Les protéines sont des macronutriments essentiels au développement et au bon fonctionnement de l'organisme, jouant un rôle crucial dans la construction et la réparation des tissus, la production d'enzymes et d'hormones, et le soutien du système immunitaire. Cependant, chez le nourrisson et le jeune enfant, un apport excessif en protéines peut avoir des conséquences néfastes sur la santé à court et à long terme. Cet article explore les raisons pour lesquelles il est important de surveiller l'apport protéique chez les bébés, les risques associés à un excès, les quantités recommandées et les sources de protéines appropriées pour assurer une croissance et un développement optimaux.

Importance des Protéines pour le Bébé

Après l'eau, les protéines constituent l'essentiel de la masse corporelle humaine. Elles sont indispensables, car elles fournissent des acides aminés, dont certains sont essentiels et ne peuvent être synthétisés par l'organisme. Les protéines sont impliquées dans de nombreux processus biologiques, notamment :

  • Croissance et réparation des tissus : Les protéines sont les éléments constitutifs des muscles, des os, de la peau et des autres tissus.
  • Fonction immunitaire : Les anticorps, qui protègent l'organisme contre les infections, sont des protéines.
  • Digestion : Les enzymes digestives sont des protéines qui aident à décomposer les aliments.
  • Transport : Les protéines transportent l'oxygène, les nutriments et d'autres substances dans le sang.
  • Équilibre de l'azote : Les protéines sont la seule source d'azote pour le corps, un composant essentiel de l'ADN.

Sources de Protéines pour le Bébé

La principale source de protéines pour le bébé est le lait maternel ou le lait infantile. Lors de la diversification alimentaire, les protéines peuvent être introduites à partir de sources animales (viande, poisson, œufs) ou végétales (légumes secs, céréales).

Protéines animales

Les protéines animales contiennent tous les acides aminés essentiels en proportions adéquates. La viande, le poisson et les œufs sont également de bonnes sources de fer héminique, une forme de fer facilement absorbée par l'organisme. Il faut savoir que la consommation de viandes, poissons œufs ou céréales permet d’apporter également d’autres éléments importants pour l’organisme comme le fer. Le fer dit « héminique » est contenu dans la viande, le poisson mais aussi les produits laitiers. Il est très facilement absorbé par l’organisme.

Protéines végétales

Les protéines végétales peuvent être une source intéressante de protéines, mais elles ne contiennent pas toujours tous les acides aminés essentiels en quantités suffisantes. Cependant, en combinant différentes sources de protéines végétales, comme les légumineuses et les céréales, il est possible d'obtenir un profil d'acides aminés complet. Il est important de noter qu'il ne suffit pas de remplacer 10g de protéine animale par 10g de protéines végétales pour assurer un bon équilibre alimentaire à un bébé.

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Le fer dit « non-héminique » est contenu dans les fruits et légumes, les céréales et les fruits secs, est quant à lui, beaucoup moins bien assimilé par l’organisme. Vouloir substituer le fer animal par le fer végétal serait alors une grossière erreur ! Il faudrait par exemple qu’un bébé mange un brocolis entier (ce qui n’arrivera pas) pour arriver à la même teneur en fer assimilable qu’une cuillère à café de viande de bœuf ! Les bébés sont très souvent carencés en fer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les fabricants de laits infantiles en ajoutent dans leurs préparations lactées.

Diversification et introduction des protéines

Aujourd’hui, les recommandations scientifiques proposent de démarrer l’introduction de la viande, du poisson ou de l’œuf dès le début de la diversification alimentaire comme pour tous les aliments, c’est-à-dire dès 4/6 mois. L’idéal est de varier, comme pour les légumes, les fruits et les autres aliments ! Par exemple, sur une semaine, vous pouvez proposer : 2 fois par semaine du poisson, 1 à 2 fois par semaine de la viande (rouge et blanche, en évitant la charcuterie à l’exception du jambon cuit découenné), et 1 à 2 fois par semaine de l’œuf. Pour le poisson, essayez de varier entre poisson maigre (merlan, cabillaud, sole, etc.), et poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng, truite fumée) au moins 2 fois par semaine. Qu’ils soient frais, surgelé ou en conserve (“au naturel”), ils peuvent être introduits dès le début de la diversification alimentaire (sauf pané) ! Et n’oubliez pas les œufs ! En plus d’être très économiques, ils peuvent tout à fait remplacer la portion de viande et de poisson.

Risques d'un Excès de Protéines chez le Bébé

Même si les protéines sont indispensables à l'organisme, elles ne peuvent être consommées à volonté. Un apport excessif en protéines peut avoir plusieurs conséquences négatives sur la santé du bébé.

Surcharge rénale

Un excès de protéines peut surcharger les reins du bébé. En effet, l'organisme ne peut pas stocker les protéines. Lorsqu'il y a un excès, l'organisme doit les transformer pour les rendre "stockables", comme les lipides dans les tissus adipeux ou les glucides dans le foie. Cette transformation nécessite beaucoup d'énergie, ce qui fatigue le bébé et libère beaucoup d'azote. Pour éliminer cet azote, les reins sont mis à contribution. Or, avant 3 ans, les reins du bébé sont encore immatures et peuvent être fragilisés par un travail excessif. S'ils travaillent trop, les bébés urinent davantage et perdent alors beaucoup de sels, de minéraux et d'oligo-éléments essentiels à leur développement. Un excès de protéines peut donc "fatiguer" les reins et entraîner une perte importante de nutriments.

Risque d'obésité

Lorsque l'organisme cherche à "stocker" les protéines, il les transforme en lipides ou en glucides, ce qui peut par la suite entraîner des problèmes d'obésité. Les protéines sont indispensables à l’organisme mais elles ne doivent pas être données en trop grande quantité à un bébé. Pourquoi ? Car trop de protéines chez les jeunes enfants aurait un lien avec les excès de poids en grandissant.

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Carences nutritionnelles

« Il faut prévenir les parents qu’on ne peut pas substituer en un claquement de doigt les protéines animales par des protéines végétales et qu’on ne devient pas végétarien par effet de mode », met en garde Christine Zalejski., docteur en sciences et fondatrice du site dédié à la nutrition infantile Cubes et Petits Pois. En se lançant dans ce régime alimentaire très en vogue sans l’aide de spécialiste de la nutrition, les bébés peuvent être carencés. « Il est donc important d’avoir certaines bases en nutrition pour savoir ce qu’il faut consommer afin de rendre le fer végétal plus assimilable par l’organisme », explique Christine Zalejski, comme par exemple consommer en même temps des aliments riches en vitamine C ». La prudence est de mise.

Quantités de Protéines Recommandées

Il est essentiel d'adapter la dose de protéines en fonction de l'âge de l'enfant. Il existe un moyen mnémotechnique pour se souvenir des quantités de protéines à donner aux bébés chaque jour :

  • Jusqu'à 1 an : 10g de protéines
  • Jusqu'à 2 ans : 20g de protéines
  • Jusqu'à 3 ans : 30g de protéines

Pour vous donner un ordre d’idée, sachez que 10g représente environ 2 cuillères à café de viande cuite. Il faut savoir que ces portions ont été établies par des chercheurs, étayées par de nombreuses études et qu’elles sont à donner en plus du lait. « Il m’arrive en effet de constater que des personnels de la petite enfance ne donnent pas de viande pendant le repas car les enfants ont reçu une portion de fromage ou inversement, témoigne-t-elle. Or les laitages ou fromages sont à proposer en plus dans les apports recommandés en protéines. » Vous pouvez donc tout à fait donner la portion requise de poissons, viande, œufs, en plus d’un laitage ou d’une portion de fromage.

Diversité et plaisir dans l'alimentation

« Les enfants apprécient la viande car c’est salé. Ils aiment généralement ce qui a du goût », commente Christine Zalejski. L’idéal est de varier les protéines pour leur faire découvrir toute une palette de saveurs. « Sur une semaine, les repas de la crèche ou préparés par l’assistante maternelle peuvent alterner différentes sortes de protéines : viande rouge, viande blanche, œuf, poisson gras, poisson maigre, jambon blanc (seule charcuterie autorisée) et protéines végétales ». Ainsi, toutes les protéines auront été apportées aux enfants et ils auront pu découvrir différents goûts et différentes textures.

Protéines animales et végétales : un équilibre à trouver

Doit-on pour autant privilégier uniquement les protéines d’origines animales ? « Non, bien évidemment. Pour l’éveil au goût, pour notre planète aussi, il est bien de proposer les deux types de sources protéiques aux bébés. De plus, nous avons besoin des deux types pour les différents sels minéraux, vitamines et autres éléments qu’elles apportent. Encore une fois la diversité reste le maître mot pour l’alimentation de nos bébés », conseille la docteure.

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