De nos jours, l'âge moyen de la maternité recule, et avoir un enfant après 38 ans, voire 40 ans, est de plus en plus fréquent. Les raisons sont multiples : études prolongées, parcours professionnels ou amoureux complexes, désir de profiter de la vie avant de fonder une famille, ou encore problèmes de fertilité. Ces grossesses, considérées comme tardives, nécessitent un suivi médical particulier en raison des risques potentiels pour la mère et le fœtus.

Qu'est-ce qu'une grossesse tardive ?

Une grossesse est considérée comme tardive lorsqu'elle survient chez une femme de 35 ans et plus. Au-delà de 45 ans, on parle de grossesse très tardive. Il ne s'agit pas d'une question d'âge ressenti, mais plutôt d'une réalité biologique : le corps d'une femme de 35 ans n'est plus aussi bien préparé à la grossesse qu'à 20 ans. L'utérus et les ovaires ont vieilli, ce qui peut affecter la fertilité et augmenter les risques de complications. La preuve en est que les fécondations in vitro (FIV) ne sont remboursées que jusqu'à 42 ans et légalement autorisées que jusqu'à 48 ans.

Il est important de noter que grossesse tardive ne signifie pas ménopause. Au contraire, les cycles peuvent s'espacer, amenant les femmes à penser à tort qu'elles ne sont plus fertiles, alors qu'une grossesse peut tout à fait survenir.

Risques associés à une grossesse tardive

Les grossesses tardives sont associées à un risque accru de diverses complications, tant pour la mère que pour l'enfant.

Risques pour la mère :

  • Grossesse extra-utérine : Le risque de grossesse extra-utérine, où l'œuf fécondé s'implante en dehors de l'utérus, est plus élevé.
  • Fausse couche : Le taux de fausses couches augmente avec l'âge maternel.
  • Diabète gestationnel : Le diabète gestationnel, une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse, est plus fréquent chez les femmes de plus de 40 ans. Cette pathologie peut compliquer l'accouchement, car le bébé risque de dépasser les 4 kg, et favorise également la pré-éclampsie. Un test de glycémie est généralement prescrit au 2e trimestre.
  • Hypertension artérielle gravidique et pré-éclampsie : L'hypertension artérielle et la pré-éclampsie, une complication grave caractérisée par une hypertension artérielle et la présence de protéines dans l'urine, sont plus fréquentes chez les femmes enceintes plus âgées.
  • Hémorragies de la délivrance : Le risque d'hémorragies après l'accouchement est également plus élevé.
  • Césarienne : Les femmes de plus de 40 ans sont plus susceptibles d'accoucher par césarienne. Cela peut être dû à des antécédents médicaux, à la présentation du bébé (siège) ou à sa taille (macrosomie).
  • Grossesses multiples : Avec l'avancée en âge ou suite aux stimulations ovariennes, les femmes ont plus souvent des grossesses multiples. En cas de grossesse multiple, le risque d’accouchement prématuré est proche de 50 % pour des jumeaux et de 90 % pour des triplés. Plus la prématurité est grande et plus les risques pour la santé de l’enfant sont importants.
  • Mortalité maternelle : Après 45 ans, le risque de mortalité maternelle est significativement plus élevé, environ 30 fois supérieur à celui encouru par les femmes de 20 ans. Bien que rare, la mort en couches entre 40 et 45 ans est une réalité (21 mères pour 100 000 naissances).

Risques pour le bébé :

  • Prématurité : Les bébés nés de mères plus âgées ont un risque accru de naître prématurément.
  • Retard de croissance intra-utérin : Le bébé peut ne pas grandir aussi vite qu'il le devrait pendant la grossesse.
  • Anomalies chromosomiques : Le risque d'anomalies chromosomiques, comme la trisomie 21 (syndrome de Down), augmente avec l'âge de la mère. Par exemple, à 20 ans le risque est de 1/1537, alors qu’il est de 1/214 à 38 ans.
  • Malformations congénitales : Le risque de malformations congénitales est légèrement plus élevé.
  • Décès fœtal in utero : Le risque de décès du fœtus pendant la grossesse est également plus élevé.

Suivi médical renforcé

En raison de ces risques accrus, les grossesses tardives nécessitent un suivi médical plus étroit et personnalisé.

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Échographies supplémentaires

En plus des trois échographies obligatoires, d'autres échographies peuvent être programmées, notamment une échographie précoce pour contrôler le bon déroulement du début de grossesse, étant donné que le taux de fausse couche est plus élevé après 40 ans. Une échographie supplémentaire peut également être réalisée en fin de grossesse pour contrôler la taille du bébé et la quantité de liquide amniotique.

Dépistage de la trisomie 21

Passé 35 ans, le risque d'anomalies génétiques augmente. Un dépistage de la trisomie 21 est donc proposé, comprenant un tri-test et un DPNI (dépistage prénatal non invasif). Le DPNI, réalisé à partir d'une prise de sang maternelle, permet d'analyser l'ADN fœtal circulant dans le sang de la mère et d'évaluer le risque de trisomie 21 avec une grande précision. Si ces tests révèlent un risque élevé, une amniocentèse ou une biopsie du trophoblaste peut être proposée pour confirmer le diagnostic. Il est important de noter que ces tests ne sont pas obligatoires et que le couple peut choisir de les refuser.

La stratégie adoptée à l’heure actuelle pour évaluer la probabilité que le fœtus soit porteur de la trisomie 21, est le dépistage combiné qui associe l’âge maternel, les marqueurs sériques maternels et l’échographie, que ce soit au premier ou au deuxième trimestre de la grossesse. Ce dépistage combiné du premier trimestre (DCT1) sans risque pour la grossesse, et non obligatoire, est mis à la disposition des femmes enceintes entre l1semaines d’aménorrhée (SA) et 13 SA et 6 jours. Ce test qui associe l’âge maternel, les dosages de la béta-HCG libre et de la PAPP-A (pregnancy associated plasma protein A), et une mesure de la clarté nucale du fœtus lors de l’échographie du premier trimestre, permet de dépister 90% des trisomies 21. En l’absence de dépistage au premier trimestre un test peut être réalisé au second trimestre, qui celui-ci, combine l’âge maternel, la clarté nucale et le dosage de l’AFP (alfa-fœtoprotéine).

Le risque évalué par ce dépistage sera « faible » ou « élevé ». S’il est au-dessous de 1/250, il est considéré comme « faible ». Un risque de 1/500 par exemple, est donc « faible » et signifie que le fœtus a 1 risque sur 500 d’être porteur de trisomie 21 et 499 chances de ne pas en être porteur. S’il est au-dessus de 1/250, il est considéré comme « élevé ». Un risque de 1/40 par exemple, est donc « élevé » et signifie que le fœtus a 1 risque sur 40 d’être porteur de trisomie 21 et 39 chances de ne pas en être porteur. Un examen de confirmation par amniocentèse est alors proposé à la femme enceinte.

Dépistage du diabète gestationnel

Le diabète gestationnel est plus fréquent après 40 ans. Un test de glycémie est donc prescrit au 2e trimestre, comme pour toutes les grossesses, afin de dépister cette pathologie.

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Bilan médical complet

Un bilan médical complet est entrepris en début de grossesse afin d'identifier les éventuels facteurs de risque, tels que les troubles cardiaques, les troubles circulatoires ou le diabète, et de les prendre en charge de manière optimale. Si la femme enceinte a d'autres soucis de santé, comme une maladie chronique, des examens supplémentaires sont prescrits pour contrôler que tout va bien.

Choix de la maternité

Pour une bonne prévention de la prématurité, le choix de la maternité devra être fait en fonction du nombre d’enfants attendus et de la complexité de la grossesse. Le suivi et l’accouchement doivent être prévus dans une maternité dite de niveau 2 (maternité disposant d’un service de néonatologie) voire de niveau 3 (maternité disposant d’un service de néonatologie et de réanimation néonatale). Seuls ces établissements disposent du maximum de sécurité humaine (anesthésistes, pédiatres, néonatologistes, sage-femmes, médecins obstétriciens) et matérielle, tant pour les nouveau-nés qui reçoivent immédiatement tous les soins nécessaires que pour les mères.

Ne tardez pas trop

Il est important de rappeler que les chances de concevoir diminuent avec l'âge. Une femme cherchant à avoir un enfant vers 30 ans a environ 75 % de chances d'y parvenir en 12 mois, contre 66 % à 35 ans et 44 % à 40 ans. Le recours aux traitements contre la stérilité n'est pas une garantie de succès, car leur efficacité diminue avec l'âge.

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