Être enceinte est une période de joie, mais elle implique également de prendre des précautions essentielles pour le bien-être de la mère et le développement du bébé. Parmi les substances à proscrire absolument, l'alcool et le tabac figurent en tête de liste. Cet article se concentre sur les risques liés au tabagisme pendant la grossesse, particulièrement au troisième trimestre, et souligne l'importance cruciale de l'arrêt du tabac, quel que soit le stade de la grossesse.

Les Dangers du Tabac Pendant la Grossesse

Il est impossible de minimiser les risques du tabac pendant la grossesse. La cigarette dégage des milliers de produits toxiques, notamment la nicotine, les goudrons, le monoxyde de carbone et divers métaux lourds. Ces substances ont des répercussions graves sur la santé de la future mère et du bébé.

Impacts du Tabagisme sur la Grossesse et le Fœtus

Le tabagisme maternel, qu'il soit actif ou passif, peut entraîner de nombreuses complications avant et pendant la grossesse. Les risques encourus pour le bébé à venir sont aujourd’hui connus et font de ce tabagisme particulier un enjeu de santé publique. Fumer pendant la grossesse est un danger majeur pour la santé de la mère et du bébé.

  • Réduction de l'oxygénation placentaire : Fumer, même en petite quantité, diminue l'oxygénation placentaire. Quand vous fumez, votre sang se charge de monoxyde de carbone (CO), de nicotine, d’agents cancérigènes et de toxiques qui sont transmis à votre bébé via le placenta. Le monoxyde de carbone issu de la combustion du tabac prend la place de l'oxygène dans le sang et entraîne un manque d'oxygénation des organes de la mère et du fœtus.
  • Risque de prématurité et de retard de croissance intra-utérin (RCIU) : Le tabac augmente les risques de prématurité ou de retard de croissance. Tous ces effets expliquent le retard de croissance intra-utérin (RCIU) : bébés plus petits en poids, taille et périmètre crânien.
  • Augmentation des risques de fausse-couche : Le risque de faire une fausse couche spontanée est en moyenne triplé.
  • Complications à l'accouchement : Les risques de fausse-couche, d’accouchement prématuré, de retard de croissance du bébé et de complications à l’accouchement sont accrus allant même jusqu’à une risque de mort fœtal in utero.
  • Effet vasoconstricteur : La nicotine a un effet vasoconstricteur sur les artères du placenta et sur l’artère ombilicale, ce qui rend la circulation du sang moins bonne.
  • Affaiblissement des défenses immunitaires du nourrisson : Les défenses immunitaires du nourrisson sont moindres et de ce fait, les risques infectieux plus fréquents (surtout ORL : bronchite, otites, rhinopharyngites, etc…).
  • Malformations congénitales : Le tabac peut augmenter le risque de malformations congénitales, telles que des malformations faciales, cardiaques et pulmonaires.
  • Autres complications : Le tabagisme pendant la grossesse et l’allaitement entraine un placenta bas inséré et une modification du goût du lait si l’enfant est allaité.

Les effets du tabagisme sur le fœtus dépendent des quantités fumées : plus on fume, plus les effets sont importants.

Fertilité et Tabac

Chez la femme fumeuse, des difficultés à concevoir peuvent apparaître à cause du tabac. Le tabagisme diminue la fertilité et augmente le délai nécessaire à la conception. De plus, ce dernier peut entraver les chances de réussite d’une PMA (Procréation Médicalement Assistée), en entraînant une diminution du recueil d’ovocytes et potentiellement du taux d’implantation. Enfin, une ménopause plus précoce de 2 ans en moyenne, peut être observée chez les fumeuses. Tourner la page du tabac avant la conception permet d'aborder une grossesse sereinement. De plus, l'arrêt du tabac permet d'améliorer la fertilité et donc de mettre en route un bébé plus facilement.

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Stratégies et Soutien pour Arrêter de Fumer

Il n'est jamais trop tard pour arrêter de fumer pendant la grossesse, même si la femme enceinte est déjà à un stade avancé. Arrêter de fumer, même pour une courte période, peut améliorer considérablement la santé de la mère et du bébé. L’idéal est bien sûr d’arrêter de fumer avant la grossesse. Si cela n’a pas pu se faire avant la grossesse, l’arrêt sera toujours bénéfique à n’importe quel moment de la grossesse, que ce soit pour la future maman comme pour le bébé. Il n’est donc jamais trop tard pour arrêter de fumer, même en fin de grossesse.

Évaluation Initiale

Comme pour tout fumeur, la prise en charge optimale d’une femme enceinte fumeuse commence par un interrogatoire sur :

  • Ses antécédents de santé.
  • Ses antécédents personnels et familiaux.
  • Son milieu socio-professionnel.
  • Son histoire tabagique.
  • Ses éventuelles co-addictions (alcool, cannabis, etc.).

Ce bilan interrogatoire est généralement suivi :

  • D’un examen clinique complet.
  • D’une évaluation de la dépendance par le test de Fagerström.
  • D’une évaluation du comportement tabagique par le test de Horn.
  • D’une évaluation de la motivation de la fumeuse à arrêter, via divers tests au choix (test de Richmond, test de Demaria, Grimaldi et Lagrue).

Méthodes de Sevrage

De nombreuses aides peuvent accompagner les femmes enceintes qui souhaitent arrêter de fumer, notamment :

  • Prise en charge psychologique : Assurée par un psychologue ou un psychiatre. En cas de grossesse, ce professionnel de santé vérifiera votre état anxiodépressif de manière plus poussée.
  • Thérapies comportementales et cognitives (TCC) : Ces thérapies peuvent aider à identifier et modifier les pensées et les comportements qui contribuent au tabagisme.
  • Prise en charge pharmacologique : Prescription de substituts nicotiniques tels que le TSN. Il est recommandé d’utiliser le TSN en association avec une approche psychologique et/ou comportementale. Depuis 1997, la prescription de substituts nicotiniques est officiellement admise pour les femmes enceintes qui ne parviennent pas à arrêter de fumer. La nicotine des substituts est en effet préférable à celle qui est inhalée avec les 4000 substances toxiques de la fumée de cigarette. De plus, elle se diffuse lentement dans le corps et non pas brutalement sous forme de pics comme cela se produit avec une cigarette. A ce jour, aucun effet malformatif n’est attribué aux substituts nicotiniques au 1er trimestre de la grossesse quelle que soit leur mode d’administration (patchs, gommes, etc…). Aucun effet fœtotoxique n’est observé à ce jour chez des femmes utilisant une substitution nicotinique en fin de grossesse sur un effectif de plus de 200 grossesses publiées quelle que soit son mode d’administration (patchs, gommes, etc…). Les paramètres fœtaux suivants ont été mesurés : rythme cardiaque fœtal, dopplers fœtaux et utérins, test de bien-être fœtal (réactivité fœtale, mouvements actifs, mouvements respiratoires, tonus, liquide amniotique, etc…). En pratique, il est souhaitable d’envisager toutes les mesures destinées à éviter la poursuite du tabagisme maternel. Une prise en charge adaptée doit être entreprise, de préférence avant la conception ou du moins le plus rapidement possible au cours de la grossesse. Si un sevrage n’est pas possible avec une prise en charge spécialisée seule on peut envisager d’y adjoindre une substitution nicotinique quel que soit le terme de la grossesse. Toutes les formes de substitutions sont possibles (patchs, gommes, etc…). Attention, comme pour tout autre médicament durant la grossesse, leur utilisation doit absolument se faire sous contrôle médical.
  • Consultation avec un tabacologue : Il peut fournir un soutien individualisé et des conseils pour arrêter de fumer.

Il est difficile d’estimer combien de temps il vous faudra pour être sevré du tabac. Le professionnel de santé qui vous accompagnera dans votre sevrage, en se basant sur votre profil, pourra vous fournir une estimation.

Lire aussi: Témoignages sur l'allaitement et le tabac

À noter : Le bupropion LP et la varénicline sont contre-indiqués chez la femme enceinte.

Ressources et Soutien Disponibles

Pour celles qui n’y arrivent pas, il existe plusieurs méthodes et ressources pour aider dans la démarche :

  • Les consultations spécialisées d’aide au sevrage : les femmes enceintes fumeuses peuvent se rapprocher de leur caisse d’Assurance Maladie afin d’avoir la liste des structures de prise en charge.
  • La ligne d'écoute Tabac info service (3989).
  • Le site web de Tabac Info Service.
  • L’application web Tabac info service qui offre un coaching 100 % personnalisé.
  • Les associations locales de lutte contre le tabagisme.
  • Les professionnels de santé (médecin, sage-femme, PMI).

Les femmes enceintes peuvent soit :

  • Arrêter de fumer seules (à l’aide de substituts nicotiniques).
  • Arrêter de fumer en groupe, grâce notamment au défi #MoisSansTabac qui revient chaque année, au mois de novembre.
  • Faire appel à des professionnels de la santé.

La grossesse est une période qui implique une fréquentation régulière du corps médical. C’est donc un moment particulier et privilégié pour les professionnels de santé, d’informer sur les conséquences du tabagisme chez les femmes enceintes et sur le tabagisme passif.

Le Rôle des Professionnels de Santé

Une prise en charge adaptée doit être entreprise, de préférence avant la conception ou du moins le plus rapidement possible au cours de la grossesse. Si un sevrage n’est pas possible avec une prise en charge spécialisée seule on peut envisager d’y adjoindre une substitution nicotinique quel que soit le terme de la grossesse. Toutes les formes de substitutions sont possibles (patchs, gommes, etc…).

Lire aussi: Allaitement et tabagisme : ce qu'il faut savoir

Gestion de la Prise de Poids

Vous avez décidé d’arrêter de fumer mais appréhendez de prendre quelques kilos au passage. Première information à garder en tête : au moment de l’arrêt du tabac, la prise de poids n’est pas systématique ! Un tiers des fumeurs ne prend en effet pas de poids et 5 % des fumeurs vont même perdre un peu de poids après avoir arrêté de fumer. De plus, offrez-vous des moments de plaisir grâce à l’argent économisé.

Le Tabagisme Passif

Même le futur papa est vivement invité à stopper son tabagisme.

Remboursement des Substituts Nicotiniques

Depuis le 1er janvier 2019, les substituts nicotiniques sont remboursés à 65 % par l'Assurance Maladie. Lors de l’édition 2011, le gouvernement français avait annoncé l’augmentation du remboursement des traitements d’aide au sevrage de 50 à 150 euros par an pour les femmes enceintes.

Importance de la Motivation et du Soutien

Bon à savoir : faire culpabiliser la femme enceinte fumeuse en lui rappelant son « irresponsabilité » et en énumérant continuellement les risques qu’elle fait courir à son fœtus n’aide que rarement au processus de sevrage. Les motivations du sevrage doivent principalement venir de la fumeuse elle-même. Les femmes qui fument encore le jour de l'accouchement ne sont pas irresponsables, mais impuissantes face à leur dépendance au tabac. Il est primordial de les soutenir dans leur sevrage et non les juger. Pour se libérer du tabac, être motivé(e) et bien préparé(e) sont de vrais atouts. Mais pas que ! Les approches psychologiques et comportementales sont privilégiées chez la femme enceinte fumeuse.

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