La gestion de Laurent Wauquiez à la tête du parti Les Républicains a été marquée par des controverses et des critiques, notamment concernant ses positions sur des questions sociétales et son style de leadership. Cet article examine les différentes facettes de ces critiques, en s'appuyant sur des exemples concrets et des analyses de la situation politique.

La constitution d'un "shadow cabinet"

Laurent Wauquiez, président de LR, a annoncé la composition d'une « équipe thématique » lors d’une conférence de presse organisée au siège du parti. Cette équipe, souvent qualifiée de « shadow cabinet », visait à impliquer les parlementaires dans les travaux de réflexion du parti et à produire de nouvelles idées. Cependant, cette initiative a suscité des railleries et des interrogations quant à son efficacité réelle.

Une équipe de renouvellement ?

Wauquiez a présenté cette équipe comme une équipe de renouvellement, composée de nouveaux visages n'ayant jamais exercé de responsabilités ministérielles. Il a vanté les trente-quatre membres de cette instance, affirmant que « c’est l’ensemble de la nouvelle droite que je veux construire qui est maintenant en place. » Toutefois, la plupart de ses membres ne sont pas connus du grand public, à l'exception d'Éric Ciotti, chargé de l'intérieur. Ils ont été choisis comme des « experts » dans leurs domaines respectifs.

Des objectifs flous

La constitution de cette équipe devait permettre d’impliquer les parlementaires dans les travaux de réflexion qui sont menés sur le projet du parti. Certains jeunes élus se plaignaient ces derniers mois d’être négligés par Laurent Wauquiez. Cette nouvelle étape devait aussi aider la formation de droite à produire de nouvelles idées, alors que le président de LR est accusé de manquer d’imagination en la matière. Un membre de la direction du parti a même soufflé que « Chez Laurent Wauquiez, le manque d’idées, c’est un sujet qui finira par se poser ».

Les polémiques sur la PMA et la GPA

Laurent Wauquiez a suscité de vives réactions en comparant les débats sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) à l'eugénisme et au nazisme. Ces propos ont été largement critiqués comme étant excessifs et inappropriés.

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Des propos controversés

Lors d'une journée de débats du mouvement "Sens commun", Wauquiez a déclaré que l'ouverture de la PMA à toutes les femmes mènerait inéluctablement à la GPA, à la marchandisation des gamètes et à l'eugénisme. Il a ajouté : « Tout ceci a un nom, c’est l’eugénisme ; tout ceci a été fait par un régime, c’est le nazisme. »

Un tollé général

Ces déclarations ont provoqué un tollé général. Le ministre François de Rugy a dénoncé un « dérapage scandaleux », le Parti socialiste des propos « irresponsables et stupides » et Valérie Pécresse « une comparaison choquante ». L’association SOS Homophobie a condamné « les propos abjects » de Laurent Wauquiez.

Marche arrière (timide)

Après les vives réactions provoquées par ses déclarations, Laurent Wauquiez est revenu sur sa comparaison, tout en appelant à la « vigilance » : « En rappelant l’horreur de l’eugénisme et du nazisme, j’ai voulu rappeler les leçons de l’Histoire. Nos débats contemporains ne sont évidemment pas les mêmes mais quand on parle d’éthique, il faut être très vigilant sur les chemins que nous ouvrons », a tweeté le leader des Républicains.

Le manque de sincérité et les "gaffes"

La présidence de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains a été marquée par des sorties polémiques et des procès en insincérité qui n'ont pas amélioré sa cote de popularité. Plusieurs "gaffes" ont émaillé son parcours, alimentant les critiques sur son authenticité et sa crédibilité.

L'enregistrement "sans filtres"

En février 2018, des propos tenus par Laurent Wauquiez devant des étudiants de l'EM Lyon ont été enregistrés et diffusés. Dans cet enregistrement, Wauquiez critiquait ouvertement Emmanuel Macron, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Valérie Pécresse et Alain Juppé. Face à la polémique, Wauquiez a dit "assumer" ses propos, sauf ceux sur Nicolas Sarkozy, et a dénoncé un "déchaînement médiatique".

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Les approximations et les "fake news"

En mai 2018, Wauquiez a affirmé avoir été élu par huit millions de personnes lors des élections régionales de 2015, alors qu'il avait recueilli 1,2 million de voix. En novembre 2018, il a inventé l'assassinat d'une journaliste en Roumanie. Ces erreurs et approximations ont alimenté les critiques sur son manque de rigueur et sa propension à déformer la réalité.

Les "oublis" et les contradictions

En décembre 2018, Wauquiez a affirmé n'avoir jamais enfilé de gilet jaune, alors qu'une photo le montrait portant un gilet jaune lors d'une rencontre avec des manifestants. Ces contradictions ont renforcé l'image d'un homme politique opportuniste et peu sincère.

Les difficultés du parti Les Républicains

Sous la direction de Laurent Wauquiez, le parti Les Républicains a connu des difficultés à se positionner comme une alternative crédible à Emmanuel Macron. Le parti a peiné à ravir le leadership de l'opposition aux Insoumis de Jean-Luc Mélenchon ou au Rassemblement national de Marine Le Pen.

Un parti convalescent

Près d'un an après son élection à la tête des Républicains, le parti restait convalescent. La déroute de la droite aux élections européennes a précipité la démission de Laurent Wauquiez.

Des divisions internes

Le parti a été divisé sur des questions importantes comme la PMA, illustrant les difficultés de Wauquiez à rassembler les différentes sensibilités de la droite.

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Un manque de popularité

La cote de popularité de Laurent Wauquiez est restée faible, le plaçant derrière Xavier Bertrand et Valérie Pécresse parmi les personnalités de droite susceptibles d'incarner l'alternative à Emmanuel Macron.

Les changements de position de certains ministres

L'article souligne également les changements de position de certains ministres issus de la droite concernant la PMA.

Édouard Philippe

Édouard Philippe, Premier ministre, s'était abstenu lors du vote pour le mariage pour tous et s'opposait "résolument" à la PMA en 2013. En 2019, il justifie son évolution en expliquant avoir "cheminé" après avoir travaillé sur le projet de loi et rencontré des personnes concernées.

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, s'était inquiété des "hésitations du gouvernement" sur la PMA en 2013 et estimait que le rôle de son camp était de s'opposer à la PMA et à la GPA. Aujourd'hui, il confie ne plus y être "totalement opposé" et se dit ouvert au débat.

Gérald Darmanin

Gérald Darmanin, député du Nord, avait voté contre le mariage pour tous et avait déposé un amendement pour interdire explicitement le recours à la PMA pour les couples de même sexe. Il en est même venu à regretter d'avoir voté contre le mariage pour tous.

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