L'ovulation est un processus physiologique essentiel du cycle menstruel féminin, marquant la libération d'un ovule mature par un ovaire. Comprendre l'ovulation est crucial, que ce soit pour optimiser les chances de conception, espacer les grossesses ou simplement mieux connaître son corps. Cet article explore en détail les symptômes et les signes associés à l'ovulation, les facteurs qui l'influencent et les méthodes pour la suivre.
Qu'est-ce que l'ovulation ?
L'ovulation est le moment du cycle menstruel où un ovaire libère un ovule prêt à être fécondé. En l'absence de contraception, c'est le point de départ d'une grossesse possible. Mais que l'on veuille ou non être enceinte, tout le cycle féminin s'articule autour de l'ovulation. L'ovulation a lieu chaque mois, de la puberté à la ménopause. En effet chaque femme a, dès sa naissance, un stock de plusieurs centaines de milliers de follicules ovariens. La majeure partie de ces follicules meure entre la naissance et la puberté ; il ne reste à ce moment-là que 300 000 à 400 000 ovocytes. Ce nombre va encore descendre à 1000 environ, au moment de la ménopause.
Le mécanisme de l’ovulation
Le cycle menstruel se divise en plusieurs phases :
- Phase folliculaire : elle débute le premier jour des règles et se termine avec l'ovulation. Elle est marquée par la maturation des follicules ovariens, stimulée par la production d'hormones folliculostimulantes (FSH).
- Ovulation : vers le 14ème jour du cycle, un pic de l'hormone lutéinisante (LH) provoque la rupture du follicule mature, libérant ainsi l'ovule dans la trompe de Fallope. Ce processus se déroule généralement sur une période de 24 à 36 heures.
- Phase lutéale : après l'ovulation, le follicule rompu se transforme en corps jaune, qui sécrète de la progestérone pour préparer l'utérus à une éventuelle grossesse.
- Menstruations : si l'ovule n'est pas fécondé, le corps jaune se désagrège et les hormones chutent, ce qui entraîne le détachement de la muqueuse utérine et le début des menstruations.
L’ovulation est un moment très important du cycle menstruel, car elle permet d’optimiser les chances de tomber enceinte ou, au contraire, d’éviter une grossesse.
Symptômes et signes de l'ovulation
Les symptômes se produisent juste avant et pendant l’ovulation. Ils apparaissent de façon très variable selon les femmes : ils peuvent être très marqués ou au contraire complètement absents. Les symptômes de l'ovulation peuvent donc vous aider à repérer le moment durant lequel une fécondation est possible. Voici les principaux indices que le corps peut manifester :
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- Changement d’aspect de la glaire cervicale : Quand un ovule se prépare à mûrir dans le corps de la femme, le col de l’utérus sécrète de la glaire cervicale, un symptôme clair d’ovulation. Pendant l’ovulation, la glaire cervicale (ou sécrétions vaginales) devient plus abondante, plus claire et élastique, semblable à du blanc d'œuf cru, plus fluide et filante de manière à capturer les spermatozoïdes et les transporter jusqu’à l’ovule. La glaire cervicale (au niveau du col de l’utérus) est une substance visqueuse, dont la texture et la consistance changent tout au long du cycle menstruel afin de favoriser la progression du spermatozoïde vers la trompe. Les altérations de cette glaire cervicale, tant en quantité qu’en terme de texture, peuvent indiquer des problèmes d’ovulation. La glaire est un symptôme majeur de l’ovulation mais il ne faut pas la confondre avec une infection, qui donne des pertes malodorantes, ni avec les pertes blanches, qui peuvent exister pendant toute la durée du cycle.
- Des douleurs dans le bas ventre : Certaines femmes peuvent sentir au moment de l’ovulation, une douleur dans le bas ventre, habituellement d’un seul côté. Connue sous le nom de « mittelschmerz », cette douleur (crampes) peut être ressentie d'un côté de l'abdomen. Si vous êtes attentives aux signaux de votre corps, vous pourrez parfois sentir cette douleur en bas du ventre, à gauche ou à droite, durant la période d’ovulation. Ce n’est pas une douleur forte, plutôt une sorte de pincement ou de crampe momentanée.
- Des seins gonflés et plus sensibles: Là encore, certaines femmes ont les seins plus sensibles et gonflés pendant l’ovulation. Pendant l’ovulation, certaines femmes vont avoir des seins sensibles et légèrement gonflés. Il arrive chez certaines femmes qu'une tension soit ressentie dans les seins. Ils deviennent plus lourds pendant cette période, tendant même à rendre douloureux les tétons. Ce signe est dû à l’augmentation des taux d’œstrogènes et de progestérone qui entraîne une dilatation des canaux lactifères des seins. Si vous faites souvent attention aux changements de votre corps, vous observerez ce fait sans grand effort. Par contre si tout ceci est nouveau pour vous, il faut commencer par pratiquer la palpation de vos seins. Il vous sera alors plus facile de lire ce signe d'ovulation.
- Une augmentation de la libido: Le pic d’œstrogènes qui se produit quelques jours avant l’ovulation entraînerait chez certaines femmes une augmentation du désir sexuel. L'augmentation des niveaux d'hormones pendant l'ovulation est à la base du renforcement du désir sexuel chez la femme. Cette sensation n'est pas remarquable chez toutes les femmes parce que les symptômes de l'ovulation varient d'une à l'autre. Mais, elle est notée chez la plupart.
- Une hausse de la température corporelle: Un peu avant l’ovulation, une légère baisse de la température corporelle (de plusieurs dixièmes de degré) peut apparaître. La température corporelle enregistrée dans le corps d’une femme immédiatement après le réveil et avant de se lever est appelée la température basale. La température au réveil est à un niveau assez bas avant l’ovulation. Pour la surveiller réellement, une prise quotidienne doit être effectuée quotidiennement à partir de la date de début des menstruations. Au début du cycle, la température corporelle est normale. Durant, la période d'ovulation, elle est légèrement plus élevée et demeure ainsi jusqu'à la fin du cycle. Les symptômes post-ovulatoires correspondent à une augmentation légère de la température, un peu au-dessus de 37°C le matin au réveil. Le lendemain de l’ovulation, la température du corps augmente de quelques dixièmes, 0,5 degré en moyenne. Le corps se maintient ensuite à cette température jusqu’aux règles suivantes. Vous ne pouvez pas ressentir ce changement de température, il est trop faible. En revanche, en cas de difficulté à démarrer une grossesse, il peut être intéressant d’établir votre courbe de température sur quelques mois (deux ou trois), pour mieux comprendre à quel moment vous avez le plus de chances de tomber enceinte.
Importance de la surveillance des signes d'ovulation
L’objectif de la surveillance des signes d’ovulation est de déterminer la date d’ovulation de la manière la plus précise possible. Pour ce faire, les différents symptômes du corps doivent être consignés et évalués mois après mois afin de déterminer avec précision si le follicule de l’ovaire s’est rompu. L’observation et la documentation des symptômes d’ovulation peuvent vous aider à déterminer vos jours fertiles.
Facteurs influençant l’ovulation
L’ovulation peut être influencée par plusieurs facteurs internes et externes :
- Le stress : qu’il soit physique ou émotionnel, il peut perturber l’équilibre hormonal et affecter l’ovulation. Le style de vie : le stress prolongé et chronique peut affecter la régulation hormonale et contribuer au syndrome des ovaires paresseux.
- Le poids : trop bas ou trop élevé, le poids peut affecter la régularité de l’ovulation en altérant les niveaux hormonaux.
- Un excès d’exercice : l’exercice excessif peut entrainer des perturbations hormonales et ainsi, affecter l’ovulation.
- L’alimentation : un déséquilibre alimentaire peut aussi affecter les cycles ovulatoires.
Par ailleurs, certains problèmes de santé peuvent également affecter l'ovulation. Il s’agit :
- Du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : il entraîne des cycles anovulatoires (sans ovulation) en raison d'un déséquilibre hormonal. le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une maladie endocrinienne qui engendre une surproduction de follicules, les règles seront irrégulières - le SOPK entraîne également une pilosité accrue, une prise de poids ou encore de l’acné. Quand l’ovulation survient après le 21ème jour du cycle, on parle d’ovulation tardive. Elle peuvent aussi accompagner une affection assez courante : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou des anomalies du fonctionnement de la thyroïde.
- De l’insuffisance ovarienne prématurée : aussi connue sous le nom de « ménopause précoce », cette insuffisance se caractérise par la perte de la fonction ovarienne avant l'âge de 40 ans.
- L’hyperprolactinémie : un taux élevé de prolactine, une hormone qui inhibe l'ovulation, peut perturber le cycle menstruel.
Comment repérer l'ovulation ?
Connaître ou reconnaître sa période fertile est un élément important pour tomber enceinte. Un cycle menstruel correspond au nombre de jours entre le 1er jour des règles et le 1er jour des règles suivantes. En théorie, un cycle dure 28 jours en moyenne et l’ovulation se produit au 14ème jour. Vous pouvez avoir des cycles de 25, 28 ou 35 jours : dans tous les cas, l’ovulation a lieu à peu près 14 jours avant les règles suivantes. L’ovulation n’a pas forcément lieu au 14ème jour après les règles : cela dépend de chaque femme. En revanche, la phase lutéale dure toujours 14 jours. C’est la durée de la phase folliculaire qui peut être plus longue ou plus courte. Il arrive que le cycle menstruel soit irrégulier. Tout d’abord, car les sécrétions hormonales fluctuent. On considère que les cycles sont irréguliers s’il existe une variation de plus au moins 5 jours, ce qui va perturber la date d’ovulation. Les cycles peuvent être irréguliers pour des raisons permanentes telles qu’une maladie ou plus ponctuels, comme la fatigue ou l’anxiété.
La période fertile d’une femme s’étend sur environ six jours : les cinq jours précédant l’ovulation et le jour de l’ovulation lui-même. Cette durée s’explique par la capacité des spermatozoïdes à survivre jusqu’à cinq jours, et par la durée de vie des ovules qui est d’approximativement 24 heures après leur libération. Les jours les plus fertiles sont la veille et le jour même de l’ovulation. C’est à ce moment là qu’une femme a le plus de chances de concevoir un bébé. Mais attention ! La période fertile dure plus longtemps que ces deux jours. En effet, le spermatozoïde masculin peut survivre trois jours environ dans le corps de la femme, après un rapport sexuel.
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Méthodes de suivi de l'ovulation
Plusieurs méthodes permettant de suivre son ovulation sont disponibles :
- La méthode du calendrier : elle consiste à noter la date du premier jour des menstruations de chaque cycle et à compter 14 jours pour déterminer la date approximative de l'ovulation. Ces calendriers vous aident à déterminer les jours fertiles sur la base d’un cycle menstruel qui est le même chaque mois. Cette méthode est souvent basée sur l’hypothèse que l’ovulation se produit toujours régulièrement au même moment du cycle.
- Le graphique de la température corporelle basale: mesurer la température corporelle chaque matin avant de se lever peut aider à identifier une augmentation pouvant être liée à l’ovulation. Un thermomètre basal connecté avec application ou un mini-ordinateur de cycle peuvent vous aider à documenter et à analyser vos symptômes d’ovulation.
- Les kits de test d'ovulation: ils détectent la présence de l'hormone lutéinisante (LH) dans l'urine, qui augmente juste avant l'ovulation. Différents tests d’ovulation permettent de détecter le pic de l’hormone lutéinisante (LH) produite par l'hypophyse entre 24 et 36h avant l’ovulation. Le test d’ovulation s’effectue sur les urines, où cette hormone est détectable. Si j’ai un désir de grossesse, je peux avoir recours à ces tests d’ovulation pour maximiser mes chances, associés à l’observation. Vous pouvez aussi utiliser des tests d’ovulation urinaire vendus en pharmacie : ils détectent avec précision les hormones qui indiquent l’ovulation. Des tests d’ovulation sont proposés en vente libre dans le commerce pour faciliter la mise en route d’une grossesse. Ces tests réagissent avec l’urine pour indiquer les jours où on a le plus de chance de tomber enceinte après un rapport sexuel. Les tests d’ovulation clearblue notamment, sont particulièrement connus mais il en existe d’autres comme ovulatest ou encore Suretest.
- La surveillance de la glaire cervicale: le fait d’observer les changements de la glaire cervicale peut aider à prédire l’ovulation. En option, vous avez la possibilité, dans l’application ou dans l’ordinateur de suivi du cycle, de saisir d’autres symptômes d’ovulation qui sont aussi importants pour identifier la période de fertilité. Si vous souhaitez par exemple observer la consistance de la glaire cervicale, vous pouvez y enregistrer les différentes consistances.
- Analyses de sang et échographie: Les analyses de sang et l’échographie sont également des méthodes utilisées par les professionnels de santé pour mesurer les niveaux hormonaux dans le premier cas, et pour surveiller la croissance folliculaire et l’ovulation dans le second cas. Vous pouvez également saisir le résultat d’un test de LH pour l’évaluer dans un second temps. De plus, il est possible de faire un relevé des douleurs ou des observations du col de l’utérus.
Par ailleurs, de nombreux outils et applications permettant de calculer sa période d’ovulation sont disponibles.
Précautions et mises en garde
- Attention aux douleurs aigües: Attention : si vous ressentez une douleur très aiguë et violente au bas du ventre, cela ne fait pas partie des symptômes de l’ovulation, c’est un problème gynécologique : grossesse extra-utérine ou kyste ovarien qui se rompt, par exemple.
- Ne pas confondre avec le syndrome prémenstruel: Certains symptômes ressentis pendant la période d’ovulation peuvent être confondus avec le syndrome prémenstruel qui annonce les règles. En revanche, les maux de tête ne sont pas des symptômes typiques de l’ovulation. Les symptômes psychologiques de l’ovulation diffèrent également de ceux du syndrome prémenstruel.
- Faire confiance aux tests d'ovulation: Si vous pensez détecter les symptômes d’une ovulation mais que le test est négatif, faites d’abord confiance au test.
- Irrégularités du cycle: Nous attirons votre attention sur le fait que divers éléments perturbateurs, tels que le niveau de stress ou la consommation d’alcool, peuvent affecter la température ainsi que d’autres symptômes liés à la fissure du follicule. Ceux-ci peuvent raccourcir ou allonger les jours non féconds et ainsi modifier la fertilité.
- Interprétation incorrecte des signes: De nombreuses femmes pensent que, parce qu’elles ne peuvent pas détecter l’ovulation, celle-ci n’a pas eu lieu. Cela peut être dû en partie à une observation incorrecte des signes - par exemple, un cycle supposé sans signaux d’ovulation peut s’avérer être un cycle avec un ovule rompu, dont la mesure était simplement imprécise ou les symptômes mal interprétés. Les douleurs abdominales, en particulier, sont souvent interprétées à tort comme un symptôme d’ovulation majeur.
- Après l'arrêt de la pilule: Il est important d’observer le cycle immédiatement après l’arrêt de la pilule. Parce qu’il peut fluctuer au début. De plus, au début, vous ne connaissez pas les symptômes « normaux » du cycle menstruel et vous pouvez alors mal interpréter les signes physiques.
- Fiabilité des symptômes: En ce qui concerne les symptômes de l’ovulation, une distinction est faite entre les symptômes plus fiables et ceux moins fiables. Les signes évaluables sont, par exemple, une augmentation de la température basale, que vous pouvez suivre à l’aide du cyclotest mySense. La consistance de la glaire cervicale est plus légère et plus fluide que d’habitude pendant les jours fertiles et elle peut être filée.
- Cycles sans ovulation: Dans certains cycles, il peut ne pas y avoir d’ovulation : on parle de cycle anovulatoire. Si vous n’avez pas de règles, ou si elles sont très irrégulières, l’ovulation ne se produit pas toujours.
- Ne pas utiliser comme moyen de contraception: Attention, ces calculs ne font en aucun cas office de moyen de contraception. Un certain nombre de femmes pensent qu’il est fiable de ne pas utiliser de contraception et risquent ainsi de tomber enceinte alors que ce n’est pas désiré. Il est donc essentiel de prendre un moyen de contraception, et d’être à l’écoute des premiers signes indiquant une grossesse.
Troubles de l'ovulation et "ovaires paresseux"
Dans certains cycles, il peut ne pas y avoir d’ovulation : on parle de cycle anovulatoire. Si vous n’avez pas de règles, ou si elles sont très irrégulières, l’ovulation ne se produit pas toujours.
Ovaires paresseux
Afin de comprendre en quoi consiste exactement une ovulation de mauvaise qualité ou le syndrome des ovaires paresseux, il faut savoir qu’un ovaire est appelé paresseux ou fatigué lorsqu’il ne produit pas les ovules qu’il devrait produire. Le terme « ovaires paresseux » n’est pas un terme standard en médecine.
L’irrégularité des cycles menstruels est un signe du syndrome des ovaires paresseux. Un syndrome prémenstruel plus intense et plus long que d’habitude pourrait indiquer des anomalies au niveau de l’ovulation ou même une anovulation. La libération irrégulière des ovules de la part de l’ovaire peut compliquer la conception et augmenter les défis liés au fait de vouloir être enceinte.
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Les causes du syndrome des ovaires paresseux peuvent être variées mais, dans de nombreux cas, elles sont difficiles à détecter.
Traitement des troubles de l'ovulation
Le traitement des troubles de l'ovulation dépend de la cause sous-jacente. Il peut s’agir :
- De changements du mode de vie.
- De médicaments pour stimuler l'ovulation.
- D’interventions chirurgicales dans certains cas.
- De traitements hormonaux permettant de rétablir l’ovulation régulière.
Lorsqu’il existe des problèmes d’irrégularité des cycles menstruels, une difficulté à concevoir ou bien un SPM très douloureux, il est normal de réaliser une étude afin d’en découvrir l’origine. Grâce à cette étude, on peut découvrir que les ovaires ne travaillent pas correctement. Le traitement est lié à la cause, qu’il s’agisse d’une anovulation (lorsque la femme n’ovule pas) ou lorsque l’on parle d’une ovulation de mauvaise qualité ou d’ovules paresseux, et aux besoins de chaque patiente.
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