Introduction
Le placenta praevia est une condition qui se produit pendant la grossesse lorsque le placenta est inséré dans la partie inférieure de l'utérus et recouvre partiellement ou totalement le col de l'utérus. Cet article vise à informer les femmes enceintes et les professionnels de la santé sur les risques associés au placenta praevia bas grade 1 à 6 mois, ainsi que sur les précautions à prendre pour assurer une grossesse et un accouchement en toute sécurité. Il est important de noter qu'un placenta bas inséré en début de grossesse est relativement courant et qu'il y a de fortes chances qu'il remonte dans l'utérus au fil des semaines.
Qu'est-ce que le Placenta Praevia ?
Normalement, le placenta se fixe au fond de la cavité utérine. Un placenta bas-inséré est un placenta implanté sur la partie inférieure de l'utérus. On parle de placenta praevia lorsqu'il recouvre en partie ou en intégralité le col de l'utérus. Le placenta est un organe éphémère qui se développe dans l’utérus pendant la grossesse et s’expulse au moment de l’accouchement (on parle de “délivrance” qui survient maximum 30 minutes après la naissance du bébé). En ce qui concerne son apparence, il a la forme d’un disque (ou d’une grosse galette) qui mesure entre 18 à 20 cm de diamètre pour 4 à 5 cm d’épaisseur à terme. Il est constitué de veines et d’artères, ce qui lui donne une couleur rouge.
Types de Placenta Praevia
Les complications dépendent de la distance du placenta par rapport au col. On distingue plusieurs types de placenta praevia :
- Placenta praevia total : le placenta recouvre complètement le col de l'utérus.
- Placenta praevia partiel : le placenta recouvre partiellement le col de l'utérus.
- Placenta marginal : le bord du placenta se trouve au niveau du col de l'utérus.
- Placenta bas inséré : le placenta est situé dans la partie inférieure de l'utérus, à proximité du col, mais ne le recouvre pas.
Facteurs de Risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de placenta praevia :
- Antécédents de césarienne : On retrouve plus souvent un placenta bas inséré après une césarienne.
- Antécédents de curetage.
- Grossesse gémellaire.
- Fibromes.
- Âge maternel avancé.
- Tabagisme.
- Grossesses multiples.
Diagnostic
Le placenta praevia est généralement diagnostiqué lors d'une échographie de routine, généralement effectuée au deuxième trimestre de la grossesse. L'échographie, réalisée par voie vaginale, permet d'observer et de mesurer la longueur du col de l'utérus et de s'assurer de l'absence de protrusion de la poche des eaux à l'orifice interne. La valeur seuil n'est pas clairement définie, en général celle qui est retenue est 25 mm.
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Risques et Complications
Le placenta praevia peut entraîner plusieurs risques et complications, tant pour la mère que pour le bébé :
- Hémorragie : Lorsque le placenta est inséré près du col, les contractions utérines risquent de déclencher un décollement du placenta plus ou moins important et donc un saignement plus ou moins abondant selon l'âge de la grossesse. La grande majorité des saignements qui surviennent en début de grossesse sont la conséquence d'un placenta bas inséré. A l'inverse, très peu de placenta bas inséré occasionnent des saignements. En cas de saignement, il est impératif de se rendre d'urgence à la maternité, car celui-ci peut parfois être abondant.
- Accouchement prématuré : Le placenta praevia augmente le risque de rupture prématurée des membranes (rupture avant le début du travail) concerne 5 à 10% des grossesses. Ses facteurs de risque sont les mêmes que ceux de la prématurité spontanée à membranes intactes. La gravité de la rupture prématurée des membranes est fonction de l'âge gestationnel.
- Présentation fœtale anormale : Le placenta praevia peut empêcher le bébé de se positionner correctement pour l'accouchement, ce qui peut nécessiter une césarienne.
- Placenta accreta : Dans le cas où la mère a déjà eu un accouchement par césarienne, un placenta prævia favorise le risque de placenta accreta. C’est le cas lorsque l’adhésion d’une partie ou de la totalité du placenta s’étend plus profondément qu’elle ne devrait dans l’utérus. On parle alors de placenta accreta. Cette implantation heureusement rare (1/2 500 à 1/1 000 grossesses) peut se compliquer d’hémorragie au moment de la délivrance.
Précautions et Gestion
La gestion du placenta praevia dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de placenta praevia, l'âge gestationnel, la gravité des saignements et l'état de santé de la mère et du bébé.
- Surveillance médicale accrue : Les femmes atteintes de placenta praevia nécessitent une surveillance médicale plus étroite tout au long de la grossesse.
- Repos : Il faudra donc limiter au maximum les situations capables de déclencher des contractions utérines. Un alitement plus ou moins strict à domicile peut être prescrit. On peut néanmoins vous conseiller de vous ménager, et en particulier de vous arrêter de travailler si celui-ci est pénible ou si vous devez faire beaucoup de voiture (ou tout au moins passer en mi-temps thérapeutique).
- Hospitalisation : De la même façon, si votre médecin estime que le traitement et la surveillance à domicile ne sont pas suffisants, il peut prendre la décision de vous transférer vers une unité de soins qui possède un service de néonatologie (Maternité niveau II ou III en fonction de votre terme).
- Corticothérapie : Avant terme (≤ 36 semaines d'aménorrhée) : en l'absence d'infection, un traitement associant antibiotiques, corticoïdes pour accélérer la maturation des poumons du bébé et médicament destiné à stopper les contractions utérines est administré.
- Césarienne : Si le placenta est recouvrant : c'est une indication de césarienne. L’accouchement peut en partie être naturel si le placenta est proche du col, mais qu’il ne le recouvre pas. Le travail commence. Si un saignement survient, la maman est emmenée au bloc opératoire.
- Accouchement par voie basse : Si le placenta est positionné latéralement : l'équipe médicale attendra le début naturel du travail. Il est possible qu'il y ait un début de saignement, mais le fait de percer la poche des eaux permettra de stopper cette perte de sang. Ou rupture de la poche des eaux.
Conseils supplémentaires
- Rester zen ! Recevoir un diagnostic de placenta inséré bas au deuxième trimestre n’est pas du tout préoccupant. Même si le gynécologue exprime des inquiétudes, un accouchement physiologique est toujours possible.
- Visualise ton placenta qui « remonte » pendant une séance « détente » (relaxation, méditation, massage, etc.) Cela indique à ton corps ce qu’il convient de faire. Et c’est puissant ! À faire autant de fois que tu le souhaites !
- Reste informée à propos de ton état de grossesse (sage-femme, gynécologue, doula) en suivant les rendez-vous fixés. Pose toutes les questions qui te viennent à l’esprit : tu seras pleinement rassurée !
- Bavarde avec d’autres femmes qui ont déjà vécu cette expérience.
Autres anomalies placentaires
Outre le placenta praevia, d'autres anomalies placentaires peuvent survenir pendant la grossesse :
- Infection placentaire : Des germes maternels peuvent atteindre le placenta de différentes manières, par voie sanguine, par le col ou à partir de l’utérus lui-même. Les microbes peuvent coloniser la masse du placenta ou siéger au niveau des membranes amniotiques. L’échographie montre parfois l’infection placentaire, mais ce n’est pas toujours évident.
- Anomalies de forme : En fin de grossesse, le placenta (« galette » en latin) se présente sous l’aspect d’un disque de 20 cm de diamètre et de 35 mm d’épaisseur. Il pèse environ 500-600 g. De temps en temps, son aspect est différent. Au lieu de ne former qu’une seule grosse masse, il est divisé en deux parties reliées par le cordon (placenta bi-partita). D’autres fois, c’est un petit lobe placentaire qui se trouve à distance de la masse principale (cotylédon aberrant).
- Décollement placentaire : Quand tout se déroule normalement, le placenta se sépare de l’utérus au moment de la délivrance. Lorsque le phénomène a lieu avant l’accouchement, il se crée un hématome (poche de sang) entre la paroi utérine et le placenta qui provoque une interruption des échanges materno-fœtaux. Quand le décollement concerne tout le placenta, on parle d’hématome rétro-placentaire. Cette complication, peu fréquente heureusement, peut avoir des conséquences graves sur la maman et le bébé. La cause ? Les premiers signes sont généralement caractéristiques : saignements et douleur abdominale brusque, très vite suivis d’une souffrance fœtale. Une fois le diagnostic posé, pas de temps à perdre !
- Môle hydatiforme : Ce type d’anomalie est rare, de l’ordre d’1 grossesse sur 1 000. On le rencontre dans les grossesses dites môlaires (ou môle hydatiforme). L’origine est chromosomique et survient dès la fécondation. Des saignements en début de grossesse, des nausées ou vomissements importants, et un utérus mou ou plus gros que la normale pour le terme, peuvent mettre la puce à l’oreille. Deux types de môles hydatiformes existent. Après l’évacuation par aspiration de la grossesse môlaire, des dosages réguliers de l’hormone de grossesse (hCG) sont prescrits durant plusieurs mois. En effet, ils sont généralement anormalement élevés dans ce type de maladie, mais doivent se négativer par la suite. Il arrive parfois qu’une môle hydatiforme persiste, ou s’étende à d’autres organes.
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