  • Règles du coucher: Ce sont les parents qui décident des règles du coucher et non l’inverse, mais ces derniers doivent veiller à respecter le rythme de l’enfant.
  • Rythme régulier: Un rythme régulier, de jour comme de nuit, est particulièrement important dans la prise en charge des troubles du sommeil chez le nourrisson comme chez l’enfant.

4. Gestion des Réveils Nocturnes

Contrairement à l’endormissement, il est plutôt recommandé de ne faire qu’une seule visite à l’enfant, et ensuite de ne plus y retourner.

5. Co-sleeping

Pour quelques familles, le fait de dormir avec leur enfant est une solution. Cette pratique est présente chez 16% des enfants, mais devient plus rare après l’âge de 6 ans. Appelée co-sleeping par les anglo-saxons, cette pratique est fréquente dans certaines cultures.

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6. Approches Médicamenteuses

  • Antihistaminiques: Deux antihistaminiques (alimémazine et hydroxyzine), qui ont un effet sédatif, peuvent être utilisés dans le traitement des certaines insomnies de l’enfant (insomnies d'endormissement liées à des manifestations anxieuses au coucher). Le traitement doit être de courte durée (pas plus de 2 semaines). Une somnolence ou des difficultés de concentration peuvent être observés le lendemain matin suivant une prise.
  • Phytothérapie, homéopathie, oligoéléments et sédatifs contenant du brome: Des médicaments de phytothérapie, d’homéopathie, des oligoéléments et des sédatifs contenant du brome ont une indication dans les troubles légers du sommeil de l’enfant. L’âge d’utilisation varie en fonction de chaque médicament. Bien que disponibles sans ordonnance, ces médicaments ne devraient jamais être utilisés sans avis médical.
  • Mélatonine: La mélatonine est une hormone fabriquée par une région du cerveau (épiphyse ou glande pinéale) pendant la nuit. Elle est proposée dans le cadre particulier des troubles du sommeil chez les enfants atteints de syndrome de Smith-Magenis (une maladie rare) et/ou de troubles du spectre de l'autisme.

Il est crucial de consulter un médecin avant d'envisager toute approche médicamenteuse pour les troubles du sommeil chez l'enfant.

7. Luminothérapie et Chronothérapie

Chez les enfants de 10 à 15 ans, lors de syndrome de retard de phase de sommeil, deux techniques sont parfois proposées pour réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel.

  • Luminothérapie: La luminothérapie (ou photothérapie) consiste à exposer le jeune patient à une lumière blanche sécurisée de forte intensité fournie par une lampe spécifique. Utilisée le matin, elle peut être efficace dans le traitement du syndrome de retard de phase.
  • Chronothérapie: La chronothérapie est une technique comportementale qui peut également être utilisée, seule ou associée à la luminothérapie, comme traitement du syndrome de retard de phase de sommeil. Son principe est de réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel. Une fois obtenu, le rythme défini doit être consolidé.

Ronflements et Apnées du Sommeil

Entre 6 mois et 6 ans, 10% des enfants ronflent. L’apnée du sommeil touche entre 2 et 4% de enfants ; celle-ci est plus fréquente chez les 3- 6 ans. Chez le nouveau-né, une respiration irrégulière et un peu bruyante entrecoupée de courtes pauses respiratoires est normale. En revanche, si votre bébé peine pour respirer ou a un rythme rapide qui vous semble anormal, il faut consulter votre médecin.

Chez les bébés nés prématurément ou dans certaines maladies exceptionnelles qui touchent les centres respiratoires du cerveau, l’on peut observer des apnées dites « centrales ». Les enfants souffrant d’un syndrome d’apnées obstructives n’oublient pas de respirer. Ils font, au contraire, d’intenses efforts pour faire passer l’air dans des voies aériennes supérieures partiellement obstruées.

Si vous avez le moindre doute concernant la respiration de votre enfant dans le sommeil, le plus simple est d’en parler au médecin qui suit votre enfant.

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Terreurs Nocturnes et Cauchemars

Les terreurs nocturnes et les cauchemars sont aussi fréquents chez les enfants.

  • Cauchemars: Les cauchemars surviennent en deuxième partie de nuit, ce sont des mauvais rêves que l’enfant peut raconter.
  • Terreurs nocturnes: Les terreurs nocturnes arrivent toujours dans le premier tiers de la nuit, elles sont dues à un bref réveil lors de la phase de sommeil lent et profond. Votre enfant crie, ne vous reconnaît pas, est agité, transpire, peut prononcer des paroles incohérentes… L’épisode, généralement unique, a un début très brutal et peut durer en général de 1 à 10 minutes. Il convient alors de rester près de lui et attendre qu’il se rendorme.

Somnambulisme

15 à 40 % des enfants ont fait au moins un accès de somnambulisme, mais seulement 1 à 6% sont réellement somnambules (plusieurs accès par mois). Le somnambulisme est surtout fréquent entre 7 et 12 ans et disparaît après la puberté. Le somnambulisme survient, comme les terreurs nocturnes, 1 à 3 heures après l’endormissement, pendant la phase de sommeil lent et profond. En général, un seul accès est constaté pendant la nuit et ne dure pas plus de 10 minutes.

Régression du Sommeil

Tout au long de son développement, votre bébé peut traverser des phases de régression concernant son sommeil. Une phase de régression se produit de façon soudaine et sans aucune cause apparente, alors que votre enfant semblait avoir trouvé un rythme de sommeil plutôt stable. La durée d’une régression est en général entre 3 semaines et 6 semaines.

Identifier la cause d’une régression se fait souvent une fois la régression passée ! L’apprentissage de la marche, une poussée dentaire, les débuts d’un mode de garde, une période d’angoisse de séparation.

Syndrome de la Mort Subite du Nourrisson

Le syndrome de la mort subite du nourrisson touche de 0,03 à 0,09% de bébés de la naissance à 1 an. Il se produit généralement durant le sommeil du bébé : un tout-petit apparemment en bonne santé s’endort et cesse de respirer, sans cause médicale apparente. Même si l’on ne connait pas les causes de ce syndrome, certains facteurs de risque sont bien connus.

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