La péridurale est la méthode d'anesthésie la plus couramment utilisée et la plus efficace pendant l'accouchement. Elle offre aux futures mamans un confort certain en supprimant efficacement les sensations douloureuses. En France, plus de 82 % des femmes accouchent sous péridurale. Cependant, comme toute intervention médicale, elle peut présenter des effets secondaires et certains risques. Cet article vise à fournir une information claire et complète sur la péridurale, ses avantages, son déroulement, ses effets secondaires potentiels et les alternatives possibles.

Qu'est-ce que la péridurale ?

La péridurale est une technique d'anesthésie locorégionale qui permet de contrôler la douleur dans une zone précise du corps sans altérer la conscience. Elle consiste à injecter un anesthésique local (parfois associé à un dérivé de la morphine) directement au contact des membranes qui entourent la moelle épinière, dans la partie inférieure de la colonne vertébrale. L'analgésie péridurale consiste à injecter un anesthésique local (éventuellement associé à un dérivé de la morphine) directement au contact des membranes qui entourent la moelle épinière, dans la partie la plus basse de la colonne vertébrale. Cette injection se fait au moyen d’un tube de très petit diamètre, un cathéter, implanté entre deux vertèbres.

Il est important de distinguer la péridurale de la rachianesthésie. Cette dernière est un type d’anesthésie rapide où le produit est directement injecté au contact de la moelle épinière, contrairement à la péridurale. La rachianesthésie est administrée surtout en cas de césarienne programmée et abolit totalement la sensibilité du bas du corps.

Déroulement de la pose d'une péridurale

La pose du cathéter de péridurale se fait en deux temps, généralement quand le travail a commencé et avant que la dilatation du col soit trop avancée. La sage-femme conseillera le meilleur moment de la pose. Une évaluation de l’avancement du travail est nécessaire avant de la poser mais nous n’avons pas de seuil minimal de dilatation à atteindre pour y avoir accès.

  1. Préparation : Le médecin anesthésiste désinfecte la peau, puis injecte un anesthésique local pour insensibiliser la zone où sera inséré le cathéter. La consultation d’anesthésie est OBLIGATOIRE pour toutes les patientes qui accouchent dans notre maternité. Menée par un médecin-anesthésiste au 8e mois de grossesse, pas nécessairement d’ailleurs par celui qui fera la péridurale, cette consultation a pour but d’informer la patiente, d’évaluer le risque anesthésique et de dépister les contre-indications.
  2. Insertion du cathéter : Une aiguille est ensuite insérée entre deux vertèbres. Elle va permettre de placer le cathéter souple. Celui-ci va pénétrer dans la colonne vertébrale et se glisser le long des membranes qui enveloppent la moelle épinière. L’aiguille est ensuite retirée en laissant le cathéter en place, fixé à la peau par un pansement adhésif. Ce tube flexible permet donc à la maman de bouger sans risque. Le médecin anesthésiste injecte ensuite l’anesthésique via le cathéter. L’aiguille qui est pourvue d’un cathéter (tube stérile de petit diamètre) n’est donc jamais au contact de la moelle épinière. Les risques de toucher la moelle épinière sont donc très limités. Pour que le médecin puisse avoir accès au point d’injection, la patiente doit s’assoir en faisant le dos rond ou se coucher en chien de fusil. La pose est effectuée en position assise, dos rond, ou allongée sur le côté, en «chien de fusil».

Pendant l’accouchement, l’équipe médicale s’assure que le bassin de la mère est situé plus bas que sa tête, de manière à ce que l’anesthésique reste dans la partie basse de la colonne vertébrale. Après l’accouchement, le cathéter est retiré et le produit cesse de faire effet au bout d’une heure, ce qui permet de marcher jusqu’à la chambre.

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Avantages de la péridurale

L’avantage majeur d’une péridurale est de permettre à la future maman de vivre en pleine conscience son accouchement, sans douleur. La péridurale permet d’accoucher sans douleur tout en conservant les sensations de la naissance de bébé. Le temps où les femmes devaient accoucher dans la souffrance est bien loin. Avec la péridurale, vous êtes davantage concentrée sur les efforts d’expulsion que sur votre douleur. L’avantage principal de la péridurale est de permettre à la future maman de vivre son accouchement en pleine conscience, avec un meilleur confort. Elle est reconnue comme la méthode d’analgésie du travail la plus efficace, et comme méthode d’anesthésie à but de soulagement ayant le moins d’effets sur le bébé.

De plus, dans certains cas, la péridurale peut être recommandée pour des raisons médicales, notamment en cas d’antécédent de césarienne, de bébé en siège ou de jumeaux. En cas de dilatation lente du col, la péridurale permet de le relâcher, de favoriser le travail et donc la récupération après l’accouchement.

Effets secondaires et risques potentiels

Bien que la péridurale soit une technique sûre, elle n'est pas sans risques ni effets secondaires. Il est important d'en être conscient avant de prendre une décision.

Effets secondaires courants

  • Hypotension artérielle : Il arrive que la péridurale provoque une baisse de la tension artérielle, pouvant entraîner des nausées, des vomissements ou une grande fatigue. Une baisse de la tension artérielle peut survenir dans les minutes qui suivent la pose de la péridurale. Sans traitement préventif, cette chute brutale de la pression artérielle concernerait 60 à 80 % des femmes qui accouchent avec une rachianesthésie. Si votre tension chute fortement, on pourra vous administrer un médicament vasopresseur. Ce traitement présente l’inconvénient d’être administré sous forme liquide (plusieurs litres). Vous pouvez ressentir un malaise passager dû à une diminution de la tension artérielle.
  • Maux de tête : Les maux de tête liés à la péridurale résultent généralement d’une ponction accidentelle de la dure-mère. La brèche de la dure-mère se produit dans 1 à 2 % des poses de péridurale. Ces maux de tête sont généralement ressentis dans les heures qui suivent l’accouchement et peuvent durer plusieurs jours. En cas de maux de tête, il faut le signaler et l’anesthésiste évaluera si ces symptômes sont en lien avec une brèche méningée. Si la femme se plaint de ce type de céphalées après l’accouchement, les médecins lui prescrivent du paracétamol afin de soulager la douleur en attendant qu’elle disparaisse spontanément trois à six jours plus tard. Les maux de têtes qui perdurent peuvent indiquer une brèche dans la dure-mère qui ne se résorbe pas seule et qu’il faudra traiter.
  • Douleurs lombaires : Des douleurs au niveau du dos peuvent apparaître après votre accouchement. Sachez qu’il n’y en a pas plus après un accouchement avec ou sans péridurale. Elles sont transitoires et disparaissent généralement naturellement. Une très faible proportion est secondaire à la pose de péridurale. Il est également possible de ressentir une gêne lors du mouvement pendant une quinzaine de jours après l’accouchement. Cela s’explique par le passage de l’aiguille de l’anesthésie à travers le ligament intervertébral.
  • Difficultés à uriner : Les muscles de la vessie peuvent être endormis par la péridurale et vous empêcher d’uriner. Sous péridurale, la sensation d’envie d’uriner disparait, et la vessie se remplit sans perception du besoin.
  • Démangeaisons et tremblements : Certaines femmes ressentent des démangeaisons sur le visage et le torse, sans doute dues aux dérivés de la morphine ajoutés pour leur action sélective sur la douleur.
  • Inefficacité ou efficacité partielle : L’un des principaux risques associés à la péridurale est que son effet analgésique ne fonctionne pas comme prévu. Chez certaines femmes, on observe un soulagement incomplet ou latéralisé (d’un seul côté du corps). Même avec une péridurale correctement posée le soulagement peut être incomplet ou latéralisé (c’est à dire un côté analgésié et l’autre non). Dans ce cas, l’anesthésiste va tenter une nouvelle péridurale, en réinjectant une dose ou en repositionnant le cathéter. Une absence ou plus souvent une insuffisance d’efficacité. Dans ce cas, faites-le savoir à votre anesthésiste ou votre sage-femme pour agir en conséquence.

Risques rares mais graves

  • Infection : Le risque d’infection au point d’entrée du cathéter est extrêmement rare, mais nécessite un suivi médical et un traitement antibiotique si elle survient.
  • Lésion nerveuse : Bien que très exceptionnel (1/500 000), il existe un risque de lésion d’un nerf pouvant entraîner une paralysie. Les neuropathiesCe sont des atteintes des nerfs responsables de différentes manifestations allant des paresthésies (« fourmis ») à la perte de force dans un territoire des jambes ou des cuisses. La lésion peut être secondaire à des techniques au cours du geste ou être complètement indépendante de la péridurale. En effet, ces complications nerveuses peuvent être dues à des phénomènes de compression lors du passage du bébé ou lors de la position prolongée des jambes dans les étriers lors d’un accouchement difficile.
  • Complications cardiovasculaires : Bien que rarissime, un arrêt cardiaque peut survenir dans les suites d’une péridurale, notamment en cas de toxicité des anesthésiques locaux.

Impact sur le travail et le bébé

  • Ralentissement du travail : Au-delà du risque d’inefficacité, le risque principal de la péridurale est le ralentissement de l’accouchement. La pose d’une péridurale empêche la future maman de se lever et de marcher, ce qui peut ralentir l’accouchement.
  • Baisse du rythme cardiaque fœtal : Il est fréquent que la péridurale entraîne un ralentissement du rythme cardiaque du bébé, souvent lié à l’injection d’ocytocine de synthèse pour relancer les contractions.
  • Perturbation hormonale : La péridurale peut conduire à une inhibition des endorphines naturelles de la mère, hormones précieuses pour la maturation des poumons du nouveau-né, la mise en place de l’allaitement et le lien d’attachement.

Contre-indications à la péridurale

Il existe certaines situations où la péridurale est contre-indiquée, c'est-à-dire que les risques qu'elle pourrait engendrer sont supérieurs aux bénéfices attendus. Ces contre-indications sont évaluées lors de la consultation d'anesthésie obligatoire au cours du 8ème mois de grossesse.

Les principales contre-indications sont :

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  • Troubles de la coagulation sanguine : La prise de médicaments tels que l’aspirine, les anti-vitamine K ou tout autre médicament fluidifiant le sang doit être signalée à votre médecin. Le risque est le même que celui des maladies de la coagulation. Les maladies cardiaques sont pour la plupart connues des patientes, et celles-ci sont suivies par un spécialiste. Ces situations sont rarissimes. Elles sont pour la plupart, la conséquence de désordres de la coagulation certains pouvant survenir brutalement.
  • Infection locale sévère du bas du dos : En cas d’infection de la peau empêchent de trouver l’espace suffisant pour poser la péridurale, surtout en cas de surinfection des lésions. Le risque est de contaminer le système nerveux lorsque l’on traverse la peau jusqu’à l’espace péridural.
  • Fièvre élevée :
  • Allergie aux anesthésiques locaux : Les allergies aux anesthésiques locaux sont rares. Le risque est la survenue d’une manifestation allergique grave allant de la chute de tension aux difficultés respiratoires. Les allergies aux médicaments sont toujours possibles.
  • Saignement important : Le saignement important et les infections bactériennes sévères sont des situations à risque d’hypotension artérielle. Le risque est que la péridurale majore l’hypotension.

Alternatives à la péridurale

Bien que la péridurale soit une méthode efficace pour soulager la douleur pendant l'accouchement, il existe d'autres options à considérer. La décision de demander une péridurale ou non est personnelle. Elle dépend du seuil de tolérance à la douleur de chaque femme, mais aussi des croyances, des craintes, etc.

  • Méthodes non pharmacologiques : Elles reposent principalement sur la relaxation, l’acupuncture et la respiration profonde. Un certain nombre de ces méthodes sont abordées durant les séances de préparation à l’accouchement. Des massages décontracturants et des compresses chaudes dans le bas du dos procurent un soulagement. La douleur de l’accouchement est ressentie différemment selon votre état physique, culturel ou psychologique. Elle augmente pendant le travail avec une intensité maximale au moment de l’engagement du bébé dans le bassin maternel.
  • Anesthésie générale : Lorsque la péridurale est contre-indiquée, les médecins peuvent opter pour une anesthésie générale, mais cette solution reste exceptionnelle.
  • Gaz hilarant (protoxyde d'azote) : L’usage du gaz hilarant, le protoxyde d’azote par exemple, peut être proposé.

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