La césarienne, une intervention chirurgicale consistant à inciser l'abdomen et l'utérus pour extraire le bébé, est parfois nécessaire lorsque l'accouchement par voie basse est contre-indiqué ou se complique. Bien qu'elle soit une procédure relativement courante, elle est associée à un risque accru de certaines complications, notamment les troubles de la circulation sanguine veineuse. La phlébite, ou thrombose veineuse, est l'une de ces complications redoutées.

Comprendre la phlébite

La phlébite est une affection caractérisée par la formation d'un caillot sanguin dans une veine, obstruant ainsi la circulation sanguine. Ce caillot peut se former dans une veine superficielle (phlébite superficielle) ou dans une veine profonde (phlébite profonde). Les phlébites profondes sont plus graves en raison du risque d'embolie pulmonaire, où le caillot se détache et migre vers les poumons, obstruant une artère pulmonaire.

Types de phlébite

  • Phlébite superficielle (TVS) : Affecte les veines situées juste sous la peau, souvent les veines saphènes.
  • Phlébite profonde (TVP) : Se développe dans les veines plus grosses situées à l'intérieur des muscles.
  • Phlébite pelvienne : Une forme rare de thrombose veineuse qui se produit dans les veines du bassin. Elle peut être une complication d'une endométrite post-partum (inflammation de la muqueuse utérine). La thrombose de la veine ovarienne du post-partum survient quant à elle après un accouchement. Rare, il s’agit d’une complication d’une endométrite, une inflammation de la muqueuse utérine (endomètre) provoquée par une infection.

Facteurs de risque de phlébite après césarienne

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de phlébite après une césarienne :

  • Césarienne en urgence : Le risque de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) est 2 à 5 fois plus élevé en cas de césarienne réalisée en urgence.
  • Grossesse : La grossesse elle-même multiplie par 5 le risque de MTEV par rapport à la population générale.
  • Immobilité prolongée : Rester alitée pendant de longues périodes après la césarienne peut ralentir la circulation sanguine et favoriser la formation de caillots. En effet, après une césarienne, la maman doit rester au lit durant les premières 24 heures.
  • Antécédents de troubles de la coagulation : Les femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de troubles de la coagulation sont plus susceptibles de développer une phlébite. Pour les formes asymptomatiques de SAPL et de déficit en antithrombine, l’évaluation du risque est établie au cas par cas selon notamment l’importance des antécédents familiaux.
  • Autres facteurs de risque : L'âge avancé, l'obésité, le tabagisme et certaines conditions médicales peuvent également augmenter le risque. Facteurs favorisants : intervention faite en urgence, surpoids ou obésité, défaut d’hygiène.

Symptômes de la phlébite

Les symptômes de la phlébite peuvent varier en fonction de la localisation du caillot et de la gravité de l'obstruction. Les signes courants comprennent :

  • Douleur : Une douleur sourde au mollet ou à la jambe est un symptôme fréquent. L’apparition de douleur au niveau du mollet ou de la jambe, quelques jours ou semaines après une césarienne constitue un signe anormal qui ne doit être négligé.
  • Gonflement : Gonflement du pied, du mollet, de la cuisse ou de toute la jambe.
  • Rougeur et chaleur : La peau autour de la zone touchée peut être rouge, chaude et sensible au toucher. Une thrombose veineuse profonde sera suspectée devant un tableau clinique évocateur incluant gonflement, rougeur et température accrue d’un membre inférieur.
  • Sensation de lourdeur : Une sensation de lourdeur dans la jambe affectée.
  • Fièvre et douleurs pelviennes : Dans le cas d'une thrombophlébite des veines ovariennes, il peut y avoir une douleur pelvienne et/ou une fièvre récurrente rebelle au traitement antibiotique.

Il est important de noter que certaines phlébites peuvent être asymptomatiques, en particulier les phlébites pelviennes. La thrombose veineuse pelvienne peut rester asymptomatique (comme tout autre type de thrombose veineuse profonde).

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Diagnostic de la phlébite

Si une phlébite est suspectée, il est essentiel de consulter rapidement un médecin pour un diagnostic précis et une prise en charge adéquate. Les examens suivants peuvent être utilisés pour diagnostiquer une phlébite :

  • Échographie-Doppler : C'est l'examen paraclinique de première intention pour diagnostiquer une TVP. L’examen paraclinique de première intention est l’échographie-Doppler. Un échographie-Doppler négatif associé à une suspicion clinique faible, permettra l’abstention ou l’arrêt thérapeutique.
  • Dosage des D-dimères : Un test sanguin mesurant les D-dimères, des produits de dégradation de la fibrine (un composant des caillots sanguins), peut aider à exclure une phlébite si les résultats sont normaux.
  • Tomodensitométrie (scanner) ou IRM : Ces examens d'imagerie peuvent être utilisés pour confirmer le diagnostic de thrombophlébite des veines ovariennes ou pour diagnostiquer une phlébite pelvienne. Le scanner abdominal (ou l’IRM) permet de confirmer le diagnostic et identifie éventuellement le caractère flottant du caillot dans la veine cave inférieure.
  • Phlébographie pelvienne : Un cathéter est introduit dans la veine fémorale sous anesthésie locale, et un produit de contraste iodé injecté.

Traitement de la phlébite

Le traitement de la phlébite vise à prévenir l'extension du caillot, à réduire le risque d'embolie pulmonaire et à soulager les symptômes. Les options de traitement comprennent :

  • Anticoagulants : Ce sont des médicaments qui empêchent la formation de nouveaux caillots et aident à dissoudre les caillots existants. Lovenox est un médicament anticoagulant appartenant à la famille des héparines de bas poids moléculaire (HBPM). Sa substance active s'appelle l'énoxaparine sodique. Les anticoagulants peuvent être administrés par injection (héparine de bas poids moléculaire ou HBPM) ou par voie orale (antivitamines K ou AVK, ou anticoagulants oraux directs). La prise d’anticoagulants : héparines ou dérivés en injections sous-cutanées au début, antivitamines K (ou AVK) en comprimés pendant plusieurs mois, et anticoagulants oraux directs. L’héparine pouvant provoquer une baisse du nombre des plaquettes sanguines, un dosage sanguin est réalisé de manière régulière, pendant toute la durée du traitement. La dose des AVK doit également être parfaitement adaptée. Ils peuvent en effet provoquer plusieurs effets indésirables pendant les premiers mois du traitement (insuffisance rénale, anomalies de la peau, gêne respiratoire, fièvre…).
  • Compression veineuse : Le port de bas de contention ou de collants de contention aide à améliorer la circulation sanguine dans les jambes et à réduire le gonflement. une compression veineuse médicale (ou contention élastique) : indispensable, elle est mise en place grâce à des chaussettes, à des bas ou à des collants de contention. Le médecin vérifie d’abord l’absence de contre-indications médicales (une artérite des membres inférieurs, par exemple).
  • Thrombolyse : Dans les cas graves de thrombose veineuse profonde, un traitement thrombolytique peut être utilisé pour dissoudre rapidement le caillot. Protocole de thrombolyse = Actilyse : 100 mg en deux heures : 10 mg IV lente en 2 minutes puis 90 mg en SAP en 2 heures (si < 65kg, ne pas dépasser 1,5 mg/kg = 75mg pour 50 kg). Contrôle TCA 4 heures après le début de la SAP pour un TCA entre deux et trois fois le témoin. Anticiper = disposer d’Actilyse dans les maternités.
  • Filtre cave : Dans certains cas, un filtre peut être inséré dans la veine cave inférieure pour empêcher les caillots de migrer vers les poumons. la pose d’un filtre cave : un filtre est inséré dans la veine cave inférieure (une veine large, qui collecte le sang veineux de toute la partie du corps située sous le diaphragme), pour éviter l’embolie pulmonaire. Il empêche mécaniquement le caillot de se déplacer vers le cœur et les artères pulmonaires.
  • Antibiotiques : En cas de phlébite pelvienne d'origine septique, un traitement antibiotique est nécessaire pour combattre l'infection. Il est basé sur l’association de trois antibiotiques à une héparinothérapie à dose curative pendant sept à quatorze jours. Une antivitamine K prend ensuite le relai de l’héparine dès la régression des symptômes. Ce traitement est suivi pendant 4 à 12 semaines.

Prévention de la phlébite après césarienne

La prévention de la phlébite après une césarienne est essentielle. Les mesures préventives suivantes peuvent être prises :

  • Mobilisation précoce : Se lever et marcher dès que possible après la césarienne pour favoriser la circulation sanguine. Au deuxième jour par contre, le lever est obligatoire ; le transit intestinal commence à reprendre sa fonction normale. Le lever précoce et la marche permettent efficacement de diminuer les risques de phlébite en favorisant la circulation sanguine.
  • Bas de contention : Porter des bas de contention pour améliorer la circulation sanguine dans les jambes. En général, le médecin prescrit un traitement anticoagulant généralement administré en injection au niveau du ventre ou de la cuisse durant toute la période de l’hospitalisation ; ce traitement est associé au port de bas de contention, qui sera maintenu durant quelques jours, afin d’éviter une phlébite.
  • Anticoagulants prophylactiques : Dans certains cas, un traitement anticoagulant préventif peut être prescrit, en particulier pour les femmes présentant des facteurs de risque élevés. En fonction des catégories de risque, la stratégie prophylactique suivante à été proposée. HBPM à dose prophylactique forte (enoxaparine 4000 UI/j ou dalteparine 5000 UI/J) pendant 6 à 8 semaines.
  • Hydratation : Boire beaucoup de liquides pour maintenir une bonne hydratation et favoriser la circulation sanguine.
  • Surveillance des symptômes : Être attentive aux symptômes de la phlébite et consulter rapidement un médecin en cas de suspicion.

Lovenox : Un anticoagulant courant

Le Lovenox est un anticoagulant injectable couramment utilisé dans la prévention et le traitement des phlébites. Il appartient à la famille des héparines de bas poids moléculaire (HBPM) et fluidifie le sang. Il est administré par injection sous-cutanée, généralement dans l'abdomen, les flancs ou les cuisses.

Administration du Lovenox

Les injections de Lovenox peuvent être effectuées par une infirmière à domicile ou par le patient lui-même. Il est important de pincer la peau entre le pouce et l'index et d'injecter le médicament en piquant à la perpendiculaire, en introduisant toute l'aiguille dans le pli de la peau. Il est essentiel de ne pas vidanger la petite bulle d'air présente dans la seringue, car elle permet de réduire le risque d'hématome.

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Effets secondaires et contre-indications du Lovenox

Bien que le Lovenox soit généralement bien toléré, il peut entraîner certains effets secondaires, tels qu'une rougeur cutanée au site d'injection (pouvant indiquer une réaction allergique) ou un hématome. Plus rarement, il peut provoquer une thrombopénie induite par l'héparine (TIH), une diminution du nombre de plaquettes dans le sang. C'est la raison pour laquelle le médecin prescripteur demande toujours au patient si il a déjà reçu du Lovenox et s'il a fait des réactions.

Le Lovenox est contre-indiqué chez les patients ayant déjà présenté une TIH.

Surveillance pendant le traitement par Lovenox

Pendant le traitement par Lovenox, une surveillance régulière du taux de plaquettes dans le sang est nécessaire pour détecter une éventuelle TIH. En cas de diminution du nombre de plaquettes lors de deux contrôles successifs, le traitement doit être interrompu immédiatement.

Suites de couches et complications post-césarienne

Le post-partum est une période de bouleversements physiques et psychiques qui nécessite une surveillance attentive. Lors du séjour à la maternité, la surveillance clinique est au moins quotidienne : pression artérielle, fréquence cardiaque, douleurs, signes de phlébite, saignements, mictions spontanées, température, reprise du transit, involution utérine.

Outre la phlébite, d'autres complications peuvent survenir après une césarienne, telles que :

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  • Infections : Infections de la cicatrice, de l'utérus ou des voies urinaires.
  • Hémorragies : Saignements excessifs.
  • Douleurs : Douleurs liées à la cicatrice ou aux contractions utérines (tranchées).
  • Complications liées à l'anesthésie : Maux de tête, nausées ou vomissements (Après l'opération sous anesthésie générale, on vérifie la reprise de conscience).
  • Troubles de l'allaitement : Difficultés à initier ou à maintenir l'allaitement.

Il est important de signaler tout symptôme inhabituel à un professionnel de santé.

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