Le suivi du rythme cardiaque fœtal est un élément essentiel des visites prénatales, permettant aux professionnels de santé de surveiller le bien-être du bébé tout au long de la grossesse. Au troisième trimestre, cette surveillance devient particulièrement importante, car elle peut aider à identifier d'éventuels problèmes et à prendre les mesures nécessaires pour assurer une naissance en toute sécurité.

Importance du Suivi du Rythme Cardiaque Fœtal

Lors des consultations prénatales, le gynécologue-obstétricien écoute attentivement le cœur du fœtus à l'aide d'un appareil à ultrasons. Ce suivi, qui commence dès la troisième semaine de grossesse, est un rituel important. Les pulsations cardiaques fœtales sont naturellement plus rapides que celles d'un adulte, se situant généralement entre 120 et 160 battements par minute (BPM). Des variations dans ce rythme sont normales, mais des irrégularités persistantes peuvent nécessiter une investigation plus approfondie.

Rythme Cardiaque Fœtal Normal : Ce Qu'il Faut Savoir

En terme médical, on dit qu’un rythme cardiaque fœtal de base est normal quand il se situe entre 110 et 160 battements par minute (BPM), avec des ralentissements ou des accélérations, le plus souvent brefs, entre 100 et 180 BPM. C’est ce qu’on appelle une variabilité normale. Le RCF est environ deux fois plus rapide que le cœur d’un adulte ! Mais gardez bien en tête qu’il varie d’un bébé à un autre.

Variabilité et Accélérations

Chez les bébés en bonne santé, les mouvements qu’ils effectuent ou les stimuli extérieurs entraînent une accélération du rythme cardiaque. Lors de la lecture d’une CTG, le personnel médical est attentif aux accélérations et aux ralentissements.

Bradycardie et Tachycardie

Un rythme inférieur à 110 battements par minute pendant plus de 10 minutes est synonyme d’une bradycardie. C’est un petit cœur qui bat trop lentement. À savoir que cette anomalie du rythme peut être le signe d’une souffrance fœtale. La tachycardie est une accélération du rythme cardiaque fœtal, dépassant les 160 battements par minute sur un temps prolongé.

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Méthodes de Surveillance du Rythme Cardiaque Fœtal

Plusieurs méthodes sont utilisées pour surveiller le rythme cardiaque fœtal, chacune ayant ses propres avantages et indications.

Auscultation Intermittente

L'auscultation intermittente, réalisée à l'aide d'un Doppler fœtal, permet d'écouter le rythme cardiaque du bébé pendant de courtes périodes lors des consultations prénatales. C’est presque un rituel lors des sept visites prénatales qui jalonnent la grossesse pour suivre le développement du fœtus. Le gynécologue-obstétricien écoute pendant quelques minutes le cœur de votre bébé - il commence à battre dès la troisième semaine - grâce à un appareil à ultrasons. Si le rythme cardiaque semble irrégulier, il est enregistré plus longuement.

Cardiotocographie (CTG) ou Monitoring Fœtal

La CTG permet d’enregistrer la fréquence cardiaque du bébé et les contractions de la mère. On parle aussi de « monitoring fœtal ». Cela signifie que l’on contrôle simultanément le rythme cardiaque du bébé et les muscles de l’utérus de la mère. Cet examen n’est en général pratiqué qu’à la naissance ou à proximité de cette dernière. Cependant, il peut aussi être réalisé en cas de suspicion de contractions prématurées ou par précaution, en cas de version par manœuvre externe. Lors de l’accouchement, la CTG permet de contrôler en permanence comment le bébé supporte les contractions. Dans l’utérus, la fréquence cardiaque du bébé est d’env. 120 à 160 battements par minute.

Interprétation de la CTG

Lors de la lecture d’une CTG, le personnel médical est attentif aux accélérations et aux ralentissements. L’interprétation d’une CTG est complexe.

Écho-Doppler Couleur

Cet examen, aussi nommé « écho-doppler couleur » constitue une forme d’échographie spéciale qui permet de visualiser le fonctionnement de divers vaisseaux sanguins. Elle permet de contrôler le flux sanguin vers et depuis l’utérus, le placenta et la tête du bébé.

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Anomalies du Rythme Cardiaque Fœtal : Que Faire ?

Dans 1 à 2 % des grossesses, une anomalie du rythme cardiaque (ou ARCF) est détectée chez le fœtus. Si un rythme cardiaque pose question, la maman et son fœtus seront suivis de près et une réévaluation régulière sera installée jusqu’à l’issue de la grossesse.

Bradycardie

La bradycardie qualifie un ralentissement prolongé du rythme cardiaque du futur bébé (en deçà de 120 battements par minute pendant plusieurs minutes) - normalement de 120 à 160 pulsations par minute - avec des variations permanentes. Dans le cas d’un cœur qui ralentit et montre des signes de faiblesse au monitoring, on parle rapidement de souffrance fœtale, surtout si l’anomalie ne se corrige pas rapidement.

Tachycardie

La tachycardie est une accélération du rythme cardiaque fœtal, dépassant les 160 battements par minute sur un temps prolongé. Celle-ci peut être due à une infection du bébé, de la mère et/ou à une fièvre maternelle.

Extrasystoles

Les extrasystoles sont des irrégularités du rythme cardiaque fœtal, particulièrement fréquentes en fin de grossesse. Ces extrasystoles sont habituellement bénignes et ne justifient pas de traitement, mais doivent être surveillées jusqu’à la fin de la grossesse pour dépister une éventuelle tachycardie supraventriculaire.

Facteurs Influant sur le Rythme Cardiaque Fœtal

Plusieurs facteurs peuvent influencer le rythme cardiaque fœtal, notamment :

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  • L'âge gestationnel: Le rythme cardiaque fœtal diminue légèrement à mesure que la grossesse progresse.
  • L'activité fœtale: Les mouvements du bébé peuvent entraîner des accélérations temporaires du rythme cardiaque.
  • La santé maternelle: Des problèmes de santé chez la mère, tels que la fièvre ou l'infection, peuvent affecter le rythme cardiaque fœtal.
  • Les médicaments: Certains médicaments pris par la mère peuvent également influencer le rythme cardiaque du bébé.

Autres Examens et Surveillances

Mesure de la Hauteur Utérine

A l’aide d’un mètre de couturière, le médecin ou la sage-femme mesure la hauteur utérine - distance entre le bord supérieur du pubis et le fond de l’utérus. « Grâce au volume utérin, nous estimons le volume du bébé, explique le Dr Bernard Maria, chef de service de la maternité de Villeneuve-Saint-Georges. Nous obtenons ainsi des données précises sur son poids, à 300 g près. » Mois après mois, l’équipe contrôle l’évolution normale de ce bébé en fonction du stade de la grossesse : à 4 mois, la hauteur utérine se situe autour de 16 cm, à 6 mois autour de 26 cm, etc. Si la mesure de la hauteur utérine s’écarte vraiment des standards, le médecin cherche à en connaître la cause. Le bébé est peut-être trop petit, dans ce cas il fera l’objet d’une surveillance accrue tout au long du suivi du développement du foetus.

Échographies

Dès la première échographie (12e semaine d’aménorrhée), le spécialiste s’assure que le cœur et les membres ne présentent pas d’anomalies particulières. Mais c’est surtout lors de l’échographie du deuxième trimestre (22e semaine d’aménorrhée) qu’il passe en revue les différents organes : la tête avec le contour du crâne, le cerveau et le visage, la nuque et toute la colonne vertébrale, le thorax, le cœur, les poumons et le diaphragme. Mais aussi l’abdomen, l’estomac, le foie, la vessie, les reins, les organes génitaux externes, les bras et les jambes. Au troisième trimestre (32e semaine), il peut encore dépister des malformations qui n’ont pu l’être avant. Durant toute la grossesse et le développement du foetus, l’échographiste vérifie que le liquide amniotique est en quantité suffisante. C’est important car il protège votre bébé des chocs, mais aussi des germes éventuellement présents dans le vagin. Il lui apporte également de l’eau et des sels minéraux. Il n’en faut ni trop ni trop peu ! Bien sûr, les médecins ne s’inquiètent qu’en cas de variations vraiment importantes. L’excès de liquide, ou hydramnios, peut être le signe d’une anomalie fœtale et provoquer un accouchement prématuré. Quant au placenta, l’échographiste contrôle qu’il est bien placé, surtout en fin de grossesse.

Dépistage de la Trisomie 21

Le suivi de la grossesse et du développement du foetus sert notamment à vérifier que le bébé ne souffre pas d’anomalies génétiques. Parmi elles, la trisomie 21. Son dépistage se déroule en trois étapes. La première échographie permet de mesurer la clarté nucale. C’est l’épaisseur de la zone située, au niveau de la nuque, entre la peau et les vertèbres. Plus elle est importante, plus le risque est important. Le médecin poursuit alors ses investigations et prescrit une prise de sang, appelée HT21.Trois composants (les marqueurs sériques) sont analysés : l’alpha-fœto-protéine, l’hormone chorionique gonadotrophique (hCG) et l’œstriol. Les résultats de l’échographie et de l’HT21 permettent d’évaluer le risque : s’il est élevé, une amniocentèse est proposée. Ce prélèvement de liquide amniotique permet d’analyser les chromosomes du bébé - son patrimoine génétique - et de dépister, éventuellement, une trisomie 21. Plus rare, un autre examen permet de rechercher d’autres maladies génétiques. C’est la biopsie du trophoblaste (le futur placenta), qui consiste à en prélever vers la 10e semaine quelques cellules pour étudier le caryotype du bébé (ses chromosomes).

Surveillance en Cas de Rhésus Négatif

Si vous êtes Rhésus négatif et votre conjoint Rhésus positif, vous aurez droit à une surveillance un peu particulière pour suivre le développement du foetus (les autres combinaisons ne posent aucun problème). En effet, votre bébé peut être Rhésus positif, comme son papa. Dans ce cas-là, votre organisme réagit comme s’il s’agissait d’une substance étrangère qu’il faudrait combattre. Il fabrique alors des anticorps qui peuvent détruire les globules rouges du bébé, provoquant ainsi une anémie sévère, parfois mortelle. Afin d’éviter ce processus, les médecins recherchent, grâce à une prise de sang, la présence de ces anticorps, les agglutinines irrégulières anti-D, dans votre organisme. Et vous recevrez, à six mois de grossesse, une injection de gammaglobulines anti-D pour empêcher ces anticorps d’entrer en action. En réalité, le risque qu’ils attaquent le bébé est faible : c’est lors d’une prochaine grossesse, si le deuxième bébé attendu est lui aussi Rhésus positif, que votre réaction immunitaire pourrait être plus virulente. Le risque serait alors bien réel pour votre enfant ! D’où cette mesure de prévention réalisée dès la première grossesse.

Dépistage des Infections Materno-Fœtales

Lors de la première consultation, le médecin vous prescrit une prise de sang, dont il examine les résultats au cours de la deuxième visite. Il s’assure ainsi que vous ne souffrez pas d’une infection transmissible à votre bébé. On parle d’ailleurs d’infections materno-fœtales. La toxoplasmose : les résultats de la prise de sang révèlent la présence d’une grande quantité d’anticorps spécifiques à la toxoplasmose ? Cela signifie que vous avez été contaminée par le parasite responsable de cette maladie, le Toxoplasma gondii, avant d’être enceinte. Vous êtes donc protégée, et votre bébé aussi. Mais il arrive que la sérologie soit négative. Vous devrez alors suivre quelques règles simples pour ne pas l’attraper. Ne manger que de la viande très cuite ; se laver régulièrement les mains ; jardiner et changer la litière du chat avec des gants, laver les fruits et les légumes ; éviter les crudités au restaurant. En plus de ces précautions, une prise de sang mensuelle permettra de s’assurer que vous n’avez pas attrapé la maladie. C'est très important parce que la toxoplasmose peut être à l’origine de malformations graves du fœtus, surtout s’il est contaminé au cours du premier trimestre. Heureusement, les transmissions se font rarement en début de grossesse. Elles sont plus fréquentes vers le troisième trimestre et, à cette période, les risques pour le bébé sont quasi nuls. Si, malgré tout, vous êtes contaminée au cours de ces neuf mois, les médecins procèdent à une amniocentèse, dès la 18ème semaine d’aménorrhée. Si les résultats prouvent que le bébé a été en contact avec le parasite, vous recevrez un traitement antibiotique. La rubéole : si la prise de sang est positive - vous avez des anticorps spécifiques à cette maladie -, vous êtes protégée et votre bébé aussi. Si ce n’est pas le cas, vous aurez une prise de sang mensuelle jusqu’au quatrième mois de grossesse (au-delà, la transmission est sans gravité pour le bébé) pour s’assurer que vous n’avez pas contracté la maladie. Une fois votre bébé né, pensez à vous faire vacciner. En attendant, comment vous protéger durant la grossesse ? Pas facile car il s’agit d’une maladie infantile fréquente ! Le cytomégalovirus : ce virus de la famille de l’herpès, très présent dans notre environnement (dans les crèches et les maternelles notamment), est responsable d’infections qui passent le plus souvent inaperçues. Le problème, c’est que vous pouvez être contaminée plusieurs fois dans votre vie sans que cela vous confère une quelconque protection contre la maladie. La contamination du fœtus est le plus souvent sans conséquence. Mais elle peut, dans certains cas très rares, être à l’origine de complications neurologiques graves, visibles seulement à l’échographie. Les experts français se sont prononcés contre un dépistage systématique par prise de sang puisque, au bout du compte, on ne peut malheureusement proposer aucun traitement à la future maman et à son bébé. L’hépatite B : une prise de sang est systématiquement demandée au sixième mois. La transmission se fait généralement en fin de grossesse ou pendant l’accouchement, mais elle reste rare. Le sida : aujourd’hui les futures mamans séropositives sont très bien suivies (elles reçoivent un traitement antirétroviral), et leur bébé est surveillé de près ! Quand le terme approche, le médecin contrôle la charge virale de la future maman en évaluant la quantité de virus présent dans le sang. Si elle est élevée, le gynécologue-obstétricien opte pour la césarienne car cela réduit les risques de transmission. Si la charge virale est faible, un accouchement par les voies naturelles est possible.

Les Dopplers Portables : Une Fausse Bonne Idée ?

Les dopplers portables ont le vent en poupe et séduisent de nombreux futurs parents qui désirent entendre les battements du cœur de leur futur bébé, plus souvent qu’une fois par mois. Ces appareils fonctionnent avec des piles et disposent d’une puissance de 2 à 2,9 MH, sans danger pour le fœtus, pour capter le flux sanguin de son cœur. Les battements du cœur du fœtus sont modélisés sur un écran LCD du doppler, mais de façon moins précise qu’un appareil professionnel. S’il est utilisé pour le plaisir, cela reste un objet intéressant. Mais son usage ne doit pas virer à l’obsession, ni à l’analyse du rythme cardiaque et à l’interprétation de possibles anomalies, sous peine de devenir une source d’angoisse. En effet, selon la position du fœtus, la captation peut être différente, voire mauvaise, d’une session à l’autre.

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