Le sommeil est un pilier essentiel du développement physique et psychique de l'enfant. Un sommeil de qualité favorise la croissance, améliore les capacités cognitives et renforce le système immunitaire. Cependant, les troubles du sommeil sont fréquents chez les enfants, perturbant leur bien-être et celui de leurs parents. Il est donc important de comprendre les causes de ces troubles et de connaître les solutions pour aider les enfants à retrouver un sommeil paisible.
Prévalence des troubles du sommeil chez l'enfant
Les troubles du sommeil sont assez fréquents chez l'enfant : ils concernent 20 à 30 % des enfants de moins de 6 ans, 10 % des 6 à 12 ans, et 15 à 20 % des adolescents. On estime que 20 à 30 % des enfants de moins de 6 ans et environ 15 à 20 % des adolescents sont concernés par des troubles du sommeil récurrents. Ces troubles peuvent se manifester de différentes manières, allant des difficultés d'endormissement aux réveils nocturnes fréquents.
Identification des troubles du sommeil
Il est important d'identifier les troubles du sommeil chez l'enfant afin de pouvoir les prendre en charge de manière appropriée. Les troubles du sommeil chez l’enfant s’expriment essentiellement par des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes ou un réveil matinal précoce. Les principaux types de troubles observés sont :
- Insomnie : Elle se manifeste chez l’enfant par des perturbations dans l’endormissement, la durée ou la qualité du sommeil. C’est un trouble courant qui entraîne des nuits plus courtes et moins réparatrices.
- Parasomnies : Évènements indésirables durant le sommeil, comme le somnambulisme, les cauchemars et les terreurs nocturnes. La parasomnie est courante chez l’enfant. C’est sa récurrence qui doit vous alerter.
- Hypersomnie : Besoin excessif de sommeil, souvent accompagné d’une somnolence durant la journée.
- Énurésie : Le pipi au lit. C’est une parasomnie fréquente chez les enfants de moins de 5 ans.
Lorsqu’ils se répètent, ils provoquent une somnolence et une irritabilité dans la journée. Chez un enfant, insomnies ou somnolence dans la journée peuvent être un signe d’anxiété et doivent toujours faire l’objet d’une consultation médicale.
Causes des troubles du sommeil chez l'enfant
De nombreux facteurs peuvent déclencher la survenue de troubles du sommeil chez les enfants. Les causes des troubles du sommeil chez les petits peuvent être diverses. Qu’elles soient physiologiques, environnementales ou psychologiques, il est important d’arriver à les identifier. Parmi les causes les plus fréquentes, on retrouve :
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- Facteurs physiologiques : Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est très fréquemment évoqué chez les nourrissons de moins de six mois, mais les véritables RGO provoquant des troubles du sommeil sont certainement beaucoup plus rares qu’on ne l’imagine. Le plus souvent, le RGO entraîne avant tout des régurgitations. Mais des douleurs peuvent parfois empêcher votre bébé de dormir. L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peut également entraîner des troubles du sommeil, mais également des signes très variés comme des régurgitations, des signes respiratoires ou de l’eczéma. Des infections ORL (nez, gorge, oreilles) ou des troubles digestifs qui entraînent parfois des troubles du sommeil passagers.
- Facteurs environnementaux : Une chambre inconfortable, un changement de lieu ou le non-respect des rituels du coucher. Un environnement peu favorable comme une chambre bruyante, trop chauffée ou encore pas suffisamment dans la pénombre.
- Facteurs comportementaux : Un non-respect du rythme naturel de l'enfant ou une irrégularité des horaires. Le conditionnement anormal à l’endormissement est le trouble du sommeil le plus fréquent du jeune enfant : il ne s’endort pas dans sa chambre; il est incapable de s’endormir sans biberon ou sans être allaité, sans être bercé, sans être promené en voiture ou couché contre ses parents, sans leur présence jusqu’à l’endormissement. Une activité physique intense, surtout en fin de journée. Un rituel de coucher inadapté. Une surexposition aux écrans, notamment le soir.
- Facteurs psychologiques : Des difficultés familiales ou scolaires : par exemple les problèmes de couple des parents, ou la maladie de l'un d'entre eux. Des problèmes dans la relation affective entre l'enfant et ses parents : par exemple, indifférence ou surprotection, parents anxieux ou trop rigides. Une situation stressante, telle qu’un changement de mode de vie (un déménagement, l’entrée en collectivité, les conflits familiaux, etc.). À partir de 9 mois, l’origine des troubles du sommeil est différente. En effet, le sommeil est un moyen d’expression pour votre enfant, c’est un langage qui lui permet d’exprimer ses peurs, ses malaises. Les troubles du sommeil de votre enfant peuvent aussi être la manifestation d’une incompréhension, d’une inquiétude de votre bébé qui ressent des difficultés relationnelles dans votre couple, dans votre famille.
- Autres facteurs : Une maladie ponctuelle comme une affection ORL, un reflux gastro-œsophagien ou un épisode de fièvre. Une maladie chronique.
Solutions et recommandations
Il est important de mettre en place des solutions adaptées pour aider les enfants à retrouver un sommeil paisible. Voici quelques recommandations :
Mettre en place une routine de coucher régulière
Le rituel du coucher est un moment privilégié à ne pas rater afin d’aider votre bébé à s’apaiser. Il est important de mettre en place de bonnes habitudes au moment du coucher. Respecter des heures régulières pour le lever et le coucher de votre enfant. Cela aide à maintenir son rythme biologique et à améliorer la qualité du sommeil. Évitez les grasses matinées pour compenser une mauvaise nuit, car cela risque de décaler le coucher du soir. Adopter un rituel apaisant en fin de journée: avant le coucher, proposez des activités calmes, comme la lecture d’une histoire ou un bain tiède, qui aide à relâcher les tensions de la journée. Si votre enfant montre des signes de fatigue (bâillements, frottements des yeux), c’est le bon moment pour aller au lit. Un rituel apaisant, comme un câlin ou une chanson douce, peut également faciliter la séparation du soir. Répétez les mêmes gestes tous les soirs à la même heure pour sécuriser l’enfant qui a besoin de repères.
Créer un environnement propice au sommeil
Créer un environnement favorable à l’endormissement : la chambre doit être calme, sombre et à une température agréable. Réduisez le bruit et la lumière, et évitez les écrans avant le coucher. L’exposition aux écrans peut retarder l’endormissement et altérer la qualité du sommeil. Une veilleuse discrète peut le rassurer.
Limiter l'exposition aux écrans
L’utilisation excessive des écrans, en particulier la lumière bleue qu’ils émettent, perturbe la production de mélatonine, ce qui décale le début du sommeil. Si un enfant est exposé à des écrans en fin de journée, sa sécrétion de mélatonine sera retardée, et il aura plus de difficultés à s’endormir, avec une qualité de sommeil diminuée. Il faut aussi prendre en compte l’impact de la lumière bleue émise par les écrans, qui perturbe la sécrétion de mélatonine, l’hormone du temps. Cela décale leur cycle circadien et rend l’endormissement plus difficile.
Gérer les terreurs nocturnes et les cauchemars
Les cauchemars surviennent en deuxième partie de nuit, ce sont des mauvais rêves que l’enfant peut raconter. Les terreurs nocturnes arrivent toujours dans le premier tiers de la nuit, elles sont dues à un bref réveil lors de la phase de sommeil lent et profond. Votre enfant crie, ne vous reconnaît pas, est agité, transpire, peut prononcer des paroles incohérentes… L’épisode, généralement unique, a un début très brutal et peut durer en général de 1 à 10 minutes. Il convient alors de rester près de lui et attendre qu’il se rendorme.
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A l'inverse des terreurs nocturnes (voir plus bas), un enfant qui fait un cauchemar se réveille, reconnaît ses parents et, le lendemain, se souvient de l'avoir fait et peut parfois le décrire. Des cauchemars occasionnels permettent à l'enfant d'évacuer les tensions de la journée, il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. S'il ne se rendort pas et qu'il se met à pleurer, allez-le voir, calmez-le avec un câlin, il a besoin de sentir que vous êtes là pour se rendormir paisiblement. Le lendemain, parlez-en avec lui, avec des mots simples. Essayez de le rassurer, par exemple en lui racontant un de vos cauchemars, pour qu'il n'ait pas peur d'aller se coucher le soir suivant. Des cauchemars intenses et répétés peuvent être le signe d'une anxiété plus profonde (par exemple la peur d'aller à l'école). Dans ce cas, n'hésitez pas à en parler à votre pédiatre.
Les terreurs nocturnes ne sont pas des cauchemars. Elles sont fréquentes chez les enfants et surviennent plutôt en début de nuit (moins de trois heures après l'endormissement) pendant le sommeil profond. L'enfant semble réveillé, il s'agite, il crie, il est en sueur, mais en réalité il dort. Cet état n'est que passager, l'enfant se calme rapidement et continue sa nuit sans se réveiller. Il ne se souviendra pas de cet événement. Ne le réveillez pas au risque de le perturber, et ne lui en parlez pas le lendemain.
Encourager l'autonomie
Encourager l’autonomie: il est important que votre enfant apprenne à s’endormir seul. Quittez la chambre avant qu’il ne soit totalement endormi. Cela lui permettra de se rendormir facilement sans votre intervention, s’il se réveille au cours de la nuit.
Consulter un professionnel de santé
Face à un trouble du sommeil persistant, il est conseillé de consulter le médecin de votre enfant afin qu’il vous aide à réorganiser les rythmes veille-sommeil et les phases de l’endormissement. Le médecin pourra identifier les causes possibles de ces insomnies et vous conseiller sur les solutions à mettre en place. Dans certains cas, il pourra être nécessaire de consulter un spécialiste du sommeil.
Autres astuces
- Proposer une sieste adaptée: si votre enfant a encore besoin d’une sieste, veillez à ce qu’elle ait lieu en début d’après-midi et qu’elle ne soit pas trop longue. Les siestes tardives ou prolongées peuvent retarder l’heure du coucher et perturber son rythme naturel.
- Diffuser un bruit blanc: ces sons monotones aident parfois à l’endormissement des enfants. La plupart des plateformes de streaming proposent aujourd’hui des bandes sons adaptées.
- Essayer les méthodes alternatives dites douces: L’ostéopathie, la micro-kiné ou la réflexologie offrent souvent de bons résultats sur les troubles du sommeil de l’enfant.
- Utiliser des compléments alimentaires adaptés: La micronutrition peut aider votre enfant à s’endormir plus rapidement et éviter les réveils nocturnes.
Le rôle des parents
Ce sont les parents qui décident des règles du coucher et non l’inverse, mais ces derniers doivent veiller à respecter le rythme de l’enfant. Il est important que les parents soient attentifs aux besoins de leur enfant et qu'ils mettent en place des stratégies pour l'aider à retrouver un sommeil paisible. Il est essentiel d’être attentifs aux différents troubles du sommeil afin de mieux les identifier et les prendre en charge.
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