L'ovaire, un organe clé de l'appareil reproducteur féminin, joue un rôle crucial dans la production d'ovules (ovocytes) et d'hormones essentielles telles que les œstrogènes et la progestérone. Un ovocyte de taille anormale peut être le signe de divers problèmes sous-jacents, allant de troubles hormonaux à des anomalies chromosomiques. Comprendre les causes et les implications de ces anomalies est essentiel pour une prise en charge appropriée de la fertilité féminine.
Ovaires Multifolliculaires : Un Facteur de Risque
Un ovaire est dit multifolliculaire lorsqu'il présente de nombreux follicules disposés en couronne. Dans un ovaire multifolliculaire, les follicules ne parviennent pas à maturité et ne relâchent pas d'ovules (anovulation). Un ovaire normal contient généralement moins de 20 follicules, mesurant de 4 à 10 mm de diamètre. Les follicules antraux représentent la réserve ovarienne et leur nombre diminue avec l'âge. Normalement, chaque mois, un follicule va grossir et devenir mature pour libérer un ovule.
L'ovaire multifolliculaire en tant que tel n'occasionne pas de symptômes.
Cet aspect d'ovaire multifolliculaire, qui est une définition en imagerie échographique, se retrouve principalement dans deux pathologies : l'aménorrhée hypothalamique fonctionnelle et le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Aménorrhée Hypothalamique Fonctionnelle
L'unique symptôme est l'absence de règles. Cette pathologie concerne le plus souvent des femmes qui ont une balance énergétique négative, mais qui ne sont pas en anorexie pour autant. Les signes d'hyperandrogénie, qui définissent le SOPK, ne sont pas présents dans l'aménorrhée hypothalamique fonctionnelle.
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Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)
Le SOPK est une maladie hormonale, due à un dérèglement de l’activité cyclique des ovaires. Ce déséquilibre hormonal pourrait être provoqué par un dysfonctionnement ovarien et central. La sécrétion des hormones FSH et LH par le système hypothalamo-hypophysaire (situé dans le cerveau) est perturbée en cas de SOPK. Cela provoque une production excessive d’androgènes (notamment de testostérone). Elle peut également être à l’origine d’une pilosité excessive chez la femme (hirsutisme), d’acné et d’une chute des cheveux (alopécie).
Le diagnostic d'ovaires multifolliculaires est fait lors d'une échographie prescrite lors d'une consultation pour des troubles menstruels. De plus, un bilan hormonal est effectués pour aider au diagnostic.
Les femmes ayant des ovaires multifolliculaires, ovulent peu ou pas. Sur le moment, la probabilité de tomber enceinte est faible, mais ce n'est pas définitif et cette anomalie ne risque pas de rendre stérile.
Le SOPK étant un syndrome métabolique, il n'existe pas de traitement spécifique. L'ovaire multifolliculaire entraîne des troubles de l'ovulation à court ou moyen terme seulement.
Kystes Ovariens : Une Autre Cause Potentielle
Faisant partie des maladies des ovaires les plus fréquentes chez la femme, un kyste est une tumeur, en général bénigne. Elle se présente sous la forme d’une poche remplie de liquide.
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Types de Kystes
- Les kystes organiques : en général bénignes, ces tumeurs peuvent dégénérer. Elles doivent être retirées via une intervention chirurgicale.
- Les kystes fonctionnels : ne présentant aucun danger, ces tumeurs évoluent au cours du cycle menstruel de la femme.
Symptômes et Diagnostic
La présence d’un kyste est en général décelée pendant un examen médical. Un toucher vaginal (et parfois un toucher rectal) permettent de diagnostiquer la présence d’un kyste. La palpation aide le médecin à déceler la présence d’une masse séparée de l’utérus, indolore et tendue.
Traitement
Les kystes organiques doivent impérativement être retirés chirurgicalement. Principalement dus à un trouble fonctionnel, les kystes fonctionnels de l’ovaire disparaissent de manière spontanée, ou sous l’effet d’un traitement médical. On parle de kyste folliculaire en présence d’un follicule de De Graaf : ce follicule ne se rompt pas à sa date habituelle, ce qui empêche l’expulsion de l’ovocyte au moment de l’ovulation. Aucun traitement n’est nécessaire, ces kystes disparaissant naturellement au moment des règles.
Complications
S’ils ne sont pas détectés à temps et surveillés (retirés si nécessaire), les kystes peuvent évoluer et entrainer certaines complications : une torsion, une hémorragie intra-péritonéale, une rupture entrainant une péritonite, une infection, une dégénérescence cancéreuse… Elles provoquent en général de violentes douleurs au niveau du bas ventre et d’autres symptômes facilement reconnaissables (arrêt du transit, état de choc, contracture des muscles…).
Endométriose et Taille Anormale des Ovocytes
Maladie des ovaires difficile à diagnostiquer, l’endométriose se traduit par le développement des muqueuses de la paroi de l’utérus (l’endomètre) en dehors de l’utérus. Cette maladie chronique provoque notamment des douleurs intenses au moment des règles et pendant les rapports sexuels. Elle peut également être à l’origine d’une fatigue, de saignements abondants pendant les règles ou encore d’une sensation de pression au niveau des ovaires. Les symptômes sont parfois silencieux ou totalement absents. La seule manifestation de l’endométriose est parfois l’infertilité. La maladie provoque en effet des lésions au niveau des trompes de Fallope, qui peuvent empêcher la fécondation. Ces cicatrices peuvent aussi empêcher l’implantation de l’ovule fécondé dans l’utérus, et provoquer une fausse couche. La présence de kystes ovariens remplis de sang, en général asymptomatiques, peut également indiquer la présence d’une endométriose.
Si l’endométriose ne se guérit pas totalement (des récidives sont possibles), plusieurs traitements peuvent être mis en place pour soulager ses symptômes et / ou pallier une infertilité. Un suivi médical régulier doit être programmé. Le médecin peut mettre en place un traitement hormonal, visant à bloquer l’apparition des règles. Une chirurgie conservatrice (qui préserve l’utérus et les ovaires) peut parfois être préconisée : elle permet d’enlever les excroissances endométriales, les tissus cicatriciels et les adhérences.
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Anomalies des Trompes de Fallope, de l'Utérus et de la Glaire Cervicale
Sitôt libéré, l’ovocyte est normalement capté par la trompe. Encore faut-il que cette dernière soit bien perméable. Parfois, les trompes de Fallope peuvent se boucher. Les anomalies des trompes sont dues pour la plupart à des infections génitales provoquée par des maladies sexuellement transmissibles (infection à chlamydia ou une salpingite), par d'autres germes, ou une opération du ventre comme une péritonite (même dans l’enfance) : ces facteurs entraînent des adhérences dans les trompes qui rendent impossible la fécondation.
Une fois fécondé, l’ovule doit encore s’implanter dans la muqueuse utérine pour y grandir. Mais une malformation utérine (une anomalie de sa forme ou de sa dimension, des formations utérines telles qu’une cloison) peuvent gêner cette étape cruciale et causer des problèmes de stérilité féminine et d'infertilité pour le couple.
Pour que l’ovocyte ait une chance de rencontrer des spermatozoïdes, encore faut-il que ces derniers arrivent jusqu’à lui. Pour passer le col de l’utérus en particulier, ils ont besoin d’être aidés par une glaire cervicale de bonne qualité. Or, ce n’est pas toujours le cas : elle peut être absente ou insuffisante, visqueuse ou gélifiée, ce qui peut représenter un obstacle pour les spermatozoïdes. Quand la glaire n’est pas produite en quantité suffisante ou est inexistante, la femme se voit administrer un traitement hormonal simple afin d’augmenter la sécrétion de glaire (il existe de nombreux traitements pour stimuler l’ovulation qui améliore la qualité de la glaire). Quand le milieu vaginal est trop acide, la glaire peut être améliorée par des injections vaginales de bicarbonate de soude.
Facteurs Liés au Mode de Vie
Fumer et boire de l’alcool ne contribuent certainement pas à booster la fertilité. Pire encore, le fait de fumer par exemple augmente nettement le risque d’infection au niveau des trompes. A côté de ça, on pourrait aussi parler de poids idéal pour augmenter sa fertilité, ainsi qu'un âge idéal pour tomber enceinte. Après un pic autour de 25 ans, la fertilité diminue et ce, plus rapidement chez la femme que chez l’homme. Ainsi, les chances d’avoir spontanément un bébé sont quasi nulles après 45 ans pour les femmes et très diminuées après 55 ans pour les hommes. Être en surpoids, ou au contraire, trop maigre, peut aussi freiner la fertilité.
Fécondation In Vitro (FIV) et Anomalies Ovocytaires
Les chances de succès de la F.I.V. ne sont que de 20 à 25% par tentative.
Anomalies Chromosomiques
25 à 30% des ovocytes sont proteurs d’anomalies chromosomiques. Environ 10% des spermatozoïdes sont porteurs d’anomalies chromosomiques. Ce ne sont pas nécessairement les spermatozoïdes de forme atypique qui portent ces abérrations et il n’est pas certain que ces spermatozoïdes porteurs d’anomalies soient moins fécondants.
Maturité des Ovocytes
La ponction contient un lot hétérogène d’ovocytes : certains sont parfaitement matures, d’autres le sont incomplètement, d’autres enfin sont totalement immatures. Les proportions de ces différentes catégories sont très variables d’une ponction à l’autre et il peut même se faire qu’il n’y ait aucun ovocyte parfaitement mature. La vitesse de croissance du taux d'estradiol et la taille folliculaire est plus significative que les chiffres du jour du déclenchement ; si elle est trop lente ou trop rapide, le nombre d'ovocytes matures sera faible.
Au laboratoire, seuls les ovocytes totalement immatures (c'est-à-dire sans maturité nucléaire et donc sans globule polaire) peuvent être repérés. On peut cependant apprécier grossièrement la maturité d'ensemble du lot d'ovocytes : plus le nombre d'ovocytes avec maturité nucléaire (avec globule polaire) est élevé, plus il y a de chances que les autres ovocytes avec maturité nucléaire soient parfaitement matures au plan cytoplasmique.
Enfin, plus le nombre d'ovocytes recueillis est proche du nombre de follicules de grande taille, plus il y a de chances que les ovocytes les plus matures aient été prélevés.
Pouvoir Fécondant du Sperme
Il exprime le pourcentage de spermatozoïdes fécondants. Cette propriété qu’on appelle fécondance permet à un spermatozoïde de rencontrer un ovocyte et de fusionner avec lui. Mais on ne sait pas reconnaître à coup sûr les spermatozoïdes fécondants. Il est faux de dire que le nombre et la mobilité des spermatozoïdes diminuant, il y aura toujours dans un sperme le ou les quelques spermatozoïdes fécondants. En réalité, la diminution du nombre et de la mobilité ne sont que les signes d’une baisse de fécondance. Donc dans les spermes de mauvaise qualité, il peut n’y avoir aucun spermatozoïde fécondant, bien qu’il y en ait encore d’apparemment normaux et mobiles.
Certains traitements (comme dans le cas d’une infection du sperme), l’utilisation de vitamines à visée antioxydante et l’arrêt de facteurs toxiques comme le tabac et l’alcool permettent souvent une amélioration des paramètres du sperme.
Environ 60% seulement des ovocytes sont fécondés ; ce pourcentage définit ce qu’on appelle le taux de fécondation. Il peut en fait varier de 0 à 100%. En règle générale, on peut dire qu’un ovocyte tout à fait mature est fécondable ; un ovocyte incomplètement mature a moins de chances de débuter une fécondation et s’il la débute, il a moins de chances de la terminer ; un ovocyte totalement immature a très peu de chances de débuter une fécondation et il ne la finira pas.
En FIV classique, il peut exister des échecs de fécondation inexpliqués, alors que tout paraissait normal. En FIV classique, il existe un peu moins de 10% des œufs qui sont polyspermiques, conséquence de la fusion de plusieurs spermatozoïdes avec un ovocyte Ceci est le plus souvent dû à un défaut de maturité ovocytaire, car il existe dans l'ovocyte mature des mécanismes de régulation empêchant la fusion d'un deuxième spermatozoïde Pus rarement, le nombre de spermazoïdes mis en présence d'un ovocyte est trop élevé, débordant les mécanismes de régulation.
En ICSI, il y a quelques fausses fécondation : formation d'un œuf sans intervention d'un spermatozoïde (parthénogénèse) due à la piqûre elle-même On en trouve cependant aussi, en moindre quantité, en FIV classique.
Ces fécondations anormales peuvent éventuellement être dépistées par le comptage des pronucléi (différent de 2) ; dans ce cas, l'embryon est écarté. Cet examen n'est cependant pas toujours aisé.
Développement Embryonnaire
On obtient au moins un embryon dans 85% des cas. Le nombre d'embryons obtenus varie en fonction du nombre initial d'ovocytes et du taux de fécondation. Au bout de 2 jours, il est en moyenne de 4, mais il peut varier dans des proportions très importantes Si on laisse évoluer les embryons au stade blastocyte (5-6 jours), on obtient une sélection des embryons les plus viables, les autres arrêtant leur développement plus ou moins rapidement L'intérêt est la sélection des embryons mais le risque est qu'il n'y ait pas d'embryons transférables, ce qui se produit dans 35 à 40% des cas.
Les premiers stades de développement embryonnaire nécessitent la présence de substances élaborées par l’ovocyte avant l’ovulation, pendant sa phase de maturation. Si la maturité est imparfaite, ces substances font défaut et le développement sera compromis. L’immaturité ovocytaire peut aussi être cause d’anomalies chromosomiques.
Echecs de Nidation
Les échecs de nidation sont malheureusement très nombreux et peuvent être liés à la qualité des embryons ou à celle de l'utérus. L'analyse échographique (épaisseur et aspect de l'endomètre, vascularisation au doppler) ne permet qu'une approche approximative.
L'aptitude à la nidation dépend de différents facteurs :
- L'âge de la femme : le taux de grossesse par ponction passe de 24% à 30 ans, à 14% à 40 ans et 2% à 43 ans.
- La cause de l'infertilité : dans les infertilités masculines, le taux de nidation est plus élevé, du fait qu'en général dans ces cas, le conjointes sont normalement fertiles.
- La durée de l'infertilité : elle intervient uniquement dans les cas d'hypofertilités (tubaires, inexpliquées et masculines) où plus la durée d'infécondité est longue, plus les chances de nidation sont réduites. Dans les stérilités tubaires, la durée d'infécondité n'a pas de valeur pronostic, puisqu'il n'y a généralement jamais eu de fécondation spontanée.
- La présence de grossesse(s) antérieure(s) : le taux de nidation est plus important chez les femmes ayant déjà eu auparavant une ou des grossesse(s) spontanée(s) ou par FIV, menée(s) ou non à terme.
- Le rang de la tentative : plus le rang de la tentative s'élève, plus les chances de nidation diminuent.
Diagnostic Génétique Préimplantatoire pour Aneuploïdies (PGT-A)
Après la réalisation d’un traitement de fécondation in vitro (FIV), il est possible de soumettre les embryons générés à un Diagnostic Génétique Préimplantatoire pour Aneuploïdies (PGT-A), par une biopsie de quelques cellules du trophectoderme en phase de blastocyste. Nous pouvons ainsi détecter le nombre de copies de chaque chromosome que possède un embryon.
Aneuploïdies Autosomiques
Elles comprennent le Syndrome de Down (Trisomie 21), le Syndrome de Patau (Trisomie 13) et le Syndrome d’Edwards (Trisomie 18), associés au retard mental et à d’éventuelles malformations physiques. Dans le cas précis des personnes touchées par le Syndrome de Down, leur espérance de vie si situe entre 50 et 60 ans.
Aneuploïdies des Chromosomes Sexuels
- Syndrome de Klinefelter (47, XXY): causé par la présence d’un chromosome X supplémentaire.
- Syndrome de Jakob (47, XYY) : causé par la présence d’un chromosome Y supplémentaire.
- Syndrome de Turner (45, X0) : généré par la perte d’un chromosome X.
- Syndrome triple X (47, XXX) : causé par la présence d’un chromosome X supplémentaire.
Comprendre le SOPK
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est dû à un dérèglement hormonal d’origine ovarienne et/ou centrale (au niveau du cerveau). Il entraîne une production excessive d’hormones androgènes (habituellement produites en petite quantité dans l’organisme féminin) dont il résulte souvent une élévation du taux de testostérone dans le sang des femmes concernées.
Le nom de cette maladie vient de sa description, effectuée dans les années 30, qui reposait sur l’observation de ce que l’on pensait être des kystes dans les ovaires des patientes. En réalité, il s’agissait de multitudes de follicules (des structures composées de plusieurs couches de cellules nourricières dans lequel baigne un ovocyte immature) dont le développement est inachevé.
Le SOPK touche environ 10 % des femmes, mais ses symptômes sont très variables d’une patiente à l’autre : la maladie peut se manifester de manière très légère ou être très handicapante. Les symptômes qui peuvent être associés à la maladie sont :
- Trouble de l’ovulation : la rareté ou l’absence d’ovulations (dysovulation ou anovulation) se traduit par des cycles irréguliers plus longs que la normale (35 à 40 jours), voire par l’absence totale de règles (aménorrhée). Ces troubles provoquent une infertilité chez environ la moitié des femmes qui présentent un SOPK. Cependant, la grande majorité des patientes pourront démarrer une grossesse spontanément, même si elles n’ovulent pas régulièrement ! Une contraception est donc importante en cas d’absence de désir d’enfant.
- Hyperandrogénie : la production excessive de testostérone se traduit notamment par une hyperpilosité chez 70 % des femmes atteintes, de l’acné et une chute des cheveux (alopécie).
- Syndrome métabolique : l’adiposité excessive (accumulation de graisse) accentuée par l’hyperandrogénie prédispose à l’insulinorésistance et au diabète. Les patientes présentent aussi une élévation du risque d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires.
Le diagnostic de SOPK est posé si deux critères sont retrouvés parmi les suivants :
- des troubles du cycle
- une hyperandrogénie clinique ou biologique, en l’absence d’une autre maladie qui entraîne des troubles du cycle et/ou une hypersécrétion d’androgènes (comme une maladie génétique surrénalienne ou des tumeurs ovariennes ou surrénaliennes),
- des ovaires « dystrophiques » à l’échographie.
Au début du cycle menstruel, 5 à 10 petits follicules d’environ 5 à 9 mm sont prêts à entrer en croissance au niveau de chaque ovaire. Un seul d’entre eux, le « follicule dominant », parviendra au terme de sa maturation et produira un ovocyte fécondable. Dans le SOPK, la maturation folliculaire est bloquée (sans doute par l’excès de l’hormone anti-Müllerienne, ou AMH, produite par les petits follicules en croissance) et les follicules immatures s’accumulent (car ils ont une durée de vie plus longue), sans follicule dominant : une échographie pelvienne montre de nombreux petits follicules (au moins 20 follicules de diamètre inférieurs à 9 mm) et/ou un volume ovarien important (supérieur à 10 ml), sans présence de kyste, ni de follicule dominant.
Un bilan biologique est également pratiqué, entre le 2e et le 5e jour du cycle. Chez les patientes qui n’ont pas de règles, celles-ci sont provoquées par un traitement à base de progestérone administré pendant 7 à 10 jours. Le bilan biologique (réalisé à partir d’une prise de sang) comporte le dosage de la FSH et de la LH. Ces deux hormones produites par l’hypophyse, une glande située à la base du cerveau, contrôlent la production hormonale ovarienne ainsi que le cycle ovarien. D’autres molécules sont également dosées : la prolactine, la testostérone et d’autres androgènes (delta 4 androsténedione, 17 hydroxyprogestérone), le 17 bêta-œstradiol, la TSH (hormone thyroïdienne) ainsi que la glycémie, à jeun et si possible après prise orale de glucose. En cas de SOPK, les résultats montrent :
- des taux de FSH et LH normaux, ou augmentés pour la LH
- souvent, une élévation modérée des androgènes (testostérone et /ou androsténedione)
- un bilan hormonal normal pour le reste, ce qui élimine les diagnostics différentiels du SOPK (comme un excès de prolactine, par exemple)
- parfois, une tendance à l’insulino-résistance et au diabète, surtout s’il existe une obésité associée
Si l’origine du déséquilibre hormonal qui conduit au SOPK n’est pas clairement identifiée, elle pourrait être à la fois ovarienne et centrale.
Dans le cerveau, le système hypothalamo-hypophysaire contrôle la sécrétion des deux hormones - FSH et LH -qui orchestrent le cycle ovarien. Grâce à ce contrôle, leurs taux varient au cours du cycle pour réguler la production d’hormones par les ovaires et provoquer l’ovulation. Mais en cas de SOPK, le système est perturbé : le taux de base de LH est anormalement élevé chez la majorité des femmes atteintes, et il n’augmente pas en milieu du cycle alors que c’est ce phénomène qui déclenche l’ovulation. Par ailleurs, les ovaires secrètent trop d’androgènes, ce qui peut entraîner un excès de pilosité et/ou de l’acné. Enfin, il peut se développer une insulinorésistance, surtout en cas d’excès de poids. Les causes de ces dérèglements sont très probablement multifactorielles : génétiques, épigénétiques et environnementales.
Le traitement du SOPK est uniquement symptomatique, et ceci jusqu’à la ménopause. Il repose sur une amélioration de l’hygiène de vie, un traitement médicamenteux en cas d’hirsutisme et/ou d’infertilité, ainsi qu’un accompagnement psychologique lorsqu’il est nécessaire. En cas de surpoids, une perte d’environ 10 % du poids initial peut réduire l’hyperandrogénie, avec un effet bénéfique sur l’aménorrhée et sur la fertilité. À plus long terme, cette perte de poids aura un retentissement positif sur le risque de complications métaboliques associées au SOPK. En revanche, pour les femmes dont le poids est normal, maigrir n’apporte pas de bénéfice.
Lorsque le SOPK est le seul facteur responsable d’une infertilité, le traitement repose sur une stimulation de l’ovulation par citrate de clomifène, ou par gonadotrophines exogènes injectables en deuxième intention. Les inhibiteurs de l’aromatase, utilisés pour le traitement de certains cancers du sein sont actuellement évalués comme inducteurs de l’ovulation et pourraient présenter une efficacité supérieure au clomifène. Si ces traitements entraînent un développement de plusieurs follicules ou en cas d’absence de grossesse, une procréation médicalement assistée peut être envisagée.
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