Mycoplasma pneumoniae est une petite bactérie dite « atypique » qui se transmet facilement d'une personne à l'autre par voie aérienne, notamment lors de contacts étroits. Cette bactérie est responsable d'infections respiratoires généralement bénignes, qui guérissent souvent spontanément. Cependant, face à une recrudescence inhabituelle des cas, il est important de comprendre comment traiter cette infection, en particulier chez les enfants.

Recrudescence des infections à Mycoplasma pneumoniae

La direction générale de la Santé (DGS) a récemment alerté les professionnels de santé sur une augmentation des cas d’infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae, incluant des cas nécessitant une hospitalisation chez les adultes et les enfants en France. Cette recrudescence a été observée depuis la fin de l’été, avec une augmentation plus marquée depuis octobre 2023. Les investigations confirment une augmentation des cas de pneumonies aiguës communautaires attribuées à ce germe.

Il est à noter qu'il n'existe pas de système de surveillance spécifique en France dédié aux infections à Mycoplasma pneumoniae. Cette augmentation survient alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) signalait une hausse des maladies respiratoires et des foyers de pneumonies chez les enfants en Chine, attribuant cette augmentation à la levée des restrictions liées à la Covid-19 et à la circulation d’agents pathogènes connus. D'autres pays européens, tels que la Suède, les Pays-Bas, la Norvège et l'Irlande, ont également signalé des augmentations d'infections à Mycoplasma pneumoniae.

Les pics épidémiques d’infections à Mycoplasma pneumoniae sont observés de manière cyclique tous les 3 à 7 ans, et plusieurs pays européens ont connu de telles épidémies sur la période 2015-2017. Les autorités sanitaires françaises ont observé une circulation accrue de cette bactérie depuis le début de l’automne.

Qu'est-ce que Mycoplasma pneumoniae ?

Mycoplasma pneumoniae est une bactérie membre de la famille des mycoplasmes, qui provoque une infection pulmonaire. Après le pneumocoque, c’est l’agent bactérien le plus souvent impliqué dans les pneumonies aiguës en collectivité. Cette bactérie est particulièrement fréquente chez les enfants et les jeunes adultes, mais peut toucher toutes les tranches d’âge. La transmission se fait par gouttelettes ou par contact rapproché. Une particularité de cette pneumonie est que la maladie ne se déclare pas immédiatement après la contamination.

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Symptômes et diagnostic

Dans les symptômes fréquents, on retrouve la toux, la fièvre et des difficultés respiratoires. Les manifestations extrapulmonaires sont également fréquentes, présentes dans près d’un quart des cas.

Le diagnostic de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae est à suspecter d’emblée en cas de tableau clinique évocateur, notamment :

  • Signes cliniques non spécifiques et respiratoires (fièvre peu élevée, toux, céphalées, arthro-myalgies, malaise).
  • Signes extra-respiratoires (dermatologiques, neurologiques, hématologiques, cardiologiques, rhumatologiques).
  • Installation souvent progressive avec un état général conservé.
  • En cas de pneumonie aiguë communautaire ne s’améliorant pas sous traitement de première intention d’une pneumonie franche lobaire aiguë après 48-72h.
  • La présence de cas groupés est également évocatrice du diagnostic.

La radiographie de thorax peut orienter le diagnostic devant un aspect d’infiltrat pulmonaire interstitiel diffus bilatéral. Il est important de noter qu'un retard radiologique d’environ 72 heures est possible par rapport au début des symptômes.

Traitement antibiotique

Mycoplasma pneumoniae est généralement traitée avec des antibiotiques, principalement des macrolides comme l’azithromycine ou la clarithromycine. L’antibiorésistance est cependant à surveiller, car elle peut augmenter avec l’épisode actuel. Avant la pandémie de Covid-19, en Asie, où la prescription d’antibiotiques était peu raisonnée, 80 % des souches de microplasma pneumoniae étaient résistantes en Chine, et plus de 50 % au Japon.

En cas de suspicion clinique, une antibiothérapie probabiliste par macrolides doit être débutée.

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  • 1ère intention : clarithromycine ou azithromycine.
  • 2ème intention : alternatives en cas de problèmes d’approvisionnement, d’allergie ou de contre-indication aux macrolides.

L’évolution sous antibiothérapie, notamment de la fièvre, doit être favorable dans les 48h-72h. La toux peut durer 3 à 4 semaines.

Doses recommandées

Clarithromycine :

  • Enfant ≤ 60 kg : 15 mg/kg/j en 2 prises pendant 5 jours.
  • Adulte : 500 mg matin et soir pendant 5 jours.

Azithromycine :

  • Enfant < 25 kg : 20 mg/kg/j en 1 prise pendant 3 jours.
  • Enfant ≥ 25 kg : 500 mg/j en 1 prise pendant 3 jours.
  • Adulte : J1 : 500 mg/j en 1 prise, puis J2 à J5 : 250 mg/j en 1 prise.

Prévention

La transmission de Mycoplasma pneumoniae est interhumaine, via les gouttelettes respiratoires. En période épidémique, le port du masque chirurgical par les malades et les professionnels de santé est nécessaire, notamment en présence de symptômes respiratoires.

Particularités chez l'enfant

Chez l’enfant, l’étiologie des pneumonies varie en fonction de l’âge. Avant 4 ans, la cause bactérienne la plus fréquente est le pneumocoque. Il est recommandé de délivrer une information sur la nécessité de réévaluer dans les 48 à 72h après le début du traitement en cas de non-amélioration (fièvre, état général). En cas d’absence d’amélioration des symptômes, il convient de rechercher une éventuelle complication (radiographie pulmonaire ou échographie thoracique) et d’envisager un traitement adapté à Mycoplasma pneumoniae. En cas d’aggravation clinique, l’hospitalisation est nécessaire.

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Un tableau évocateur de pneumonie atypique après 3 ans justifie la prescription d’un macrolide d’emblée, en monothérapie s’il n’y a pas de terrain à risque. Lors de la réévaluation clinique (systématique) à 48-72 heures, l’absence d’amélioration ne remet pas en cause l’hypothèse d’un mycoplasme : le délai d’apyrexie est plus long qu’avec le pneumocoque. On peut attendre à nouveau 48 heures en dehors de tout signe d’aggravation. Une étiologie virale est aussi possible.

Depuis 2016, la molécule de première intention en cas de pneumonie atypique est la clarithromycine à 15 mg/kg/j en 2 prises per os pendant 10 jours. En cas d’allergie, des alternatives existent comme la josamycine ou l’azithromycine.

Complications et hospitalisation

Si dans la majorité des cas, la symptomatologie est bénigne, certaines complications de mycoplasma pneumoniae peuvent nécessiter une hospitalisation, parfois en réanimation. Les critères d’hospitalisation sont les mêmes que pour toute pneumonie aiguë communautaire. Des complications respiratoires peuvent survenir, telles que l'exacerbation de maladie respiratoire chronique, une crise d’asthme inaugurale, une pneumonie sévère hypoxémiante ou un épanchement pleural.

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