L'allaitement est une période unique et exigeante pour la mère, où son corps travaille intensément pour fournir à son bébé tous les nutriments essentiels à sa croissance et à son développement. Parmi ces nutriments, la biotine, également appelée vitamine B8, et les protéines jouent un rôle crucial. Cet article explore les bienfaits et les dangers potentiels liés à l'apport de protéines et de biotine pendant l'allaitement, en mettant l'accent sur la santé des cheveux, souvent mise à rude épreuve durant cette période.
L'importance de la biotine pendant l'allaitement
L'allaitement sollicite énormément l'organisme maternel. La biotine est indispensable au fonctionnement normal de l’organisme. Elle soutient notamment la production de lait en participant au métabolisme énergétique normal. Elle aide également à préserver la santé des cheveux et de la peau, souvent mis à rude épreuve durant la période du post-partum. La biotine est une vitamine hydrosoluble qui joue un rôle crucial dans le métabolisme des macronutriments, y compris la transformation des lipides et des protéines en énergie.
Pendant l'allaitement, les besoins en biotine augmentent pour répondre aux exigences physiologiques accrues. L’apport satisfaisant en biotine est estimé à 45μg par jour chez la femme allaitante, contre 40μg pour le reste de la population bien portante. Pour le nourrisson, la biotine est tout aussi essentielle, participant à la synthèse des acides gras et des acides aminés, éléments fondamentaux pour sa croissance et son développement. Le lait maternel est naturellement riche en biotine.
Précautions concernant la supplémentation en biotine
Bien que la biotine soit essentielle, il est important de faire preuve de prudence concernant la supplémentation pendant l'allaitement. Les autorités de santé recommandent de ne pas prendre de suppléments de biotine à haute dose sans l'avis d'un professionnel de santé. L'impact de doses élevées sur le nourrisson n'est pas bien documenté et les études actuelles ne sont pas suffisantes.
Les nourrissons sont particulièrement sensibles aux modifications de la composition du lait maternel, et bien que la biotine soit essentielle, un excès pourrait ne pas être sans conséquence. De plus, des interactions sont possibles entre la biotine et les prises de sang ou avec d’autres suppléments pris par la mère. Avant d'envisager une supplémentation en biotine, il est indispensable de consulter un médecin ou un professionnel de santé. Celui-ci pourra évaluer les besoins spécifiques de la mère et déterminer si une supplémentation est nécessaire.
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Sources alimentaires de biotine
Pour couvrir les besoins en biotine pendant l'allaitement, il est préférable de privilégier les sources alimentaires naturelles. Les meilleures sources alimentaires de biotine sont les abats, la levure, l’œuf, les flocons d’avoine, le germe de blé, les champignons et certains fromages.
Le rôle des protéines pour la santé des cheveux pendant l'allaitement
La kératine est une protéine fibreuse présente naturellement dans les cheveux, les ongles et la peau. Elle est souvent utilisée dans les produits capillaires pour renforcer et lisser les cheveux. Elle constitue jusqu’à 95 % de leur composition et joue un rôle essentiel dans leur santé, leur coiffage, leur résistance et leur brillance. Les protéines sont les éléments de base de la structure des cheveux. Un apport insuffisant en protéines va affaiblir les follicules pileux et ralentir la croissance des cheveux, pouvant mener à une chute de cheveux excessive. Le manque de protéines est d’ailleurs fréquent à la fin de la grossesse et pendant l’allaitement car les besoins en protéines augmentent fortement durant cette période. Ils sont de 1,5g par kg par jour chez la femme enceinte au 3ème trimestre et de 1,7-1,9g par kg par jour chez la femme allaitante.
Kératine : bienfaits et dangers
La kératine est une protéine fibreuse composée d'acides aminés. Elle est produite par les cellules de la couche externe de la peau, appelée l'épiderme, ainsi que par les follicules pileux. Elle joue un rôle essentiel dans le maintien de l'intégrité et de la santé des tissus du corps. Elle contribue à la protection de la peau contre les agressions extérieures, telles que les rayons UV du soleil, la pollution et les produits chimiques.
L'une des utilisations les plus courantes de la kératine est dans les traitements de lissage capillaire. Cependant, l'utilisation excessive de traitements à base de kératine peut affaiblir la structure des cheveux, les rendant plus fragiles et plus sujets à la casse. Certains traitements de kératine peuvent modifier la couleur des cheveux ou atténuer l'éclat des teintures capillaires. Il existe cependant des traitements de kératine spécialement formulés pour les cheveux colorés, qui aident à renforcer et à protéger les cheveux tout en préservant leur couleur.
Certains produits de kératine peuvent contenir des ingrédients potentiellement dangereux, tels que le formaldéhyde. Ce composé chimique peut être libéré sous forme gazeuse pendant le processus de lissage, ce qui peut entraîner des problèmes respiratoires chez les personnes sensibles. En plus des risques pour les voies respiratoires, l'utilisation excessive et prolongée de traitements à base de kératine contenant du formaldéhyde peut également avoir des effets néfastes sur le foie.
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Allergies et autres effets indésirables de la kératine
Certaines personnes peuvent développer des réactions allergiques aux produits de kératine, ce qui peut se manifester par des démangeaisons, des rougeurs et des irritations de la peau. Il est important de choisir des produits de kératine de qualité, fabriqués par des marques réputées et respectueuses des normes de sécurité.
L'utilisation excessive de produits à base de kératine peut provoquer des problèmes de peau tels que l'obstruction des pores, les éruptions cutanées et l'acné. La kératine peut obstruer les pores de la peau, ce qui peut entraîner une accumulation de sébum, des points noirs et des boutons. De plus, l'utilisation excessive de produits à base de kératine peut également entraîner une surproduction de sébum, ce qui peut rendre les cheveux gras et les rendre plus susceptibles de se casser.
Conseils pour l'utilisation de la kératine pendant l'allaitement
Si vous choisissez d'utiliser des produits à base de kératine pendant l'allaitement, il est important de prendre certaines précautions :
- Choisissez des produits de kératine de qualité, fabriqués par des marques réputées et respectueuses des normes de sécurité.
- Utilisez la kératine avec précaution et suivez les instructions du fabricant.
- N'appliquez pas trop de produit et veillez à ne pas laisser les produits de kératine agir trop longtemps sur les cheveux ou la peau.
- Si vous avez des antécédents d'allergies, effectuez un test cutané avant d'utiliser un produit à base de kératine.
- Évitez les produits contenant du formaldéhyde.
Chute de cheveux post-partum : causes et solutions
La grossesse est une période de grands changements hormonaux dans le corps d'une femme. Les hormones peuvent, parfois, avoir un effet positif sur la chevelure en favorisant la croissance des cheveux, en les rendant plus épais et plus brillants. Cependant, après l'accouchement, le corps entre dans une phase de rééquilibrage hormonal entraînant une perte de cheveux temporaire. La chute de cheveux post-partum est généralement une réaction naturelle aux hormonaux et à la fatigue associée à l'arrivée d'un nouveau-né. Elle peut durer plusieurs mois mais elle finit généralement par se résorber d'elle-même.
Comprendre le cycle de vie du cheveu
Pour mieux comprendre les causes de la chute de cheveux post partum, voici un rappel du cycle de vie du cheveu :
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- Phase anagène : C’est la phase de croissance pendant laquelle le cheveu pousse d’environ 2 millimètres par semaine. Elle dure entre 2 à 7 ans. En temps normal, environ 85% de vos cheveux se trouvent dans cette phase de croissance.
- Phase catagène : C’est une phase de transition où le cheveu arrête de pousser et le follicule pileux se rétracte. Elle ne dure que 3 semaines en moyenne et concerne seulement 1% de la chevelure.
- Phase télogène : Le cheveu est au repos et reste accroché pendant 2 à 4 mois avant de tomber. 50 à 100 cheveux tombent naturellement par jour. Au-delà de 100 cheveux par jour cela devient une perte de cheveux anormale appelée alopécie.
La cause première de chute de cheveux post partum est hormonale. Plus précisément, les niveaux d’hormones, notamment les œstrogènes, sont très élevés pendant la grossesse et ralentissent la chute du cheveu en le bloquant dans sa phase de croissance. Ce phénomène peut donner l’impression que les cheveux sont plus épais et en meilleure santé. Cependant, après l’accouchement, les niveaux d’œstrogènes chutent brusquement, entraînant ainsi une transition rapide des cheveux en phase de croissance vers la phase de repos (télogène), suivie de la chute. Plusieurs centaines de cheveux vont alors tomber c’est la raison pour laquelle cette chute paraît impressionnante.
Facteurs aggravants de la chute de cheveux post-partum
Plusieurs facteurs peuvent aggraver la chute de cheveux post-partum :
- Stress : La grossesse, l’accouchement et les premiers mois de maternité sont des événements physiquement exigeants pour le corps d’une femme. Ces moments peuvent s’avérer stressants et par conséquent aggraver la chute de cheveux.
- Carences nutritionnelles : La grossesse et l’allaitement sont deux périodes où les besoins en nutriments sont fortement augmentés. Si ces besoins ne sont pas correctement couverts alors le corps n’aura pas suffisamment de vitamines et minéraux pour se rétablir de manière optimale.
- Manque de fer : Le fer est crucial pour la circulation sanguine et l’oxygénation des follicules pileux. L’un des signes cliniques de la carence en fer est d’ailleurs une perte de cheveux excessive. Une étude a effectivement montré que des niveaux de ferritine inférieurs à 40 ng/mL sont associés à une chute de cheveux plus importante. Il est fréquent de manquer de fer après l’accouchement à cause des pertes de sang importantes, de plus les besoins en fer augmentent pendant l’allaitement (16 mg par jour).
- Chaleur : L’utilisation fréquente des appareils chauffants comme les sèche-cheveux, les fers plats ou les fers à friser, risque d’affaiblir vos cheveux alors laissez sécher vos cheveux naturellement quand vous le pouvez ou sélectionner le mode air froid.
- Produits cosmétiques agressifs : Évitez les soins capillaires qui contiennent des ingrédients irritants et des perturbateurs endocriniens comme les silicones, les sulfates, les parabens, les alkylphenols et les phtalates.
Solutions pour limiter la chute de cheveux post-partum
Voici quelques conseils pour limiter la chute de cheveux post-partum :
- Adopter une alimentation équilibrée : Une bonne alimentation qui apporte tous les nutriments dont votre corps a besoin est essentielle pour limiter la chute de cheveux.
- Prendre des compléments alimentaires : En cas de perte de cheveux après l’accouchement, la micronutrition est un allié de choix pour limiter les dégâts.
- Consommer suffisamment de protéines : Les protéines sont les éléments de base de la structure des cheveux.
- Maintenir un taux suffisant de vitamine D : Maintenir un taux sanguin de vitamine D supérieur à 30 ng/ml (75 nmol/l) est donc primordial pour aider vos cheveux à repousser rapidement. Une exposition quotidienne, bras nus, de 15 minutes par jour d’avril à septembre est indispensable pour synthétiser suffisamment de vitamine D sinon c’est la carence assurée.
- Consommer du zinc : Le zinc intervient dans la synthèse des protéines de la fibre capillaire, il est donc essentiel pour la croissance, la fortification et la brillance des cheveux.
- Consommer du sélénium : Le sélénium contribue au maintien d’une chevelure normale.
- Stimuler la microcirculation du cuir chevelu.
Ingrédients cosmétiques à éviter pendant la grossesse et l'allaitement
Pour faire face à ce problème, il est essentiel pour les femmes enceintes et allaitantes de connaître les ingrédients cosmétiques à éviter. En évitant les ingrédients tels que le SLS, le formaldéhyde, les phtalates, le parfum et le plomb, les femmes enceintes et allaitantes peuvent prendre soin de leur chevelure de manière responsable.
- SLS (sulfate de sodium lauryl) : Le SLS est un agent moussant couramment utilisé dans les shampooings et les produits de soins capillaires. Il peut être irritant pour le cuir chevelu et peut être absorbé par la peau.
- Formaldéhyde : Le formaldéhyde est un conservateur utilisé dans de nombreux produits capillaires, notamment les soins lissants et les traitements à base de kératine. Il est classé comme cancérigène et peut avoir des effets néfastes sur la santé.
- Phtalates : Les phtalates sont des substances chimiques souvent utilisés pour fixer les parfums dans les produits capillaires. Ils sont connus pour leurs effets perturbateurs hormonaux et peuvent être préjudiciables pendant la grossesse et l’allaitement.
- Parfum : Les allergènes que l’on retrouve dans le parfum sont eux aussi problématiques.
- Plomb : Le plomb est parfois présent dans les colorations capillaires, en particulier dans les teintures foncées. L'exposition au plomb peut avoir des effets nocifs sur la santé, en particulier pendant la grossesse et l’allaitement.
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