Le myo-inositol est un composé naturellement présent dans l'organisme et dans certains aliments, qui suscite un intérêt croissant pour ses potentiels bienfaits pendant la grossesse. Cet article vise à explorer en détail les avantages et les risques associés à la supplémentation en myo-inositol pendant la grossesse, en s'appuyant sur les données scientifiques actuelles et les avis d'experts.

Qu'est-ce que le Myo-Inositol ?

L'inositol est une molécule apparentée aux vitamines du groupe B, parfois appelée "vitamine B8", bien que ce terme soit erroné car ce n’est pas une vitamine au sens strict. Elle est présente en faible quantité dans certains aliments comme les agrumes et les noix. Le corps en produit également une petite quantité dans le foie. L'inositol se présente sous plusieurs formes, les plus courantes étant le myo-inositol et le D-chiro-inositol. Parmi les neuf formes, les deux plus étudiés et utilisés sont le myo-inositol et le D-chiro-inositol. Le premier représente environ 90 % des réserves totales dans le corps humain. Il s’agit de la forme la plus intéressante.

Le myo-inositol est une molécule naturelle et essentielle au bon fonctionnement des cellules, en particulier dans les ovaires. Il joue un rôle fondamental dans plusieurs processus physiologiques comme la régulation de l’insuline et la régulation des hormones et neurotransmetteurs. Il permet le bon fonctionnement du système nerveux, la gestion de la glycémie et du poids ainsi que la santé hormonale. Ces bienfaits expliquent son intérêt croissant pour l’optimisation de la santé et l’atteinte d’objectifs physiques.

Myo-Inositol et Diabète Gestationnel

Le diabète gestationnel est une condition caractérisée par une glycémie (taux de sucre dans le sang) élevée pendant la grossesse. Il est dû en partie à une insulino-résistance, c’est à dire que l’insuline sécrétée par le pancréas a des difficultés à avoir son action principale : la diminution des glycémies. Équilibrer le diabète permet d’éviter une hyperglycémie persistante dont les conséquences peuvent être :

  • Une macrosomie fœtale (gros bébé)
  • Un accouchement difficile
  • Un traumatisme des épaules de votre enfant à la naissance
  • Une prééclampsie (augmentation de la pression artérielle avec protéines dans les urines pendant la grossesse)
  • Une hypoglycémie (manque de sucre) de votre enfant durant les 2 premiers jours de vie.

Lorsque les mesures hygiéno-diététiques (alimentation et activité physique) ne permettent pas d’atteindre les objectifs glycémiques, un traitement par insuline est débuté. C’est le traitement de référence du diabète gestationnel et il est nécessaire dans environ 30% des cas. Il s’agit d’un traitement injectable, avec nécessité de 1 à 5 injections sous cutanées (dans le ventre, les bras ou les cuisses) par jour.

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Plusieurs arguments soutiennent l'utilisation du myo-inositol dans le cadre du diabète gestationnel :

  • Le myo-inositol réduit l’insulino-résistance.
  • Les femmes présentant un diabète gestationnel manquent de myo-inositol.
  • La supplémentation en myo-inositol en début de grossesse chez des femmes à risque de développer un diabète gestationnel diminue de 65 à 78% la survenue du diabète gestationnel pendant la suite de leur grossesse.
  • Dans une étude préliminaire, 25% (8/32) des femmes présentant un diabète gestationnel insuffisamment contrôlé n’ont finalement pas eu besoin d’un traitement par insuline après avoir pris du myo-inositol.

Les avantages attendus de l’utilisation du myo-inositol en cas de diabète gestationnel sont :

  • D’améliorer l’équilibre glycémique des femmes présentant un diabète gestationnel.
  • De réduire de ce fait le pourcentage de femmes ayant besoin d’injections d’insuline.
  • Sans effet secondaire pendant la grossesse.
  • Avec un coût faible.

La plupart des recherches cliniques montrent que la prise de myo-inositol 2 grammes plus 200 mcg d'acide folique deux fois par jour dès le premier trimestre et tout au long de la grossesse, diminue l'incidence du diabète gestationnel de 57% à 92 % par rapport à l'acide folique seul chez les patientes à risque de diabète gestationnel. Le myo-inositol semble être plus efficace que le D-chiro-inositol.

Myo-Inositol et Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)

Le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) touche environ 10 % des femmes et se caractérise par un déséquilibre hormonal, une résistance à l’insuline, et souvent des troubles du cycle menstruel et de l’ovulation. Le myo-inositol est de plus en plus utilisé comme traitement non pharmacologique du SOPK pour son efficacité élevée. Les femmes atteintes du SOPK et insulinorésistantes présentent un déficit en myo-inositol au niveau du liquide folliculaire.

Plusieurs études ont démontré l’efficacité du myo-inositol pour améliorer la régularité des cycles menstruels et favoriser l’ovulation chez les femmes atteintes de SOPK. Une recherche publiée dans Gynecological Endocrinology (2013) a montré que la prise de myo-inositol chaque jour améliore significativement la fréquence des ovulations. De plus, une étude plus récente, parue dans International Journal of Endocrinology (2016), a démontré que la consommation myo-inositol et de D-chiro-inositol est particulièrement efficace pour réduire les niveaux de testostérone chez les femmes qui souffrent du SOPK ainsi que pour améliorer la qualité des ovocytes, et diminuer les symptômes liés à l’insulinorésistance.

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Il serait très compliqué de compenser ce déficit en myo-inositol uniquement par l’alimentation. Le myo-inositol est un agent naturel sensibilisant à l’insuline. Le myo-inositol a ainsi montré son intérêt sur l’insulino-résistance et les paramètres métaboliques mais aussi sur la fertilité naturelle ou lors d’un parcours en PMA, en complément des traitements proposés(comme Clomid par exemple ou lors d’une FIV).

Myo-Inositol et Fertilité

L’infertilité féminine est souvent liée au syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK, pathologie endocrinienne la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Des études dans ce domaine ont montré que la moitié des patientes à qui on administre de l’inositol recommencent à ovuler après environ 1 mois , 88 % retrouvent un cycle menstruel en trois mois, 7 femmes sur 10 retrouvent un cycle régulier et 55 % sont enceintes spontanément. La supplémentation en inositol semble toutefois sans effet comme complément à un traitement classique de l’infertilité dans l’bjectif d’une insémination artificielle.

L’inositol a également prouvé son utilité pour soutenir la fertilité, particulièrement chez les femmes ayant des troubles ovulatoires. Le myo-inositol est crucial dans le métabolisme des ovaires, favorisant la maturation des ovocytes et améliorant la réponse ovarienne chez les femmes subissant des traitements de fertilité. Une étude publiée dans le Journal of Ovarian Research (2012) a montré que le myo-inositol améliore non seulement la qualité des ovocytes mais augmente également le taux de grossesse chez les femmes suivant une FIV (fécondation in vitro). L’amélioration de la qualité ovocytaire est essentielle, car elle réduit fortement le risque de complications durant la grossesse. Par ailleurs, d’autres recherches ont indiqué que l’inositol, en équilibrant les niveaux hormonaux, peut également soutenir la fonction spermatique chez les hommes, bien que les données soient moins nombreuses que celles concernant les femmes.

Autres Bienfaits Potentiels du Myo-Inositol Pendant la Grossesse

Au-delà du diabète gestationnel et du SOPK, le myo-inositol pourrait offrir d'autres avantages pendant la grossesse :

  • Soutien au développement du fœtus : Durant la période embryonnaire, l'inositol contribue à la fermeture du tube neural, à la morphogenèse cardiaque et à la sensibilité à l'insuline. Des données expérimentales montrent que les embryons alimentés en inositol en quantité adéquate présentent moins de lésions oxydatives et une activité mitochondriale plus stable.

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  • Amélioration de la fonction thyroïdienne : La supplémentation conjointe en iode et myo-inositol semble une voie prometteuse pour pallier le manque d’iode et ainsi soutenir la fonction thyroïdienne. En effet, plusieurs études cliniques ont montré que le myo-inositol pouvait moduler la production de peroxyde d’hydrogène au niveau des thyrocytes.

  • Réduction du risque d'accouchement prématuré : L'inositol pourrait réduire le risque d'accouchement prématuré chez les femmes à risque de diabète gestationnel.

  • Amélioration de la santé cardiovasculaire : L'inositol peut améliorer le métabolisme des lipides et augmenter le HDL cholestérol ("bon" cholestérol), contribuant ainsi à une meilleure santé cardiovasculaire.

  • Amélioration de la dynamique du liquide amniotique : Des travaux récents établissent un lien entre une disponibilité adéquate d'inositol et une meilleure dynamique du liquide amniotique, une réduction des marqueurs de prééclampsie et une amélioration de la qualité des ovocytes en procréation médicalement assistée.

Risques et Précautions d'Emploi

Bien que le myo-inositol soit généralement considéré comme sûr, il est important de prendre certaines précautions :

  • Effets secondaires : L’inositol est considéré comme très sûr pour la majorité des personnes, même à des doses élevées, en raison de sa nature non toxique et de son statut de substance naturellement présente dans l’organisme. Cependant, comme pour tout supplément, il existe quelques précautions et effets secondaires potentiels à prendre en compte. À des doses élevées (supérieures à 12 grammes par jour), certains peuvent éprouver des effets secondaires mineurs, tels que des troubles gastro-intestinaux (ballonnements, nausées, diarrhées ou douleurs abdominales) ou des maux de tête.

  • Interactions médicamenteuses : L’inositol n’est pas connu pour interagir de manière significative avec de nombreux médicaments, mais il est recommandé de l’utiliser avec précaution chez les personnes suivant des traitements spécifiques. L'inositol peut interagir avec certains médicaments, notamment ceux utilisés pour traiter le diabète. Théoriquement, la prise d'inositol avec des médicaments antidiabétiques peut augmenter le risque d'hypoglycémie.

  • Troubles bipolaires : Il existe une préoccupation que la prise de doses élevées d'inositol pourrait aggraver les troubles bipolaires.

  • Allaitement : Le lait maternel est riche en inositol endogène. Éviter l'utilisation par manque d'informations fiables et suffisantes.

  • Qualité des compléments : De façon générale, si vous prenez l’initiative seule de vous complémenter en myo-inositol, nous vous recommandons de vous approvisionner en pharmacie ou parapharmacie plutôt que sur internet (où la qualité des produits n’est pas toujours traçable). Sélectionnez les produits étiquetés « myo inositol » plutôt que le générique « inositol » pour garantir l’isomère correct. Recherchez des certificats de pureté de qualité pharmaceutique et des déclarations de fabrication sans allergènes. Les marques préférées emballent la poudre dans des sachets anti-humidité pour maintenir la stabilité.

Il est essentiel de discuter de votre intention d’utiliser le myo-inositol avec votre prestataire de soins prénatals, de confirmer l’absence de médicaments contre-indiqués ou de problèmes rénaux, et de choisir une marque réputée et de vérifier la dose.

Dosage et Administration

La dose retenue est en général de 4 grammes par jour en une ou deux prises. Un protocole courant consiste à prendre 2 g deux fois par jour au cours des repas, plus 200 µg de d-chiro-inositol d'accompagnement, dans un rapport de 40:1, reproduisant l'équilibre plasmatique physiologique. L'inositol est généralement utilisé à des doses de 1 à 4 grammes par jour, souvent en association avec de l'acide folique 200 à 400 mcg par jour.

Myo-Inositol et Vitamine B9 (Acide Folique)

Gynositol contient également de la vitamine B9 (5-MTHF), vitamine appartenant à la famille des folates. Un faible statut en folates chez la mère augmente le risque de malformation du fœtus en développement (anomalies de fermeture du tube neural). La vitamine B9 (5-MTHF) de Gynositol est la forme biologiquement active et directement assimilable par toutes les femmes. Une supplémentation en vitamine B9 (5-MTHF) de 400 μg par jour est recommandée au moins 1 mois avant et jusqu'à 3 mois après la conception. De plus, elle prévient une hyperhomocystéinémie (excès d’homocystéine). Le myo-inositol et le folate agissent selon des voies biochimiques complémentaires ; leur coadministration ne semble pas diminuer l'absorption de l'un ou l'autre nutriment.

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