L'anesthésie péridurale est une technique largement utilisée pour soulager la douleur pendant l'accouchement. En France, plus de 82 % des femmes accouchent sous péridurale. Bien qu'elle soit considérée comme sûre, il est important de connaître ses effets secondaires potentiels et les complications possibles. Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur les effets secondaires de la péridurale, en particulier ceux affectant les bras, ainsi que d'autres complications possibles, leurs causes et leurs traitements.
Introduction à l'Anesthésie Péridurale
L'analgésie péridurale est proposée lors de la consultation d'anesthésie de grossesse obligatoire au cours du 8ème mois, pour les accouchements par voie basse. Elle permet d'insensibiliser la partie inférieure du corps grâce à un cathéter mis en place dans le bas du dos. Le produit, mélange d’anesthésique local et de dérivés de la morphine, endort les racines sensitives de la moelle épinière et bloque les messages douloureux envoyés au cerveau.
Le Pr Dominique Chassard, chef du service d’Anesthésie-réanimation pédiatrique et gynéco-obstétrique du GHE-CHU de Lyon, précise qu'« en vingt ans, les doses ont été divisées par trois, ce qui permet de soulager efficacement la femme, tout en préservant la mobilité de ses jambes et sa capacité à pousser lors des contractions ».
La première dose de produits anesthésiant est efficace en 10 mn, les suivantes en moins de 5 minutes. Mais parfois, l’anesthésique local ne diffuse pas au bon endroit autour des nerfs, par exemple parce que le cathéter (petit tuyau souple) est dévié, en raison de variations anatomiques imprévisibles. Dans ce cas, l’anesthésiste va tenter une nouvelle péridurale.
Effets Secondaires Courants Pendant l'Accouchement
La plupart des effets secondaires causés par la péridurale sont bénins, mineurs et temporaires.
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- Baisse de la tension artérielle : Une baisse de la tension artérielle peut survenir dans les minutes qui suivent la pose de la péridurale. Elle peut provoquer des nausées ou une grande fatigue. Si votre tension chute fortement, on pourra vous administrer un médicament vasopresseur.
- Démangeaisons et tremblements : Certaines femmes ressentent des démangeaisons sur le visage et le torse, sans doute dues aux dérivés de la morphine ajoutés pour leur action sélective sur la douleur. « Très souvent, ces sensations de démangeaisons disparaissent spontanément en une à deux heures », assure le Pr Chassard. Des tremblements peuvent aussi survenir.
- Difficultés à uriner : Les muscles de la vessie peuvent être endormis par la péridurale et vous empêcher d’uriner. Lorsque l’on bénéficie de la péridurale, il est possible de ne pas sentir que sa vessie est pleine car le produit anesthésique affecte les nerfs autour. La pose d’une sonde urinaire peut être nécessaire. Le contrôle de la vessie revient à la normale quand l’effet de la péridurale se dissipe.
- Inefficacité ou insuffisance d'efficacité : L’un des principaux risques associés à la péridurale est que son effet analgésique ne fonctionne pas comme prévu. Chez certaines femmes, on observe un soulagement incomplet ou latéralisé (d’un seul côté du corps). Dans ce cas, faites-le savoir à votre anesthésiste ou votre sage-femme pour agir en conséquence. Face à ce scénario, des mesures comme l’administration d’une dose additionnelle de médicament ou le repositionnement du cathéter peuvent être envisagées. Parfois, l’anesthésique local ne diffuse pas au bon endroit autour des nerfs, par exemple parce que le cathéter (petit tuyau souple) est dévié, en raison de variations anatomiques imprévisibles. Dans ce cas, l’anesthésiste va tenter une nouvelle péridurale. Plus rarement, l’analgésie peut être insuffisante à cause d’une dose trop faible de produit.
Effets Secondaires Moins Fréquents et Complications
Bien que rares, certaines complications peuvent survenir suite à une péridurale.
- Maux de tête : Des maux de tête peuvent survenir dans les heures ou jours qui suivent l’accouchement. Parfois, ils sont en lien avec une brèche des méninges lors de la pose du cathéter péridural ; cet événement survient dans notre maternité dans environ 0,5% des cas. Les maux de tête liés à la péridurale résultent généralement d’une ponction accidentelle de la dure-mère (nom de la membrane qui sépare l’espace épidural de l’espace rachidien). Si l’aiguille va trop loin, elle peut percer cet espace et provoquer une fuite du liquide céphalo-rachidien. La brèche de la dure-mère se produit dans 1 à 2 % des poses de péridurale. Ces maux de tête sont généralement ressentis dans les heures qui suivent l’accouchement. Ils peuvent s’en aller naturellement au bout de quelques jours. S’ils durent ou s’avèrent trop intenses, n’hésitez pas à consulter. Le meilleur conseil pour éviter les maux de tête est d’essayer d’être le plus immobile et calme au moment de la pose du cathéter.
- Douleurs dorsales : Des douleurs au niveau du dos peuvent apparaître après votre accouchement. Sachez qu’il n’y en a pas plus après un accouchement avec ou sans péridurale. Elles peuvent être dues à l'effort pendant l'accouchement, à une modification de la statique vertébrale ou à une mauvaise position sur la table.
- Infection : Bien que cela soit rare, une infection peut parfois se manifester dans l’espace péridural. Elle est liée à la piqûre et est extrêmement rare. Nécessite un suivi médical et un traitement antibiotique.
- Lésions nerveuses et paralysie : Si l’aiguille utilisée pour la péridurale est mal placée, cela peut provoquer une lésion au niveau de la moelle épinière et endommager les nerfs. Les lésions nerveuses peuvent entraîner une perte de sensibilité ou de mouvement au niveau des membres inférieurs. La zone touchée est ainsi engourdie, cela peut se manifester par une gêne à la marche. Néanmoins, cela est rare. Une paralysie est très exceptionnelle (1 / 500 000) et résulte de la lésion d’un nerf.
- Réactions allergiques, hématomes, convulsions et difficultés respiratoires : Parmi les complications les plus graves mais également les plus exceptionnelles, on retrouve des convulsions, des difficultés respiratoires, des hématomes, des réactions allergiques et une paralysie transitoire.
Effets Secondaires Tardifs et Prise en Charge
- Maux de tête persistants : Si vous ressentez des douleurs suite à votre péridurale 1 mois après votre accouchement (ou plusieurs mois), cela n’est pas normal. Les maux de têtes qui perdurent peuvent indiquer une brèche dans la dure-mère qui ne se résorbe pas seule et qu’il faudra traiter.
- Douleurs dorsales chroniques : Certaines femmes se plaignent aussi régulièrement d’avoir des maux de dos après la naissance. Cependant, cette complication n’est pas forcément due à la péridurale. Les neuf mois de grossesse et le travail peuvent être responsables de ces douleurs. Ce mal de dos peut persister quelques jours mais est sans danger.
- Paresthésies : Dans de rares cas, des paresthésies (sensations d'engourdissement, de picotements ou de fourmillements) peuvent persister après l'accouchement.
N’hésitez pas à partager tous les inconforts que vous pourriez éprouver avec la sage-femme qui vous rendra visite après l’accouchement.
Traitement des maux de tête post-péridurale
Si la femme se plaint de ce type de céphalées après l’accouchement, les médecins lui prescrivent du paracétamol afin de soulager la douleur en attendant qu’elle disparaisse spontanément trois à six jours plus tard. « Si cela ne suffit pas, on peut poser une nouvelle péridurale, puis y injecter du sang qu’on aura au préalable prélevé dans le bras de la femme, explique l’anesthésiste. Cette technique consiste à prélever un petit échantillon de sang et à l'injecter dans l’espace percé pour compenser la fuite de liquide (blood patch). Le sang injecté forme un caillot. Résultat : la brèche est scellée et le mal de tête disparaît.
La Péridurale et le Bébé
Un accouchement avec péridurale ne comporte pas plus de risque qu’une naissance sans péridurale pour le bébé. "La péridurale agit seulement sur la conduction nerveuse de la maman. Le bébé ne reçoit que des doses infimes non toxiques. La seule condition est que la tension artérielle de la maman reste normale. La tension artérielle est donc surveillée très souvent, et corrigée au besoin par des médicaments", précise sur son site la Maternité de Louis-Mourier à Colombes.
Il est fréquent que la péridurale entraîne un ralentissement du rythme cardiaque du bébé. Cet effet secondaire est lié à l’injection d’ocytocine de synthèse, souvent nécessaire pour relancer les contractions après la péridurale. Cette hormone de synthèse, si elle est trop fortement dosée, peut provoquer une hypercinésie utérine ou de fréquences (contractions trop intenses ou trop rapprochées).
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Enfin, en anélgésiant la douleur, la péridurale peut conduire à une inhibition des endorphines naturelles de la mère. Ces hormones sont pourtant précieuses durant l’accouchement car en plus de leur action anti-douleur, elles ont un rôle dans la maturation des poumons du nouveau-né, la mise en place de l’allaitement et dans le lien d’attachement entre la mère et son enfant.
Contre-indications à la Péridurale
Bien que les contre-indications à l’administration de la péridurale soient rares, la péridurale est déconseillée en cas de :
- Hypovolémie (un déficit du plasma sanguin)
- Infection dermatologique dans le bas du dos
- Trouble de la coagulation du sang
- Décompensation cardiaque
- Certaines maladies neurologiques
- Hypertension intracrânienne
Une scoliose sévère ne représente pas une contre-indication mais nécessitera des précautions particulières.
Pour détecter ces éventuelles contre-indications à la pose de la péridurale, une consultation anesthésique est obligatoire au cours du 8ème mois de grossesse. Celle-ci permet au médecin anesthésiste de prendre connaissance des antécédents de sa patiente et de vérifier qu’il n’existe pas de contre-indications.
Alternatives à la Péridurale
Dans tous les cas, que vous souhaitiez accoucher avec ou sans péridurale, nous vous recommandons de vous renseigner sur les autres méthodes de gestion de douleur avec votre sage-femme ou une doula (méthode Lamaze par exemple). De nombreuses médecines douces comme l’acupuncture sont conseillées, relatives à la préparation à l’accouchement.
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Impact sur le Travail et l'Accouchement
- Ralentissement des contractions : La péridurale peut parfois entraîner un ralentissement des contractions.
- Allongement de la seconde phase du travail : Il a été démontré que la péridurale augmentait le besoin d’instrumentaliser la naissance (forceps, ventouses, etc) car pouvait affecter la poussée efficace.
- Perturbation du cocktail hormonal naturel : En anélgésiant la douleur, la péridurale peut conduire à une inhibition des endorphines naturelles de la mère. Ces hormones sont pourtant précieuses durant l’accouchement car en plus de leur action anti-douleur, elles ont un rôle dans la maturation des poumons du nouveau-né, la mise en place de l’allaitement et dans le lien d’attachement entre la mère et son enfant.
- Perte de mobilité et de sensations : En limitant les mouvements, la péridurale empêche la biomécanique de la naissance. Éliminer la douleur entrave la capacité de répondre aux contractions de manière à favoriser le déroulement du travail et de l’accouchement (par le mouvement ou les changements de positions).
Les femmes qui reçoivent une analgésie péridurale doivent avoir des fluides par voie intraveineuse et une surveillance fœtale électronique continue. Cela peut augmenter le temps nécessaire au bébé pour réaliser sa descente dans le bassin.
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