L'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) a connu une évolution significative en France, marquée par des avancées législatives et des débats passionnés. Des combats militants aux discussions parlementaires, le chemin vers l'égalité en matière de parentalité a été long et complexe.

Un parcours législatif jalonné d'étapes clés

Plus de vingt ans séparent trois lois fondamentales, fruits de trois décennies de combats menés par des militants associatifs, des femmes et des hommes politiques.

  • 1999 : Le vote de la loi sur le Pacte civil de solidarité (Pacs) a permis aux couples homosexuels de faire couple, mais pas famille.
  • 2013 : La loi sur le Mariage pour tous a ouvert le mariage et la parentalité aux couples homosexuels.
  • 2021 : La loi relative à la bioéthique a ouvert la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

La PMA pour toutes : un long combat pour l'égalité

L'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes a été un argument de campagne d'Emmanuel Macron. Pourtant, ce n'est pas le gouvernement qui a incité les parlementaires à en débattre, mais bien un parlementaire qui a mis le sujet sur la table.

Le député Guillaume Chiche a déposé une proposition de loi sur le sujet, contenant l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, y compris aux célibataires et couples lesbiens, et le remboursement par la Sécurité sociale de cet acte. Selon lui, cette initiative visait à aller plus vite sur la question et supprimer rapidement "une discrimination insupportable".

Cette proposition de loi a offert plusieurs avantages stratégiques pour le gouvernement. Elle a déplacé la "bataille" à 100 % sur les bancs de l'Assemblée nationale, permettant aux députés d'être au front sur la question, et non les membres du gouvernement. Ainsi, ces derniers pouvaient observer (avec une certaine neutralité) dans quel sens allaient les débats, et en tirer des conséquences pour la loi bioéthique qui a suivi.

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Protection des parcours parentaux au travail

L'Assemblée nationale a voté à l'unanimité une proposition de loi destinée à protéger des discriminations au travail les personnes engagées dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA) ou d'adoption.

Le texte instaure un droit à autorisation d'absence, afin que les salariés puissent honorer leurs rendez-vous médicaux ou administratifs, et prévoit que les agents publics puissent bénéficier de ces mêmes protections. "Nous devons reconnaître et protéger ces parcours parentaux comme nous le faisons déjà pour la grossesse", a souligné Prisca Thevenot. "Il n'y a pas de projets parentaux inférieurs aux autres, il n'y a pas de familles de seconde catégorie, et ce, dès le parcours de procréation."

Obstacles et débats parlementaires

Malgré ces avancées, des obstacles et des débats ont persisté lors de l'examen du projet de loi bioéthique. Une poignée de députés LR ultraconservateurs ont multiplié les amendements pour miner le débat parlementaire sur tous les textes sociétaux, notamment sur l'autorisation de la procréation médicalement assistée.

Ces députés ont dénoncé une "PMA sans père" et menaçante pour "l'intérêt de l'enfant", et ont déploré le "comportement monolithique de la majorité". Ils ont également insisté sur un "effet domino" inéluctable vers la légalisation de la gestation pour autrui (GPA).

Principales mesures adoptées

Outre l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, la loi bioéthique a également inclus d'autres mesures importantes :

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  • L'autorisation pour les personnes majeures de conserver leurs gamètes en vue d'une PMA à venir.
  • L'information de la femme enceinte et éventuellement du couple, quand il est recouru à de nouvelles techniques de génétique pour explorer un risque avéré de pathologie fœtale, est renforcée.
  • La suppression du délai de réflexion d'une semaine en cas d'interruption médicale de grossesse (IMG).
  • L'amélioration de la prise en charge des enfants présentant une variation du développement génital dits enfants intersexes.
  • L'élargissement du périmètre du Comité consultatif national d'éthique aux questions soulevées par les progrès scientifiques dans d'autres domaines que ceux de la biologie, de la médecine et de la santé.

Les hommes transgenres et l'accès à la PMA

Les députés de la France insoumise (LFI) ont présenté une proposition de loi pour réclamer de nouveau l'ouverture de la PMA aux hommes transgenres, nés biologiquement femmes et en capacité d'avoir une gestation.

"Les hommes transgenres, des personnes nées biologiquement femmes qui transitionnent vers le genre masculin et/ou fluide, disposant de capacités gestationnelles, ne peuvent pas avoir recours à l'AMP (assistance médicale à la procréation, aussi appelée PMA) pour le seul motif de la mention de leur sexe à l'état civil", a déploré l'élue insoumise Ségolène Amiot.

Vers une évolution continue ?

Le débat sur la PMA continue d'évoluer, avec de nouvelles questions éthiques et sociétales qui émergent. L'accès à la PMA pour les hommes transgenres, la technique de "réception des ovocytes de la partenaire" (ROPA) et la gestation pour autrui (GPA) sont autant de sujets qui alimentent les discussions et les controverses.

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