L'allaitement maternel est un sujet central en matière de santé infantile, et son importance est soulignée par des organisations mondiales telles que l'OMS et l'UNICEF. Parallèlement, l'introduction de nouveaux aliments dans l'alimentation d'un bébé est une étape excitante pour les parents. Parmi les options de légumes idéaux pour débuter cette aventure culinaire, le navet se distingue par sa douceur et ses vertus nutritives. Cet article explore les bienfaits du navet pour les bébés, son introduction dans l'alimentation infantile, et examine le contexte de l'allaitement maternel en se basant sur des études anthropologiques menées à Madagascar.

L'allaitement maternel : un enjeu mondial

Stratégies globales pour l'allaitement

En 2003, l’Organisation mondiale de la santé et le Fonds des Nations unies pour l’enfance ont développé deux stratégies globales et standardisées en termes d’allaitement : l’initiation à l’allaitement maternel dans la première heure suivant l’accouchement et l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de l’enfant. Ces stratégies visent à « protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel ». L'OMS et l'UNICEF ont initié en 1991 une vaste action de sensibilisation mondiale, connue sous le nom de « Initiative hôpitaux amis des bébés » pour « protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel » dans le service de maternité des centres de santé. La promotion et l’importance de l’allaitement maternel sont renforcées à travers l’élaboration des stratégies mondiales pour l’Alimentation du nourrisson et des jeunes enfants (ANJE) en 2003, insistant à la fois sur l’importance de l’initiation au lait maternel dans l’heure suivant la naissance de l’enfant et la pratique de l’allaitement maternel exclusif (AME) pendant les six premiers mois du nourrisson.

Bienfaits de l'allaitement maternel

Les bienfaits de ces deux pratiques sont nombreux d’après les littératures internationales pour préserver la bonne santé, assurer la croissance du jeune enfant et pour établir une relation sociale « harmonieuse » entre la mère et ce jeune enfant. Du point de vue biomédical, l’allaitement dans l’heure suivant la naissance vise à renforcer le système immunitaire du nouveau-né via l’ingestion du colostrum ; et l’allaitement exclusif le protège des maladies dues à des contaminations dites croisées par des germes pathogènes, surtout d’origine fécale.

Défis et réalités locales

Pourtant, ces deux pratiques, parmi d’autres, ne sont pas encore bien suivies, malgré les différentes sensibilisations en leurs faveurs dans plusieurs sociétés. Pour apporter justement des éléments de réponses sur le pourquoi et le comment à une telle situation, l’anthropologie s’est emparée de l’allaitement comme objet de recherche depuis les années 1990. Les littératures inter­nationales abordent notamment la question des défis de l’adoption de l’allaitement exclusif, des représentations sociales de l’allaitement et du lait maternel, l’allaitement et le VIH et de l’écart entre les pratiques réelles et les pratiques de « référence » en matière de maternité.

Savoirs et pratiques autour de l'allaitement

La question des savoirs dans le champ de la santé maternelle et infantile pose de nombreuses questions et est révélatrice d’enjeux de taille. Selon les propos de Doris Bonnet et de Laurence Pourchez, « les populations rurales et même urbaines sont confrontées, comme partout ailleurs, à un pluralisme d’idées sur la santé et la maladie de l’enfant. Dans ces situations, certains savoirs sont incorporés et d’autres pas ». L’allaitement maternel et toutes ses modalités n’échappent certainement pas à cette réalité, car cette pratique n’est pas du tout une compétence « innée » auprès d’une femme dite allaitante, mais nécessite souvent un apprentissage, se basant sur les différentes expériences et surtout sur les différents savoirs. Les savoirs sont « l’ensemble des procédures permettant de donner sens au monde matériel ou vivant, du monde visible ou invisible, du temps ou de l’espace, du monde naturel ou vivant ». Ils se construisent et circulent dans le temps et dans l’espace, et il y a beaucoup de négociations dans leur acquisition ou dans leur rejet. D’un côté, il y a les savoirs dits savants qui sont souvent internationalisés et construits dans des démarches scien­tifiques. De l’autre, il y a les savoirs populaires ou expérientiels qui sont « une vérité apprise par l’expérience personnelle d’un phénomène plutôt qu’une vérité acquise par raisonnement discursif, observation ou réflexions sur des informations fournies par d’autres ». Ces savoirs, qui n’ont rien à voir ainsi avec le sens commun, peuvent être conservés et transmis d’une génération à une autre.

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Étude de cas à Madagascar

Cet article s’inscrit justement dans la déconstruction de l’internationalisation des savoirs savants vers les pays du Sud tels que Madagascar, conçus par les instances internationales comme des modèles « par excellence », autour de l’allaitement maternel. Deux pratiques seront analysées, la mise au sein du nouveau-né dans l’heure après la naissance et l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois. L’enjeu principal de ce présent document est de questionner les stratégies et les orientations mondiales développées et promues conjointement par les institutions globales en santé au regard des réalités et des pratiques locales en matière d’allaitement maternel.

Ce texte se base sur une enquête anthropologique conduite dans trois fokontany ruraux de trois districts à Madagascar : Morondava (sud-ouest de Madagascar), Farafangana (sud-est de Madagascar) et Moramanga (centre-est de Madagascar). Une totalité de soixante-quinze entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès des mères d’enfants en bonne croissance et des mères d’enfants en retard de croissance, des grands-mères d’enfants en bonne croissance et des grands-mères d’enfants en retard de croissance, des soignants (trois sages-femmes et trois agents communautaires), des soignants hors biomédicaux (trois reninjaza littéralement “mère de l’enfant” ou matrones et trois ombiasa ou devins guérisseurs) et trois personnes influentes dans la prise de décision communautaire de chaque fokontany, c’est-à-dire, un Raiamandreny (homme âgé influent) à Morondava, un Ampanjaka (Roi) à Farafangana et un Tangalamena (chef ou prêtre du village) à Moramanga. Ces entretiens semi-directifs ont été menés en langue malagasy suivant des guides préalablement développés pour chaque catégorie d’interlocuteur. Les info­rmations issues de ces entretiens ont été complétées par quatre-vingt-huit heures d’observations auprès des familles de quatre enfants en bonne croissance et celles des quatre enfants en retard de croissance.

La transmission des savoirs savants autour du bienfait du lait maternel se fait à plusieurs occasions et circonstances à une femme. De manière individuelle, les soignants, notamment les sages-femmes, peuvent les transmettre à l’occasion des consultations prénatales (CPN) et/ou au moment de l’accouchement. Ces savoirs se focalisent, entre autres, sur la nécessité de l’allaitement dans l’heure suivant la naissance, la fréquence journalière de l’allaitement, et l’importance de l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois. De manière collective, les messages sur le lait maternel et l’allaitement peuvent être diffusés également par les agents communautaires de nutrition (ACN) à l’occasion des manifestations nationales ou internationales autour de la santé maternelle et infantile telles que la « Semaine de la Santé de la Mère et de l’Enfant » et la « Semaine mondiale de l’Allaitement ».

Parmi les outils de communications mobilisés, les affiches offrent des informations simples et souvent illustrées par un dessin unique. Les messages sont volontairement simplifiés par l’utilisation des mots et termes vulgarisés afin d’assurer une appropriation et une adaptation dans la pratique. Ces affiches sont régulièrement rééditées ; les messages restent les mêmes : mais les images peuvent changer ; et les logos des partenaires techniques et financiers sont remis à jour. L’affiche parle de l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois. Elle est particulièrement intéressante du point de vue des définitions « étiques » et « émiques » qui en sont données. Cette affiche décrit le lait maternel comme le seul repas ou sakafo de l’enfant jusqu’à son sixième mois, tout en insistant sur la fréquence souhaitée durant la nuit comme le jour. « Ne donne que le lait maternel à ton enfant, le jour comme la nuit, au moins dix fois par jour ».

En tout cas, ces messages affichés reflètent les connaissances annoncées par les mères, les sages-femmes et les femmes âgées interviewées sur la nécessité de l’allaitement au moins dix fois par jour et l’importance de l’allaitement exclusif. La plupart de ces interlocutrices pensent que le lait maternel est un aliment « naturel », faisant grandir et rassasiant le nourrisson.

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Le carnet de santé contient toutes les informations concernant l’enfant, telles que la modalité de la déclaration de naissance et d’utilisation du carnet, les conseils sur le développement psychomoteur et le suivi de croissance, le calendrier vaccinal, les périodes de prise de médicaments, antiparasitaires, et surtout les messages concernant l’allaitement maternel.

Dans les faits, une étude réalisée à Madagascar démontre que les carnets sont souvent perdus/détériorés au cours de l’enfance, ayant pour conséquence notamment un suivi difficile, entre autres, de l’évolution de la santé, de la croissance et du statut vaccinal du jeune enfant. Sur nos sites d’étude, plusieurs jeunes enfants ont présenté leurs carnets de santé, souvent en piteux état, au moment où nous avons fait les mesures anthropométriques. Mais, il y a également ceux ou celles qui ont déjà perdu les leurs. Concernant l’allaitement, cet extrait du carnet de santé représente l’image d’une accouchée, allaitant son nouveau-né sous l’assistance d’une sage-femme. Les messages courts sensibilisent la mère sur les bénéfices de l’allaitement immédiat après la naissance et l’ingestion du colostrum, appelé ranombatsy (traduction littérale : « mauvaise eau »), qui est présenté comme le « premier vaccin », favorisant une bonne immunité du nouveau-né. Toutefois, lorsque nous avons demandé à nos inter­locutrices sur le « premier lait », sa comparaison avec un « vaccin » n’a pas du tout été mentionnée dans ces zones rurales. Aucune des mères interrogées ne fait le lien entre l’effet protecteur et ce « premier lait », connu sous le nom de ranombatsy à Moramanga, tsaky désignant le premier lait de vache à Farafangana ou biba, terme utilisé également pour référer au premier lait des animaux, à Morondava. Sa référence au lait d’un « animal » pourrait déjà supposer sa catégorisation comme « mauvais » pour un être humain.

Des réunions villageoises peuvent être organisées dans les villages pour sensibiliser les femmes maternantes sur l’alimentation infantile de manière globale. Les messages sont formulés dans le dialecte local, lus à haute voix pour assurer une compréhension par les participantes, suivis par une séance de question-réponse vers la fin de chaque réunion. Un outil spécifique est alors mobilisé à ces occasions, le feuillet d’animation. Nous n’avons pas vu ces séances pendant la collecte de données. Selon les explications reçues, ces réunions se font rares à cause de la démotivation des femmes. « Les gens se sont retirés, s’il n’y avait que très peu de personnes qui y assistaient » dit un agent communautaire à Moramanga à ce sujet. Le feuillet d’animation compte au total six pages consacrées à l’allaitement. Comparé à l’affiche et au carnet de santé, ce support de communication décrit de façon plus détaillée et plus structurée les avantages de l’allaitement. Dans la partie Hafatra littéralement message, les infor­mations se focalisent sur l’allaitement exclusif pendant six mois, la fréquence de l’allaitement journalier, au moins dix fois par jour. Dans la partie tombontsoa ou avantage, les messages soulignent la gratuité, la non-nécessité d’une préparation préalable du lait maternel avant la consommation et la croissance garantie en cas de bonne pratique. Dans la partie fanampim-pahazavana ou information additionnelle, les messages mettent l’accent sur la qualité nutritionnelle du lait maternel et du voaloha-nono, ou « premier lait » (référant au colostrum), l’importance de la succion dans la montée de lait, la dangerosité de l’introduction d’autres boissons additionnelles au lait maternel pendant les six premiers mois sur la santé du nourrisson, comme l’eau, le café, le thé, etc. Quoiqu’il en soit, le mot « premier lait » ou voaloha-nono pourrait impliquer automatiquement l’existence d’un « second » lait, évoqué justement par les interlocutrices, et qui est perçu comme le « vrai » lait maternel.

Ce que nous avons constaté via les entretiens, est que la plupart des femmes connaissent « par cœur » les pratiques d’allaitement selon les modèles proposés, surtout celle…

Introduction du navet dans l'alimentation de bébé

Âge d'introduction

L'introduction du navet est possible dès le début de la diversification alimentaire, généralement entre 4 et 6 mois. Cette période est idéale car l'appareil digestif et les reins du bébé sont plus matures, et il a de nouveaux besoins nutritionnels. Il est crucial de respecter le rythme et l'appétit de votre bébé et d'y aller progressivement.

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Comment introduire le navet

Les enfants boudent parfois le navet en raison de son amertume. Cependant, en choisissant des petites boules plus tendres, et en les associant à d’autres légumes plus doux ou à de la pomme, vous pourrez régaler bébé. Dès 4-6 mois, bébé peut déguster une purée de navets cuits finement mixés. À partir de 6-9 mois (en DME, ou lorsque bébé tient bien assis et est habitué aux morceaux fondants), vous pouvez proposer à votre enfant des quartiers de navets cuits bien fondants (épluchés). Bébé pourra les mettre à la bouche avec les doigts. Vous pouvez également l’incorporer à des croquettes ou galettes de légumes moelleuses. À partir de 12-24 mois, lorsque bébé maîtrise la mastication, vous pouvez lui proposer une salade de navets crus, épluchés et râpés.

Préparation de la purée de navet

La réussite d'une purée de navets commence bien avant la cuisson : elle réside dans le choix des navets. Optez pour des navets frais, fermes et sans taches noires qui peuvent indiquer un début de pourriture. Avant de cuire les navets, il est essentiel de bien les laver sous l'eau froide pour éliminer toute trace de terre ou de résidus chimiques. Après le nettoyage, pelez les navets avec soin et coupez-les en petites rondelles. La cuisson à la vapeur est l'une des meilleures méthodes pour préparer une purée de navet destinée aux bébés. Cette technique permet de conserver la majorité des nutriments essentiels du navet et d'atteindre une texture idéale sans dénaturer le goût du légume. Une fois les navets bien cuits, il est temps de les transformer en purée. Utilisez un mixeur ou un blender pour obtenir une consistance lisse. Si la purée semble trop épaisse, n'hésitez pas à ajouter un peu d'eau de cuisson pour la diluer. Bien que le navet soit naturellement doux, certains bébés peuvent trouver son goût un peu fade. Pour enrichir la saveur de la purée sans utiliser de sel, envisagez d'ajouter une pincée de cannelle ou de muscade, qui sont non seulement savoureuses mais également bénéfiques pour la santé. La sécurité alimentaire est cruciale lorsqu'il s'agit de nourrir un bébé. Assurez-vous de refroidir rapidement la purée après la cuisson et de la conserver dans un récipient hermétique au réfrigérateur. La purée de navet peut être stockée jusqu'à trois jours.

Conseils supplémentaires pour l'introduction des aliments

Il est préférable de proposer un seul légume par jour (en plus de la pomme de terre qui sert de liant pour les légumes les plus fluides comme les courgettes ou les tomates) afin que votre enfant apprenne le goût particulier de chaque légume. Si votre bébé refuse un fruit ou un légume, il faut lui proposer de nouveau un autre jour, sans le forcer ; il ne faut pas se décourager après plusieurs refus mais savoir persévérer, au moins 8 à 10 fois, jusqu’à ce que le fruit initialement refusé soit finalement accepté et apprécié.

Bienfaits nutritionnels du navet

Le navet est riche en vitamines B6, C, calcium et fer, essentiels pour le développement robuste des enfants. Ce légume racine a plein d’atouts pour lui. Économique, facile à cuisiner, riche en antioxydants et en vitamine C, avec une texture douce et un goût prononcé… C’est un super légume pour bébé ! Le navet est également reconnu pour ses propriétés antioxydantes. Ces substances permettent de protéger l’organisme contre les radicaux libres, à l’origine du vieillissement cellulaire, et de participer au bon fonctionnement du système immunitaire. Excellence source de fibres, le navet permet de faciliter le transit intestinal et de lutter contre la constipation, un symptôme fréquent chez les jeunes enfants.

Choix et conservation du navet

Pour régaler bébé, choisissez des navets blanc et rose vifs, à la peau dépourvue de taches ou flétrissures. Choisissez alors de préférence les navets jeunes et petits, qui seront plus fermes et frais que les plus gros. Les navets primeurs se parent de couleurs printanières et arrivent sur les étals à partir de février.

Cuisson du navet

Les navets résistent dans la durée pendant une cuisson. Leur chair devient fondante tout en se tenant bien.

  • À la vapeur : 15 min
  • Sous pression : 8 min
  • À l'étouffée : 20 min
  • Micro-ondes : 7 min

Associations de saveurs

Avec son caractère, le navet se prête aux mélanges contrastés. Osez le sucré/salé ! Faire cuire des navets dans de l’eau bouillante, puis les dorer dans un peu d’huile et de beurre, ensuite ajouter de la coriandre, du gingembre, du miel, du vinaigre de Xérès et de l’ail. Saler, poivrer.

Associations recommandées :

  • Fruits et légumes : carotte, oignon, poireau, tomate, citron.
  • Féculents : pomme de terre, riz, blé (farine), semoule, avoine.
  • Viandes et poissons : poulet, boeuf, agneau, saumon, porc.
  • Herbes et épices : herbes, epices, coriandre, persil, thym.

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