Le rythme cardiaque d'un bébé pendant son sommeil est un sujet important pour les parents. Comprendre les différentes phases du sommeil, les variations normales du rythme cardiaque et les facteurs qui peuvent l'influencer peut aider à garantir le bien-être de votre enfant.

Les Phases du Sommeil chez le Bébé

Le sommeil du bébé est différent de celui de l'adulte. Il est divisé en plusieurs phases, chacune ayant ses propres caractéristiques.

Sommeil Agité (Équivalent du Sommeil Paradoxal)

À la naissance, le sommeil du tout-petit comprend principalement deux phases, en plus de l'endormissement : le sommeil agité, futur sommeil paradoxal, qui vient en premier et concerne 60% du cycle, et le sommeil lent, ou calme. Lors du sommeil agité, majoritaire, le bébé bouge les doigts, les bras, les jambes. L’activité de son cerveau est intense. Il « s’exprime » à travers une variété de mimiques en lien avec les 6 émotions primaires de tout être humain : la joie (sourires aux anges), mais aussi la colère, la surprise, la peur, le dégoût et la tristesse.

Sommeil Calme (Sommeil Lent)

Pendant le sommeil calme, le bébé reste immobile, son visage est détendu, la respiration est posée et régulière et les yeux demeurent fermés sans mouvements oculaires. À partir de 3 mois environ, le sommeil agité se transforme en sommeil paradoxal, mais conserve sa première place dans le train du sommeil. Il est alors suivi du sommeil lent léger, puis du sommeil lent profond. Ce n’est ensuite que vers l’âge de 9 mois que le sommeil paradoxal vient se positionner en dernier dans le cycle du sommeil, après le sommeil lent léger et le sommeil lent profond.

Évolution des Cycles de Sommeil

Vers deux mois, les cycles s’allongent et l’horloge interne est suffisamment mature pour permettre progressivement l’alternance jour-nuit. Certains nourrissons sont capables de faire des nuits de 8 à 9 heures à cet âge, d’autres sont plus lents à installer leur rythme. Le plus souvent, vers 4 mois, le bébé fait ses nuits. Entre 6 et 12 mois, l’organisation circadienne (autour des 24 h) du rythme veille/sommeil se consolide. La progression se poursuit avec des cycles qui s’allongent et se diversifient. Ainsi, vers 6-9 mois, leur durée s’approche des 70 mn et se compose de 3 phases avec du sommeil paradoxal, lent et lent profond. Vers 6 mois, le temps de sommeil totalise environ 14 h avec une variabilité de plus de 2 heures entre les bébés. La nuit représente maintenant environ 12 heures de sommeil, soit 10 à 12 cycles du sommeil (contre 5 à 6 chez l’adulte). À partir de 9 mois, le nombre de siestes diminue pour se reporter sur la durée de récupération nocturne. C’est vers 12-18 mois que le sommeil a acquis les caractéristiques du sommeil de l’adulte. La maturation du sommeil se poursuit donc avec une diminution de la durée totale qui se situe à 12 - 13 heures vers 3 ans. Entre minuit et 5 h du matin, des éveils peuvent subsister. Ils sont physiologiques et passent le plus souvent inaperçus car l’enfant se rendort seul. On observe aussi une augmentation du sommeil lent profond avec des phénomènes de parasomnies dès 3 ans. Vers 1 an, la sieste de fin d’après-midi disparaît avec un passage à 2 siestes par jour, l’une en fin de matinée et l’autre en début d’après-midi. Le bébé est de plus en plus éveillé dans la journée et il fait des nuits d’un sommeil plus continu et d’une durée d’une dizaine d’heures environ. Comme mentionné un peu plus tôt, la sieste du matin disparaît ensuite vers 18 mois. Seule la sieste en tout début d’après-midi persiste pour la grande majorité, soit 90 % des enfants de cet âge.

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Sommeil Paradoxal

Au même titre que le sommeil lent léger ou que le sommeil profond, le sommeil paradoxal constitue l’une des phases du cycle du sommeil. Chez l’adulte, il fait suite au sommeil lent, et constitue le dernier stade d'un cycle du sommeil. On parle de sommeil "paradoxal" quand la personne dort profondément, mais qu'elle manifeste ce qui peut s’apparenter à des signes d’éveil. L’activité cérébrale est intense. La respiration s’accélère par rapport aux phases précédentes du sommeil, et le rythme cardiaque peut aussi être irrégulier. Un cycle de sommeil dure environ 90 minutes. Notons que si l’on peut faire des rêves lors de tous les stades du sommeil, le sommeil paradoxal est particulièrement propice aux rêves. Durant le sommeil paradoxal, ils seraient particulièrement fréquents, mais aussi particulièrement intenses, agités. Le sommeil paradoxal change de place au sein du cycle du sommeil entre la naissance et l’enfance, et sa durée évolue également. Le sommeil paradoxal du bébé et de l’enfant se caractérise par un état agité alors que le corps est amorphe. Bien que l’on sache de plus en plus de choses sur le sommeil et ses différentes phases, notamment grâce aux nouvelles technologies dans le domaine de l'imagerie médicale, le sommeil paradoxal demeure encore bien mystérieux. Son rôle est encore flou. Si les processus de mémorisation relèvent plutôt du sommeil lent, le sommeil paradoxal pourrait aussi jouer un rôle dans la mémoire et dans la maturation du cerveau, notamment parce qu’il constitue une part importante du cycle du sommeil du nourrisson.

Rythme cardiaque du bébé pendant le sommeil paradoxal

Pendant le sommeil paradoxal, la respiration s’accélère par rapport aux phases précédentes du sommeil, et le rythme cardiaque peut aussi être irrégulier.

Rythme Cardiaque Normal chez l'Enfant

Le rythme cardiaque ou fréquence cardiaque est le nombre de pulsations (battements) cardiaques par minute. "Ce rythme cardiaque est déterminé par la fonction automatique de cellules spécialisées dans le muscle cardiaque" Le rythme cardiaque est toujours variable. Le rythme cardiaque s'accélère en cas d'effort, de stress, et même quand on expire. Le cœur est sous l'influence des tonus parasympathique et sympathique, le tonus parasympathique ralentissant le cœur, le tonus sympathique l'accélérant. La fréquence cardiaque est légèrement plus rapide chez les femmes que chez les hommes. Le rythme cardiaque est plus lent pendant la nuit. La fréquence cardiaque d’un enfant est, de base, plus élevée que celle d’un adulte. A l’effort maximal la fréquence cardiaque peut atteindre 220 -âge (en années) battement par minutes, soit pour un enfant de 5 ans : 215 battements par minute.

Comment mesurer le rythme cardiaque ?

Le rythme cardiaque peut être mesuré par le pouls. "Le pouls n'est pas le vrai reflet du rythme cardiaque, contrairement à un électrocardiogramme (ECG). La prise du pouls ne permet pas forcément par exemple de sentir un rythme irrégulier. La prise de pouls permet de dépister 5% des patients avec une fibrillation atriale. L'examen de référence pour mesurer le rythme cardiaque est l'électrocardiogramme (ECG). "Une personne qui a un rythme cardiaque lent et fait des syncopes doit bénéficier d'un électrocardiogramme (ECG), celle qui a des palpitations doit passer un ECG et parfois il faut avoir recours en plus à des appareils qui enregistrent le rythme cardiaque (Holter) sur 24h ou 3 jours, voire sur 3 ans avec un moniteur ECG implantable" Il existe aujourd'hui des montres connectées pour surveiller son rythme cardiaque. "Cela révolutionne la prise en charge des troubles du rythme. Cela a un intérêt pour des personnes à risque de troubles du rythme permettant ainsi de dépister des anomalies (comme des arythmies, irrégularités du rythme cardiaque) non perçues par les personnes. Les contractions cardiaques sont perceptibles en posant la main en regard du cœur chez tous les enfants minces. Ceci est d’autant plus vrai après l’effort.

Rythme Cardiaque Lent (Bradycardie)

Un rythme cardiaque lent est une bradycardie. Elle est définie par un cœur qui bat à moins de 50 pulsations par minute. La bradycardie peut avoir plusieurs causes, en dehors du ralentissement du cœur physiologique chez le sportif (40 battements par minute). "Tout d'abord une faiblesse des voies de conduction cardiaque (les cellules automatiques du muscle cardiaque) liée à l'âge. Cela entraîne un ralentissement cardiaque voire une syncope" Un stimulateur cardiaque permet de remplacer ces cellules automatiques défaillantes.

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Rythme Cardiaque Rapide (Tachycardie)

Lorsque le cœur s'emballe et que le rythme cardiaque est trop rapide (plus de 100 battements par minute), il s'agit d'une tachycardie. "Les anomalies qui vont provoquer une tachycardie régulière ou irrégulière sont soit dans les oreillettes, soit entre les oreillettes et le ventricule ou encore au niveau des ventricules" Le trouble du rythme le plus fréquent est la fibrillation atriale, qui est liée à une contraction anarchique des oreillettes et qui touche plutôt les personnes âgées de plus de 75 ans. "Les personnes obèses ou qui font des apnées du sommeil font plus facilement une fibrillation atriale" Elle entraîne un risque d'accident vasculaire cérébral (AVC). "Ce trouble du rythme se traite avec des médicaments, un choc électrique sous anesthésie générale ou avec une ablation par cautérisation des circuits anormaux du cœur. Dans certains cas la cryothérapie, traitement par le froid des zones anormales peut être préférée dans le traitement de la fibrillation atriale"

Battements cardiaques irréguliers

La cause la plus fréquente de battement cardiaque irrégulier chez l’enfant est l’arythmie respiratoire. Il s’agit d’une particularité normale du fonctionnement cardiaque de l’enfant se traduisant par une accélération de la fréquence cardiaque à l’inspiration et un ralentissement à l’expiration. A l’inverse l’enfant peut décrire spontanément de « ratés » de son cœur. Ces symptômes sont source d’une sensation désagréable voir angoissante qui peut parfois être décrite comme une douleur du cœur par l’enfant. Il s’agit le plus souvent d’une extrasystolie.

Bradycardie chez l’enfant

La bradycardie est définie par une fréquence cardiaque (Fc) inférieure à la Fc minimale pour l’âge. La bradycardie peut être simplement le signe d’un coeur d’athlète et d’une augmentation du tonus vagal ; dans ce cas, la Fc augmente à l’effort (ou lors des pleurs chez le nouveau-né). Cependant, la bradycardie peut être un signe de grande précarité des fonctions physiologiques et se compliquer de malaise grave, voire d’arrêt cardiaque. La bradycardie associée à une insuffisance circulatoire décompensée est le précurseur d’un arrêt cardiaque. La cause la plus fréquente est la bradycardie sinusale secondaire à une insuffisance respiratoire aiguë avancée, le plus souvent associée à une hypoxie profonde. Une bradycardie doit toujours faire l’objet d’une évaluation respiratoire et cardiovasculaire rapide.

Facteurs influençant le rythme cardiaque

Plusieurs facteurs peuvent influencer le rythme cardiaque d'un bébé, notamment :

  • L'âge : Le rythme cardiaque normal varie en fonction de l'âge de l'enfant.
  • L'activité : Le rythme cardiaque augmente pendant l'activité physique et diminue pendant le repos.
  • Le stress : Le stress et l'anxiété peuvent augmenter le rythme cardiaque.
  • La température : La fièvre peut augmenter le rythme cardiaque.
  • Certaines conditions médicales : Les problèmes cardiaques, les infections et d'autres conditions médicales peuvent affecter le rythme cardiaque.
  • La position de sommeil de la mère pendant la grossesse : Selon une étude, la position dans laquelle dorment les femmes enceintes pourrait influencer le rythme cardiaque du bébé.

Comment Favoriser un Bon Sommeil chez Bébé

Il est donc primordial que de bonnes habitudes soient prises dès le plus jeune âge, puisque la structuration du rythme veille/sommeil se met en place avant 3 ans.

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Aménagement de l'environnement de sommeil

Dans nos cultures occidentales, le jeune enfant vit les premiers mois de sa vie le plus souvent dans un berceau ou un lit. Le matelas sera ferme et bien adapté au lit pour que l’enfant ne s’y retrouve pas piégé. L’obscurité est optimisée pour la nuit. Le calme et le silence prédominent (chuchotements). La journée, par contre, la pièce où vit le bébé éveillé doit être bien éclairée. Il est souhaitable d’exposer le jeune enfant à la lumière du jour lors de promenades quotidiennes.

Co-dodo (co-sommeil)

Pour éviter la séparation mère-bébé, le co-dodo (co-sommeil) est de plus en plus choisi. Installer le berceau dans la chambre parentale pendant les 2 à 3 premiers mois, apaise les parents et favorise le lien d’attachement. La période d’allaitement en cours de nuit s’en trouve aussi facilitée. Le bébé se sent sécurisé lors des réveils nocturnes par la présence constante de l’adulte. Il est souvent recommandé d’installer progressivement bébé dans sa propre chambre dès qu’il commence à faire ses nuits, c’est-à-dire quand l’enfant parvient à dormir autour de 6 heures en continu. Le co-sommeil contribuerait à rendre les enfants plus confiants car plus sécurisés dès leur petite enfance et favoriserait également leur autonomie et leur socialisation. Par contre, dormir avec un nourrisson de moins de 6 mois dans son lit est dangereux. Cela augmente le risque de mort subite. Etouffement, poids de la couette, mauvaise régulation de la température, représentent un risque accru de mort subite inexpliquée du nourrisson. Le risque de suffocation est particulièrement important si le parent a consommé de l’alcool ou des somnifères, ou s’il est en privation de sommeil. Le « babyphone » est placé dans la chambre par des parents inquiets ou anxieux qui souhaitent entendre la respiration de leur nourrisson. Ces appareils d’écoute émettent des ondes, potentiellement nocives.

Peur du noir

Avant 2 ans, la peur du noir n’existe pas encore chez le nourrisson. C’est vers 2 à 3 ans que certains enfants ressentent une crainte de l’obscurité. La découverte et la prise de conscience de tout un monde parfois inquiétant, peut provoquer quelques appréhensions et angoisses. Certaines histoires, des images aperçues à la télévision, impactent aussi parfois l’imaginaire du petit en pleine évolution physique, psychologique et émotionnelle. Une attitude compréhensive et bienveillante de la part des adultes aidera à surmonter ces peurs qui s’apaisent plus qu’elles ne se raisonnent.

Alimentation et sommeil

Mettre son enfant au lit, même fatigué, ne suffit pas toujours à provoquer le sommeil. Sauf cas particuliers comme pour les prématurés ou les bébés très faibles, il est préférable d’éviter de réveiller un nourrisson pour le nourrir. Le mieux est de le laisser manger à la demande. A partir de 5 kg, soit autour de 8 semaines, les réserves énergétiques sont constituées. La sensation de sommeil est souvent liée à celle de satiété ressentie par le nourrisson après l’allaitement au sein ou au biberon. Les médecins du sommeil conseillent souvent de coucher l’enfant avant qu’il ne se rendorme. En effet, le bambin se sentira davantage en sécurité s’il retrouve le même environnement au réveil que lors de l’endormissement.

Rituels du coucher

Un rituel s’installe bien souvent progressivement au rythme de l’éveil du jeune enfant. C’est un donneur de temps qui rythme la journée et marque la transition vers le sommeil. Les chansons ou la musique accompagnent fréquemment l’endormissement du nourrisson puis la lecture et la séance « câlins » s’ajoutent au fil des mois. La présence du doudou, plus ou moins autour de 1 an, va quant à elle se substituer à la personne qui prend en charge le soin et le bien-être de l’enfant, la maman le plus souvent. Le doudou représente un lien sensoriel qui prolonge le contact avec cette personne et apaise la séparation pour glisser avec quiétude dans le sommeil. Un bébé a besoin de sucer plusieurs heures par jour et pas seulement pour s’alimenter. La succion permet de ralentir le rythme cardiaque et donc de l’apaiser. Certains bébés ont un besoin marqué de succion pour s’endormir. Entre le pouce et une tétine, le choix se pose parfois. Utilisée uniquement comme aide à l’endormissement et uniquement pour cela, la tétine, avec une taille adaptée à la morphologie de l’enfant, ne provoque pas de déformation de la cavité buccale.

Que faire en cas de pleurs ?

Une fois au lit, si des pleurs persistent et dans la mesure où l’attention et les soins apportés permettent de dire qu’il n’y a pas de problème particulier, il est conseillé d’éviter de le reprendre dans les bras, ceci pour lui apprendre à s’endormir seul en toute confiance. Si des pleurs persistent, il est recommandé d’aller le voir pour tenter de le rassurer, sans le prendre dans les bras et sans rester bien longtemps. Toutefois, le choix du « laisser pleurer » pour ne pas rendre l’enfant capricieux trouve encore ses défenseurs… Pourtant de nombreux pédiatres et pédopsychiatres s’entendent pour expliquer que des pleurs insistants provoquent un stress néfaste au développement du jeune enfant et peut même représenter un choc émotionnel nuisible à son équilibre mental.

Quand S'inquiéter ?

Il est important de consulter un médecin si vous remarquez des changements importants dans le rythme cardiaque de votre bébé, tels que :

  • Un rythme cardiaque constamment trop lent ou trop rapide.
  • Des pauses respiratoires pendant le sommeil.
  • Des épisodes de cyanose (coloration bleutée de la peau).
  • Des difficultés à s'alimenter ou à prendre du poids.
  • Une léthargie ou une irritabilité excessive.
  • Une perte de connaissance.

Il est important de noter que la bradycardie est le plus souvent un signe d’alerte grave de souffrance extracardiologique chez l’enfant, et nécessite alors une prise en charge rapide, voire urgente.

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