L'alimentation du nourrisson est une étape cruciale de son développement. Cependant, certains bébés peuvent présenter des troubles alimentaires, tels que le syndrome de vomissement, qui peuvent inquiéter les parents. Cet article vise à explorer les causes possibles de ce syndrome, les méthodes de diagnostic et les solutions disponibles pour aider les bébés et leurs familles.
Troubles de l'oralité et hyper-nausée
Les enfants présentant un retard de langage ont parfois des troubles de l’oralité, c'est-à-dire des troubles qui tournent autour de la bouche. Un trouble important de l’oralité est l'hyper-nausée, qui se manifeste par un réflexe nauséeux exacerbé. Bien que nous ayons tous un réflexe de vomissement pour nous protéger en cas de fausse route, il peut devenir pathologique chez certains enfants et empêcher une alimentation normale. Un enfant qui a des troubles de l’oralité et a fortiori un hyper nauséeux peut être gêné pour s’approprier la production de l’ensemble des sons nécessaires au langage.
Un traitement par massages de la bouche très fréquents existe. L’orthophoniste qui a théorisé la méthode des massages a écrit un livre (! Votre bébé refuse le sein, le biberon et/ou la tétine ? Il ne supporte pas qu’on lui mette quoi que ce soit en bouche ? Vous ne pouvez pas lui toucher la bouche voire même le visage ? Lors de la diversification alimentaire, votre enfant refuse de mettre une cuillère en bouche ? Il ne supporte pas les aliments chauds et/ou froids ? Le brossage des dents est difficile voire impossible ? Il a un réflexe nauséeux dit fort ? Votre médecin vous dit qu’il est capricieux au repas et qu’il fait des comédies ? Les tétées ou les repas durent des heures à n’en plus finir ? Il ne supporte qu’un type de biberon ou de tétine ? Il veut manger dans l’assiette verte et non pas dans la bleue ?
Hypersensorialité et aversion alimentaire
L'hypersensorialité est une hyperactivité des organes du goût et de l’odorat (et même dans certains cas de la vue, de l’ouïe et du toucher). Elle peut aller d’un simple dégoût pour un type d’aliment en particulier (y compris le lait maternel) à un état d’aversion alimentaire sévère, faisant parfois croire à de l’anorexie. Selon plusieurs auteurs, les aversions alimentaires d’origine sensorielle sont présentes chez environ 25% des enfants.
Rôle de la langue et du palais
La langue joue un rôle primordial dans l'élargissement du palais grâce à son élévation antérieure et postérieure lors de chaque déglutition et au repos. De plus, le palais est le toit des voies respiratoires supérieures (nez, sinus, trompes d’Eustache). Le réflexe pharyngé, ou gag réflexe, facilite le mécanisme de déglutition par l’obstruction des voies aériennes supérieures. Il peut être exacerbé chez les bébés ayant des troubles alimentaires, entraînant un réflexe nauséeux fort.
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Freins restrictifs buccaux
Les freins restrictifs buccaux postérieurs sont présents chez 32% des bébés. Cela ne veut pas dire que tous les bébés ayant un frein restrictif développent un trouble de l’hypersensorialité ni que tous les enfants ayant des troubles de l’hypersensorialité ont un frein restrictif. Les freins restrictifs sont des restes embryologiques et présents dès la 12e semaine de grossesse in utéro. Cela veut donc dire que, depuis la 12e semaine de grossesse, le palais, l’arrière de la bouche, etc. Est-ce ce manque de contact entre la langue et le palais dès la 12e semaine de grossesse qui serait responsable de ces hypersensibilités ? Le palais n’ayant pas l’habitude d’être touché, le moindre contact sensoriel dès la naissance entrainerait-il ce réflexe nauséeux exagéré ? L’hypersensibilité de la bouche est également étroitement liée au toucher avec les mains et les pieds. En effet, le bébé a besoin de mettre ses mains et ses pieds (et tous les objets qu’il découvre) en bouche pour appréhender le monde extérieur. Ayant un palais hypersensible, il ne pourra découvrir le monde de cette manière.
Difficultés lors de la diversification alimentaire
La diversification alimentaire commence en général aux alentours de 6 mois (recommandation de l’OMS). Les bébés qui ont un frein de langue et ou de lèvre restrictif peuvent rencontrer des difficultés. Les bébés ayant un frein restrictif labial auront des difficultés à vider complètement leur cuillère. Après une bouchée, la plupart de la purée est restée dessus. Et typiquement, les parents expliquent devoir utiliser la même cuillère remplie plusieurs fois avant de pouvoir la remplir à nouveau. Lorsqu’il y a un frein de langue, la partie postérieure de la langue est immobile ou moins mobile. Ce qui signifie que le bolus alimentaire a du mal à être envoyé vers l’arrière. Les parents rapportent souvent qu’ils doivent donner plusieurs cuillères avant que le bébé n’arrive à avaler. Les parents de ces enfants avec un frein restrictif expliquent que leurs enfants ont un réflexe nauséeux, de la toux et même parfois s’étouffent avec la nourriture. Avaler des morceaux demande une augmentation de l’indépendance et de la coordination des mouvements de la lèvre, de la langue, et des joues. Les lèvres et les joues vont permettre de stabiliser la nourriture. Les problèmes les plus fréquents sont un manque d’élévation de la langue et un manque de latéralisation. De plus, les enfants ayant un frein restrictif ne peuvent pas physiquement bouger leur langue vers la nourriture pour aider au processus de mastication. Ils mangent doucement et ont parfois aussi besoin d’eau pour les aider à déglutir. À force d’avoir des expériences négatives avec l’alimentation (toux, fausse déglutition et même vomissements), ces enfants finissent par refuser de se nourrir ou par ne plus réclamer à manger.
Prise en charge multidisciplinaire
La prise en charge de ces troubles doit être multidisciplinaire, en commençant par une rééducation logopédique/orthophonique. En effet, si vous essayez de commencer par la frénectomie chez ces bébés/enfants avec des troubles de l’hypersensorialité, celle-ci ne fera qu’empirer les choses. Alors qu’ils ne supportent parfois même pas qu’on leur touche la bouche, la frénectomie sera vécue comme une expérience traumatisante qui ne fera qu’empirer leurs symptômes. C’est pourquoi, si frein de langue restrictif il y a, il faudra attendre que la désensibilisation et la rééducation soient bien avancées, avant de pratiquer la frénectomie.
Il faut commencer la prise en charge dès que votre bébé/enfant présente toute une série de symptômes. Si le bébé refuse ou n’arrive pas à attraper du tout le sein. Ou encore s’il présente des hauts-le-cœur dès que vous lui proposez le sein ou le biberon (ou plus tard au contact des aliments). Ensuite, lors de la diversification alimentaire, si votre enfant a des difficultés persistantes face à ces premières purées ou avec les petits morceaux qu’il n’arrive pas à avaler ou s’il refuse des aliments. Si votre bébé/enfant met un temps fou à prendre son biberon ou à manger son assiette. Il est préférable de ne pas attendre ! Dès que votre bébé présente des signes de difficultés à la tétée, à la prise du sein, il est fort recommandé de le faire évaluer par une conseillère en allaitement/sage-femme/orthophoniste ou logopède qui connaît aussi la problématique des freins et de ces troubles d’hypersensoralité. Si votre bébé n’est pas allaité et que la prise du biberon est lente et difficile, une évaluation de la fonction de la langue est également recommandée.
Conseils aux parents
- Écoutez votre instinct de maman.
- Laissez votre bébé mettre des objets à la bouche pour découvrir de nouvelles expériences sensorielles.
- Créez des situations propices d’apprentissage en cuisinant avec votre enfant et en lui faisant toucher, sentir et goûter la nourriture chaude, froide, sucrée, salée, amère, acide, dure, molle, croquante.
- Faites des jeux de découvertes alimentaires et utilisez des renforçateurs positifs.
- Pour les nourrissons ayant un problème de frein restrictif, désensibilisez leur visage, leurs lèvres, leurs gencives et le palais en y allant petit à petit.
- Rééduquez leur langue par des exercices de stimulation de la succion et de la latéralisation.
- Rassurez les parents et donnez-leur des outils à mettre en place à la maison au quotidien pour être acteurs de la prise en charge de leur enfant et déculpabiliser toute la famille.
Reflux gastro-œsophagien (RGO)
Le RGO désigne la remontée d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage (dont la muqueuse n’est pas conçue pour être en contact avec des remontées gastriques), et ce de manière involontaire. Chez les petits, le dernier muscle rond situé à la jonction entre l’œsophage et l’estomac (le cardia) n’est pas toujours suffisamment développé pour se contracter efficacement et maintenir le contenu à l’intérieur de l’estomac. Les régurgitations simples, banales et fréquentes. Tous les bébés passent par cette phase. Finalement, très peu de bébés souffrent de RGO pathologiques très sévères : la plupart se situent dans la catégorie “régurgitations simples”, mais cette situation peut évidemment s’aggraver sans prise en charge. Le plus gros risque (complication) est l’œsophagite. Plus bébé grandit, plus la prévalence des régurgitations s’estompe - d’une part parce que la maturité arrive, et d’autre part parce qu’avec les positions assise et debout, bébé se verticalise seul au lieu de vivre couché. Alors, la gravité peut jouer son rôle. C’est purement mécanique : en tant qu’adultes, si nous passions notre existence allongés, même avec un cardia mature, nous régurgiterions également. L’œsophage est plus court chez le bébé que chez l’adulte : la remontée du lait, contre la gravité terrestre, est donc plus facile ! Bébé mange en très grande quantité. Au-delà de la quantité, la forme alimentaire est importante : le bébé mange uniquement liquide !
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Signes d'alerte du RGO
- Cris suraigus ou pleurs violents avec bébé arqué en arrière.
- Troubles de l’alimentation : refus du sein ou au contraire bébé au sein en continu (le lait apaise la douleur), cris en cours d’alimentation (au sein ou au biberon).
- Stagnation ou perte de poids selon la courbe de bébé.
- Toux et troubles ORL.
- Beaucoup de rots / gaz / constipation.
- Bébé qui ne se calme pas dans les bras du parent.
Diagnostic du RGO
- pH-métrie: examen de référence pour déterminer s'il existe un RGO et si le reflux est responsable des symptômes observés.
- Endoscopie oesogastroduodénale: permet le diagnostic direct des lésions inflammatoires d’œsophagites.
Prise en charge du RGO
- Mesures diététiques et de puériculture: essentielles dans tous les cas.
- Médicaments: prescrits par le médecin en cas de RGO pathologique.
- Épaississants du lait (Magic mix®, Gumilk®, Gelopectose®).
- Laits AR, plus épaissis.
- Alginate de sodium (Gaviscon®).
- Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP): ésoméprazole (Inexium®), oméprazole (Mopral®).
Conseils supplémentaires pour le RGO
- Donner les repas très tranquillement en faisant des pauses pour faciliter les rots.
- Surélever légèrement (10 à 15°) la tête du lit.
- Administrer le Gaviscon avant les repas.
Anorexie du nourrisson
L’anorexie du nourrisson ou anorexie infantile est caractérisée comme un trouble psychologique pouvant toucher les bébés de 6 à 12 mois environ. Elle peut se produire au moment de la diversification alimentaire du bébé, et ce à partir du sixième mois. L’anorexie du nourrisson a également des conséquences directes sur la courbe de croissance du bébé, alors encore en plein développement. Il est important pour les parents de ne pas forcer le bébé à manger de manière à éviter une aggravation du trouble. Il peut être également conseillé de varier l’alimentation mais aussi les textures et couleurs pour inciter l’enfant à se nourrir différemment.
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