Le trimestre est un élément déterminant du fonctionnement de la retraite. Cette unité de compte élémentaire de la cotisation retraite est un sujet récurrent dans l'actualité, notamment depuis la mise en application de la réforme des retraites 2023. Il existe un mode de calcul du nombre de trimestres bien précis pour savoir quand partir et quel montant toucher à sa retraite. La durée d'assurance permet de déterminer l’ouverture du droit à la retraite et entre dans le calcul de son montant. Elle comprend l'ensemble des périodes transformées en trimestres : cotisées, assimilées, validées par présomption et les majorations de durée d'assurance.

Le système de retraite en annuités

En France, la quasi-totalité des régimes de retraite de base obligatoires sont des régimes en annuités. Concrètement, les cotisations vieillesse de base prélevées sur les revenus professionnels permettent de valider des trimestres.

Définition d'un trimestre de retraite

Comme son nom l’indique, cela correspond à trois mois travaillés et rémunérés. Le trimestre est l'unité de base de calcul dans la durée d'assurance qui est utilisée dans la plupart des régimes de retraite de base. Un trimestre est un ensemble de trois mois consécutifs, il y a quatre trimestres par an. Le trimestre est l’une des unités fondamentales du calcul de la durée d'assurance, elle-même élément clé du calcul de la retraite de base. La durée d'assurance correspond au nombre de trimestres acquis par un assuré.

Le calcul des trimestres

La validation de vos trimestres d’activité dépend des sommes sur lesquelles vous avez cotisé et non de votre durée de travail. Le montant du salaire soumis à cotisations sert de base à l’attribution des trimestres, et non la durée du travail. Le nombre de trimestres validés ne dépend pas du nombre de trimestres civils travaillés sauf l'année du départ en retraite.

Le minimum de revenu pour valider un trimestre

Pour valider un trimestre, il faut cotiser sur un revenu égal à 150 SMIC horaire. Pour valider 1 trimestre de retraite, il faut percevoir dans l'année un salaire soumis à cotisations représentant 150 fois le montant du Smic horaire brut. Ainsi, ce montant évolue chaque année en fonction de la revalorisation du Smic.

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Pour l'année 2025, le SMIC horaire brut à prendre en compte est de 11,88 euros (au 1ᵉʳ janvier 2025). Pour valider un trimestre, il faut percevoir un salaire soumis à cotisations au moins égal à 150 fois ce SMIC horaire brut. Il faut donc que vous ayez perçu un salaire minimum de 1 782 € pour valider un trimestre et que vos cotisations à l’assurance vieillesse aient bien été versées pour le valider. Le trimestre est alors dit « validé ».

En conséquence, pour valider des trimestres supplémentaires, votre salaire ou revenu cotisé à retenir devra ainsi être de :

  • 3 564 € pour valider deux trimestres,
  • 5 346 € pour valider trois trimestres,
  • 7 128 € pour valider quatre trimestres.

Pour rappel, en 2024, il faudra donc avoir gagné dans l'année un revenu d'au moins 1 747,50 € € (contre 1 690,50 € en 2023) pour valider 1 trimestre.

Pour valider des trimestres supplémentaires en 2024, vos revenus devront donc s'élever à :

  • 3 381€ € pour valider 2 trimestres,
  • 5 242,50 € € pour valider 3 trimestres,
  • 6 990 € € pour valider 4 trimestres.

Les cotisations retraite sont calculées chaque mois dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € brut en 2026). Donc, l'Assurance retraite valide au maximum 2 trimestres en un mois.

Lire aussi: Validation des trimestres

Les trimestres cotisés

Les trimestres que vous validez grâce aux revenus perçus sont comptabilisés comme étant des trimestres cotisés.

Les trimestres assimilés

Certains trimestres sont dits « assimilés » lorsqu’ils correspondent à des périodes d’interruption d’activité, comme les congés maladie ou le chômage, durant lesquelles les cotisations ne sont pas versées. Les trimestres assimilés n’ont pas été acquis par cotisation sur les revenus. Ces trimestres assimilés sont toutefois comptabilisés au moment du calcul intégral de votre retraite.

Les trimestres assimilés sont attribués, sans contrepartie de cotisations, pour des périodes d’inactivité involontaire (arrêt maladie, chômage indemnisé, congé maternité…). Ils sont pris en compte dans le décompte des trimestres requis pour la retraite à taux plein mais pas pour le calcul de la pension.

Périodes non cotisées prises en compte :

  • Périodes d'arrêt de travail pour maladie ou accident du travail au cours desquelles vous avez perçu des indemnités journalières : 1 trimestre est validé pour chaque période d'indemnisation de 60 jours
  • Congé de maternité au cours duquel vous avez perçu des indemnités journalières : 1 trimestre est validé pour chaque période d'indemnisation de 90 jours
  • Périodes au cours desquelles vous avez perçu une rente accident du travail pour incapacité permanente au moins égale à 66 % : 1 trimestre est validé pour chaque trimestre civil: titleContent qui comprend 3 mensualités de votre pension d'invalidité
  • Périodes au cours desquelles vous avez perçu une pension d'invalidité : 1 trimestre est validé pour chaque trimestre civil: titleContent qui comprend 3 mensualités de votre pension d'invalidité
  • Périodes de chômage, sous conditions
  • Service national : 1 trimestre est validé pour 90 jours d’incorporation.
  • Périodes de chômage partiel intervenues à partir du 1er mars 2020 : il est validé 1 trimestre pour 220 heures indemnisées
  • Périodes de stage : les stages que vous avez suivi en tant que demandeur d'emploi et les stages suivants sont pris en compte : Travaux d'utilité collective (Tuc), Stages pratiques en entreprise, Stages Jeunes volontaires, Programmes d'insertion locale, Stages d'initiation à la vie professionnelle : 1 trimestre est validé pour chaque période de 50 jours de stage.

Les trimestres validés

Ils représentent le total des trimestres cotisés et des trimestres assimilés.

Lire aussi: Trimestre d'apprentissage

Nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein

Le nombre de trimestres nécessaires pour faire valoir une carrière complète et percevoir une retraite à taux plein varie entre 167 (41 ans et 9 mois) pour les personnes nées en 1960 et 172 (43 ans) pour celles nées à partir de 1965, depuis que la nouvelle réforme des retraites est entrée en vigueur en septembre 2023. Tout dépend donc de votre année de naissance.

Lorsque le nombre de trimestres de l'assuré atteint la durée d’assurance requise, sa pension de retraite est alors complète ou à taux plein.

Pour un départ à la retraite à partir de 67 ans, les pensions sont liquidées au taux plein (50 %), quel que soit le nombre de trimestres cotisés et assimilés.

Tableau récapitulatif du nombre de trimestres requis

Vous êtes né :Vous pouvez partir en retraite à partir de :Nombre de trimestres exigé pour avoir le taux pleinÂge du taux plein automatique
Entre le 1er janvier 1958 et le 31 décembre 196062 ans167 (41 ans 9 mois)67 ans
Entre le 1er janvier 1961 et le 31 aout 196162 ans168 (42 ans)67 ans
Entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 196162 ans et 3 mois169 (42 ans 3 mois)67 ans
En 196262 ans et 6 mois169 (42 ans 3 mois)67 ans
Entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 196562 ans et 9 mois170 (42 ans 6 mois)67 ans
Entre le 1er avril 1965 et le 31 décembre 196563 ans171 (42 ans 9 mois)67 ans
En 196663 ans et 3 mois172 (43 ans)67 ans
En 196763 ans et 6 mois172 (43 ans)67 ans
En 196863 ans et 9 mois172 (43 ans)67 ans
À partir du 1er janvier 196964 ans172 (43 ans)67 ans

Impact des trimestres manquants sur le montant de la retraite

Si vous partez à la retraite avant 67 ans sans avoir le nombre de trimestres exigé, le montant de votre retraite est réduit en fonction du nombre de trimestres qui vous manquent. Cette réduction s'appelle la décote.

Dans ce cas, si vous n’avez pas cumulé le nombre exigé de trimestres, votre pension est réduite proportionnellement au nombre de trimestres manquant. Dans le secteur privé, un salarié qui prend sa retraite à 67 ans mais qui n’a cumulé que 168 trimestres au lieu de 172 requis voit sa pension réduite proportionnellement de quatre trimestres. Dans le privé, un salarié qui n’a cumulé que 168 trimestres au lieu de 172 requis voit son taux subir une décote de 2,5 % (4 x 0,625). Sa pension reste également réduite proportionnellement au nombre de trimestres manquants. Notez que la décote est limitée à 25 % : on ne peut pas appliquer une décote plus importante même si le nombre de trimestres manquants est supérieur.

La décote

Si vous partez à la retraite sans avoir atteint ce nombre de trimestres, le montant de votre retraite est minoré définitivement.

Rachat de trimestres

Rien n’y fait, en cumulant tous les trimestres, vous ne parvenez toujours pas au nombre nécessaire pour prétendre à une retraite à taux plein. Pas de panique. Vous avez toujours la possibilité de « racheter » des trimestres manquants dans la limite de 12 maximum. Ils peuvent concerner les années d’études supérieures ou celles incomplètes pour lesquelles moins de quatre trimestres ont été validés. Le coût de rachat d’un trimestre de retraite évolue en fonction de votre âge, vos revenus et les options retenues pour permettre d’atteindre le nombre de trimestres nécessaires et partir à la retraite l’esprit libre. Chaque carrière est unique. Aussi, ce calcul doit être réalisé pour chaque individu. Le rachat d’un trimestre de retraite peut s’effectuer à tout moment et doit généralement être demandé à votre régime du moment ou à celui auquel vous avez été affilié après vos études.

On ne peut racheter que 12 trimestres au maximum. Lorsque votre situation s’améliore, vous pouvez racheter les trimestres qui n’ont pas été validés. Ce rachat est limité à 12 trimestres. Vous avez été apprenti ? Le paiement peut être échelonné. En cas de paiement échelonné sur une période supérieure à 12 mois, une majoration est appliquée. Cet échelonnement n’est possible que pour les demandes de rachat portant sur plus d’1 trimestre. Vous ne pouvez pas racheter des trimestres pour obtenir une retraite anticipée (carrière longue et assuré handicapé).

Majoration de trimestres pour enfants

Vous avez des enfants ? Alors, sachez que vous bénéficiez de huit trimestres « de majoration » pour chacun de vos enfants nés depuis 2010, si vous êtes affilié(e) au régime général de retraite :

  • Quatre trimestres majorés sont réservés à la maman au titre de l’incidence de la maternité sur la carrière professionnelle. En cas d'adoption, ces trimestres sont attribués automatiquement à la mère, sauf manifestation contraire des parents.
  • Quatre trimestres supplémentaires au titre de l’éducation de l’enfant. Ces trimestres de majoration au titre de l'éducation pouvaient être répartis à l’amiable entre les deux parents s’ils en faisaient la demande. Dans le cadre de la réforme des retraites 2023, deux trimestres sont réservés à la mère de famille et l'autre parent ne pourra bénéficier que de deux trimestres maximum.

Les femmes, mères de famille, salariées affiliées au régime général et aux régimes alignés se voient attribuer une majoration de leur durée d’assurance retraite (MDA) allant jusqu’à deux ans par enfant. La loi de 2009 a instauré un dispositif applicable depuis avril 2010 aux couples, mariés, pacsés ou vivant maritalement et pas encore en retraite.

Le relevé de carrière

Tous les actifs (dont les salariés) disposent d’un Relevé Individuel de Situation (RIS), plus communément appelé « relevé de carrière ». Vos trimestres sont reportés chaque année sur votre relevé de carrière, au plus tard le 31 mars de l’année suivant votre activité. Vous devez le vérifier avant d’entamer les démarches pour prendre votre retraite.

Le RIS peut également être consulté à tout moment et gratuitement sur info-retraite.fr, le portail édité par le groupement d’intérêt public (GIP) Union Retraite qui représente les 35 principaux régimes français de retraite (sur les 42 existants).

La durée d'assurance permet de déterminer l’ouverture du droit à la retraite et entre dans le calcul de son montant. Elle comprend l'ensemble des périodes transformées en trimestres : cotisées, assimilées, validées par présomption et les majorations de durée d'assurance.

Vérification et correction du relevé de carrière

À la moindre omission de trimestres constatée sur son relevé de carrière, il est conseillé de la faire rectifier rapidement. Plus le salarié se rapproche de son départ à la retraite et plus il prend le risque que la correction ne soit pas réalisée à temps et donc prise en compte lors de la liquidation de ses droits. Avant 55 ans, l’assuré doit contacter chacune des caisses de retraite auxquelles il est actuellement affilié et auxquelles il a été affilié par le passé.

À partir de 55 ans, vous pouvez signaler à vos régimes de retraite les anomalies de votre relevé de carrière et en demander la correction (emploi manquant, incohérence, etc.) en utilisant le service Ma carrière / Corriger ma carrière. Vos caisses de retraite en sont directement informées.

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