L’enfant qui tape est un comportement fréquemment observé et souvent mal perçu socialement. Il est important de comprendre pourquoi un enfant tape et comment réagir de manière appropriée pour l’aider à évoluer et à exprimer ses émotions autrement. Cet article explore les causes de ce comportement et propose des solutions pour accompagner l’enfant vers une meilleure gestion de ses émotions.
Comprendre les causes du comportement de frappe chez l'enfant
Avant de chercher des solutions, il est essentiel de comprendre pourquoi un enfant tape. Ce comportement est rarement le fruit d'une simple méchanceté et découle souvent de difficultés à exprimer des émotions ou des besoins.
L'impuissance et le manque d'alternatives
En général, un enfant qui tape se sent démuni et impuissant. Frapper est un aveu de cette impuissance, une tentative de résoudre un problème lorsqu’il ne voit pas d’autres options. Plus l’enfant est jeune, moins il a eu le temps de développer des solutions alternatives.
Le développement du cerveau et la gestion des émotions
Le cerveau de l’enfant est en développement constant. Si certaines de ses capacités sont étonnantes, la partie dédiée à la gestion des émotions n’est pas encore complètement mature. Cette immaturité explique pourquoi un jeune enfant peut se jeter par terre, hurler et taper des pieds face à une frustration intense. Cette partie du cerveau ne sera complètement développée qu’à 25 ans. Il revient donc au parent d’accompagner l’enfant dans son vécu de l’émotion.
L'imitation et l'importance du modèle parental
Un enfant reproduit ce qu’il observe. Plus il voit des adultes taper autour de lui, plus il sera susceptible de taper lui-même. Si nous voulons que notre enfant apprenne à ne pas taper, le premier principe à suivre est de ne jamais le taper, ni de recourir à la violence physique.
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La frustration et l'incapacité à communiquer
Les jeunes enfants peuvent ressentir un profond sentiment de frustration lorsqu'ils ne parviennent pas à exprimer verbalement leurs besoins ou leurs désirs. Ils peuvent donc recourir aux actions physiques comme le fait de taper pour attirer l'attention et montrer leur mécontentement.
Le besoin d'expression émotionnelle
Les enfants ont du mal à gérer leurs émotions et cela est tout à fait normal. Parfois, taper peut représenter une tentative de libération de la colère, de la tristesse, de l’anxiété ou de la confusion qu'ils ressentent. Enseigner des méthodes alternatives et saines pour exprimer ces émotions à son enfant est donc essentiel.
Facteurs liés à l'âge
Entre 1 et 4 ans, les jeunes enfants traversent une période d’exploration intense. Ils découvrent le monde, testent les limites… et leurs gestes. Un bébé qui tape ou un enfant de 18 mois qui donne des coups n’a pas encore la maturité pour comprendre les règles sociales.
Taper peut répondre à plusieurs besoins ou émotions :
- Exprimer une émotion forte : colère, frustration, excitation.
- Attirer l’attention : l’enfant cherche à être vu, même si c’est par un geste brusque.
- Imiter un comportement : les jeunes enfants reproduisent ce qu’ils observent.
- Communiquer autrement : un petit bout de chou qui ne parle pas encore bien peut utiliser ses mains pour s’exprimer.
Ces comportements ne sont pas des signes de méchanceté. Le cerveau d’un enfant de cet âge n’a pas encore développé la maîtrise de ses émotions. C’est aux adultes de poser un cadre rassurant pour l’aider à s’ajuster.
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Solutions et stratégies pour aider l'enfant à arrêter de taper
Une fois les causes du comportement de frappe comprises, il est possible de mettre en place des stratégies pour aider l'enfant à mieux gérer ses émotions et à adopter des comportements plus appropriés.
Accueillir les émotions de l'enfant
Un outil central pour aider l’enfant à gérer ses émotions est de les recevoir. Il est difficile de vivre sa colère, mais si en plus, la personne qui nous fait face nous commente : « Arrête de t’énerver ! », on va plutôt exploser ! Face à un enfant en colère, on commentera donc plutôt : « Tu sembles très énervé ! ». Le simple fait de voir que l’émotion est perçue par l’entourage aidera à calmer l’enfant.
Si l’enfant va jusqu’à en taper un autre (ou un parent), on peut également constater cela : « Tu es tellement énervé que tu n’as pu t’empêcher de me taper ! ». Ce n’est pas la peine de le nier, c’est un fait. On l’observe, c’est tout. Ca ne veut pas dire qu’on est d’accord. On va au contraire passer le message à l’enfant que les émotions sont toutes permises, mais que les actes ne le sont pas. Parce qu’il reste vrai que taper l’autre est inadmissible. On peut donc exprimer notre mécontentement, avec fermeté, et bienveillance à la fois : « Je vois que tu es très énervé ! En même temps, je ne peux pas te laisser taper ton frère. Il va falloir trouver d’autres façons d’exprimer ta colère ! »
Poser des limites claires et cohérentes
Définir des règles claires concernant le comportement est essentiel. L’interdiction de taper doit être clairement communiquée à votre enfant, afin qu’il comprenne que la violence n’est pas une solution.
Donner l'exemple
Les enfants apprennent beaucoup en observant les adultes autour d’eux. De ce fait, vous devriez incarner un modèle positif, en montrant comment gérer les conflits de manière pacifique et en communiquant respectueusement. Lorsqu’un enfant voit ses parents résoudre des désaccords avec calme et empathie, il est plus enclin à adopter ces comportements dans ses propres interactions. Être un modèle positif implique également de reconnaître ses propres erreurs et de s’excuser.
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Enseigner l'expression verbale des émotions
Un enfant doit apprendre à exprimer ses émotions avec des mots plutôt qu’avec des gestes agressifs. Lorsqu’un comportement de violence se manifeste, vous devriez vous mettre à sa hauteur et lui expliquer calmement pourquoi ce comportement est inacceptable. Des jeux de rôle peuvent par ailleurs s’avérer une méthode efficace pour enseigner à votre enfant comment gérer ses émotions. En jouant, votre enfant peut apprendre à reconnaître ses sentiments et à les exprimer de manière appropriée.
Créer un temps de pause
Un temps de pause signifie qu’il faut s’extraire un moment de la situation. L’idée est qu’il prenne le temps de se reconnecter à lui-même. Alors seulement, il sera possible de parler de la situation. L’idéal serait de pouvoir l’y aider, l’accompagner dans cette démarche, surtout pour les plus jeunes.
Jane Nelsen (auteur de la discipline positive) suggère même la création d’un endroit spécial pour le retour au bien-être. Cet endroit peut avoir été conçu avec l’adulte en dehors d’un moment de colère. L’enfant peut alors décider d’y mettre un coussin, un livre, ce qu’il veut pour l’aider à se sentir mieux.
Cette méthode est également à utiliser lorsque les enfants se tapent entre eux. Bien sûr, il faudra intervenir, et poser un cadre solide. Mais pour commencer, il vaut mieux les séparer. Là encore, l’intonation joue un rôle clef. Nous ne choisirons pas de les séparer avec des mots associés à la punition tels que « Chacun dans sa chambre ! Et vous n’en sortez pas avant que je vous le dise ! », mais plutôt : « Je vois deux enfants très énervés, et je crois que vous avez besoin d’un temps de pause. »
Prévenir plutôt que guérir
Autant lorsque l’enfant est sous le coup de la colère, il est impossible de l’atteindre, autant en parler avec lui pendant un moment calme sera une bonne idée. Plus nous parlerons avec l’enfant de ce que sont les émotions, mieux il pourra les comprendre et les contrôler. Il ne les maîtrisera pas forcément, et ce n’est pas ce que l’on cherche, mais il réagira différemment à son mécontentement. Donnons-lui le vocabulaire qui convient pour qu’il puisse communiquer ce qu’il ressent, et cherchons des options avec lui : « Ecoute, je vois que tu as encore du mal parfois à exprimer ta colère autrement qu’en frappant. Est-ce que tu voudrais qu’on réfléchisse ensemble à d’autres façons de réagir ? Une bonne manière d’exposer ces alternatives peut être de construire avec l’enfant une roue des options !
Développer l'empathie
Lorsque l’enfant tape, il fait une erreur. Ne lui tombons pas tout de suite dessus, il a besoin d’apprendre. Que va-t-il apprendre cette fois ? L’empathie ! Lorsqu’il sera en mesure de nous écouter (inutile, je le répète, d’essayer de lui parler tant qu’il est sous le coup de la colère), nous pourrons l’encourager à essayer de se mettre à la place de l’autre : « Je crois que tu as fait mal à ton copain. As-tu vu qu’il s’est mis à pleurer ? Sais-tu pourquoi ? »
Poser ses limites si l'enfant nous tape
Si l’enfant nous tape, c’est encore une opportunité ! L’opportunité de lui donner l’exemple de ce que l’on peut faire lorsque quelqu’un nous tape. Parce que l’enfant apprend par l’exemple, notre façon de réagir l’inspirera le jour où cela lui arrivera. Cela peut nous aider à décider comment nous réagirons face à lui, conscients de l’exemple que nous sommes en train de lui donner.
Je ne le laisse pas me taper, et je le lui dis clairement et fermement : « Je sais que c’est difficile pour toi. Ainsi, je reçois sa colère, je ne l’humilie pas, je suis juste ferme sur ma position. Et si cela ne suffit pas, j’agirai, en m’éloignant, et en restant hors de portée.
Après l’épisode, et pour que ce soit clair, j’en parlerai avec mon enfant. Je chercherai d’abord à « prévenir plutôt que guérir », comme évoqué plus haut : « Je vois que parfois, tu es tellement énervé que tu as envie de me taper. Tu as le droit d’être d’énervé, mais pas de me frapper. On peut chercher ensemble d’autres moyens d’exprimer ta colère si tu veux. ». Si cela est trop fréquent, je le préviendrai également de la conséquence dans le cas où il n’y parviendrait pas : « Si à un moment où tu n’y arrives pas, tu recommences à me frapper, je changerai de pièce. Ainsi, si cela recommence, effectivement changer de pièce, simplement. Soit en disant juste : « Tu es énervé. Je ne veux pas me laisser taper. », soit même en ne disant rien, puisqu’il le sait déjà. S’il hurle, à nous de revenir au bout d’une minute, et demander : « Je voudrais bien t’aider. Es-tu prêt à ne plus me frapper ? » Simplement.
Parce que c’est bien ce que je voudrais que mon enfant fasse si quelqu’un le tape. Qu’il s’en aille. Pas qu’il se laisse taper. Je lui donne ainsi le modèle de comment poser ses limites physiques. Je me respecte moi-même et lui montre comment faire.
Valoriser les comportements positifs
Lorsque votre enfant adopte des comportements positifs, montrez-lui que vous êtes fier de lui, avec des petits mots encourageants par exemple. Cela renforcera sa confiance en lui et l'encouragera à les répéter.
Mettre en place des routines structurées
Les routines offrent un sentiment de sécurité aux enfants. Créez une routine quotidienne et facilement identifiable pour votre enfant, avec des moments dédiés à l'apprentissage, au jeu et au repos.
Aménager un environnement Montessori
Une chambre d’enfant aménagée selon la méthode Montessori correspond à un environnement sécurisant, bien rangé, harmonieux et adapté à la taille de l’enfant. Au sein de cet espace, il est libre d’utiliser des matériaux sensoriels, à son propre rythme, lesquels lui permettent de prendre conscience ses actions et ses émotions.
Maria Montessori a inventé une gamme de matériel didactique dédiée à des activités simples, néanmoins efficaces pour encourager l’éveil du nouveau-né et des bébés jusqu’à l’âge de deux ans. L’objectif principal est de favoriser l’autonomie, l’exploration sensorielle et le développement cognitif et moteur.
Par l’utilisation du matériel, le tout-petit canalise son énergie, développe sa faculté de concentration, la coordination motrice et apprend à faire preuve de patience. Les frustrations qui peuvent mener à un comportement agressif sont ainsi mieux maîtrisées.
Fixer des limites claires avec la méthode Montessori
La méthode Montessori invite à établir des règles précises avec bienveillance et fermeté. En définissant clairement ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, l’enfant appréhende une meilleure compréhension des conséquences naturelles de ses actes. Il développe alors son sens des limites, un comportement acceptable et ses compétences d’autorégulation et d’empathie.
Adapter son approche à l'âge de l'enfant
- Bébé de 12 à 18 mois qui tape ou mord : Le petit bébé explore beaucoup par le corps. Il peut mordre ou taper pour tester les réactions. À cet âge, ces gestes sont rarement intentionnels, mais liés à une émotion ou à une situation de confusion.
- Enfant de 18 mois à 2 ans : L’enfant intègre un peu mieux son environnement, mais il lui manque des mots pour se faire comprendre. Il peut taper pour exprimer sa frustration, ou simplement parce qu’il n’arrive pas à gérer une émotion soudaine. C’est aussi une période où les premiers conflits avec les autres enfants apparaissent.
- Enfant de 2 ans qui tape : C’est souvent l’âge où les enfants cherchent à affirmer leur volonté. Ce comportement agressif peut être renforcé par la fatigue, la frustration ou des situations mal comprises.
- Après 3 ans : Un enfant qui tape ou mord après 3 ans a souvent besoin d’un accompagnement plus régulier pour apprendre à gérer ses émotions. À cet âge, il peut commencer à mieux différencier le bien du mal, mais il a encore besoin d’aide pour réguler son comportement.
Ce qu'il faut éviter de faire
- Répondre par des coups.
- Ignorer le problème.
- Ridiculiser ou faire honte.
- Forcer les excuses.
- Minimiser les émotions de l'enfant.
- Laisser l'enfant s'isoler seul pendant une crise de colère.
- Demander à l'enfant d'arrêter sa crise.
- Trop parler ou faire de longues tirades pendant une crise.
Quand consulter un professionnel
Si le comportement de taper persiste malgré vos efforts, n’hésitez pas à solliciter l'aide d'un professionnel de santé tel qu’un pédopsychiatre ou d’un psychologue pour enfant. Les coups et les gestes agressifs inquiètent souvent les parents. Pourtant, ce comportement fait partie du développement normal de l’enfant. Comprendre les raisons de cette violence permet de mieux l’accompagner.
Un enfant qui tape à la maternelle ou chez la nounou peut rapidement inquiéter les parents. Parlez avec les professionnels de la crèche pour mieux comprendre les situations de violence.
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