Le Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui affecte de nombreux enfants. Cet article vise à démystifier le TDAH, en explorant ses causes potentielles, ses symptômes variés, son impact sur la vie quotidienne et les approches de prise en charge disponibles.
Introduction au TDAH
« TDAH » : ces 4 lettres vous sont-elles familières ou au contraire parfaitement inconnues ? Que vous soyez concernés par le TDAH vous-même, que vous vous renseigniez pour un proche, ou que vous soyez tout simplement curieux, vous êtes au bon endroit ! TDAH est l’acronyme de Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité. Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement (TND), terme qui désigne un ensemble de troubles débutant de manière précoce pendant la période de développement de l’enfant, et caractérisés par des perturbations de son développement cognitif ou affectif.
Les taux de prévalence du TDAH chez les enfants et les adolescents sont élevés en Europe, avec des estimations d'environ 4,6% de jeunes souffrant de troubles pathologiques de la concentration et d'hyperactivité. Les statistiques sur le TDAH diffèrent selon les critères d'évaluation utilisés, mais ils n'en sont pas moins signifiants.
Qu'est-ce que le TDAH ?
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) désigne un trouble du neurodéveloppement qui survient chez l’enfant avant l'âge de 12 ans. Il touche 3 à 5 % des enfants scolarisés et s’accompagne souvent de comorbidités.
Le TDAH (aussi appelé ADHD en anglais) est un trouble du neuro-développement qui apparaît dans l’enfance et se manifeste par : une difficulté à se concentrer, une impulsivité marquée, et parfois une hyperactivité physique.
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Si vous pensez que le TDAH est un mal lié à notre mode de vie moderne, détrompez-vous ! Des documents médicaux datant de la fin du 18ème siècle font mention de ce trouble… Ainsi, on peut tout de suite démentir l’idée reçue selon laquelle le TDAH résulterait d’une trop forte exposition des enfants aux écrans.
Il y a encore quelques années, le TDAH était connu sous le nom de « syndrome du Fidget ». L’hyperactivité a donc joué un rôle majeur dans le diagnostic du TDAH.
Les Causes Multifactorielles du TDAH
À ce jour, la ou les causes du TDAH ne sont pas encore connues avec certitude. Le TDAH est le résultat d’une accumulation de nombreux facteurs de risques à la fois génétiques et environnementaux, qui vont intervenir très tôt dans le développement de l’enfant, dès la vie in utéro, ou durant les premières années de vie de l’enfant.
Facteurs Génétiques
Même si les causes exactes de ce trouble ne sont pas déterminées de façon précise, il est désormais certain qu’il y a une composante héréditaire. Plusieurs études familiales ont montré que les frères et sœurs, ainsi que les parents des enfants présentant un TDAH, avaient un risque accru d’être eux-mêmes touchés, bien qu’à des degrés divers. Le poids des facteurs génétiques est important dans le TDAH. Les études portant sur le génome confirment une cause polygénique pour la plupart des cas de TDAH, de nombreux variant génétiques se combinent entre eux et augmentent le risque d’apparition d’un trouble. On suppose que ce sont principalement les prédispositions génétiques qui conduisent au TDAH, car il a tendance à être héréditaire.
Facteurs Environnementaux
L’environnement joue également un rôle important dans la survenue d’un TDAH. Ce n’est pas réellement une cause du TDAH, mais la combinaison d’un facteur environnemental avec les facteurs héréditaires permet l’expression du TDAH. Ainsi, l’exposition à certains produits toxiques comme le tabac (tabagisme passif ou exposition in utero par une mère fumeuse) ou certains pesticides, pourraient favoriser le développement du TDAH. Voilà quelques éléments qui ont pu être observés jusqu’à présent.
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D'autres facteurs environnementaux incluent :
- L’exposition à des toxiques, comme le plomb qui est très bien étayé, mais également les médicaments comme le paracétamol ou le Valproate (traitement utilisé dans l’épilepsie), et encore l’exposition aux phtalates (emballages), les pesticides organophosphorés, et les polluants liés à la circulation automobile comme l’oxyde nitrique.
- Les carences nutritionnelles sont également corrélées à la présence d’un TDAH tel que la ferritine sérique basse, un niveau modérément plus faible d’acides gras oméga-3, des taux de vitamine D maternels plus faibles.
- Les évènements pendant la grossesse et l’accouchement, comme un faible poids de naissance, la prématurité, la présence d’une hypertension artérielle chez la mère, ou d’une obésité, et également l’hyperthyroïdie ou l’hypothyroïdie chez la mère pendant la grossesse peuvent favoriser la présence d’un TDAH chez l’enfant.
- Il existe aussi des facteurs environnementaux comme un faible poids à la naissance ou la consommation d’alcool/nicotine pendant la grossesse, qui semblent accroître le risque de TDAH.
Dysfonctionnement Neurobiologique
Il a été prouvé scientifiquement que le TDAH est causé par un dysfonctionnement neurobiologique du cerveau, entraînant une libération insuffisante de substances messagères. Cela signifie que les substances messagères sont déséquilibrées (la dopamine et la noradrénaline). Ces neurotransmetteurs, comme on les appelle, permettent la transmission des informations entre les cellules nerveuses et agissent principalement dans les régions du cerveau responsables du contrôle et de la coordination. Lorsque ces substances messagères sont libérées en quantité insuffisante, la transmission des signaux dans le cerveau est altérée, perturbant ainsi l'interaction entre les systèmes d'attention et de motivation. Les personnes concernées sont « constamment sous pression » et ne parviennent pas à se concentrer.
Le TDAH est un trouble de ce qu'on appelle l'axe du stress. L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (axe HPA) est un système complexe impliqué dans la régulation des réponses neuroendocriniennes au stress. Les hormones de stress, comme le cortisol, ont une influence significative sur le système immunitaire : ils produisent un déséquilibre et peuvent conduire à long terme à une neuroinflammation. Cette inflammation persistante est provoquée par la libération accrue de certaines cytokines. Dans le TDAH, un déplacement des cellules T auxiliaires a été détecté, dans lequel les cellules TH1 ou les cellules TH2 prédominent.
Symptômes du TDAH
La large palette de symptômes d’intensité variable explique en partie la difficulté de repérage (et donc de prise en charge). Par ailleurs, les symptômes peuvent parfois être minimisés par l’entourage, en les imputant à tort à des problèmes d’éducation ou à une consommation importante d’écrans par exemple.
Les symptômes du TDAH sont classés en trois grandes catégories. Lors de l'examen, l'attention est portée sur trois symptômes principaux : l'agitation, le manque de concentration et l'impulsivité.
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Les symptômes d’inattention, d’impulsivité, d’hyperactivité vous sont familiers ? Les principales caractéristiques sont l'inattention, les difficultés de concentration, l'agitation physique et l'impulsivité. Mais il existe aussi des différences individuelles. Par exemple, l’impulsivité peut se manifester chez les enfants qui agissent de manière imprudente et sans réfléchir, qui interviennent en classe sans qu’on le leur donne la parole ou qui ne sont pas capables de contrôler leurs émotions.
Si le diagnostic de TDAH est parfois posé à l’âge adulte, les premiers signes sont souvent observés chez l’enfant à l’école. L’enfant présente fréquemment des difficultés à rester concentré, il se laisse facilement distraire. L’enfant est hyperactif, toujours en mouvement, ne tient pas en place comme le voudrait son âge. Ces 3 types de symptômes sont présents à des degrés variables, ce qui fait qu’un signe peut être au premier plan par rapport aux deux autres : un enfant peut être surtout inattentif, un autre peut être surtout hyperactif/impulsif.
Vous en conviendrez, ces trois signes peuvent constituer des traits de caractère fréquents chez les enfants, ou se manifester en réaction à un contexte émotionnel transitoire.
- Inattention: Les enfants et les adolescents touchés ne prêtent pas d'attention, ont des difficultés à se concentrer et sont facilement distraits. Les enfants atteints de TDAH ont des difficultés pour se concentrer à la maison et à l’école, ce qui perturbe leur apprentissage et peut conduire à un échec scolaire.
- Hyperactivité: Curieux, spontanés et en pleine évolution, guidés par leur soif d'apprendre et leur capacité à s'émerveiller : les enfants ont beaucoup d'énergie et souvent, ils courent partout. Cela qualifie la plus part des enfants et est synonyme d'un développement sain.
- Impulsivité: L’impulsivité peut se manifester chez les enfants qui agissent de manière imprudente et sans réfléchir, qui interviennent en classe sans qu’on le leur donne la parole ou qui ne sont pas capables de contrôler leurs émotions.
D'autres signes peuvent être remarqués comme un comportement agité, une difficulté à respecter les consignes, de l'anxiété, des troubles d’opposition et de provocation, agressivité….Ces signes ne sont pas passagers : ils sont présents de manière durable, dans plusieurs contextes (école, maison, activités…) et ont un impact sur la vie quotidienne.Ce trouble est encore mal compris et peut être confondu avec un simple comportement turbulent.
Différences de Symptômes Selon le Sexe
Le TDAH est diagnostiqué plus fréquemment et plus tôt chez les garçons mais cela ne signifie pas que cette pathologie soit plus fréquente chez eux. Les observations ont montré qu’il peut exister des différences de symptômes selon le sexe, ce qui est le cas dans d'autres domaines de la médecine. En effet, dans le cadre de TDAH les garçons sont généralement impulsifs, agités et physiquement hyperactifs, tandis que les filles font principalement preuve d'une agitation intérieure et semblent rêveuses « dans leur propre monde ».
TDA (Trouble du Déficit de l'Attention)
Ce que l’on connaît moins, c’est ce qu’on appelle le trouble du déficit de l’attention, ou TDA en abrégé. Comme son nom l’indique, contrairement au TDAH, les personnes touchées manquent d’hyperactivité, c’est-à-dire d’agitation physique. Parce qu’il n’a pas la caractéristique vivante du TDAH, le TDA est souvent négligé car les enfants ont tendance à être calmes et parfois renfermés.
Diagnostic du TDAH
Afin de poser un diagnostic, un examen approfondi par un professionnel doit être réalisé. Chaque enfant est unique et a son propre caractère.
Si vous soupçonnez un TDAH pour vous-même ou votre enfant, parlez-en au médecin traitant. Après avoir procédé à une évaluation soigneuse, il décidera ou non de vous adresser vers un médecin spécialiste du TDAH, qui, après un bilan complet, confirmera ou non le diagnostic.
Il est recommandé, dès la première suspicion (par l’école ou la famille) et même avant 6 ans, de demander au médecin traitant d’inscrire l’enfant sur la PCO (Plateforme de Coordination et d’Orientation) des troubles du neuro-développement. Cela permet d’accéder à des bilans pris en charge financièrement, puis à un suivi structuré par des professionnels spécialisés.
Pour aller plus loin dans le diagnostic il sera important de consulter un neuropédiatre, pédopsychiatre, orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricienne, psychologue ou orthoptiste. Au CHU de Nîmes, plusieurs médecins sont formés au diagnostic du TDAH, permettant un suivi complet et coordonné au sein de notre établissement, notamment au sein du pôle spécialisé Femme-Enfant.
Pour établir le diagnostic de TDAH, il n’existe pas de test évident qui donne un résultat positif ou négatif, comme un test sanguin par exemple.
Il n'y a pas d'âge pour constater les signes du TDAH, cependant le diagnostic peut être envisagé à partir de 5 ou 6 ans, lorsque les exigences scolaires mettent en évidence les difficultés. Toutefois, des signes peuvent apparaître plus tôt, dès la maternelle.
Comorbidités Associées au TDAH
Le TDAH ne se présente souvent pas seul, mais associé à d’autres troubles ou maladies, que l’on appelle des comorbidités. Ces troubles associés au TDAH peuvent être d’autres troubles du neurodéveloppement, comme les troubles spécifiques des apprentissages, du comportement, de l’acquisition de la coordination, de la communication, ou encore de troubles du sommeil, d’anxiété ou un trouble de l’opposition. En revanche, des troubles dépressifs et des troubles de la conduite surviennent plus tard et pendant la transition avec l’adolescence.
Une récente étude internationale a évalué les liens temporels entre les symptômes du TDAH et diverses comorbidités. Elle conforte l’hypothèse selon laquelle les problèmes de santé physique et mentale sont liés.
Parmi les nombreuses recherches scientifiques ayant été menées sur ce trouble, certaines ont révélé un lien entre le TDAH et différentes comorbidités médicales comme les troubles métaboliques, l’asthme, l’obésité, les addictions.
Il semble ainsi nécessaire de surveiller attentivement les enfants atteints de TDAH dans la petite ou la moyenne enfance vis-à-vis de plusieurs problèmes physiques, et de surveiller les enfants présentant des conditions physiques particulières vis-à-vis des symptômes du TDAH. Les chercheurs plaident donc pour une collaboration interdisciplinaire des professionnels de santé physique et mentale dans l’intérêt de l’enfant. Selon eux, plus la prise en charge sera précoce et complète, meilleure sera la prévention des risques évolutifs associés au TDAH.
Impact du TDAH sur la Vie Quotidienne
Le TDAH peut mettre beaucoup de pression sur la vie familiale quotidienne. C'est pourquoi il est particulièrement important de poser un diagnostic précoce et de prendre correctement en charge le trouble du neurodéveloppement. De soins inadéquats peuvent aggraver les symptômes du TDAH et avoir un impact négatif sur le développement des enfants.
Chez les enfants présentant un TDAH, les échecs scolaires sont plus fréquents, alors que leur niveau intellectuel est normal. L’insertion scolaire est difficile, du fait des troubles de comportement et de l’inattention. Quand le trouble est toujours présent à l’adolescence, l’hyperactivité diminue généralement, mais l’inattention persiste, alors même que la demande de concentration et la complexité des tâches sont croissantes. L’impulsivité peut persister elle aussi.
Les décrochages scolaires ne sont pas rares, et l’on observe des difficultés dans les relations intrafamiliales et avec les adultes en général, ainsi que dans les relations interpersonnelles avec les autres jeunes, aboutissant à une mise à l’écart par le groupe. Ces difficultés peuvent être à l’origine d’une détérioration de l’estime de soi, pouvant conduire à une consommation importante d’alcool, la prise de substances illicites, une utilisation importante des écrans et des jeux, un isolement et une dépression.
Prise en Charge du TDAH
Le TDAH ne se “guérit” pas au sens strict, mais il peut être pris en charge efficacement avec un accompagnement global : thérapeutique, éducatif, scolaire, et parfois médicamenteux.
Approches Thérapeutiques
La micro-immunothérapie est particulièrement bénéfique pour l'organisme de ces enfants. La micro-immunothérapie est une immunothérapie à faible dose qui utilise des substances messagères naturelles (cytokines). Elles sont acheminées précisément vers les zones où elles sont nécessaires grâce au système lymphatique de l'organisme. La micro-immunothérapie veille à compenser le manque de ces substances messagères dans l'organisme en cas de déséquilibre dans la libération de dopamine et de noradrénaline. C'est grâce à une modulation fine et douce agissant sur la dopamine, que le corps est stimulé pour libérer davantage de substances messagères. Les cytokines utilisées en micro-immunothérapie ont un effet positif sur le déséquilibre évoqué précédemment dans l’axe du stress. Ils agissent sur les cellules T auxiliaires et visent à rétablir l'équilibre naturel. La micro-immunothérapie utilise uniquement des substances naturelles, identiques à celles que le corps lui-même utilise. Cela signifie que la micro-immunothérapie n’intervient pas de manière agressive dans les processus, mais vient plutôt apporter un soutient de façon séquentielle. Elle agit directement à l'origine du déséquilibre des substances messagères et aide le corps à retrouver un équilibre sain, c'est ce qu'on appelle l'homéostasie. En utilisant des principes actifs que l'organisme connaît et utilise lui-même, la micro-immunothérapie est très bien tolérée et peut être associée à d'autres thérapies.
Traitement Médicamenteux
Si les mesures précédentes ne suffisent pas, un traitement à base de méthylphénidate (type Ritaline®, Concerta®) peut être proposé. Sachez que ce traitement ne guérit pas, mais améliore la concentration et réduit l’impulsivité. Traitement médicamenteux en dernier recours.
Conseils Pratiques Après un Diagnostic de TDAH
Que faire après un diagnostic de TDAH ?
- Le savoir c'est le pouvoir : cherchez des informations détaillées sur le trouble et sur la manière de le gérer.
- Soyez bienveillant : encouragez, félicitez.. Le renforcement positif est très important pour les enfants.
- Voyez le verre à moitié plein : montrez à votre enfant ce qui était particulièrement positif.
- Accordez vous une pause : créez un havre de paix pour vous et votre famille.
- Offrez à votre enfant de la sécurité : proposez à votre enfant des structures et des routines fiables qu'il pourra suivre. Cela facilitera la gestion du TDAH car il.
- La mobilité est importante : soyez actif avec votre enfant et sortez beaucoup. Jouer et faire de l'exercice au grand air peuvent libérer de l'énergie.
- Nutrition : rien de mieux qu'une alimentation saine en soutient au traitement du TDAH. Assurez vous que votre enfant puisse bénéficier de produits frais et d'une alimentation équilibrée.
- L'importance du sommeil : établissez des petits rituels le soir afin de favoriser un sommeil réparateur.
Évolution du TDAH avec l'Âge
Les symptômes du TDAH s’atténuent souvent avec le temps, mais le TDAH persiste toutefois à l’âge adulte dans 1 cas sur 2 environ. Il peut alors se manifester par des difficultés d’organisation, un report permanent des obligations (les adultes avec un TDAH sont des champions de la procrastination !), des comportements asociaux. Il peut s’accompagner d’une instabilité des trajectoires professionnelles, d’un risque plus élevé de consommation de substances psychoactives, de conduites addictives, et de tentatives de suicide. Les études montrent que, par rapport à la population générale, les adultes souffrant de TDAH ont un niveau d’étude et un taux d’emploi plus faibles, des relations familiales plus instables, commettent davantage d’actes antisociaux et ont davantage d’accidents du travail et de la circulation.
Le TDAH évolue avec le temps. Chez certains enfants, les symptômes s’atténuent à l’adolescence.
