Les fluctuations de poids et les problèmes d'ovulation peuvent être préoccupants pour de nombreuses femmes. Comprendre les liens entre ces deux aspects est essentiel pour une prise en charge adéquate. Cet article explore les causes potentielles de la perte de poids et des problèmes d'ovulation, en mettant en lumière le rôle des hormones, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et d'autres facteurs influençant la santé reproductive.
Dérèglement hormonal et cycle menstruel
Les hormones agissent comme des messagers chimiques dans le corps humain, chacune ayant un rôle spécifique. Il existe plusieurs types d’hormones, produites par des glandes spécifiques et ayant des fonctions distinctes. Un équilibre complexe est nécessaire pour un fonctionnement optimal. Lorsque cet équilibre est perturbé, on parle de dérèglement hormonal. Les conséquences varient en fonction de l’hormone impliquée et du type de déséquilibre.
Chez les femmes, l’un des signes les plus évidents d’un dérèglement hormonal est la perturbation du cycle menstruel. Les troubles du cycle menstruel sont généralement associés à une perturbation des hormones sexuelles comme les œstrogènes et la progestérone. En dehors d’une perturbation du cycle menstruel, il n’est pas toujours aisé de reconnaître un dérèglement hormonal, car les signes physiques peuvent être variés selon l’hormone en question. Au-delà des manifestations physiques, des symptômes psychologiques peuvent apparaître.
Plusieurs facteurs peuvent causer un dérèglement hormonal. L’hypoglycémie (baisse du taux de glucose dans le sang) peut aussi perturber la production hormonale. Le stress chronique peut lui aussi jouer un rôle significatif dans le dérèglement hormonal. Lorsque vous êtes constamment stressé, vos glandes surrénales produisent des niveaux élevés de cortisol, l’hormone du stress. Chez les femmes, certaines étapes de la vie sont particulièrement susceptibles de causer des dérèglements hormonaux. La grossesse, ou une fausse couche, peuvent provoquer des changements hormonaux significatifs, affectant la santé physique et émotionnelle.
Si vous présentez des symptômes indiquant un dérèglement hormonal, vous pouvez consulter votre médecin généraliste en premier lieu. Celui-ci pourra effectuer un bilan hormonal. Vos résultats permettent d’identifier l’hormone liée à ce déséquilibre. Cela peut être un endocrinologue, le spécialiste des hormones. Dans de nombreux cas, des traitements médicamenteux peuvent être utilisés pour rétablir l’équilibre hormonal, comme un contraceptif hormonal, tels que les pilules contraceptives. Lorsque le dérèglement hormonal est léger, sur les conseils de votre médecin, une approche plus naturelle peut être mise en place.
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Le SOPK : Un trouble hormonal fréquent
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est l'une des affections hormonales les plus courantes chez les femmes en âge de procréer, touchant environ 10 % d'entre elles. Deux mécanismes semblent être impliqués dans ce dérèglement. D'une part, au niveau cérébral, via l'axe hypothalamo-hypophysaire qui contrôle la sécrétion de LH et FSH, on retrouve un dérèglement des deux hormones indispensables à la régulation du cycle ovarien et donc menstruel. Chez les femmes sans maladie hormonale, les taux de ces deux hormones varient au cours du cycle permettant le développement des ovocytes et l'épaississement de la muqueuse utérine. L'ovulation est ainsi déclenchée par une augmentation soudaine de la LH au milieu du cycle. Chez les patientes atteintes du SOPK, ce système est perturbé et on observe une très faible variation des taux de ces hormones au cours du cycle avec des taux de LH particulièrement élevés dès le début et qui n'augmentent pas au milieu de cycle, ne permettant donc pas le déclenchement de l'ovulation.
De plus, au niveau ovarien, des taux de LH trop élevés conduisent à une production excessive d'androgènes, notamment la testostérone. Le SOPK se manifeste alors par une variété de symptômes, tels que des irrégularités menstruelles, allant parfois jusqu'à l'absence totale de règles, des problèmes de fertilité, de l'acné, une pilosité excessive sur des zones comme le menton ou le dos, ainsi qu'une prise de poids. Les femmes atteintes de SOPK peuvent faire face à des changements physiques importants et notamment présenter un ventre gonflé. En effet, cette maladie modifie le fonctionnement du système hormonal et peut donc conduire à de grandes modifications dans l'organisme pouvant entraîner une prise de poids mais également d'autres complications comme la résistance à l'insuline ou l’inflammation chronique.
SOPK, testostérone et prise de poids
Le syndrome des ovaires polykystiques est produit par un dérèglement hormonal entraînant une production excessive de testostérone pouvant engendrer des conséquences non négligeables quant à la régulation globale du corps de la femme. On sait par exemple, que la testostérone agit sur la leptine, l'hormone de la satiété : une augmentation de la concentration de testostérone diminue les taux de leptine. Ainsi, chez les femmes atteintes de SOPK, les taux de leptine sont anormalement bas, ne permettant pas au corps de se sentir rassasié et conduisant alors à une sensation de faim constante.
Résistance à l'insuline et SOPK
Les femmes atteintes par le syndrome des ovaires polykystiques sont plus à risque de développer une résistance à l'insuline qui in fine peut conduire à un diabète de type 2. Cela s'explique par deux causes principales : une prise de poids, notamment au niveau viscéral qui les prédispose à l’insulinorésistance et elles ont aussi un risque plus important de développer un syndrome métabolique qui est également un facteur de risque pour l'insulinorésistance. Cette résistance se traduit par le fait que même face à un signal insulinique les cellules n'utilisent pas le glucose disponible dans le sang pour le transformer en énergie. Celui-ci s'accumule alors dans la circulation sanguine et le pancréas va sécréter encore plus d'insuline pour essayer de résoudre le problème. Ce phénomène entraîne facilement une prise de poids chez les patientes concernées car l'excédent de glucose circulant va être stocké sous forme de graisses. Les patientes SOPK se retrouvent alors dans un cercle vicieux car la prise de poids favorise l'insulinorésistance qui, elle-même, favorise la prise de poids.
Microbiote intestinal et SOPK
De nombreuses études ont montré que le microbiote intestinal joue un rôle important dans l'apparition et le développement du SOPK. Ainsi, les femmes atteintes par cette maladie souffrent aussi souvent d'une dysbiose intestinale associée, c'est-à-dire un déséquilibre de ce microbiote, qui affecte le système endocrinien et conduit à une réaction inflammatoire chronique. Cela entraîne une diminution du fonctionnement de l'intestin, conduisant régulièrement à une constipation et des ballonnements associés. Par ailleurs, la dysbiose favorise la résistance à l'insuline maximisant ainsi une possible prise de poids.
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Solutions et traitements pour le SOPK
Il n'existe pas de traitements permettant de soigner le SOPK mais des solutions pour diminuer les symptômes peuvent être proposés aux patientes. Parmi les traitements régulièrement envisagés il y a la prise d'une solution contraceptive œstroprogestatives qui à une action anti-androgénique permettant de réguler le cycle menstruel et de diminuer l’hirsutisme (pilosité dans les zones dites masculines) ou l’acné. Face à un hirsutisme marqué l’acétate de cyprotérone, un progestatif anti-androgène, est la solution recommandée. Ces traitements présentent des effets indésirables tels que des troubles digestifs, des gonflements abdominaux ou une prise de poids.
Stratégies pour gérer le ventre gonflé et les symptômes du SOPK
De façon générale, il est recommandé aux patientes SOPK d'adopter un mode de vie basé sur un équilibre entre pratique sportive, alimentation saine, sommeil suffisant, bonne hydratation et gestion émotionnelle. L'alimentation a un rôle majeur à jouer dans la diminution des symptômes du syndrome des ovaires polykystiques. En effet, la consommation d’une alimentation pro-inflammatoire et oxydante peut entraîner un stress oxydatif et favoriser la dysbiose intestinale. Dans ce contexte, les femmes atteintes du SOPK doivent plutôt se tourner vers une alimentation équilibrée, variée, anti-inflammatoire et anti-oxydante avec des produits tels que les fruits frais, les légumes, les céréales complètes plutôt que blanches, les noix, maximiser les omégas 3 et diminuer au maximum les sucres rapides.
Il est également conseillé de limiter autant que possible l'exposition aux perturbateurs endocriniens qui peuvent aggraver le dérèglement du système hormonal. Par ailleurs, pour les femmes atteintes de SOPK et en situation de surpoids ou d'obésité il a été prouvé qu'une perte d'environ 10% du poids initial peut réduire la production excessive d'androgène et ainsi permettre d'améliorer les troubles liés au cycle mais également la fertilité et les autres symptômes associés. Dans ce contexte, une adaptation de l'alimentation est d'autant plus conseillée. Attention, les régimes restrictifs ne sont pas recommandés, il s'agit davantage d'un rééquilibrage alimentaire qui doit venir s'inscrire dans un mode de vie globalement équilibré. Le recours aux médecines alternatives telles que l'acupuncture, la sophrologie ou l'ostéopathie peut aider à diminuer les douleurs causées par le SOPK et également retrouver un équilibre émotionnel indispensable à un mode de vie équilibré.
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