L'infertilité est un problème de santé courant, touchant environ 17 % des couples en âge de procréer en Espagne, selon la Société espagnole de fertilité (SEF). La fécondation in vitro (FIV), qu'elle utilise les propres ovules de la femme ou ceux d'une donneuse (ovodonation), offre une voie d'espoir pour beaucoup de ceux qui désirent fonder une famille. Cependant, le parcours de la FIV peut être complexe et semé d'embûches. Cet article explore les aspects clés de la FIV, y compris les causes potentielles d'échec, les solutions possibles et l'importance du soutien émotionnel tout au long du processus.
Stimulation ovarienne : booster la fertilité
La stimulation ovarienne est une technique courante de procréation assistée (PMA) utilisée pour augmenter les chances de grossesse. Elle consiste en un traitement hormonal qui stimule les ovaires à produire plusieurs follicules, chacun contenant un ovule. Cette méthode est utilisée seule ou dans le cadre d'une insémination artificielle ou d'une FIV. Un couple sur cinq est touché par l’infertilité.
Comment ça marche ?
La stimulation ovarienne vise à obtenir la maturation d’un ou deux follicules. Les femmes présentant une infertilité idiopathique peuvent se voir proposer une stimulation ovarienne. En revanche, la stimulation ovarienne simple n’est pas adaptée pour les femmes qui ont des trompes bouchées, celles qui ont plus de 35 ans ou en cas d’insuffisance ovarienne précoce. Elle concerne également les femmes qui ont des troubles de l’ovulation : en raison d’un surpoids, d’une obésité ou encore les femmes qui souffrent d’un syndrome des ovaires polykystiques.
Le médecin prescrit des médicaments, comme le citrate de clomifène, pour stimuler l'ovulation. L’ovulation est contrôlée par des monitorages réguliers : 2 à 3 échographies et des dosages hormonaux. L’objectif est de contrôler la taille des follicules vérifier la présence d’un ou deux follicules matures. S’il y en a davantage, le traitement est annulé pour éviter les risques de grossesse multiple. Après la stimulation, une injection sous-cutanée d’hormones pour déclencher l’ovulation (Ovitrelle ®) est réalisée, afin de libérer l’ovocyte mature. Les rapports sexuels sont alors programmés 36 heures après le déclenchement de l’ovulation. La stimulation ovarienne peut être effectuée pendant 3 à 6 cycles, en fonction de l’âge de la patiente. Une insémination artificielle peut être proposée, en cas d’échec de la stimulation ovarienne simple, ou encore en cas d’anomalie modérée au niveau du sperme.
Dans le cas d’une FIV, la stimulation se déroule également sur 10 à 15 jours avec des injections de gonadotrophines FSH ou FSH-LH en sous-cutanées. La surveillance est réalisée par des dosages hormonaux et des échographies plus fréquentes (entre 3 et 5 au lieu de 2 à 3 pour la stimulation simple). 36 heures après le déclenchement de l’ovulation, la ponction d’ovocytes est réalisée sous anesthésie générale (15-20 min).
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Risques et complications
Bien que généralement bien toléré, le traitement de stimulation ovarienne peut entraîner des effets secondaires. Dans le cas d’une FIV, il peut y avoir un risque d’hyperstimulation ovarienne. Cela résulte d’une réponse folliculaire trop importante lors de la stimulation. Autre risque : celui d’une grossesse multiple. C’est pourquoi la stimulation ovarienne est très surveillée par de nombreuses échographies.
D'autres risques incluent :
- Infection de l’utérus (endométrite), des trompes (salpingite).
- Risque thromboembolique.
- Allergie locale avec une réaction cutanée.
- Torsion d’ovaire.
- Hémorragie dans l’abdomen.
La procédure de FIV : étape par étape
La FIV est un processus complexe qui comprend plusieurs étapes clés :
- Stimulation ovarienne : Comme décrit précédemment, cette étape vise à stimuler les ovaires à produire plusieurs ovules.
- Ponction ovarienne : Les ovules sont prélevés des ovaires par voie vaginale sous contrôle échographique, sous anesthésie ou analgésie.
- Recueil et préparation du sperme : Le sperme est recueilli par masturbation au laboratoire et préparé pour la fécondation.
- Fécondation : Les spermatozoïdes sont mis en contact avec les ovules en laboratoire. Dans certains cas, la technique d'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) est utilisée, où un seul spermatozoïde est injecté directement dans l'ovule.
- Culture embryonnaire : Les ovules fécondés (zygotes) se développent en embryons en laboratoire pendant 2 à 5 jours.
- Transfert embryonnaire : Un ou plusieurs embryons sont transférés dans l'utérus de la femme à l'aide d'un cathéter fin et souple.
- Soutien de la phase lutéale : Des médicaments, comme la progestérone, sont administrés pour soutenir la muqueuse utérine et augmenter les chances d'implantation de l'embryon.
Facteurs influençant le succès de la FIV
Plusieurs facteurs peuvent influencer le succès d'une FIV, notamment :
- Âge maternel : L'âge de la femme est l'un des facteurs les plus importants. La qualité et la quantité des ovules diminuent avec l'âge, ce qui réduit les chances de succès.
- Qualité embryonnaire : Les embryons qui atteignent le stade blastocyste et sont classés comme étant de bonne qualité ont un taux de prédiction de grossesse plus élevé.
- Qualité séminale : Bien que l'ICSI puisse être réalisée avec un faible nombre de spermatozoïdes, certains paramètres peuvent influencer les taux de fécondation.
- Facteur ovarien : La réponse ovarienne à la stimulation peut être un indicateur important.
- Facteur endométrial : Des anomalies dans la cavité intra-utérine, un endomètre peu proliféré, une endométrite, des facteurs immunologiques et des thrombophilies peuvent entraîner des échecs d'implantation.
- Cause de l'infertilité : La cause sous-jacente de l'infertilité peut également affecter les chances de succès.
- Indice de masse corporelle (IMC) : Un IMC en dehors de la plage idéale (19-30 chez la femme) peut nuire aux résultats.
- Habitudes de vie : Le tabagisme, la consommation d'alcool et d'autres substances nocives peuvent également réduire les chances de succès.
- Contrôle de la qualité en laboratoire : La qualité de l'air, le pH, le type d'incubateurs et le milieu de culture sont également importants.
Que faire face à un résultat négatif ?
L'attente du test de grossesse après une FIV est une période émotionnellement chargée. Il est important de noter que la présence de symptômes similaires à ceux du début de la grossesse n'est pas un indicateur fiable du résultat. De même, des saignements vaginaux ne signifient pas nécessairement un résultat négatif, car ils peuvent survenir en raison des médicaments ou même indiquer une implantation.
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Un résultat négatif peut être dévastateur. Il est essentiel de se donner le temps de digérer la situation et de laisser les émotions émerger sans jugement. Voici quelques conseils pour faire face à une FIV négative :
- Écoutez votre corps : Prenez soin de vous et répondez aux besoins de votre corps.
- Concentrez-vous sur vous-même : Observez vos sentiments et réalisez des activités qui vous apportent de la tranquillité.
- Connectez-vous avec le présent : Évitez de vous poser des questions absolues sur l'avenir et concentrez-vous sur le jour le jour.
- Ayez confiance : Ayez confiance en vous, en votre corps, aux professionnels choisis et aux possibilités offertes par la FIV.
- Préparez-vous à un nouveau départ : Analysez si vous êtes prête pour le prochain transfert et améliorez vos habitudes de vie si nécessaire.
Quand réessayer après une FIV négative ?
Il est généralement recommandé d'attendre 2 à 3 mois avant de retenter une FIV. Cependant, si le plan est de réaliser un cryotransfert après une FIV négative, il n'est pas nécessaire d'attendre aussi longtemps, car les ovaires ne sont pas sollicités et l'endomètre se régénère avec la menstruation.
Facteurs post-échec de la FIV
Après un échec de FIV, il est important d'identifier les facteurs qui ont pu contribuer à l'échec. Cela peut inclure une évaluation de la qualité embryonnaire, de la réceptivité endométriale, de la qualité séminale et d'autres facteurs mentionnés précédemment. En fonction des résultats de cette évaluation, le médecin peut recommander des modifications du protocole de traitement pour la prochaine tentative.
Soutien émotionnel : une composante essentielle
Le parcours de la FIV peut être éprouvant sur le plan émotionnel. Il est important de rechercher un soutien émotionnel auprès de son partenaire, de sa famille, de ses amis ou d'un professionnel de la santé mentale. Des groupes de soutien peuvent également être une ressource précieuse pour partager des expériences et obtenir des conseils auprès d'autres personnes qui traversent des situations similaires.
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