L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet sensible, entouré de nombreuses questions éthiques et médicales. Cet article se concentre sur les risques de cancer de l'utérus après une IVG, en s'appuyant sur des études et des données existantes. Il est essentiel d'aborder ce sujet avec rigueur scientifique, en évitant les idées reçues et les affirmations non fondées.
Influence de l'IVG sur la Santé des Femmes
Les conséquences de l'IVG pour la santé des mères peuvent être de trois ordres :
- Conséquences physiques
- Conséquences psychosomatiques : le corps de la femme est atteint d’un véritable problème de santé, mais celui-ci est provoqué par sa souffrance psychique.
- Conséquences psychiques ou psychiatriques.
Risques Infectieux et Complications Physiques
Après une IVG, les risques infectieux, tels que les infections à chlamydiae et les endométrites post-abortum, représentent une préoccupation majeure. Des études indiquent que c'est le risque le plus fréquent, touchant 1 à 5 % des cas. Cherline Louissaint souligne que l'augmentation de ces risques est proportionnelle au trimestre de grossesse. Le site de la Fédération du Planning Familial américain mentionne lui-même la possibilité de ces risques.
L'IVG par aspiration peut endommager les organes de reproduction et provoquer des problèmes à long terme qui mettent en jeu de futures grossesses. La Maladie inflammatoire pelvienne (MIP) est une pathologie grave et heureusement assez rare. Mais c’est une cause directe de stérilité qui peut mettre la santé de la mère en danger. La MIP augmente aussi le risque de grossesses extra-utérines. Des études ont montré qu’environ un quart des femmes qui ont une infection à chlamydia (maladie sexuellement transmissible) au moment de leur IVG (contre 5% des femmes qui ne l’ont pas) seront susceptibles d’avoir une MIP dans les 4 semaines qui suivent l’avortement.
Lors d’une nouvelle grossesse menée à terme, il peut y avoir un risque plus important de Placenta praevia (localisation anormale du placenta) qui peut être responsable d’hémorragies sévères au cours du troisième trimestre de la grossesse. Il augmente les risques de malformations, de mortinatalité (bébé mort-né), et les saignements excessifs pendant l’accouchement. Il y a un risque significativement accru de grossesses extra-utérines ultérieures après une IVG. La GEU reste un événement grave et qui peut conduire à des problèmes d’infertilité. Infection de l’endomètre. Cette infection peut être causée par des gestes endo-utérins traumatiques au cours de l’IVG chirurgicale, Ces infections (rares heureusement) peuvent mettre en jeu le pronostic vital.
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Les femmes qui ont subi un, deux, ou plusieurs IVG sont, respectivement, 1,89- 2,66 ou 2,03 fois plus susceptibles d’accoucher prématurément que les autres mères. Il faut noter que les tentatives de suicides d’adolescentes sont 6 fois plus élevées dans les 6 mois qui suivent une IVG chez l’adolescente que chez celles qui n’ont pas avorté. Il y aussi des problèmes de stérilité. Ainsi par rapport aux adolescentes ayant mené leur grossesse à terme, celles qui ont avorté rencontrent davantage de risques de complications immédiates et de risques de stérilité à long terme.
Risques Psychosomatiques et Psychiques
De nombreuses femmes témoignent de troubles psychosomatiques à long terme après un avortement. Ces problèmes de santé sont réels : il ne faut pas confondre les problèmes de santé psychosomatiques avec l’hypocondrie, où la personne croit être malade sans l’être. Le Docteur Pascale Pissochet mentionne des témoignages de migraines, des troubles fonctionnels abdominaux, des douleurs abdominales, des troubles du sommeil et des troubles de la sexualité.
Comme la fausse couche, l’avortement est la perte d’un enfant, et entraîne un deuil. Les femmes ayant avorté présentent un risque d’être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l’accouchement ou l’avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est de 37 % plus élevé (ou de 65 %, selon une autre étude). Sans antécédents psychiatriques, les risques d’auto-mutilation sont de 70 % plus élevés pour les femmes ayant mis fin à leur grossesse que pour les femmes qui ont accouché. Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes (155 % plus), tandis que celles qui ont accouché d’un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes.
Elles ont souvent de grandes difficultés à exprimer leurs émotions. Sans intervention thérapeutique, ces troubles peuvent évoluer vers un état de stress post-traumatique, qui est un trouble anxieux sévère. Qu’ils commencent immédiatement ou non, ces troubles peuvent évoluer vers l’indifférence de la dépression, ou vers une hypersensibilité au monde extérieur. L’avortement peut entraîner à long terme des sentiments de vide et de solitude, d’exclusion. Elles sont parfois saisies par le souvenir de l’IVG, qui les fait profondément souffrir. Leur souffrance peut être d’autant plus grande quand elles ont vécu plusieurs avortements.
Pour faire face à leurs souffrances psychiques et à leurs remords, certaines femmes tombent dans l’addiction à des substances anxiolytiques : médicaments, tabac, alcool, drogues. Une étude canadienne confirme que les risques de dépendance à la drogue et à l’alcool sont plus élevés respectivement de 142 % et de 287 % pour les femmes ayant avorté que pour celles ayant mené leur grossesse à terme. Malheureusement, il existe aussi une forme d’addiction à l’avortement. La souffrance même vécue dans cet acte peut conduire certaines femmes à le reproduire, comme pour essayer de changer ce qu’elles ont vécu, ou pour se donner la preuve que ce n’est pas un acte grave. Certaines sont comme écartelées entre leur désir de maternité et leur sentiment qu’il est impossible de vivre celle-ci. Cette répétition compulsive de l’avortement concernerait 45 % des avortements. Les conséquences psychiques et physiques d’une multiplication des avortements peuvent être très graves.
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La naissance d’un enfant ne compense pas un avortement passé. Par ailleurs, si la mère vit une dépression ou d’autres troubles psychiatriques suite à son avortement, cet état peut avoir des conséquences sur la relation avec ses enfants, et même nuire à l’attachement à un nouveau bébé et conduire parfois à de la maltraitance. La maltraitance commise par une mère ayant avorté peut s’accompagner de paroles destructrices, comme : « C’est toi que j’aurais dû avorter ! Autre risque pour les enfants dont un membre de la fratrie a été avorté : peut-être que leurs parents ont avorté parce qu’ils croient en l’idéologie de l’enfant désiré, l’enfant qui répond à mon projet, et non l’enfant que j’accueille parce qu’il existe, parce qu’il est lui-même. Le risque, pour les enfants qui survivent à la planification, est qu’ils ne correspondent pas non plus à ce que leurs parents avaient désiré et planifié.
Suite à leur avortement, certaines femmes peuvent ressentir de la haine envers leur conjoint, un dégoût de la sexualité, voire un rejet envers tous les hommes. Des dysfonctionnement sexuels se produisent chez 31 % des femmes ayant avorté et chez 18 % de leurs conjoints.
Certains hommes sont indifférents à l’avortement de leur compagne. D’autres ont fait pression sur celle-ci pour qu’elle avorte. Mais l’avortement est souvent décidé d’un commun accord, parce que les deux parents pensent que leur situation ne leur permet pas d’accueillir l’enfant. Parfois aussi, la femme avorte à l’insu du père, qui ne sait pas toujours qu’elle a été enceinte. Le Docteur Pissochet mentionne une étude comparative entre hommes et femmes, qui montre que, si les femmes sont 56,9 % à vivre une détresse psychologique après un avortement, les hommes sont tout de même 40,7 %.
Impact sur les Grossesses Ultérieures
Le 3 mars 2022, le délai légal pour avorter en France est passé de 12 à 14 semaines de grossesse. À cette occasion, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a exprimé ses inquiétudes. La technique pour avorter à 14 semaines n’est pas la même que celle pour avorter à 12 semaines. Gènétique révèle que : « Si l’avortement est chirurgical, ‘‘il faut dilater beaucoup plus le col’’, pointe le Dr Cyril Huissoud, avec de potentielles conséquences pour les futures grossesses. Les potentielles faiblesses ou béances cervicales occasionnées par l’avortement pourraient conduire ultérieurement ‘‘à des fausses couches tardives ou à des menaces d’accouchement prématuré’’.
Le fait d'avoir eu recours à la voie médicamenteuse pour un avortement n'entraîne pas plus de risques pour une grossesse ultérieure qu'avec la méthode chirurgicale. C'est ce que démontre l'article d'une équipe américano-danoise publié dans le New England Journal of Medicine du 16 août. De nombreuses études avaient en effet déjà montré qu'une interruption volontaire de grossesse (IVG) chirurgicale au cours du premier trimestre n'accroissait pas le risque de grossesse extra-utérine, d'avortement spontané, de naissance avant terme ou de petit poids des bébés lors des grossesses suivantes.
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En 2000, plus de 3 millions de femmes à travers le monde avaient eu recours à cette dernière combinaison. En France, comme en Suède ou en Ecosse, elle est utilisée pour plus de la moitié des IVG.
Jasveer Virk et ses collègues ont donc analysé les données recueillies auprès de plus de 30 000 Danoises ayant eu une IVG pour une raison non médicale entre 1999 et 2004. Sur ce total, ils ont retenu les dossiers correspondant à 11 814 grossesses. Un tiers des femmes (2 710) avaient bénéficié de la méthode médicamenteuse et 9 104 avaient subi une intervention chirurgicale. Les chercheurs ont constaté qu'il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes pour les grossesses extra-utérines, les avortements spontanés, les naissances prématurées et les naissances d'enfant de petit poids.
IVG et Risque de Cancer : Qu'en disent les Études ?
En ce qui concerne un risque de cancer du sein plus important pour les femmes ayant avorté que pour les femmes ayant mené une grossesse à terme, les études se contredisent. D’après une étude indienne de 2014, l’avortement affaiblit le tissu musculaire des seins, ce qui est une cause de sensibilité accrue aux cellules cancérigènes. Cherline Louissaint explique que le risque de cancer du sein est corrélé avec la quantité d’œstrogènes sécrétés durant la vie. En 2005, le Collectif « 30 ans ça suffit ! » expliquait que l’augmentation des risques de cancer du sein liée à l’avortement était élevée surtout pour les femmes n’ayant jamais accouché d’un premier enfant.
Dans le corps la femme enceinte, le niveau de plusieurs hormones augmente nettement. Trois d’entre elles : l’œstradiol, la progestérone, et surtout la hCG, stimulent les cellules des seins pour les faire parvenir à maturité. Un avortement provoque la chute brutale des niveaux de ces hormones, alors que les seins sont en plein processus de maturation.
Plusieurs études, dont l'enquête publiée dans The LANCET en 2018, ont démontré que la consommation régulière d’alcool (> 6g/jour) augmente le risque de récidive et de décès par cancer du sein sans affecter la survie globale. En pratique, le risque lié à l’alcool est majoré après la ménopause, si vous êtes en surpoids et si vous êtes porteuse d'une tumeur n'exprimant pas les récepteurs hormonaux (RH+). Il existe une relation entre le cancer du sein et l’usage du tabac.
A l’occasion du séminaire européen, qui s’est tenu à Bruxelles à la COMECE le 22 juin dernier sur « La prévention de l’avortement en Europe », Cherline Louissaint, avocat, est revenue, études à l’appui, sur les risques médicaux encourus par les femmes qui ont recours à l’IVG. Bien que les avis ne soient pas unanimes sur le fait que l’avortement ait potentiellement un impact direct sur le cancer du sein, la grande majorité des études sur la question établissent un lien entre avortement et cancer du sein.
Les études médicales citées sur "Avortement.net" parlent de "dépression clinique suite à un avortement" ou affirment que "les adolescentes qui avortent sont plus susceptibles d'éprouver ultérieurement des problèmes psychologiques que celles qui donnent naissance à un enfant non désiré". Sur IVG.net, on parle d'un "syndrome post-IVG". Mais, là encore, les études avancées par ces sites sont douteuses. Sur "Avortement.net", en photo ci-dessus, on s'appuie sur une étude, encore américaine, menée en 2002. Sur le site du British Medical Journal, qui l'a publiée, elle est mise en doute dans la lettre d'un expert puis contredite dans une nouvelle étude publiée en 2005.
"IVG.net" et "Avortement.net" avancent tous deux que l'avortement entraîne une augmentation du risque de cancer. Là encore, les études mises en avant ne portent pas sur la France, datent, sont menées par des chercheurs isolés et parfois déformées pour accréditer la thèse d'un lien entre cancer et IVG. "Les femmes sont prévenues que la rétention placentaire et l'hémorragie sont des risques de l'IVG", explique le docteur Sarfati. Mais il n'existe pas, selon lui, de corrélation entre l'IVG et les cancers, de quelque nature que ce soit. "Si chaque fin de grossesse est une cause de cancer, ça se saurait", réfute-t-il. Dans une démonstration douteuse, "Avortement.net" explique que l'augmentation du risque de cancer des poumons est "probablement due à une plus grande consommation de tabac en post-IVG". Il s'agit là d'une "mauvaise compréhension du cancer du poumon", estime Marc Sarfati. "Si à chaque dispute avec votre patron vous fumez et vous attrapez le cancer, ça se saurait aussi".
Selon certains, l’avortement constituerait un risque pour la santé sur le long terme. Il conduirait notamment à une augmentation du risque de cancer (col de l’utérus, seins). Ceci est faux !
Assistance Médicale à la Procréation et Risque de Cancer de l'Utérus
Une étude publiée dans le BMJ et menée sur plus de 255.000 femmes suivies durant 8,8 ans en Grande-Bretagne suggère qu’il n’y aurait pas d’augmentation du risque de cancer endométrial chez les femmes qui ont bénéficié d’une assistance à la procréation. Les risques de cancer du sein au global et de cancer du sein invasif ne seraient pas augmentés non plus. En revanche, il pourrait y avoir un léger sur-risque de cancer du sein in situ. Ce risque augmenterait avec le nombre de cycle de FIV effectué. Une augmentation du risque de cancer de l’ovaire (invasif et tumeur borderline) a également été observée mais serait limitée aux femmes présentant d’autres facteurs de risque connus, donc elle pourrait plus être liée aux caractéristiques des patientes qu’au traitement pour FIV.
La reproduction médicalement assistée implique des expositions à des taux supra-physiologiques d’oestradiol, de gonadotrophines exogènes et à de multiples ponctions ovariennes, toutes potentiellement cancérigènes. Les cancers les plus impliqués seraient les cancers du sein, de l’utérus et des ovaires. L’augmentation du risque de cancer chez les femmes bénéficiant de FIV reste mal établie. Certaines études ont suggéré une potentielle augmentation du risque de cancer du sein chez des femmes ayant été traitées lorsqu’elles étaient jeunes par de multiples cycles ; d’autres études ayant évalué le risque de cancer de l’endomètre ont manqué de puissance ; d'autres études anciennes ont suggéré l’augmentation du risque de cancer de l’ovaire post-FIV, alors que des données les plus récentes étaient plus rassurantes et globalement peu ont porté sur des populations de grande envergure. Il était donc utile d’avoir des données menées sur une large population.
Étude populationnelle basée sur une cohorte de femmes ayant bénéficié d’une assistance à la reproduction en Grande-Bretagne, entre 1991 et 2010. Les données ont été enregistrées dans la Human Fertilisation and Embryologie Authority (HFEA). Ces données ont été liées aux données du registre national du cancer.
Les résultats de cette étude n’ont mis en évidence aucune augmentation significative de cancer du corps de l’utérus durant le suivi moyen de 8,8 ans chez les femmes ayant bénéficié d’une assistance à la procréation. Aucune augmentation significative du risque de cancer du sein au global ou plus spécifiquement du cancer du sein invasif n’a été mise en évidence. Les analyses ont cependant mis en évidence une augmentation du risque de cancer du sein in situ, et ce risque a été associé à une augmentation du nombre de cycles de procréation assistée. Le risque du cancer des ovaires a également été augmenté, que ce soit le risque de cancer ovarien invasif ou le risque de cancer de tumeur borderline.
Facteurs de Risque Généraux du Cancer du Sein
Il est important de noter que plusieurs facteurs de risque généraux peuvent influencer le développement du cancer du sein, indépendamment de l'IVG.
- Facteurs hormonaux : La réduction de la durée totale de la période ovulatoire conduit à un risque de cancer plus faible. Les femmes n'ayant jamais eu d'enfants ou qui ont eu leur premier enfant tardivement, après l'âge de 30 ans, ont un risque légèrement accru de cancer du sein. Le risque de cancer du sein diminue à chaque naissance et avec un allaitement long (6 mois et plus).
- Contraception orale et THS : Le rôle des contraceptifs oraux dans le cancer du sein n'est pas encore bien défini. Le léger surrisque de cancer du sein qui s’estompe progressivement après l’arrêt de la prise de la contraception. Les œstrogènes sont prescrits pour atténuer ou prévenir les symptômes de la ménopause.
- Antécédents médicaux : Les mastopathies hyperplasiques épithéliales avec atypies cellulaires sont un facteur de risque reconnu. Les femmes, qui ont déjà eu des biopsies ayant permis de diagnostiquer une hyperplasie atypique bénigne, ont un risque plus élevé de cancer du sein. Une femme ayant eu un cancer dans un sein a 3 à 4 fois plus de risque de développer un nouveau cancer dans l'autre sein ou dans une autre partie du même sein. Les femmes ayant eu une radiothérapie du thorax étant plus jeune ou étant enfant, pour traiter un autre cancer, ont un risque plus élevé de cancer du sein. L'hyperthyroïdie est associée à une augmentation du risque de développer un cancer du sein.
- Hygiène de vie : Il existe une relation entre le cancer du sein et l’usage du tabac. On a longtemps pensé que l'alimentation riche en graisses pouvait augmenter le risque de cancer du sein. Cependant, à ce jour, il n’existe aucune preuve formelle de cette relation. Des études ont montré que l'exercice physique dans la jeunesse procurerait une protection contre le cancer du sein, et que même une activité physique modérée à l'âge adulte pourrait diminuer le risque de cancer du sein.
- Facteurs psychosociaux : Le rôle des événements douloureux de la vie comme un divorce, un décès, une perte d'emploi, et plus généralement le stress, sont réputés pour favoriser la survenue ou la récidive d'un cancer.
Désinformation et Sites Anti-IVG
Plusieurs sites internet, se présentant comme des plateformes d'aide et d'information sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), viseraient en réalité à dissuader les femmes qui envisagent d'avorter. L'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi relative à l'extension du délit d'entrave à l'IVG.
Le gouvernement estime que ces sites, tenus par des personnalités opposées à l'IVG, "délivrent un message exclusivement dissuasif" et recèlent de nombreuses affirmations sans fondement scientifique ou historique. Le site "IVG.net", par exemple, diffuse des informations inexactes, comme lorsqu'il affirme que les femmes ayant subi une IVG par aspiration sont plus exposées aux problèmes de stérilité que les autres.
Sur IVG.net, on peut lire que le projet de loi discuté au parlement "vise à interdire la dissuasion et la prévention de l'avortement", et est en cela "contraire à la loi Veil". Simone Veil affirmait en effet, dans son discours resté célèbre prononcé devant l'Assemblée nationale, que l'avortement devait "rester l'exception", et que son projet de loi était fait pour "contrôler, et autant que possible dissuader la femme" d'avoir recours à l'avortement.
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