Le travail des enfants est un problème mondial complexe, enraciné dans la pauvreté, les inégalités sociales et le manque d'accès à l'éducation. Il prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et a des conséquences néfastes sur leur santé physique et mentale, leur éducation et leur développement futur.
Définition du travail des enfants
Le travail des enfants est défini comme tout travail qui prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui est préjudiciable à leur santé physique et mentale, à leur éducation et à leur développement moral. Cela comprend le travail qui est mentalement, physiquement, socialement ou moralement dangereux et nuisible pour les enfants, et qui interfère avec leur scolarisation.
L’Organisation Internationale du Travail réglemente le travail des enfants dans l’ensemble des pays du monde. Les pays développés fixent l’âge minimum légal pour commencer à travailler à 15 ans ou à l’âge de fin de scolarisation obligatoire si celui-ci est plus élevé (16 ans pour la France). Ces limites d’âge s’abaissent à 13 ans pour les travaux considérés comme légers (12 ans pour les enfants des pays en développement). Autrement dit, des travaux occupant les enfants que quelques heures par semaine et de façon occasionnelle. Si le travail est considéré comme dangereux, alors l’âge minimum légal pour commencer à travailler est de 18 ans dans les pays développés et de 16 ans, sous certaines conditions dans les pays en développement. Les autorités ont mis en place toutes ces réglementations afin de protéger les enfants et d’éviter qu’ils ne quittent les bancs de l’école trop tôt.
Causes du travail des enfants
Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour comprendre les origines du travail des enfants. L’ensemble de ces facteurs créent un cercle vicieux qu’il est difficile de briser. La pauvreté est le premier facteur qui explique l’exploitation des enfants. La participation au travail familial (travail domestique et travaux des champs) est souvent une question de survie pour les familles. D’après le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), 165 millions de personnes ont basculé dans la pauvreté entre 2020 et 2023, à cause de la pandémie de Covid 19, des conflits et des chocs météorologiques.
Motives des employeurs
Pourquoi employer un enfant plutôt qu’un adulte ? En réalité, les motivations sont d’un autre ordre. À quelques exceptions près, la plupart des travaux effectués par les enfants pourraient être donnés à des adultes mais ce qui motive l’employeur·se, c’est la docilité et le faible coût de cette main d’œuvre. Pour être compétitives et gagner des parts de marché, de nombreuses entreprises ont choisi de réduire leurs coûts en délocalisant leur production, dans des pays où la main d’œuvre est très bon marché et où la réglementation du travail est moins contraignante. Concrètement, cette délocalisation s’est traduite par la multiplication des sous-traitants dans le processus de fabrication (ateliers, petites usines, travailleur·ses à domicile…).
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L'accès à l'éducation
Le travail des enfants est étroitement corrélé à leur possibilité de suivre une scolarité. En effet, si la famille est trop pauvre pour payer les livres scolaires et la cantine, et que ses besoins essentiels ne sont pas couverts, elle n’aura pas d’autre choix que d’envoyer ses enfants travailler. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) estime que 250 millions d’enfants dans le monde ne seraient pas scolarisé·es. Globalement, le taux d’enfants non scolarisé·es avait considérablement diminué depuis quelques décennies, mais les moyennes cachent d’importantes disparités selon les régions, avec une augmentation en Afrique subsaharienne. L’exclusion des filles de l’enseignement en Afghanistan a d’autre part augmenté la proportion de filles non scolarisées. Pour tous ces enfants privé·es de scolarité, le droit à l’éducation apparaît bien abstrait. Ayant à charge de ramener un salaire pour nourrir leur famille, il leur est impossible de suivre une scolarité. D’autres défaillances, à un niveau plus politique, empêchent la scolarisation de tous les enfants, notamment dans les pays en développement, qui peinent à débloquer des budgets conséquents pour le secteur de l’éducation ou de la santé. La dette qu’ils ont contractée auprès des pays développés au sortir de la décolonisation a quadruplé entre 1980 et 2000.
Facteurs liés au genre
L’expérience du travail ou de l’accès à l’éducation peut être très différente selon le sexe de l’enfant : lorsque les parents sont obligés de choisir lequel de leurs enfants pourra aller à l’école, le choix se porte plus facilement sur le garçon. On mise plus volontiers sur lui pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que la répartition traditionnelle des rôles au sein de la famille veut que les filles assument une plus grande partie des tâches ménagères : dans de nombreux pays, les parents comptent sur les filles pour s’occuper des frères et sœurs, faire le ménage et la cuisine. Ensuite, parce que l’éducation des filles n’est pas considérée comme un investissement profitable puisqu’elles se marient jeunes et quittent le foyer familial assez rapidement. Ainsi, les travaux domestiques sont la principale activité économique des filles et les postes d’employé·es de maison sont occupés quasi exclusivement par elles.
Autres facteurs
- Les orphelins et les enfants vulnérables : Selon l’Unicef, en 2020, au moins 300 000 enfants ont été nouvellement infecté·es par le VIH, et 120 000 sont décédé·es de causes liées au sida. Les orphelin·es de père vivent généralement avec leur mère mais la réciproque n’est pas vraie : les orphelin·es de mère sont souvent éduqué·es par leur grand-mère ou une autre femme de la famille. Ainsi, au Zimbabwe et en Tanzanie, plus de 60 % de ces enfants sont recueilli·es par leur grand-mère. Souvent, ces femmes âgées comptent parmi les personnes les plus démunies de la population.
- Discrimination et inégalités sociales : Près de 28% des enfants âgés de 5 à 11 ans et 35 % des enfants âgés de 12 à 14 ans qui travaillent ne sont pas scolarisés. Ces enfants qui travaillent sont partout, mais invisibles : domestiques dans les maisons, derrière les murs des ateliers, cachés dans les plantations. Il est également une conséquence des inégalités sociales renforcées par les discriminations. Les enfants des populations indigènes et des basses castes courent plus de risques de devoir abandonner l’école et d’être mis au travail.
- L'esclavage et la traite des enfants : L’esclavage (accomplissement d’un travail forcé et non rétribué au service d’un employeur), touche les enfants du monde entier. En réalité, ces familles maltraitent souvent les enfants et les privent de leurs droits. Ces enfants effectuent les corvées qu’on leur assigne, sans jamais aller à l’école. Parfois, les parents transmettent des dettes familiales à leurs enfants ou obligent ces derniers à rembourser des services dont ils ont eux-mêmes bénéficié. Les passeurs aux frontières acceptent de prendre en charge le voyage à plusieurs conditions. Les enfants doivent travailler ensuite dans des exploitations agricoles ou minières, dans des usines, à la rue ou parfois dans des réseaux d’exploitation sexuelle. Tourisme sexuel, images pédopornographiques, spectacles sexuels… L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales est une violation grave des droits des enfants.
Conséquences du travail des enfants
Le travail a de lourdes conséquences sur la santé et le développement des enfants.
- Conséquences sur l'éducation : L’éducation, pourtant essentielle aux enfants, est souvent sacrifiée : les jeunes travailleurs ne peuvent pas suivre une scolarité normale, provoquant des lacunes notamment en capacités de lecture et d’écriture.
- Conséquences sur la santé : La santé des enfants est également gravement affectée. Ces derniers sont exposés à des conditions de travail néfastes : blessures avec des outils inadaptés, manipulation de substances toxiques, port de charges lourdes nuisant à leur développement physique.
- Vulnérabilité accrue à la violence : Dans ce contexte déjà sombre, les enfants travailleurs sont également plus vulnérables aux violences.
Solutions pour lutter contre le travail des enfants
La lutte contre le travail des enfants a connu quelques progrès au fil des années, mais des défis persistent. Cependant, malgré les efforts, le nombre d’enfants au travail a augmenté pour la première fois depuis 20 ans en 2021. Le nombre d’enfants victimes du travail s’élevait alors à 160 millions dans le monde.
- Action gouvernementale et législation : UNICEF demande aux gouvernements d’instaurer des lois pour mettre fin au travail des enfants. De nombreuses entreprises du monde industrialisé ont adopté des lois visant à empêcher les enfants d’être impliqués dans la fabrication de biens que la société importe en provenance des pays en développement. La France devenue, en 2021, Pays pionnier dans le cadre de l’Alliance 8.7 (objectif de développement durable de l’ONU 8.7) s’est ainsi engagée à renforcer la lutte contre le travail des enfants, le travail forcé, la traite des êtres humains et l’esclavage contemporain. Des politiques volontaristes et coordonnées, centrées sur les personnes victimes et survivantes de la traite des êtres humains sont à développer dans tous les Etats. Today, trafficking in human beings is a growing scourge in both the European Union and around the world. Since becoming one of the Pathfinder Countries in Alliance 8.7 (named after the UN Sustainable Development Goal 8.7) in 2021, France has been committed to stepping up efforts to combat child labour, forced labour, human trafficking and modern slavery. Strong, coordinated policies, focused on the victims and survivors of trafficking in human beings, need to be developed in all Member States.
- Réduction de la pauvreté : La réduction de la pauvreté signifie que les parents ne sont pas forcés d’envoyer leurs enfants travailler ou les vendre à des employeurs pour survivre. Cela passe également par l’amélioration des compétences des adultes pour les aider à améliorer leurs revenus.
- Accès à l'éducation : Les services d’éducation doivent être gratuits et obligatoires. Tous les enfants ont le droit à une éducation : les enfants et les parents doivent voir l’école comme étant une meilleure option que le travail. Il est indispensable d’améliorer la conscience qu’ont les enfants de leurs droits et d’augmenter leurs chances de trouver un emploi à l’âge adulte. Un environnement protecteur pour l’enfant implique que des stratégies soient mises en place pour aider à garder les enfants à l’école.
- Sensibilisation et changement des mentalités : Le monde doit être informé sur cette situation et sur les injustices dues au travail des enfants. Trop souvent, les familles et les communautés ne s’opposent pas assez au travail des enfants. Fréquemment, ces dernières estiment que le travail est une activité plus appropriée pour les filles qu’aller à l’école. Sortir les enfants des mines d’or.
- Soutien aux organisations : Du Salvador au Cambodge, en passant par le Sénégal et l’Éthiopie, notre association mène des actions concrètes dans le cadre de ses programmes de développement. Nous sensibilisons les populations à l’importance de l’enregistrement des naissances afin que les enfants puissent bénéficier de leurs droits et être protégés par l’État. Nous améliorons également la qualité des services éducatifs et adaptons les espaces d’apprentissage pour offrir un meilleur enseignement. Par ailleurs, nous menons des actions de plaidoyer pour faire évoluer les lois nationales sur le travail des enfants et veillons à leur application. Il n’est pas toujours évident de savoir comment lutter pertinemment contre le travail des enfants en tant que citoyen. S’informer et sensibiliser : se renseigner sur le travail des enfants et ses causes est un premier pas vers des actions plus concrètes contre le travail des enfants. Soutenir des organisations : faire des dons ou devenir bénévole pour des organisations qui luttent contre le travail des enfants est une manière efficace d’encourager la mise en place d’actions concrètes. Via ses programmes de parrainage, World Vision France encourage les enfants et leurs familles à lutter contre le travail infantile. Les actions menées au sein des villages permettent aux enfants de suivre une scolarité sereine et aux familles de sortir de la pauvreté. En devenant parrain ou marraine, vous luttez aux côtés de l’ONG pour que chaque enfant puisse grandir en sécurité et imaginer un meilleur avenir.
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