La bronchiolite, une infection respiratoire courante chez les nourrissons et les jeunes enfants, suscite une attention particulière en raison de son impact sur la santé publique. Chaque année, elle touche environ 30% des enfants de moins de deux ans en France, ce qui représente environ 480 000 cas par an, selon Santé publique France. Cette maladie virale, majoritairement due au Virus Respiratoire Syncytial (VRS), entraîne l'hospitalisation de 2 à 3% des nourrissons de moins d'un an. Face à ce problème de santé publique récurrent, des avancées significatives ont été réalisées dans le domaine de la prévention et du traitement de la bronchiolite. Cet article explore les nouvelles approches thérapeutiques disponibles, notamment les traitements préventifs et les vaccins, ainsi que les mesures de prise en charge essentielles pour les nourrissons atteints de cette infection respiratoire.

La Bronchiolite : Un Défi de Santé Infantile

La bronchiolite est une infection des petites bronches qui affecte principalement les enfants de moins de deux ans, en particulier les bébés de moins de six mois. Dans 80% des cas, elle est d’origine virale, et liée au virus respiratoire syncitial (VRS). La bronchiolite est une maladie respiratoire très fréquente chez les nourrissons et les enfants de moins de deux ans. Chaque année en France, 30% des nourrissons sont atteints en période hivernale. La majorité des cas de bronchiolite (50 à 80%) est causée par le virus respiratoire syncytial (VRS). Il provoque une inflammation des parois des petites bronches et une augmentation des sécrétions responsables d’un phénomène d’obstruction.

Transmission et Symptômes

La bronchiolite est une infection respiratoire du nourrisson très contagieuse. Le virus se transmet par la salive, les éternuements, la toux et par les mains. Le virus reste également sur les objets souillés (tels que les jouets, les tétines, les "doudous"). Parents, frères et sœurs, et proches qui sont porteurs du virus ne présentent habituellement aucun symptôme.

Le plus souvent, elle se manifeste d'abord par un rhume ou une rhinopharyngite avec une fièvre légère. Votre bébé est très enrhumé, il tousse, il a du mal à manger et à dormir. Dans un deuxième temps apparaissent des difficultés respiratoires : le nourrisson respire moins bien, de manière plus rapide et superficielle ; sa respiration est sifflante ; il peut aussi éprouver des difficultés à s’alimenter au biberon.

Évolution et Complications

Dans la très grande majorité des cas, la bronchiolite est bénigne et évolue de manière favorable, spontanément. Sans complications, la bronchiolite guérit en 7 à 10 jours. Dans sa forme bénigne, qui est la plus courante, la bronchiolite guérit d’elle-même en une dizaine de jours ou même moins. Cela dit, la toux peut persister un peu plus longtemps.

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Pour 2 ou 3 enfants sur 100 (source : AP-HP), la maladie est plus grave avec des difficultés à boire et à respirer. Ces enfants doivent être hospitalisés, parfois avec de l’oxygène. La bronchiolite est néanmoins la principale cause des admissions de nourrissons à l’hôpital en période hivernale : chaque hiver, environ 50 000 nourrissons consultent en urgence pour bronchiolite et 20 000 sont hospitalisés. Dans de rares cas, la bronchiolite nécessite une hospitalisation, voire une admission en réanimation.

Nouvelles Stratégies de Prévention : Beyfortus et Vaccination Maternelle

Face à l'impact significatif de la bronchiolite, des stratégies de prévention innovantes ont été développées. La première est un traitement préventif administré aux nouveau-nés. La seconde solution contre la bronchiolite est la vaccination maternelle.

Le Traitement Préventif par Anticorps Monoclonaux : Beyfortus

À partir du 15 septembre, les nouveau-nés peuvent recevoir un médicament qui limite les risques de développer la maladie. Depuis 2023, un traitement préventif est proposé aux nourrissons de moins d’un an, y compris aux nouveau-nés, pour les aider à passer leur première saison à risque de bronchiolite. Ce traitement sera disponible sur ordonnance en établissement de santé et en pharmacie de ville sans facturation aux patients. Il sera proposé à tous les bébés de moins d’un an dans les maternités, les cabinets de médecine générale, de pédiatrie, de sages-femmes.

Administré en une seule injection, cet anticorps monoclonal déployé partout en France représente une avancée majeure pour lutter contre la bronchiolite. Ce n’est pas un vaccin. Il s’agit d’une injection d’un anticorps monoclonal, le Nirsevimab (ou Beyfortus®) ou Palivizumab (ou SYNAGIS), capable de neutraliser le VRS, le principal virus de la bronchiolite. L’injection est proposée dès la maternité dès les premiers jours de vie pour les nouveau-nés qui vont naitre à partir du 1er septembre 2025, sinon elle peut être pratiquée par le médecin traitant (pédiatre ou généraliste) ou la sage-femme ou encore en PMI, pour les nourrissons nés entre février et août 2025.

L’efficacité du traitement a été démontrée dans le cadre d’études de grande ampleur mais également en vie réelle sur la saison 2023-2024 : le Nirsevimab diminue de 80 % les hospitalisations et les formes graves : il ne fera pas disparaitre ni le virus VRS, ni la bronchiolite mais limitera fortement ses conséquences les plus graves. Le Beyfortus® est gratuit pour les assurés sociaux dont le bébé est né à partir du 6 février 2023. Pour les bébés nés entre le 6 février et le 15 septembre 2023, le médicament peut être obtenu gratuitement sur prescription médicale.

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Les médecins, sages-femmes, infirmiers peuvent administrer le traitement. À noter : les centres de PMI peuvent à la fois prescrire le Beyfortus® et l’administrer, une fois que les parents auront été le chercher en pharmacie (voir la liste des centres de PMI à Paris). Depuis ce mois de septembre, les parents des nourrissons qui naissent dans les maternités de l’AP-HP se voient proposer de protéger leurs enfants contre la bronchiolite avec le nouveau traitement Beyfortus®.

La Vaccination Maternelle : Abrysvo

Depuis septembre 2024, les femmes enceintes éligibles peuvent bénéficier d’un nouveau vaccin (Abrysvo), recommandé durant le 8ᵉ mois de grossesse. Ce vaccin, administré en une seule injection, est disponible jusqu’à janvier 2025. Ce vaccin, appelé Abrysvo, peut être administré au 8e mois de grossesse (entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée). Il est efficace deux semaines après l'injection.

Cette année encore, la prévention des infections à VRS peut s’anticiper dès la grossesse : un vaccin (Abrysvo) est disponible pour immuniser la maman, ce qui permet de transmettre les anticorps à son bébé via le placenta puis le lait maternel. Ce vaccin est disponible en ville et à l’hôpital et est pris en charge par la sécurité sociale. Il doit être administré entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée à compter du 1er septembre 2025. La Haute Autorité de Santé ainsi que les médecins pédiatres, obstétriciens et les sages-femmes recommandent le vaccin au dernier trimestre de grossesse. Lorsque la femme enceinte a pu bénéficier du vaccin anti VRS, on considère que son bébé est protégé et il n’y a pas besoin de lui administrer le Nirsevimab.

Grâce à la transmission d’anticorps maternels, le nourrisson est protégé dès sa naissance jusqu’à l’âge de 6 mois. Une alternative sans injection pour bébé : c’est une solution préventive complémentaire offerte aux parents qui souhaitent éviter l’injection d’un traitement préventif directement au nourrisson.

Comparaison des Approches Préventives

Même si ces deux méthodes sont "très efficaces" d'après l'ANSM, une étude française qui les a comparé a montré que "le Beyfortus offre une protection supérieure à celle obtenue avec la vaccination de la femme enceinte par Abrysvo".

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Prise en Charge et Traitement de la Bronchiolite

En dehors du traitement préventif au Beyfortus, il n'existe pas de traitement spécifique curatif contre la bronchiolite. Dans 95 % des cas, la bronchiolite ne nécessite pas une hospitalisation et peut donc être prise en charge par un médecin de ville. Ce dernier vous rappellera les mesures hygiéno-diététiques (lavage de nez, fractionnement des repas…) et vous donnera les consignes de surveillance de votre enfant. Les services d’urgences accueillent les cas les plus graves.

Il ne peut pas y avoir d’automédication en cas de bronchiolite chez un nourrisson, sauf pour soulager la fièvre. Les antitussifs et les fluidifiants bronchiques sont contre-indiqués. Le traitement de la bronchiolite du nourrisson se fait généralement à la maison, grâce à quelques mesures expliquées aux parents par le médecin. L’hospitalisation n’est indiquée qu’en cas de fragilité de l’enfant, s’il est très jeune (moins de 3 mois) ou si l’infection s’aggrave ; elle n’est en aucun cas systématique. Pendant la consultation, le médecin procède à un examen clinique du bébé, qui lui permet de constater les symptômes de la bronchiolite.

Mesures de Soutien et d'Hygiène

Il est nécessaire de bien hydrater le nourrisson touché, et de lui laver le nez régulièrement. Si nécessaire, des médicaments contre la fièvre peuvent être prescrits. Les antibiotiques ne sont pas indiqués, sauf en cas de surinfection bactérienne.

Le traitement consiste essentiellement à traiter les symptômes : lavage du nez avec du sérum physiologique, kinésithérapie respiratoire pour aider l’enfant à expulser les sécrétions bronchiques par la bouche et, si nécessaire, apport supplémentaire d’oxygène. La kinésithérapie respiratoire n'est pas systématique en cas de bronchiolite. Un médicament contre la fièvre est prescrit lorsque la température le justifie.

Le Rôle de la Kinésithérapie Respiratoire

La kinésithérapie respiratoire comprend un ensemble de techniques permettant de désobstruer le nez et les voies respiratoires encombrées de votre nourrisson. La consultation en kinésithérapie commence systématiquement par un bilan clinique complété par un interrogatoire des parents, sans oublier des précautions d’hygiène élémentaires.

Les techniques utilisées incluent :

  • Le désencombrement des voies aériennes supérieures, qui consiste à laver ou désobstruer le nez, en associant une instillation locale de sérum physiologique.
  • La toux provoquée, qui consiste à déclencher le réflexe de toux en comprimant la face antérieure de la trachée avec le doigt à la fin d’un temps inspiratoire.
  • L’augmentation du flux expiratoire, aussi appelée désencombrement bronchique : cette technique mobilise les sécrétions vers le haut de l’arbre bronchique et permet de les évacuer grâce à l’expiration passive réalisée par les mains du kinésithérapeute sur le thorax et l’abdomen.

Le rôle du kinésithérapeute est aussi de surveiller l’évolution de la pathologie, et d’en informer le médecin traitant.

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