Les saignements vaginaux pendant la grossesse sont une source d'inquiétude pour les femmes enceintes. Bien que de légers saignements ponctuels puissent être sans gravité, ils peuvent aussi être le signe d'une mauvaise nouvelle ou d'une urgence médicale, à tout moment de la grossesse. Il est donc essentiel de comprendre les causes possibles de ces saignements, leur diagnostic et leur prise en charge.

Fréquence des saignements en début de grossesse

Les saignements sont courants en début de grossesse (une grossesse sur quatre), même si le fœtus est en bonne santé et se développe correctement. L’absence de règles est souvent le premier signe qui alerte une femme sur une possible grossesse. Toutefois, il faut savoir que durant le premier trimestre de la grossesse, environ 25 % des femmes enceintes peuvent expérimenter un saignement de grossesse.

Causes des saignements en début de grossesse

Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de saignements en début de grossesse :

  • Saignements d'implantation : L’implantation de l’embryon dans l’utérus, qui survient environ dix jours après la fécondation, peut causer des saignements précoces et faire croire à la persistance de règles. Ils sont en général plus légers et plus brefs que les règles. Ce phénomène se produit lorsque l’œuf fécondé s’attache à la paroi de l’utérus, généralement entre 6 et 12 jours après la fécondation. Ces saignements sont souvent légers, de couleur différente (rose pâle à brun) et de courte durée.

  • Lésions du col de l'utérus ou du vagin : Parfois, les saignements sont dus à des lésions du col de l’utérus ou du vagin. À titre d’exemple, des saignements peuvent survenir après les rapports sexuels ou un toucher vaginal car le col de l’utérus est plus fragile.

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  • Hématome décidual : L’hématome décidual survient lorsqu’une portion du bord du placenta se décolle de l’utérus, entrainant un saignement entre le placenta et l’utérus. Dans la plupart des cas, sous réserve de repos, l’évolution est favorable.

  • Insertion basse du placenta : On parle d’insertion basse du placenta lorsque celui-ci est situé trop près du col de l’utérus. La future mère doit alors rester couchée le plus possible afin de limiter les saignements.

  • Fausse couche partielle : Une fausse couche partielle est possible dans les grossesses gémellaires. Les saignements sont alors dus à la perte de l’un des embryons.

  • Grossesse molaire (môle hydatiforme) : Très rare en France (une à trois grossesses sur 1000), mais plus fréquente en Asie, la môle hydatiforme est une grossesse sans embryon (ou avec un embryon qui ne peut se développer), et au cours de laquelle les cellules du placenta forme une tumeur. Leur cause est inconnue. Les symptômes de grossesse sont généralement exacerbés et l’utérus est trop volumineux par rapport au stade de la grossesse. Les saignements vaginaux sont rouges ou noirâtres et augmentent au fur et à mesure de la grossesse.

  • Grossesse extra-utérine : Dans environ 1 % des grossesses, l’œuf n’arrive pas jusqu’à l’utérus et se développe dans les trompes de Fallope, voire contre l’ovaire. C’est ce qu’on appelle une grossesse extra-utérine. Une grossesse extra-utérine peut se développer pendant plusieurs semaines mais ne pourra pas arriver à terme. Elle met la vie de la mère en danger, car en se développant le fœtus va rompre des vaisseaux sanguins des tissus où il s’est implanté, provoquant une hémorragie interne. C’est pourquoi la grossesse extra-utérine nécessite une surveillance rapprochée afin d’interrompre la grossesse en l’absence de fausse couche spontanée.

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  • Arrêt du développement du fœtus : Si le développement du fœtus s’arrête, des saignements apparaissent, de couleur rouge, liés à l’expulsion du fœtus et du placenta. Ils peuvent durer plusieurs semaines. D’abondance variable, ces saignements sont souvent accompagnés de contractions douloureuses.

  • Fluctuations hormonales et sensibilité du col de l'utérus: Les fluctuations hormonales intenses qui caractérisent le début de la grossesse peuvent également être à l’origine de saignements légers. Le corps s’adapte à de nouveaux niveaux d’hormones, ce qui peut parfois provoquer de petites pertes de sang. De plus, le col de l’utérus devient plus vascularisé et sensible pendant la grossesse. Il peut donc saigner facilement après un rapport sexuel, un examen gynécologique ou une activité physique intense.

Causes des saignements en fin de grossesse

En fin de grossesse, l’apparition d’une hémorragie est une urgence médicale absolue. Les deux causes principales sont :

  • Hématome rétroplacentaire (placenta abruptio) : le placenta se détache partiellement ou totalement de l’utérus, provoquant une hémorragie et diminuant ou stoppant les échanges entre la mère et le fœtus. Les saignements associés au placenta abruptio sont généralement peu abondants et de couleur foncée, accompagnés de douleurs abdominales soudaines et très intenses.

  • Placenta prævia : le placenta est trop près du col de l’utérus, voire le recouvre. Les saignements de grossesse associés au placenta praevia surviennent généralement au cours du troisième trimestre de la grossesse. Ce saignement de grossesse peut être déclenché par des activités physiques, des rapports sexuels ou même les mouvements du bébé.

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Ce sont deux complications graves de la grossesse, à la fois pour la mère et pour le fœtus, dont la prise en charge est urgente. L’hospitalisation est indispensable.

Saignements liés au travail

Par ailleurs, lorsque l’accouchement approche, des saignements peuvent accompagner les contractions utérines qui deviennent régulières et rapprochées. Cela signifie que ces contractions sont efficaces et que le travail commence. Dans ce cas, le sang provient de lésions du col de l’utérus lors de sa dilatation. Il ne faut pas confondre ces saignements avec la perte du bouchon de mucus qui ferme l’utérus (bouchon muqueux), quelques jours avant l’accouchement.

Diagnostic des saignements pendant la grossesse

Le diagnostic de la cause des saignements s’appuie d’une part sur la durée de ces saignements, leur couleur (bruns ou rouges), leur abondance et la présence éventuelle de caillots. D’autre part, toute douleur associée, perte de liquide ou fièvre doit être mentionnée au médecin. Une échographie est réalisée pour localiser le fœtus et vérifier sa vitalité. Si vous observez un saignement de grossesse, il reste important de consulter un médecin pour en déterminer la cause. Le diagnostic implique un examen clinique suivi d'une échographie pour examiner l'utérus, l'embryon et sa fonction cardiaque.

Quand consulter un médecin en cas de saignements ?

Il est impératif de consulter une professionnelle de santé si vous observez :

  • Des saignements abondants : Un flux de sang comparable à des règles abondantes, surtout s’il est accompagné de caillots.

  • Des douleurs intenses : Des crampes sévères, unilatérales ou généralisées dans le bas-ventre, différentes des légères crampes d’implantation.

  • Une couleur de sang rouge vif : Surtout si le saignement est continu et ne diminue pas.

  • Des symptômes associés inquiétants : Étourdissements, faiblesse, fièvre, frissons.

Ceux-ci peuvent être le signe de :

  • Une grossesse extra-utérine.
  • Une fausse couche.
  • Un hématome décidual.
  • Une grossesse molaire.

Il est toujours préférable de consulter votre médecin ou sage-femme en cas de saignements pendant la grossesse, même s’ils semblent légers. Seule une professionnelle de la santé pourra poser un diagnostic précis et prendre les mesures nécessaires.

Prise en charge des saignements pendant la grossesse

La prise en charge des saignements pendant la grossesse dépend de la cause identifiée. Dans certains cas, un simple repos peut suffire, tandis que dans d'autres, une intervention médicale urgente peut être nécessaire.

  • Grossesse extra-utérine : La détection d'une grossesse extra-utérine est considérée comme une situation d'urgence. La prise en charge médicale du saignement de grossesse doit être immédiate pour prévenir des complications graves, comme la rupture tubaire.

  • Fausse couche : Le diagnostic de fausse couche est principalement établi par un examen gynécologique et confirmé par échographie, permettant de déterminer si l'expulsion du fœtus est complète ou incomplète. Dans le cas d'une expulsion complète et d'un examen clinique normal, aucun traitement spécifique n'est nécessaire, mais un suivi est recommandé. Pour une expulsion incomplète, le traitement varie en fonction de l'intensité des saignements et des symptômes. Si l'expulsion n'est pas totale mais que les saignements ne sont pas préoccupants, il est possible d'attendre 1 à 2 semaines pour une expulsion naturelle.

  • Placenta praevia et placenta abruptio : Ce sont deux complications graves de la grossesse, à la fois pour la mère et pour le fœtus, dont la prise en charge est urgente. L’hospitalisation est indispensable.

  • Môle hydatiforme : La prise en charge médicale comprend l'aspiration du contenu utérin, suivie d'une analyse histopathologique pour confirmer le diagnostic.

  • Infections : En cas de saignements anormaux pendant la grossesse, il est essentiel de consulter un médecin pour écarter toute infection.

Peut-on prévenir les saignements pendant la grossesse ?

Il est malheureusement impossible de prévenir tous les saignements de grossesse, car certaines causes échappent à notre contrôle. Cependant, il est crucial d'adopter certaines mesures pour réduire les risques de complications concernant le saignement de grossesse. Si vous êtes enceinte ou pensez l'être et que vous constatez des saignements, cela nécessite une attention immédiate. Il est crucial de réaliser un bilan médical comprenant un examen gynécologique, une échographie et éventuellement des analyses sanguines dans les plus brefs délais.

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