L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une procédure médicale encadrée par la loi en France, permettant à une femme de mettre fin à une grossesse non désirée. Qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale, l'IVG entraîne des saignements dont la durée et l'abondance peuvent susciter des interrogations. Cet article vise à informer sur la durée normale des saignements après un avortement, les suites possibles, les examens médicaux nécessaires, et les aspects psychologiques à considérer.

Qu'est-ce que l'IVG ?

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une procédure médicale permettant de mettre fin à une grossesse non désirée. Elle a été légalisée en 1975 en France grâce à la loi Veil. En France, le délai légal pour avorter est fixé à 14 semaines de grossesse.

Les deux méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes principales pour réaliser une IVG :

  • IVG médicamenteuse : Cette méthode consiste à prendre deux comprimés par voie orale. Le premier servant à interrompre la grossesse et le second à expulser l’embryon ou le fœtus en générant des contractions de l’utérus. On peut pratiquer l’avortement médicamenteux jusqu’à la 7ème semaine de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée). Cette méthode médicamenteuse peut être réalisée au cabinet de votre médecin-traitant, de votre gynécologue ou de votre sage-femme.
  • IVG instrumentale (ou chirurgicale) : Cette intervention chirurgicale légère peut être réalisée à l’hôpital sous anesthésie locale ou anesthésie générale. En passant un tube par le vagin, le médecin va rejoindre l’utérus afin d’aspirer l’embryon. L’IVG est remboursée à 100 % par l’assurance-maladie.

Durée et abondance des saignements après une IVG

Après un avortement, il faut s’attendre à des saignements vaginaux pendant en moyenne 2 à 6 semaines. Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines.

Il est normal de subir les désagréments suivants pendant les premiers jours ou les premières semaines qui suivent une IVG médicamenteuse, chirurgicale ou instrumentale, notamment des saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires.

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Pendant les jours qui suivent l’intervention, vous pouvez souffrir de maux de dos, de contractions et de saignements, comparables à ceux d’une menstruation normale. Souvent, les saignements les plus importants n’apparaissent que 4 à 7 jours après l’intervention et peuvent durer plus longtemps qu’une menstruation. Les saignements se terminent souvent par un écoulement brunâtre. Ils peuvent également être constitués de caillots. Les saignements peuvent disparaître un certain temps, puis reprendre, cela varie d’une femme à l’autre.

Quand consulter ?

Certains effets indésirables et/ou complications peuvent apparaître au cours ou après une IVG.En cas de saignements trop abondants, de crampes abdominales, de malaise ou de fièvre persistante après une IVG, rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche.

Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs de ces symptômes/signes, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication:

  • de la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ;
  • des pertes très abondantes de sang qui peuvent être le signe d’une hémorragie ;
  • un malaise ;
  • de très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.

Que faire en cas de saignements abondants ?

Les saignements pouvant être particulièrement abondants, n’hésitez pas à choisir des protections très absorbantes. En cas de saignements trop abondants (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite), contactez rapidement un professionnel de santé.

Suivi médical après une IVG

Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.

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A noter que suite à votre interruption volontaire de grossesse, il est important de réaliser un dosage hormonal grâce à une prise de sang afin de vérifier que vous n’êtes plus enceinte. Si vous n'avez toujours pas vos règles 5 semaines après l'IVG, il est important de réaliser cette prise de sang pour doser les hormones Bêta Hcg. Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG surtout si vous n'avez toujours pas vos règles. L'autre option est que vous ayez commencé une contraception en continu immédiatement à la suite de votre IVG. A ce moment là, il peut être normal que vous n'ayez pas vos règles et ce pendant des mois après l'IVG.

Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.

Quand reviennent les règles ?

Après une IVG les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée. Avec une pilule oestro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal les règles peuvent êtres irrégulières ou absentes.

Suite à un avortement, on ne sait jamais vraiment quand les règles vont refaire leur apparition. Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), il est très fréquent que le cycle menstruel soit perturbé et notamment les règles. Les premières règles sont souvent très différentes des menstruations habituelles. Elles sont soit beaucoup plus abondantes ou plus longues, soit beaucoup moins importantes et plus courtes.

Si vous n'avez toujours pas vos règles 5 semaines après l'IVG, il est important de réaliser une prise de sang pour doser les hormones Bêta Hcg. Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG surtout si vous n'avez toujours pas vos règles. L'autre option est que vous ayez commencé une contraception en continu immédiatement à la suite de votre IVG. A ce moment là, il peut être normal que vous n'ayez pas vos règles et ce pendant des mois après l'IVG.

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Contraception après une IVG

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.

Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier.

La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG.

Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.

Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :

  • le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ;
  • le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.

Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

Remboursement de la contraception

Sont remboursables par l'Assurance maladie :

  • certaines pilules contraceptives ;
  • les implants contraceptifs hormonaux ;
  • les progestatifs injectables ;
  • les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ;
  • les diaphragmes ;
  • certaines marques de préservatifs externes (masculins).

Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.

Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.

Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.

Reprise des rapports sexuels après une IVG

Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période.

Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).

Aspects psychologiques après une IVG

Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG.

Que faire en cas de coup de blues ?

Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. En cas de coup de blues, n’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du Planning familial la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).

Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.

Fertilité après une IVG

On entend souvent qu’un avortement aurait un impact sur la fertilité et pourrait même rendre stérile, c’est totalement faux.

Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc).

Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.

L' (IVG), réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. D’ailleurs, vous pouvez très vite tomber enceinte de nouveau. C’est pourquoi le choix d’une méthode contraceptive est abordé au cours de la procédure d'IVG.

Autres désagréments possibles après une IVG

Outre les saignements, il est normal de subir les désagréments suivants pendant les premiers jours ou les premières semaines qui suivent une IVG médicamenteuse, chirurgicale ou instrumentale :

  • Désagréments hormonaux
  • Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques (uniquement en cas d’IVG chirurgicale par aspiration ou d’avortement instrumental)
  • Tension mammaire et/ou engorgement (lait)

Désagréments hormonaux

Les symptômes de la grossesse disparaissent généralement en l’espace de quelques jours à deux semaines. Les hormones de la grossesse sont présentes dans votre organisme pour un certain temps encore, si bien que les tests de grossesse peuvent rester positifs jusqu’à trois ou quatre semaines après l’avortement.

Quand disparaissent les symptômes de grossesseaprès une IVG ? Les symptômes de grossesse (fatigue persistante, nausées ou sensibilité des seins) disparaissent quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou chirurgicale. Bon à savoir : si ces symptômes persistent au-delà de sept jours, consultez le professionnel de santé qui a réalisé l’IVG.

Tension mammaire et/ou engorgement

Si vous étiez enceinte depuis un certain nombre de semaines déjà, vos seins peuvent rester tendus et douloureux pendant quelque temps encore après l’intervention. Vous pouvez même souffrir d’un engorgement ou avoir des écoulements de lait. Le port d’un soutien-gorge serré (sans armatures) permet de réduire ces symptômes. Il ne faut surtout pas masser les seins. Les poches de glace peuvent aussi vous soulager. Vous pouvez éventuellement prendre un antalgique.

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