L'Aveyron, département français riche en histoire et en culture, possède une démographie en constante évolution. Cet article explore l'histoire des recensements de population en Aveyron, les tendances démographiques récentes et les facteurs qui influencent la natalité et l'attractivité du territoire. Nous nous appuierons sur les données de l'Insee et d'autres sources pour brosser un tableau complet de la situation démographique actuelle et de son évolution.

Dénombrements et Recensements de Population: Repères Historiques

Aperçu Général

La volonté de dénombrer la population, dans le sens où nous l’entendons aujourd'hui (à visée statistique et pour planifier la répartition et l’organisation des services publics), est relativement récente. Bien que des recensements rudimentaires aient existé depuis l'Antiquité, comme le Domesday Book rédigé en Angleterre sous le règne de Guillaume le Conquérant vers 1085, l'établissement de statistiques fiables à des fins de planification publique est une innovation pré-révolutionnaire. Il faut attendre le Consulat et l’Empire pour en voir une réalisation concrète.

Sources et Méthodologies

Les archives départementales de l’Aveyron, notamment la sous-série 6 M du cadre de classement (Population, affaires économiques, statistiques), constituent une source précieuse pour l'étude de l'évolution démographique. Ces archives contiennent des dénombrements et recensements de population qui permettent de retracer l'histoire de la natalité et de la mortalité dans le département.

La collecte des bulletins d’état civil s’effectue auprès des communes. La finalité première des bulletins de naissance est la mise à jour du RNIPP (répertoire national d’identification des personnes physiques). La collecte des bulletins remonte à plus d’un siècle. Les bulletins sont modifiés périodiquement pour prendre en compte des changements sociétaux ou des modifications réglementaires. La dernière modification date de 2017, pour prendre en compte l’impact de la loi n°2016-1547 du 18 novembre 2016 dite de modernisation de la justice du XXIème siècle qui transférait à compter du 1er novembre 2017 l’enregistrement des conclusion, modification et dissolution des PACS des tribunaux vers les officiers d’état civil. Cela s’est traduit par l’ajout de deux bulletins statistiques à ceux préexistants. La gestion du RNIPP est assurée par six sites implantés dans les directions régionales de l'Insee.

Évolution Démographique Récente en Aveyron

Chiffres Clés et Tendances

Le dernier recensement de l'Insee révèle que l'Aveyron comptait 279 595 habitants au 1er janvier 2019. Ce chiffre représente une progression de 0,1 % par rapport à 2013 (277 740 habitants) et une augmentation de 321 unités sur un an. Si l'on compare ces chiffres à l'objectif fixé par Jean-Claude Luche d'atteindre une population de 300 000 habitants d'ici à 2030, il est clair que le rythme actuel de croissance est insuffisant.

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Il y avait au 1er janvier 2019, 279 595 personnes résidant en Aveyron. Un chiffre en progression de 0,1 % par rapport à 2013 (277 740) et de 321 unités sur un an. Le cap fixé par Jean-Claude Luche il y a quelques années d’atteindre, d’ici à 2030, est donc encore très loin et au rythme actuel, cela n’arrivera qu’après 2050.

Solde Naturel et Solde Migratoire

L'analyse des composantes de l'évolution démographique révèle que l'Aveyron est confronté à un solde naturel négatif (-0,4 %) entre 2013 et 2019, ce qui signifie qu'il y a eu plus de décès que de naissances. Cependant, le solde migratoire est positif (+0,5 %), indiquant que l'Aveyron attire de nouveaux habitants.

En effet, si entre 2013 et 2019, le solde naturel est négatif (-0,4 %), ce qui signifie qu’il y a eu davantage de décès que de naissance, le solde migratoire, lui, est positif (+0,5 %).

Dynamiques Territoriales

L'attractivité du territoire se concentre principalement dans les aires urbaines de Rodez et de Millau, qui ont toutes deux gagné des habitants entre 2013 et 2019 (+0,5 %). Espalion est également un pôle d'attraction en croissance, enregistrant la plus forte progression des villes aveyronnaises (+0,8 %) et un solde migratoire particulièrement favorable (+1,7 %). Cette dynamique positive est le fruit d'une politique d'attractivité mise en place depuis 2014.

D’ailleurs, les deux aires d’attractions de la préfecture et de la sous-préfecture ont gagné des habitants sur la période (+0,5 %). Le troisième territoire d’attraction qui progresse dans le département est celui d’Espalion. La commune des portes de l’Aubrac enregistre notamment la plus forte progression des villes aveyronnaises (+0,8 %) et un solde migratoire encore plus favorable (+1,7 %). Le fruit d’une politique d’attractivité mise en place depuis 2014 (lire ci-dessous) qui semble donc efficace.

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Cependant, certaines zones du département connaissent un déclin de population, notamment le bassin de Decazeville à l'ouest et la région de Saint-Affrique au sud. Pour Decazeville, ce déclin est une conséquence des fermetures successives d'entreprises. À Saint-Affrique, l'impact de l'installation de la 13e demi-brigade de Légion étrangère dans le camp du Larzac n'était pas encore visible dans les chiffres au 1er janvier 2019.

Mais si la moitié des communes du département gagnent de la population, notamment celles situées sur l’axe Baraqueville - Rodez - Espalion au centre du département, plus à l’ouest, celles vivant entre Villefranche-de-Rouergue et Figeac, et enfin au sud, celles habitant autour de Millau, deux zones connaissent un déclin de population important. Le bassin de Decazeville à l’Ouest, et la région de Saint-Affrique, au Sud. Pour la cité minière, il s’agit de la longue confirmation du déclin enclenché depuis plusieurs dizaines d’années, avec les fermetures successives d’entreprises. Il faudra observer si, dans quelques années, le développement de la Mécanic vallée a pu changer un peu la dynamique. Pour Saint-Affrique, l’Insee note que les effets de l’installation de la 13e demi-brigade de Légion étrangère dans le camp du Larzac ne sont pas encore visibles sur la période dans les chiffres. Pourtant, au 1er janvier 2019, les effectifs étaient complets. Mais comme la plupart des militaires vivaient dans le camp à cette époque, cela n’a pas encore des conséquences visibles. Il faudra sans doute attendre encore quelques années pour mesurer l’impact réel sur le territoire.

Chiffres Détaillés par Commune

Voici les chiffres de population pour les principales communes de l'Aveyron au 1er janvier 2019 :

  • Rodez : 24 475 habitants (+0,5 % par rapport à 2013)
  • Millau : 21 979 habitants (-0,1 % par rapport à 2013)
  • Onet-le-Château : 11 665 habitants (+0,1 % par rapport à 2013)
  • Villefranche-de-Rouergue : 11 605 habitants (-0,4 % par rapport à 2013)
  • Saint-Affrique : 8 023 habitants (-0,5 % par rapport à 2013)
  • Luc-la-Primaube : 6 005 habitants (+0,5 % par rapport à 2013)
  • Decazeville : 5 323 habitants (-1,7 % par rapport à 2013)
  • Espalion : 4 601 habitants (+0,8 % par rapport à 2013)
  • Capdenac-Gare : 4 419 habitants (-0,4 % par rapport à 2013)
  • Sévérac-d’Aveyron : 4 069 habitants (-0,1 % par rapport à 2013)

En chiffresAveyron : 279 595 habitants au 1er janvier 2019 ; +0,1 % par rapport à 2013 ; +321 sur un an.Rodez : 24 475 habitants au 1er janvier 2019 ; + 0,5 % par rapport à 2013 ; + 156 sur un an.Millau : 21 979 habitants au 1er janvier 2019 ; - 0,1 % par rapport à 2013 ; - 23 sur un an.Onet-le-Château : 11 665 habitants au 1er janvier 2019 ; + 0,1 % par rapport à 2013 ; - 6 sur un an.Villefranche-de-Rouergue : 11 605 habitants au 1er janvier 2019 ; - 0,4 % par rapport à 2013 ; - 179 sur un an.Saint-Affrique : 8 023 habitants au 1er janvier 2019 ; - 0,5 % par rapport à 2013 ; - 11 sur un an.Luc-la-Primaube : 6 005 habitants au 1er janvier 2019 ; +0,5 % par rapport à 2013 ; +18 sur un an.Decazeville : 5 323 habitants au 1er janvier 2019 ; - 1,7 % par rapport à 2013 ; -30 sur un an.Espalion : 4 601 habitants au 1er janvier 2019 ; +0,8 % par rapport à 2013 ; +42 sur un an.Capdenac-Gare : 4 419 habitants au 1er janvier 2019 ; - 0,4 % par rapport à 2013 ; - 43 sur un an.Sévérac-d’Aveyron : 4 069 habitants au 1er janvier 2019 ; - 0,1 % par rapport à 2013 (en cumulant les cinq ex-communes de Buzeins, Lapanouse, Lavernhe, Recoules-Prévinquières et Sévérac-le-Château qui ont fusionné au 1er janvier 2016) ; - 12 sur un an. Données issues du recensement réalisé dans les 285 communes de l’Aveyron au cours du premier trimestre 2019.

Facteurs d'Attractivité et Défis Démographiques

Atouts de l'Aveyron

L'Aveyron possède des atouts non négligeables pour attirer de nouvelles populations, tels qu'un nombre important d'emplois vacants, des logements disponibles, des habitations avec des extérieurs et des loisirs nombreux. Si ces nouveaux arrivants sont plutôt jeunes, ils pourraient entraîner un cercle vertueux en augmentant le nombre de naissances et en infléchissant la courbe du solde naturel défavorable.

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C’est d’ailleurs sans doute la leçon à retenir de cette dernière livrée de l’Insee : l’Aveyron a la capacité d’accueillir des nouvelles populations, qui, si elles sont plutôt jeunes, pourraient entraîner un cercle vertueux. En effet, si les nouveaux arrivants font des enfants, ils pourraient permettre d’infléchir la courbe du solde naturel très défavorable, due à l’âge moyen assez élevé de la population. Dans cette optique d’attirer de nouvelles populations, le département a des atouts non négligeables : un nombre important d’emplois vacants, des logements disponibles, des habitations avec des extérieurs et des loisirs nombreux.

Défis et Perspectives

Le principal défi démographique de l'Aveyron est le solde naturel négatif, qui est dû à l'âge moyen élevé de la population. Pour inverser cette tendance, il est essentiel d'attirer des populations plus jeunes et de favoriser la natalité. Les politiques d'attractivité mises en place par les collectivités locales, notamment à Espalion, semblent porter leurs fruits. Il est important de poursuivre ces efforts et de les adapter aux spécificités de chaque territoire.

Contexte Régional: Occitanie

L'Aveyron s'inscrit dans un contexte régional plus large, celui de l'Occitanie. La région Occitanie comptait 5 933 185 habitants en 2019, avec une progression de 0,7 % depuis 2013. Cette croissance est principalement due à un nombre d'arrivées plus important que le nombre de départs. Les départements de la Haute-Garonne et de l'Hérault sont les plus dynamiques, grâce à l'attractivité des métropoles de Toulouse et de Montpellier.

Toulouse et Montpellier les deux principaux pôles d’attraction d’Occitanie5 933 185 habitants en Occitanie. C’est la population légale millésimée 2019 qui entrera donc en vigueur au 1er janvier prochain. Un chiffre en progression de 0,7 % depuis 2013 (+41 600 personnes), une moyenne supérieure au niveau national (+0,4 %). Cette évolution est principalement due à un nombre d’arrivées plus important que le nombre de départs. Sans surprise la progression la plus importante se concentre dans les deux principaux départements, la Haute-Garonne (1 400 039 habitants ; + 1,3 % sur six ans) et l’Hérault (1 175 623 habitants ; +1,2 % sur six ans). À chaque fois, ce sont les métropoles qui attirent dans ces territoires. En effet, l’agglomération de Toulouse a gagné 1,4 % d’habitants depuis 2013 et Montpellier a un chiffre encore plus impressionnant, avec 1,7 %. La préfecture de l’Hérault est même l’unité urbaine de plus de 100 000 habitants de France à gagner le plus de population. Dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants, l’excédent migratoire est généralement le moteur de la croissance démographique, le solde naturel étant la plupart du temps plus faible. Les villes du littoral (Lunel, Béziers, Narbonne, Saint-Cyprien), sont celles qui attirent le plus de population venue d’ailleurs. À noter que parmi les agglomérations de plus de 50 000 personnes, seule Nîmes (Gard) perd de la population en Occitanie (-0,1 %).

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