Le diabète gestationnel, un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie plus ou moins sévère, survient chez la femme enceinte vers la fin du 2ème trimestre. Il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d’un diabète antérieur. Une étude récente a mis en lumière des facteurs de risque spécifiques en Norvège, notamment la prise de poids entre les grossesses. Cet article explore en détail les causes potentielles et les facteurs de risque associés à l'augmentation du diabète gestationnel, en s'appuyant sur des études récentes et des recommandations pratiques.
Prévalence et facteurs de risque
Une étude parue dans PLOS Medicine a examiné la prévalence du diabète gestationnel chez les femmes ayant accouché de leur premier et second enfant entre 2006 et 2014. Les résultats ont montré que la prévalence du diabète gestationnel, au cours de la grossesse, était de 1,81% dans l'étude. Cette étude a également révélé que les femmes qui prennent du poids entre deux grossesses sont plus à risque. En effet, le risque de diabète gestationnel est multiplié par 2,6, et au-delà de quatre, le risque quintuple. Les femmes ayant un poids normal avant la grossesse (moins de 25 kg/m²) sont mieux protégées contre le diabète gestationnel.
L'étude souligne l'importance de surveiller le poids des femmes avant et après la grossesse. Les résultats suggèrent que la prise de poids excessive entre les grossesses augmente considérablement le risque de développer un diabète gestationnel.
Diabète de type 2 précoce et risque de rétinopathie
Au-delà du diabète gestationnel, il est pertinent d'examiner le diabète de type 2 (DT2) diagnostiqué précocement, avant l’âge de 40 ans. Une étude réalisée en Norvège, publiée dans le BMJ Open Diabetes Research & Care, apporte des enseignements intéressants sur ce sujet. Cette étude a révélé que 10 % des diagnostics de DT2 avaient été portés avant l’âge de 40 ans, tant chez les femmes que chez les hommes. Les taux d’HbA1c au moment du diagnostic étaient globalement plus élevés chez les hommes, mais la différence avec les femmes était plus marquée en cas de DT2 précoce (8,8 % versus 7,4 %), qu’en cas de DT2 diagnostiqué après l’âge de 50 ans (7,9 % versus 7,5 %).
Cet excès de risque de rétinopathie diabétique (RD) est en partie expliqué par une plus grande exposition à l’hyperglycémie chronique. Les auteurs de ce travail soulignent ainsi la nécessité de dépister tôt le DT2 chez les sujets à risque, et de suivre étroitement les patients jeunes, en particulier les hommes, qui tendent à avoir un moins bon contrôle de la glycémie et ont un risque de rétinopathie doublé par rapport aux sujets ayant un DT2 de révélation plus tardive. Dans cette population, encore plus que chez les autres diabétiques, l’accent doit être mis sur les mesures hygiéno-diététiques et l’observance des traitements antidiabétiques.
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Conseils pratiques pour les femmes enceintes concernées par le diabète gestationnel
Si vous êtes une future maman concernée par le diabète gestationnel, il est crucial de suivre certaines recommandations pour bien équilibrer votre glycémie. Voici quelques conseils pratiques :
- Prenez le temps de manger : Pas question de manger sur le pouce ! Il est important de prendre le temps de manger et de profiter d’un repas complet. Apportez des protéines, des légumes et un peu de féculents pour vous caler.
- Équilibrez vos repas : Il est vraiment nécessaire de veiller au bon équilibre de vos repas pour éviter des fluctuations glycémiques importantes.
- Consommez des légumes : Les légumes sont des aliments à ne surtout pas oublier pendant votre grossesse. Ils sont excellents pour réguler votre glycémie et ralentissent l’absorption du glucose grâce aux fibres qu’ils contiennent. Ils vous permettront également de vous rassasier à moindre calories.
- Apportez des protéines : Afin d’être mieux rassasiée, apportez à chaque repas un aliment protidique : viande, poisson, œuf, légumineuses… Ces aliments vous permettront de répondre à vos besoins mais aussi de lutter contre la fatigue.
- Choisissez des aliments à IG bas et modéré : Les aliments à IG bas et modéré ont l’avantage de ne pas élever trop rapidement votre glycémie.
- Pratiquez une activité physique douce : Même lorsque vous êtes enceinte et si vous n’avez aucune contre-indication de votre médecin, il est possible de pratiquer une activité physique douce quotidienne. Vous pouvez également tout simplement pratiquer la marche tous les jours à votre rythme sur une durée de 30 à 40 minutes. Pratiquer une activité physique vous permettra de mieux utiliser l’énergie apportée par les repas et d’optimiser la fonction de l’insuline, hormone qui régule votre taux de sucre dans le sang.
- Vérifiez régulièrement votre glycémie : Parmi les recommandations, il vous est conseillé de vérifier votre glycémie régulièrement.
- Consultez un professionnel : Si malgré toute votre bonne volonté, vous ne parvenez pas à atteindre les objectifs glycémiques, n’hésitez pas à consulter un diététicien-nutritionniste professionnel, qui saura vous conseiller.
Surdiagnostic et ses conséquences
Il est important de noter que les progrès scientifiques et technologiques considérables ont considérablement amélioré les diagnostics, mais cela peut également conduire à un surdiagnostic. Le surdiagnostic se produit lorsqu'on abaisse le seuil de détection d’une pathologie au-delà de ce qui profite à la personne, c’est-à-dire en acceptant des seuils de valeurs trop bas. Comme l’explique l’auteur, nos capacités de diagnostic dépassent de loin nos capacités d’aide.
Les phénomènes biomédicaux, lorsqu’ils ne sont pas vécus en termes de douleur, de dysfonctionnement ou de souffrance, conduisent à mal faire en appliquant des étiquettes et des traitements inappropriés, en nous détournant de mesures plus efficaces et en nuisant par les traitements. Une hypertension ou une hyperglycémie légère, ou divers facteurs de risque, tels que l’obésité, ne sont le plus souvent pas ressentis comme douloureux ou dysfonctionnels, mais leur traitement peut introduire des dommages potentiels liés au diagnostic et au traitement.
Par exemple, l’utilisation accrue des statines de façon inappropriée chez des personnes ne se plaignant de rien entraîne des maux de tête, des étourdissements, de la constipation, des diarrhées, les douleurs musculaires, de la fatigue, des problèmes de sommeil et une diminution du nombre de plaquettes sanguines.
Selon Jeffrey K Aronson, le concept de « Surdiagnostic » comprend deux catégories :
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- Étiqueter les personnes d’une maladie qui, non découverte, ne leur aurait pas causé de tort.
- Élargir la définition d’un trouble au plus grand nombre d’individus en modifiant le seuil d’un test diagnostique.
Il est donc crucial de peser les avantages et les inconvénients du dépistage et du traitement, en tenant compte du bien-être global du patient.
Les différents types de diabète
Il est essentiel de différencier les différents types de diabète pour mieux comprendre leurs causes et leurs traitements :
- Diabète de type 1 : Se développe chez l’enfant et les adolescents, à la suite d’une réaction auto-immune qui détruit les cellules du pancréas produisant l’insuline. Le traitement repose sur la prise d’insuline. Les facteurs de risque sont mal connus, mais une prédisposition héréditaire et une infection virale pourraient être impliquées.
- Diabète de type 2 : Apparaît le plus souvent chez les adultes plus âgés lorsque l’insuline produite n’est plus utilisée efficacement par l’organisme. Toutefois, ces dernières années ont vu l’augmentation des cas de diabète de type 2 chez de jeunes enfants. Les facteurs de risque sont mieux connus et il est possible d’agir sur certains de ces facteurs.
- Diabète gestationnel : Apparaît au cours de la grossesse et disparaît généralement après l’accouchement.
- Diabète LADA (latent auto-immune diabetes in adults) : Diagnostiqué à l’âge adulte, souvent entre 30 et 40 ans, ce diabète est une maladie auto-immune comme le diabète de type 1, mais à évolution plus lente vers l’insulinodépendence.
Complications du diabète
Le diabète est une maladie grave dont les complications peuvent être fatales. L’hyperglycémie chronique endommage les vaisseaux sanguins et les nerfs et affecte certaines parties du corps, en particulier les reins, le cœur, le cerveau, les yeux ou les pieds. Il n’existe pas encore de remède pour guérir le diabète, mais le traitement vise à contrôler la glycémie et à prévenir les complications.
Parmi les complications courantes, on trouve :
- Rétinopathie diabétique : Les petits vaisseaux de la rétine sont endommagés par le taux élevé de sucre dans le sang.
- Atteinte des membres inférieurs : L’hyperglycémie chronique endommage les vaisseaux sanguins et les nerfs, tout particulièrement ceux des membres inférieurs, pouvant conduire à une amputation.
- Maladies cardio-vasculaires : Entre 70 et 80% des patients diabétiques meurent de maladies cardio-vasculaires.
- Insuffisance rénale : Le diabète est un facteur de risque d’insuffisance rénale.
- Accident vasculaire cérébral ischémique : Une obstruction empêche l’irrigation sanguine d’une région du cerveau.
Prévention et gestion du diabète
Des modifications du mode de vie permettent d’éviter ou de retarder la survenue du diabète de type 2 :
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- Parvenir à un poids dit normal selon sa morphologie et le conserver.
- Faire une activité physique - au moins 30 minutes par jour d’activité régulière d’intensité modérée.
- Avoir un régime alimentaire sain et limiter le sucre et les graisses saturées.
- S’abstenir de fumer - fumer augmente le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires.
Le dépistage du diabète se fait en mesurant la glycémie par une prise de sang. Un contrôle régulier permet de prendre en charge la maladie avant l’apparition de complications.
Rôle des entérovirus dans le développement du diabète de type 1
Selon les résultats d’une méta-analyse et d’une revue systématique de la littérature médicale menée par une équipe australienne, une infection à entérovirus est fortement corrélée au développement d’un diabète de type 1. Le genre Enterovirus comporte 15 espèces, dont 7 infectent l’homme. Il s’agit notamment des entérovirus A à D, qui regroupent plus de 110 sérotypes (caractéristiques antigéniques permettant de différencier des souches appartenant à une même espèce), dont les échovirus et les coxsackievirus de type B (CVB 1 à 6).
Des antigènes de la capside d’entérovirus ont été détectés sur des prélèvements post-mortem d’îlots pancréatiques de patients atteints de DT1, de même que dans des biopsies de pancréas de patients vivants et atteints d’un diabète de type 1. Des études sérologiques ont détecté la présence d’anticorps neutralisants dirigés contre des coxsackievirus B au même moment où l’on détectait l’apparition d’une auto-immunité dirigée contre les cellules bêta pancréatiques.
Une étude menée par Lars Krogvold et Knut Dahl-Jørgensen de l’université d’Oslo a permis la détection par PCR du génome d’entérovirus (1 cas sur 6) et par immunohistochimie des protéines d’entérovirus dans du tissu pancréatique (dans les 6 cas) chez des patients vivants récemment atteints de diabète de type 1.
La persistance du coxsackievirus B (CVB) dans les cellules sécrétrices d’insuline et les cellules ductales du pancréas entraîne une inflammation chronique, du fait d’une participation active de l’immunité innée.
Perspectives futures : vaccins et antiviraux
La preuve définitive du rôle causal des entérovirus dans le développement du DT1 pourrait être apportée par des essais cliniques évaluant l’efficacité de vaccins anti-entérovirus et de médicaments antiviraux. Un essai clinique randomisé de phase I a évalué chez des adultes l’immunogénicité et la sécurité d’emploi d’un vaccin hexavalent (dirigé contre les coxsackievirus 1 à 6).
Le développement de médicaments antiviraux, administrables à un stade précoce de la maladie ou à des individus déjà exposés à des entérovirus et donc potentiellement porteurs d’une infection virale persistante, est une autre piste prometteuse.
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