La toxoplasmose est une infection parasitaire causée par le parasite Toxoplasma gondii. Bien que souvent bénigne chez les adultes, elle représente un risque significatif pour les femmes enceintes, en particulier si elles contractent l'infection pour la première fois pendant la grossesse. Cet article explore les risques associés à la toxoplasmose pendant la grossesse, en particulier autour de 35 semaines, les méthodes de dépistage, les mesures de prévention et les options de traitement.
Qu'est-ce que la Toxoplasmose ?
La toxoplasmose est une infection causée par le parasite Toxoplasma gondii. Ce parasite est présent dans le monde entier et peut infecter de nombreux animaux, y compris les humains. L'infection se produit généralement par l'ingestion de viande crue ou insuffisamment cuite contenant des kystes de toxoplasme, ou par contact avec des aliments ou de la terre contaminés par des excréments de chat.
En France, il est estimé que 45% des adultes ont déjà été infectés par la toxoplasmose, mais 80% sont asymptomatiques. Bien que l'infection soit souvent bénigne et passe inaperçue, elle peut être dangereuse pour les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
Risques de la Toxoplasmose Pendant la Grossesse
La principale préoccupation concernant la toxoplasmose pendant la grossesse est le risque de transmission verticale, c'est-à-dire la transmission du parasite de la mère au fœtus. Cette transmission peut entraîner une toxoplasmose congénitale, qui peut avoir des conséquences graves sur le développement du bébé.
Fréquence et Risque de Transmission Verticale
En France, on estime qu'il y a entre 2 500 et 4 000 séroconversions (premières infections) pendant la grossesse chaque année. Environ 300 cas de toxoplasmose congénitale sont notifiés chaque année au Centre National de Référence, soit 3 à 4 cas pour 10 000 grossesses.
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Le risque de transmission verticale est globalement de l'ordre de 30% en l'absence de traitement. Ce risque augmente avec le terme de la grossesse, tandis que la gravité de l'atteinte fœtale diminue. En cas de séroconversion pendant la grossesse, si la mère n'est pas traitée, le risque de transmission verticale est d'environ 15% au premier trimestre, 30% au second et 60% au troisième trimestre.
Cependant, avec une prise en charge et un traitement appropriés, le risque de transmission peut être considérablement réduit. Le risque est de l'ordre de 1% dans la période périconceptionnelle, inférieur à 4% avant la 17e semaine d'aménorrhée, et entre 20 et 100% entre la 17e semaine et le terme, selon l'âge de la grossesse.
Gravité de l'atteinte fœtale
Les formes graves de toxoplasmose congénitale sont principalement observées lors de séroconversions en début de grossesse. Plus la contamination de la mère survient tardivement pendant la grossesse, plus le risque de forme grave diminue, au profit de formes bénignes ou latentes.
La toxoplasmose congénitale peut être responsable d'avortement. La toxoplasmose congénitale grave se manifeste par une encéphalo-méningo-myélite, observée dès la naissance et correspondant à une contamination en début de grossesse. On décrit classiquement deux formes cliniques :
- Une forme associant une macrocéphalie avec hydrocéphalie, des calcifications intra-crâniennes et une atteinte oculaire sous forme de choriorétinite pigmentaire.
- Une forme se présentant sous forme d'un tableau d'infection néonatale grave (fièvre, ictère, hépato-splénomégalie), au pronostic péjoratif.
Cependant, ces formes graves sont actuellement rarement observées en France grâce à la prise en charge moderne des séroconversions chez les femmes enceintes.
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La toxoplasmose congénitale bénigne (dégradée ou retardée), secondaire à une contamination plus tardive au cours de la grossesse, est diagnostiquée dès la naissance ou au cours de la petite enfance. Les éléments du diagnostic clinique sont un retard psychomoteur, l'installation progressive d'une hydrocéphalie, la survenue de convulsions et d'une choriorétinite pigmentaire.
La toxoplasmose congénitale latente concerne les nouveau-nés cliniquement normaux à la naissance, chez qui le diagnostic est uniquement biologique. Cette forme représente environ 80% des toxoplasmoses congénitales en France.
Dépistage et Diagnostic
Dépistage Prénatal
En France, un programme de prévention de la toxoplasmose a été mis en place depuis 1978. Ce programme repose sur le dépistage sérologique obligatoire des femmes enceintes lors de la déclaration de la grossesse, au cours du premier trimestre. Si le dépistage est négatif, un suivi sérologique mensuel est obligatoire jusqu'à l'accouchement. Les sérums doivent être conservés congelés pendant 12 mois.
L'objectif de ce dépistage est de détecter les femmes qui n'ont jamais été infectées par la toxoplasmose (séronégatives) et qui sont donc susceptibles de contracter l'infection pendant la grossesse. Ces femmes doivent être informées des mesures prophylactiques à suivre pour réduire le risque de contamination.
Lors de la première consultation de suivi de grossesse, votre professionnel de santé vous prescrit automatiquement une sérologie de la toxoplasmose. Seule une prise de sang peut détecter la présence d’anticorps dans votre organisme et déterminer si vous avez déjà été en contact avec le parasite.
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Si votre résultat de prise de sang est négatif, alors certains gestes préventifs devront être respectés tout au long de votre grossesse pour protéger le fœtus. À noter : il n’existe aucun vaccin contre la toxoplasmose. La seule façon d’être immunisé face au parasite Toxoplasma gondii est de contracter l’infection au cours de sa vie.
Si une prise de sang de contrôle (sérologie) montre une toxoplasmose en cours chez une femme enceinte, il est possible (après trois mois et demi de grossesse) d’effectuer une amniocentèse pour déterminer si le fœtus a été contaminé. Des échographies sont également pratiquées toutes les deux semaines pour rechercher d’éventuelles lésions au niveau du cerveau et des yeux du fœtus.
Diagnostic Anténatal
Le diagnostic anténatal repose sur la surveillance échographique et l'amniocentèse. L'échographie permet de visualiser d'éventuelles anomalies déjà constituées, tandis que l'amniocentèse avec inoculation du liquide amniotique à la souris et PCR permet de confirmer l'atteinte fœtale.
Il est recommandé d'attendre un mois entre la contamination maternelle et la date de la ponction (délai placentaire nécessaire au passage du parasite de la mère vers l'enfant). L'amniocentèse ne sera faite au plus tôt qu'à partir de la 18e semaine d'aménorrhée.
La positivité de la PCR et/ou de l'inoculation à la souris permet d'affirmer le diagnostic de toxoplasmose congénitale.
Diagnostic Néonatal
Les moyens biologiques du diagnostic néonatal doivent être mis en route pour tous les nouveaux-nés dont les mères ont une histoire sérologique suspecte en cours de grossesse, avec un diagnostic anténatal négatif ou non pratiqué. Ces moyens associent la recherche du parasite et la sérologie. Ils sont associés également à un bilan clinique comportant la réalisation d'un fond d'œil et d'une échographie transfontanellaire.
La recherche du parasite est toujours pratiquée de façon indirecte, par inoculation à la souris ou PCR. Les produits biologiques étudiés sont le placenta et le sang de cordon.
La sérologie de l'enfant à la naissance (sang du cordon) n'est pas vraiment contributive car la détection d'IgM ou d'IgA peut être due à une effraction de sang maternel vers l'enfant lors de l'accouchement. A ce stade, c'est le profil immunologique comparé mère/enfant (par western-blot ou la technique ELIFA) qui permettra d'évoquer le diagnostic par la présence de systèmes précipitants propres à l'enfant.
Au-delà de quelques jours de vie, la présence d'IgM ou d'IgA spécifiques permettra d'affirmer la toxoplasmose congénitale. Si le diagnostic n'est pas porté à la naissance, un suivi sérologique est organisé : J10, M1, M2, M3. Cette procédure permet de diagnostiquer 94% des toxoplasmoses congénitales au cours des 3 premiers mois.
Prévention de la Toxoplasmose Pendant la Grossesse
La prévention de la toxoplasmose pendant la grossesse repose sur l'adoption de mesures d'hygiène rigoureuses et de précautions alimentaires. Ces mesures visent à réduire le risque de contamination par le parasite Toxoplasma gondii.
Mesures d'Hygiène
- Lavage des mains: Lavez-vous fréquemment les mains avec de l'eau et du savon, surtout après avoir manipulé de la viande crue, touché des animaux, travaillé dans le jardin ou changé la litière du chat.
- Nettoyage de la litière du chat: Si vous avez un chat, faites nettoyer sa litière quotidiennement par une autre personne. Si vous devez le faire vous-même, portez des gants et lavez-vous soigneusement les mains après. Les œufs de toxoplasme ne deviennent infectants qu'après 24 heures, il est donc important de nettoyer la litière quotidiennement.
- Jardinage: Portez des gants lorsque vous jardinez et lavez-vous soigneusement les mains après.
Précautions Alimentaires
- Cuisson de la viande: Cuisez toujours la viande à cœur (au moins 65°C dans toute l'épaisseur de la viande) pour tuer les kystes de toxoplasme. Évitez la consommation de viande crue ou insuffisamment cuite, comme le tartare, le carpaccio et les viandes saignantes.
- Congélation de la viande: La congélation de la viande pendant plusieurs jours peut tuer les kystes de toxoplasme.
- Lavage des fruits et légumes: Lavez soigneusement tous les fruits et légumes, en particulier ceux qui sont consommés crus. Utilisez une brosse pour frotter les légumes à peau épaisse.
- Éviter les crudités: Lorsque vous mangez à l'extérieur, soyez prudente avec les crudités et les salades, car vous ne pouvez pas être sûre qu'elles ont été correctement lavées. Préférez les légumes cuits.
- Produits laitiers: Ne consommez pas de fromages ou yaourts non pasteurisés.
- Éviter la contamination croisée: Utilisez des planches à découper et des ustensiles différents pour la viande crue et les autres aliments. Lavez soigneusement les ustensiles et les surfaces de travail après avoir manipulé de la viande crue.
- Viandes fumées ou marinées: Il faut également éviter l’ingestion des viandes fumées ou marinées, que les aliments soient industriels ou artisanaux.
En respectant ces mesures de prévention, les femmes enceintes peuvent réduire considérablement leur risque de contracter la toxoplasmose et de la transmettre à leur bébé.
Traitement de la Toxoplasmose Pendant la Grossesse
Le traitement de la toxoplasmose pendant la grossesse dépend du moment de la contamination et de l'atteinte fœtale.
Traitement Maternel
En cas de séroconversion pendant la grossesse, un traitement par spiramycine (9 millions d'unités/jour) est prescrit à la femme enceinte. Ce traitement vise à réduire le risque global de transmission verticale et de toxoplasmose congénitale grave.
Si le diagnostic anténatal est positif, la femme est traitée par une association pyriméthamine-sulfadiazine aux mêmes posologies que l'immunodéprimé, en continu, jusqu'à l'accouchement. Pour réduire le nombre de prises médicamenteuses, l'association pyriméthamine-sulfadoxine (Fansidar®) peut être prescrite à la posologie de 1 cp/20kg tous les 10 jours. Dans tous les cas, il est important d'associer l'acide folinique.
Traitement du Nouveau-Né
Si le diagnostic de toxoplasmose congénitale a été établi par le diagnostic anténatal, l'enfant doit être traité en continu par pyriméthamine-sulfamides pendant au moins 1 an. Le suivi clinique (développement psychomoteur et examen du fond d'œil) sera poursuivi jusqu'à l'âge adulte.
Si le diagnostic anténatal n'a pas été pratiqué ou était négatif, les modalités du diagnostic néonatal doivent être mises en route. Dans l'attente du résultat de ce diagnostic, l'enfant ne recevra aucun traitement antitoxoplasmique et en particulier la traditionnelle prescription de spiramycine doit être proscrite.
Médicaments et Remboursement
Les médicaments utilisés dans le traitement de la toxoplasmose sont remboursés par la Sécurité Sociale en France, généralement à hauteur de 65%. Voici quelques exemples de médicaments et de leurs coûts indicatifs :
- Pyriméthamine : 11,38 €
- Sulfadiazine : 2,58 €
- Spiramycine : 5,95 €
- Sulfaméthoxazole : 1,78 €
Pour prétendre à un remboursement du reste à charge, il est conseillé de souscrire une complémentaire santé efficace et des garanties adaptées.
Toxoplasmose à 35 Semaines de Grossesse : Spécificités
À 35 semaines de grossesse, le risque de transmission verticale de la toxoplasmose est plus élevé qu'en début de grossesse, mais la gravité de l'atteinte fœtale est généralement moindre. Si une femme contracte la toxoplasmose à ce stade de la grossesse, il est crucial de mettre en place un diagnostic anténatal rapide et un traitement approprié pour réduire le risque de complications pour le bébé.
Surveillance et Examens
En cas de séroconversion à 35 semaines, une amniocentèse peut être réalisée pour déterminer si le fœtus a été contaminé. Des échographies régulières seront également effectuées pour surveiller le développement du bébé et détecter d'éventuelles anomalies.
Traitement
Si le fœtus est infecté, un traitement à base de pyriméthamine, de sulfadiazine et d'acide folinique sera mis en place jusqu'à l'accouchement. Le nouveau-né sera également traité après la naissance pendant plusieurs mois, notamment en cas de toxoplasmose congénitale.
Pronostic
Le pronostic pour les bébés infectés tardivement pendant la grossesse est généralement bon, avec un risque plus faible de complications graves. Cependant, un suivi régulier est nécessaire pour surveiller le développement de l'enfant et détecter d'éventuelles séquelles tardives, telles que des atteintes oculaires.
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