L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui suscite de nombreuses questions. Cet article vise à fournir une information claire et détaillée sur le protocole de l'IVG médicamenteuse, en abordant les étapes, les conditions, les effets secondaires possibles et le suivi nécessaire.

Qu'est-ce que l'IVG Médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse est une méthode qui consiste à interrompre une grossesse non désirée en utilisant des médicaments. Elle peut être réalisée jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée). Elle s'apparente alors à une fausse couche. L'IVG médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d'intervalle. Le premier va préparer l'utérus et le deuxième va provoquer l'équivalent d'une fausse couche.

Où et par qui ?

Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme, exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet libéral, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale) ou en centre de santé. L'IVG médicamenteuse peut-être réalisée via une téléconsultation.

Les Étapes Clés de l'IVG Médicamenteuse

1. Les Deux Temps Préalables : Information et Recueil du Consentement

Avant de procéder à l'IVG médicamenteuse, deux étapes sont essentielles : l'information et le recueil du consentement.

Le Temps d'Information

Le premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un centre de planification et d'éducation familial et peut être réalisé à distance (téléconsultation). Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme :

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  • vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide ;
  • vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) ;
  • doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.

Le Recueil du Consentement

Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme :

  • pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire ;
  • pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus (à partir de 25 ans).

Il n’existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d’une seule et même consultation.

2. La Prise des Médicaments

La méthode médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé. Ces médicaments vous sont remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil de votre consentement ou vous sont délivrés en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation (dans ce cas la prescription est transmise directement à la pharmacie par le médecin ou la sage-femme). Vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du médecin ou de la sage-femme qui réalise l’IVG ou à votre domicile. Si vous souhaitez réaliser l’IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu’un mémo pratique dans lequel vous retrouverez toutes les informations utiles concernant la procédure.

Première Étape : La Mifépristone

La prise du premier médicament, la mifépristone, débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, il peut survenir des saignements et des douleurs plus ou moins importants mais la plupart du temps les symptômes commencent après la prise du 2d médicament.

Deuxième Étape : Le Misoprostol

La prise du second médicament, le misoprostol, a lieu entre 24 h et 48 h plus tard. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à des anti-douleurs (prescrits par le professionnel de santé qui vous suit). Les saignements, souvent assez abondants et accompagnés de caillots, qui accompagnent l’évacuation de la grossesse peuvent se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement. Il est possible que vous voyez l’œuf lors de son expulsion.

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Dans 60 % des cas, l’évacuation de l’œuf intervient dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol et dans 40 % des cas dans les 24 à 72 heures. Les saignements durent généralement une quinzaine de jours mais peuvent persister jusqu’à 3 semaines. En l’absence de saignements dans les 72h qui suivent la prise des médicaments, contactez le professionnel de santé qui vous suit pour la réalisation de l’IVG pour faire le point car il est possible que la méthode n’ait pas fonctionné. Toutefois, les saignements ne sont pas non plus le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc toujours indispensable de réaliser une visite de suivi 14 à 21 jours après la prise du premier médicament.

3. La Visite de Contrôle

Après une IVG médicamenteuse, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complications. La visite de suivi intervient entre le 14e et le 21e jour post-IVG pour une grossesse de localisation bien déterminée.

Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme :

  • confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ;
  • vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ;
  • évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

Ce qu'il faut savoir sur les médicaments

Deux médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse. La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents : la mifépristone qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol qui provoque l’expulsion de la grossesse.

  • Mifépristone : Ce médicament bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse, favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin et provoque des saignements plus ou moins importants.
  • Misoprostol : Ce médicament augmente les contractions, déclenche l’expulsion de l’œuf et provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses.

Effets Secondaires et Complications Possibles

Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les contractions utérines induisent des douleurs ressemblant à celles des règles, plus ou moins fortes en fonction des femmes. D'autres effets secondaires peuvent survenir : vertiges, maux de tête. Les complications sont très rares.

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Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Gestion de la Douleur

Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

Quand Consulter ?

En l’absence de saignements dans les 72h qui suivent la prise des médicaments, contactez le professionnel de santé qui vous suit pour la réalisation de l’IVG pour faire le point car il est possible que la méthode n’ait pas fonctionné. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.

Taux de Succès et Échecs

Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d’environ 95 %. Le risque d’échec est de 2 à 5 %. En cas d’échec de l’IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin, ou la sage-femme, vous oriente vers l’IVG instrumentale.

IVG et Fertilité Future

Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception.

Aspects Psychologiques

Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

Contre-Indications

La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.

Informations Complémentaires

Prise en Charge Financière

L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).

IVG et Mineures

Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix. Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.

Rôle du Professionnel de Santé

Si le médecin ou la sage-femme, qui vous reçoit refuse de procéder à la consultation IVG, il a le devoir de vous donner les noms de professionnels de santé susceptibles de réaliser une IVG.

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