Introduction

Le Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens (SYNGOF) est une organisation professionnelle française qui représente les gynécologues-obstétriciens. Il joue un rôle essentiel dans la défense des intérêts de la profession, la promotion de la qualité des soins en gynécologie-obstétrique et la participation aux politiques de santé publique. Cet article vise à définir le SYNGOF, à explorer ses missions et à analyser les défis auxquels la profession de gynécologue-obstétricien est confrontée en France.

Définition et Rôle du SYNGOF

Le SYNGOF est un syndicat professionnel qui regroupe les gynécologues-obstétriciens exerçant en France. Il a pour mission principale de défendre les intérêts de ses membres, tant sur le plan économique que professionnel. Il participe aux négociations avec les pouvoirs publics et les organismes d'assurance maladie pour améliorer les conditions d'exercice de la profession et garantir une juste rémunération des actes.

Au-delà de la défense des intérêts professionnels, le SYNGOF s'engage pour la promotion de la qualité des soins en gynécologie-obstétrique. Il participe à l'élaboration de recommandations de bonnes pratiques, à la diffusion de l'information médicale et à la formation continue des gynécologues-obstétriciens. Il contribue ainsi à l'amélioration de la prise en charge des patientes et à la réduction des risques médicaux.

Le SYNGOF est également un acteur important de la santé publique. Il participe aux débats et aux réflexions sur les enjeux de la santé des femmes, tels que la contraception, la grossesse, l'accouchement, la prévention des cancers gynécologiques et la prise en charge de la ménopause. Il collabore avec les pouvoirs publics et les autres organisations professionnelles pour élaborer des politiques de santé adaptées aux besoins des femmes.

Les missions du gynécologue-obstétricien

Le gynécologue-obstétricien est un médecin spécialisé dans la santé de la femme, de la puberté à la ménopause. Son champ d'intervention est vaste et comprend :

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  • Le suivi gynécologique : Il assure le suivi régulier des femmes, réalise des examens de dépistage (frottis, mammographie), conseille sur la contraception et prend en charge les problèmes gynécologiques (infections, troubles du cycle, douleurs…).
  • Le suivi de la grossesse : Il accompagne et contrôle la grossesse de la femme enceinte, lors de visites régulières. Il surveille le développement de l’embryon, puis du fœtus, et l’impact de ce dernier sur la future maman. Il s’assure notamment que le col de l’utérus reste bien fermé et pratique des examens du fœtus pour détecter des risques de malformation. Il peut proposer si besoin un examen génétique par prélèvement de liquide amniotique. Après quelques mois de grossesse, le gynécologue peut observer le sexe du bébé à l’aide d’une échographie.
  • L'accouchement : S'il est obstétricien (chirurgie) dans un service hospitalier ou une clinique, il supervisera l’accouchement, souvent pratiqué par une sage-femme. Au moindre problème, il intervient : péridurale (anesthésie locale), incision du périnée, césarienne… Il surveille également les conséquences de l’accouchement sur la santé de la mère.
  • La chirurgie gynécologique : Il réalise des interventions chirurgicales pour traiter les pathologies gynécologiques (fibromes, kystes, prolapsus…) et les cancers gynécologiques.
  • La prise en charge de la stérilité : Il réalise des bilans de fertilité et propose des traitements pour aider les couples à concevoir un enfant (stimulation ovarienne, insémination artificielle, fécondation in vitro…).

Les défis de la gynécologie-obstétrique en France

La profession de gynécologue-obstétricien est confrontée à de nombreux défis en France.

La démographie médicale

L'âge moyen des gynécologues est de 47,2 ans en 1997. Des réformes de la formation des gynécologues ont été effectuées. Selon l'INED (1998) 45% des GynObst seront des femmes en 2010, la spécialité étant l'une des plus féminisées. Le nombre de gynécologues a progressé plus lentement qu'auparavant.

Tout se passe comme si l’État veut faire de la mater­nité un ser­vice pub­lic, avec l’objectif de dimin­uer notam­ment la mor­tal­ité mater­nelle. Sur ce dernier point, c’est raté, car celle-ci n’a pas bougé. De plus, depuis les années 80, les gyné­co­logues-obstétriciens ne sont plus renou­velés, car la fil­ière de l’internat ne suf­fit pas à répon­dre aux besoins. La dernière pro­mo­tion ayant obtenu le Cer­ti­fi­cat d’études supérieures avant sa dis­pa­ra­tion, en 1987, part en retraite. Enfin, les gyné­co­logues-obstétriciens privés ne sont pas assurés, et risquent la fail­lite per­son­nelle. Au final, il y a de moins en moins de gyné­co­logues-obstétriciens libéraux. Or, le recrute­ment des accouche­ments est directe­ment lié au nom­bre de prati­ciens et pour faire fonc­tion­ner une mater­nité privée, il en faut au min­i­mum 6, pour assur­er les gardes 24h/24. À la dif­férence du secteur pub­lic, un gyné­co­logue-obstétricien libéral ne peut pas être rémunéré de plusieurs accouche­ments à la fois. Les mater­nités privées sont donc dépen­dantes du nom­bre d’accoucheurs, mais aus­si d’anesthésistes et de pédi­a­tres.

Dans 30 % des départe­ments, il n’y a plus de mater­nité privée. Si rien n’évolue, dans moins de 10 ans il ne restera que quelques gros étab­lisse­ments dans cer­taines grandes villes.

La répartition géographique

La répartition des gynécologues-obstétriciens sur le territoire français est inégale, avec une concentration dans les grandes villes et une pénurie dans les zones rurales. Cette situation pose des problèmes d'accès aux soins pour les femmes vivant dans les zones sous-dotées.

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La responsabilité médicale

Le problème de la responsabilité médicale est un facteur de désaffection des activités obstétricales. Les gynécologues-obstétriciens sont particulièrement exposés aux risques de mise en cause en cas de complications lors de la grossesse ou de l'accouchement. Cette pression peut les inciter à éviter les situations à risque et à limiter leur activité obstétricale.

La collaboration avec les sages-femmes

Pour invers­er cette ten­dance, il faut actuelle­ment encour­ager les gyné­co­logues-obstétriciens à s’associer davan­tage avec les sages-femmes. Elles élar­gis­sent la base de recrute­ment des patientes et peu­vent suiv­re la majorité des grossess­es qui sont nor­males. Elles peu­vent exercer sous statut libéral ou salarié.

La sage-femme pratique en toute autonomie l’ensemble des actes cliniques et techniques nécessaires au suivi et la surveillance des situations non pathologiques et au dépistage de situation pathologique, en dehors de toute pathologie (articles L4151-1 et L4151-4 du Code de la santé publique). La compétence des sages-femmes est exclue dès lors que la patiente présente une situation pathologique. La sage-femme apprécie en conscience, au cas par cas et au regard de la situation médicale, si la réalisation de l’examen entre dans son champ de compétences et de ses possibilités (article R4127-313 du CSP). Par ailleurs, la sage-femme peut pratiquer des échographies gynécologiques. La sage-femme peut proposer différentes méthodes contraceptives aux patientes et, le cas échéant, prescrire l’ensemble des moyens contraceptifs, sous toutes leurs formes et voies d’administration (contraceptifs locaux et hormonaux, intra-utérins, diaphragmes, capes, contraceptifs d’urgence et préservatifs). Désormais, la sage-femme est également habilitée à dépister et à traiter certaines infections sexuellement transmissibles à leurs patientes, mais également aux partenaires de ces dernières. Oui, les sages-femmes sont habilitées à prescrire les actes et examens aux patientes ne présentant pas de pathologie. Aucun texte ne définit de manière exhaustive les actes ou examens cliniques que la sage-femme est en droit de réaliser ou de prescrire.

L'évolution des pratiques

Les spécialités médicales et chirurgicales connaissent un processus de fractionnement : dans le domaine qui est celui de Gynerisq, il y a certes la spécialité des gynécologues-obstétriciens telle qu’elle est définie par le Conseil de l'ordre mais, en réalité, il existe désormais des chirurgiens du cancer du sein, des chirurgiens des cancers pelviens, des chirurgiens de la statique pelvienne, des spécialistes de la PMA, etc.

Pour répondre à cette atomisation des compétences, la réglementation exige des praticiens qu’ils mettent au point des protocoles de soins par lesquels ils s’approprient les recommandations de pratiques cliniques. Dans ces domaines pointus du cancer, de la stérilité, du diagnostic anténatal, la réglementation exige des soignants qu’ils examinent en réunion les cas les uns après les autres. Ce principe d’un examen collectif des cas complexes vaut également pour les expertises sanitaires créées pour élaborer les recommandations de bonne pratique. Pourquoi ce principe ne devrait-il pas être respecté au cours des expertises diligentées par les juridictions et les CCI ?

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Dans le domaine de l’obstétrique, comme cela a été rappelé lors de la préparation de ce colloque, l’interprétation des anomalies d’un même tracé du rythme cardiaque fœtal n'est pas reproductible régulièrement. Pourtant c'est un motif très fréquent de condamnation pour retard de césarienne. La vérification de l'existence d'un accord d'expert serait pourtant indispensable dans ce domaine.

L'importance des maternités privées

Il est cer­tain que les mater­nités de niveau 1 vont dis­paraître, donc il faut tout faire pour obtenir un niveau 2. Si vous n’avez pas de plateau tech­nique asso­cié à votre mater­nité, vous la con­damnez. Les étab­lisse­ments doivent aus­si met­tre en place le tra­vail en équipe, sinon ils ne pour­ront pas recruter. Heureuse­ment qu’il y a des mater­nités privées qui fonc­tion­nent bien et sont dynamiques. Elles ont un niveau 2, un pro­jet médi­cal attrac­t­if, un tra­vail en équipe et en col­lab­o­ra­tion avec des sages-femmes, et elles ne font pas que des accouche­ments mais aus­si de la PMA, du diag­nos­tic anté­na­tal et de la chirurgie sur un plateau tech­nique étof­fé. Elles don­nent une belle image de notre secteur et nous mon­trent la voie.

Les aspects tarifaires

Con­cer­nant l’aspect tar­i­faire, le Syn­gof a négo­cié la dernière con­ven­tion avec la mise en place de l’Optam pour que les hon­o­raires libres ne soient pas un obsta­cle. Nous devrons aus­si explor­er une piste émer­gente : le partage de l’activité avec le secteur pub­lic. À cer­tains endroits, les gyné­co­logues-obstétriciens effectuent les accouche­ments à l’hôpital, et leurs actes de chirurgie à la clin­ique.

Les Conseils Nationaux Professionnels (CNP)

Les Conseils Nationaux Professionnels (CNP) sont des organismes qui rassemblent l’ensemble des professionnels de santé d’une même spécialité et créés à leur initiative. La fédération des spécialités médicales regroupe 41 CNP dont le Conseil National Professionnel de Gynécologie-Obstétrique et Gynécologie médicale (CNPGO-GM). Avant même l’officialisation des CNP et face au besoin d’un interlocuteur unique pour répondre au mieux aux différentes sollicitations des agences gouvernementales, les deux disciplines gynécologie-obstétrique et gynécologie médicale s’était déjà regroupées sous forme d’un CNP « officieux ». Ce travail d’union, pour lequel il convient de remercier Bernard Hedon a été maintenu par Israël Nisand et Michèle Scheffler au moment de la parution des textes créant très officiellement les CNP. En juin 2019, le CNPGO-GM était alors créé. Le code de santé publique définit les missions des CNP. Enfin, le CNPGO-GM participe à la mise en place de registres épidémiologiques ou de registres professionnels d’observation des pratiques. C’est dans ce cadre que vient d’être lancé le registre ESSURE sur les explantations et d’être acté le financement d’un registre sur la contraception (CONTRAGYN). Le CNGOF est membre fondateur du CNPGO-GM.

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